Hervé Bazin - Madame Ex

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Madame Ex: краткое содержание, описание и аннотация

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Après les maternités, les paternités difficiles, les révoltes adolescentes, les embarras conjugaux, voici le roman d’un divorce.
Publié par hasard au moment où s’amorce une révision de la loi, ce livre peut accessoirement lui fournir des arguments. Mais son thème n’est pas là. La procédure est une chose. L’état de divorcé(e) en est une autre qui — l’union par l’enfant restant indissoluble — dramatise souvent toute une vie. Aline, devenue Madame Ex, Louis remarié à Odile, leurs enfants divisés en Papiens et Mamiens, leurs parents, leurs amis, leurs avocats — intervenant sans cesse dans une guérilla où la rancune, l’intérêt, l’orgueil, le remords, le souvenir se mélangent — en fournissent ici un exemple tour à tour passionné et douloureux.
Madame Ex, par le ton, le trait, le mouvement, la précision du détail, est un roman typique d’Hervé Bazin et sans doute l’un des plus émouvants dans l’évocation de ce tragique quotidien où se meuvent comme nous ses personnages.

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— Encore cinq cents mètres, dit Louis, qui ralentit devant les premières maisons. On traverse le patelin et c’est un peu plus loin, sur la vieille route de Megève.

Les Quatre lorgnaient le paysage. Les voici qui se referment, qui s’agrippent au silence. Et voilà Louis qui accélère au mépris des pancartes, pour en finir plus vite. Ils arriveraient à lui ficher le trac, ses corniauds ! Ne dirait-on pas qu’il les conduit à l’ogresse ? Choisir de ne pas contrer leur mère, c’était bien. Et même habile. Éviter toute explication l’a sans doute été moins. Par définition les enfants n’ont pas à donner leur consentement au mariage de leurs parents ! Mais cette évidence est-elle extensible au remariage d’un père-gigogne, habilité à voter seul, à gérer seul, mais pas forcément à décider seul d’un engagement contraire à celui qui lui avait donné ces droits ?

Et puis il y a une défection grave. Louis en veut à ses parents : s’ils avaient accepté de participer au rassemblement, ç’aurait été bien plus facile. Mais ils ont décidé d’attendre, de juger Odile sur pièces. Tant pis ! Si les vieux liens et les nouveaux n’ont pas fini de faire des nœuds, il doit y avoir pour les débrouiller d’autres moyens que de les trancher, comme Aline, au couteau de cuisine. Odile est très arrangeante…

*

Odile qui pourrait bien être cette tache blanche, devant le sixième chalet de bois verni : le plus grand, dit le Bouquetin. Odile qui, en effet, agite la main parmi les Milobert, immobiles au bord de la balustrade. Qui s’avance tandis que la voiture crochète à droite escaladant le raidillon courbe conduisant au terre-plein. Qui ouvre la portière et baise son époux sur la bouche avant de dire :

— Pas trop ankylosés, là-dedans ?

Le glacier du Bionnassay qui accumule en face les frigories, le serein qui tombe ne sont pas seuls en cause. Les trois aînés se déplient, se défripent, prennent un instant prétexte du panorama pour se figer devant lui. Seul Guy sautille d’un pied sur l’autre.

— Voilà donc vos enfants, dit le libraire, tirant sur sa courte barbe.

Nul ne leur en voudra d’être un peu gourds, de tendre des mains molles avec d’étroits bonjours. Ils ne s’attendaient pas à tout ce monde et Agathe elle-même sortie de voiture avec un menton carré se noie dans la bonhomie des Milobert. Léon louche du côté de cette étonnante belle-mère, plus petite que lui d’une demi-tête et dont la mère ne semble guère plus âgée que la sienne. Appliquant le scénario convenu — Fais comme si tu les connaissais depuis leur naissance —, Odile va de l’un à l’autre. Elle embrasse Guy, qui a tendu la joue. Elle parvient à frôler le menton d’Agathe, bien que la petite ait le cou soudé à la colonne vertébrale. Elle n’insiste pas devant Léon, dont la sépare le barrage des valises qu’il vient d’empoigner pour se donner une contenance. Mais elle double Rose, qu’un coup d’œil inquiet de son père décide à lui rendre la pareille.

— Vous voulez monter les bagages, Léon ? dit Odile, qui se reprend aussitôt : Et puis zut, je te tutoie… Monte-moi ça au second.

— Oui, madame, dit Léon.

— Appelle-moi Odile, ce sera plus simple.

— Oui, madame, dit Léon.

— Je les conduis, je les installe et je vous les ramène pour dîner, dit M me Milobert, prenant le relais.

Son aisance, aiguisée par la fréquentation du chaland, fera merveille. Après tout c’est elle qui a loué les trois étages, et la meilleure manière d’aider la fille est de l’effacer le plus possible pour les premiers contacts. Après s’être confinée dans la réprobation, la seconde belle-famille montre une adresse à replonger dans le légal qui peut inspirer des sentiments divers. Raymond, Armelle et leur fils, dont les huit ans pourront aimanter Guy, ont suivi. Cordial — avec un rien d’ironie dans l’œil —, le libraire reste en face de son gendre : on ne se douterait pas qu’ils se voient seulement pour la seconde fois, la première datant d’une semaine à l’occasion des retrouvailles d’un père avec sa fille.

— Ouf ! fait Odile. Elle les a bétonnés, ta femme. J’ai cru que j’allais craquer.

— Ma femme, c’est toi, n’oublie pas, dit Louis.

— C’est une habitude à prendre, dit le beau-père, mi-figue, mi-raisin. En tout cas les choses se sont plutôt bien passées.

— Je devrais peut-être faire un tour là-haut, dit Louis.

— Restez donc là, dit le beau-père. Vos enfants aussi ont besoin de s’habituer. Vous n’êtes pas assez neutre en ce moment pour leur faire oublier qu’ils n’embrasseront pas leur mère ce soir. Et puis regardez Odile : elle s’est forcée, elle en tremble encore.

Il rentre. La nuit tombe, percée de points lumineux qui des creux aux alpages triangulent la masse maintenant obscure de la montagne. Louis serre Odile contre lui dans l’ombre, lui souffle des choses… Pourquoi ris-tu ? dit-elle. Il ne lui dira pas. Non, il ne lui dira pas qu’après une semaine d’abstinence, il va lui faire l’amour de la façon la plus banale, la plus conjugale qui soit : dans une chambre contiguë à celle de ses enfants.

— Attention, chéri ! murmure Odile.

Une fenêtre du second vient de s’ouvrir. Rose tend les bras et ferme les volets.

*

Puis Rose, là-haut, se retourne. Dans la petite chambre aux lits superposés, Agathe s’est emparée de la place du dessus. Léon, qui dans la chambre des garçons en a fait autant — au détriment de Guy qui la voulait, pour le plaisir de grimper à l’échelle —, Léon entre, sans frapper.

— Il fallait qu’on me mette avec ce gosse ! grogne-t-il.

Le gosse suit. Il jette un coup d’œil derrière lui. Les Milobert sont restés dans le couloir. Alors il murmure, sans préciser :

— Ce qu’elle est jeune !

Meneur de jeu, porte-parole de la mère, Agathe qui essayait son perchoir en redescend vivement :

— C’en est même ridicule, bougonne-t-elle. Et j’aime mieux te dire que me laisser commander par elle, pas question !

— Elle est aussi très belle, dit Rose. Qu’est-ce qu’elles racontaient, les tantes ?

— Tu approuves papa ? reprend Agathe, agressive.

Ce qu’elle peut le moins supporter, c’est un avis de Rose, cadette longtemps mécanisée par elle, nippée de ce qui devenait trop court pour son aînée. Agathe adore sa mère, c’est un choix chaud, farouche, comme l’est celui de Rose, mais qui se renforce de leur rivalité.

— Je n’approuve pas, dit Rose. Je comprends mieux.

Rose n’approuve pas, c’est déjà ça. Mais sa « compréhension » à Fontenay paraîtrait scandaleuse. Agathe cherche un allié. Elle grince :

— Maman serait ravie de t’entendre !… N’est-ce pas, Léon ?

Léon, qui se méfie, tord une moue et repasse la porte :

— Ce n’est pas tout ça, dit-il, mais j’ai faim.

*

Au dîner, grâce au tintement de onze fourchettes piquant dans onze assiettes, grâce à la conversation soutenue des Milobert, la petite faim d’Agathe, le zèle masticatoire de Léon qui ne saurait parler la bouche pleine passeront presque inaperçus. Et la fatigue, point feinte, fera très tôt remonter tout le monde. L’escalier ne sera pas gravi comme un calvaire, mais de deux marches en deux marches, dans un bruit de cavalcade, et Guy, presque apprivoisé, criera Youpi ! en arrivant le premier.

Seule, Agathe, sortant dix minutes plus tard de la salle d’eau, en pyjama, s’arrêtera sur le pas de la porte et sera changée en statue. Savoir n’est pas si pénible que voir. Des années durant son père a pénétré chaque soir dans la chambre de sa mère. C’est la première fois que devant elle il entre chez Odile.

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