Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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Je suis un solitaire, Laure. Qui pis est : un solitaire sans solitude. Pour m’épargner celle-ci, on a pensé pour moi aux félicités grognonnes d’un foyer tardif ; et il est bien vrai qu’elle m’est épargnée, comme il est vrai qu’elle me manque. En ce temps où par la T. S. F., la télé, les journaux, les hommes se poursuivent jusque dans l’intimité, où la solitude est pourtant un thème à la mode parmi ces grégaires, où jamais elle n’a mieux servi de complainte à l’égoïsme, s’il est un problème pour moi c’est bien l’inverse. Celui-là, qui s’aime — et je vois qu’on s’aime beaucoup — nul ne le trouble, mais le monde, surpeuplé, lui devient bientôt si vide qu’il est comme saisi d’agoraphobie. Celui-là, qui pense avoir des raisons de ne pas s’aimer, un mot l’assaille et dans sa retraite il est tout étouffé par la foule de ses scrupules, de ses contradictions. Maman disait : « Il y a des orphelins de carrière : c’est alors un tempérament, toujours en quête et toujours replié. » On peut l’être d’une femme. On peut l’être d’un fils. On peut l’être de soi. Ce sont deux ombres, en nous, qui se sont épousées.

Ai-je poussé au noir ? C’est encore un de mes tics. Mais recensons nos chances. Je songe aux embâcles de la Loire, qu’un long gel fait baisser, laissant accrochés à ses bords, parfois à plus d’un mètre, de longs surplombs de glace suspendus dans le vide. Comme, le fusil en main pour une chasse au canard, je lorgnais une fois ce curieux décalage, le père Cornavelle m’avait prophétisé :

« Un coup de sud et vous pouvez être sûr qu’elle remonte. La Loire revient toujours fondre ses glaçons. »

Ainsi, de mes froideurs. Déjà, d’avoir pensé : ce ne sera pas trop désagréable, je me sens couvert de honte. Le ricanement s’étrangle. Une femme, qui est la vôtre, a ses pouvoirs de femme. Il n’y a point de graves qui ne s’échauffent sur l’oreiller : c’est une impure douceur, mais c’en est une, qui peut conduire à d’autres. Le plaisir émeut toujours qui le prend au bénéfice de qui le donne (cela est si vrai, du moins, chez moi, que les rares fois où je me sois laissé raccrocher par quelque fille, je m’attendrissais ensuite sur elle d’une façon qui agaçait vite cette gagneuse).

Enfin la tendresse d’autrui, à la longue, ça touche. Si je ne craignais l’image, qui t’offensant m’offense, je répéterais ce que ta mère disait — à propos de Bruno — des épinards. Je préfère rappeler ce que j’ai dit moi-même des faux choix, des rencontres acceptées. Je n’ai pas choisi ma mère, je n’ai pas choisi Gisèle. Je n’ai pas choisi Bruno ! Toi non plus, je ne t’ai pas choisie. Que ces précédents te rassurent.

Ceci aussi : nous avons des enfants communs et, pour le même, le même faible. Sans ingérence et sans critique, quand on voudra de nous, il nous reste un vieux rôle. Éleveuse sans poussins, crois-tu manquer de passions ? On t’en fabrique en face. La navette, un peu espacée, reprendra. Avec l’enfant, viendra le temps des gardiennages. Le tricot bleu-blanc-rose, la mobilisation des fioles et des avis contre la coqueluche, un petit cul à talquer et du pipi-popo l’intarissable source, voilà pour toi bientôt de grandes délices !

Moi, je serai dans ton sillage, circonspect, mais veillant — je ne sais trop comment, on trouve toujours — à ne rien laisser s’affadir. À ce que Bruno ne devienne pas, dans le seul domaine où il peut réussir, le petit fonctionnaire qu’il est ailleurs. À ce qu’il n’y ait jamais dans ce ménage-là… Taisons-nous. C’est trop dire que nommer l’aventure et je n’y pourrais rien que de serrer les dents. Tu es là, je suis là, c’est tout. Nous sommes de garde. Sais-tu qu’il y a parfois une autre belle époque : cette entente assez rare — car d’ordinaire ils sont dispersés — des pères de soixante ans, encore verts, avec leurs fils de trente-cinq, déjà mûrs et que les brus, chargées d’enfants, ne cernent plus d’un bras si court ?

Nous n’en sommes pas là. Le rideau de la fenêtre se soulèvera encore et j’aurai des sursauts, je ferai grincer ce petit humour qui masque mes défaites. N’y fais pas attention et surtout ne le répète pas. Je ne veux pas qu’on s’inquiète. Je veux qu’on soit tranquille. Un fils qui se dit que sa mère adoptive, que son père sont casés, qu’ils ont l’air satisfaits, il double son confort de le croire partagé.

Et voilà ton atout, Laure, le plus certain : pour qui se voit contraint ou d’être ou de paraître, pour qui veut par chaleur se jeter dans une autre, la méthode Coué, parfois, sait triompher des feintes. Les pères sont nés trop tôt, les fils sont nés trop tard pour marcher de concert sur le même parcours. Il t’est donné cela et si tu me permets d’aller, parlant de lui en te parlant de toi, un jour quand je m’arrêterai, ni toi, ni moi, peut-être, nous ne saurons plus, dans cette vieille rengaine, de la femme et du fils reconnaître les parts.

Chelles — Québec — Montréal Ingrandes — Paris — Anetz-sur-Loire Avril 1959 — septembre 1960
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