Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« Vous voudriez vous installer là-haut, dit-elle.

— Pourquoi là-haut ? Nous serons aussi bien en bas. »

Un léger tressaillement, c’est tout.

« Vous voulez m’épouser, dit Laure, vous voulez m’épouser, maintenant ? »

Sa patience se serait-elle figée ? Qui s’interdit son rêve, trop longtemps, à l’heure où il devient possible n’en retrouve parfois que la désillusion. Mais une affreuse humilité l’emporte :

« Vous voulez sauver la pauvre Laure… »

La vie est horrible qui la met, en effet, à ma merci. Feignons au moins de nous mettre à la sienne :

« Je peux demander une chambre au lycée. Rien ne vous force à me recueillir, Laure, si vous n’en avez pas envie. »

Mais Laure éclate de rire :

« Soyons simples, Daniel, voulez-vous. »

Ses mains cherchent quelque chose à remuer, à tenir. Elles happent une peau de chamois qui traînait, la malaxent.

« Bruno vous a empêché de vous remarier, voilà cinq ans. Vous aimiez Marie. Vous ne m’aimez pas… Enfin, vous n’avez que de l’affection pour moi. Mais il n’est pas indispensable que vous ayez mieux à m’offrir. »

Elle essuie maintenant une potiche qui n’a pas un grain de poussière. Elle ajoute :

« J’y gagne assez, Daniel. »

Puis, lâchant l’essuie-meubles qui tombe entre ses pieds :

« Je vous en prie, ne me méjugez pas. Je ne devrais sans doute pas accepter si vite. Mais à quoi bon jouer la comédie de la réflexion ? Je ne sais pas forcer ma chance. Je ne sais pas la bouder.

— Laure…, souffle M. Astin.

— Ne dites rien de plus, fait Laure. Redites seulement mon nom ainsi de temps en temps : ça suffira. »

Voilà. C’est fait. Après Lia, Jacob épousa sa sœur Rachel, non sans avoir dû, quatorze ans durant, servir Laban pour l’obtenir. Nous avons interverti les rôles.

« À propos, dit M. Astin, Michel et Louise arrivent.

— Mon rôti va être trop court, s’écrie Laure. Il faut que je retourne à la boucherie. »

Elle galope, tandis que je repasse la rue. Bruno manœuvre pour rentrer la voiture (il a pris l’Aronde et non sa 4 CV). Déjà descendus, Michel et Louise se font face : mon sous-lieutenant, d’une main gantée, retire une de ces petites feuilles rousses dont la brume d’automne est peuplée et qui est venue se perdre dans les cheveux de sa jumelle. Il m’aperçoit, me donne l’accolade et dit à mi-voix :

« Alors, ils vont s’installer ici ? Tu fais un bail à Bruno ?

— Où voudrais-tu qu’il aille ? dit Louise.

— Ça enlève toute valeur à la maison, reprend Michel. Papa se dépouille. Quand je pense que, mon service tiré, je n’aurai pas de quoi payer ma pantoufle ! »

Sa pantoufle, en argot de l’X, c’est la somme que tout polytechnicien doit reverser à l’État si, pour passer dans l’industrie, il veut se libérer de l’engagement décennal contracté en entrant ; elle est montée à deux millions pour sa promo. Ne ripostons pas : ma générosité aussi est égoïste. Répondons calmement :

« Les entreprises privées en font souvent l’avance. Au besoin j’emprunterai.

— Et que deviens-tu, que devient Laure là-dedans ? » demande encore Michel.

Bruno referme le garage. Il s’approche. Il tend l’oreille, car je viens de répondre :

« Laure et moi, ma foi… »

De nouveau les arguments creux :

« Vous êtes élevés, votre grand-mère est partie, nous n’avons plus de charges : nous pouvons finir notre vie ensemble. »

Ils semblent étonnés, mais soulagés. Contents pour Laure, contents pour moi. Ils ne demanderont même pas s’il s’agit d’un mariage : avec Laure, cela va de soi.

« Évidemment ! dit Louise, ni l’un ni l’autre vous ne pouviez rester seuls. »

Une fin de vie, des soins réciproques, le troc d’un bon ménage contre une paie fidèle, peut-être aussi quelques prudentes satisfactions nocturnes, à quarante-cinq ans, n’est-ce pas, que peut-on souhaiter d’autre ? Il est vrai d’ailleurs cjue ces raisons banales ont bien leur importance. Bruno, seul, paraît moins convaincu :

« Nous n’aurions pas su nous occuper de toi, hein ? » dit-il d’une voix sourde.

Là encore il faut donner l’avers pour le revers, dire en souriant :

« Si j’ai besoin de toi, je n’aurai qu’à ouvrir la fenêtre pour t’appeler. »

XXIX

Le mariage eut lieu dix jours plus tard. Les Lebleye avaient proposé soit le grand tralala, comme si de rien n’était, soit au contraire une petite noce champêtre — lointaine, donc discrète — à L’Émeronce. Ils n’auraient pas été fâchés, encore une fois pour la galerie, de me voir épouser Laure, le même jour. Mais j’avais soutenu que, selon la formule consacrée — qui fit aussitôt le bonheur de leurs faire-part — nous étions précisément tenus de marier nos enfants en raison d’un deuil récent dans la plus stricte intimité, que L’Émeronce ne s’y prêtait pas et qu’un double mariage, outre un désagréable air coco, rendrait l’événement voyant, en le retardant d’une quinzaine, ce qui dans l’état d’Odile n’était pas souhaitable. Nous avions choisi donc un samedi, jour commode, où les mariages se font en série et où la lecture des articles du code par un quelconque adjoint rivalise de vitesse avec la bénédiction d’un quelconque vicaire.

La cérémonie — si ce mot convient à des formalités — ne m’émut guère. Je trouvai ridicule l’espèce de voilette, grande comme un mouchoir, dont M me Lebleye, au dernier moment, voulut gréer sa fille, déjà pourvue d’un tailleur crème, presque blanc, et méritoire le geste de Bruno qui, fort tranquillement, la roula en boule pour la mettre dans sa poche. Émancipant mon mineur, je signai à la mairie, je signai à Sainte-Bathilde, singulière grange-église où je pénétrais pour la seconde fois. De la part d’une inévitable poignée d’amis et de voisins je supportai les rabâchages, les félicitations, les vœux d’usage, dont sont accablés les parents des couples et ces couples eux-mêmes dont 25 pour 100 divorceront, 25 pour 100 se tromperont, 25 pour 100 se supporteront, tandis que, du dernier quart, pour trouver les élus de la terre, il faut encore retrancher les veuvages, les stérilités, les angoisses des prolifiques, les déchirements de la paternité spoliée par la vie ou la mort. Ma mère disait : « Les seules vraies noces sont les noces d’or. On vous en donne un petit rond, au départ, pour vous donner le goût de l’incorruptible. Mais ce métal est si rare… »

Cène pour le départ du fils — bientôt complétée par l’imminente retraite du père —, le déjeuner, dans une guinguette au bord de la Marne, me fut plus pénible. Quinze couverts tout de même : les mariés, M. et M me Lebleye, leurs deux autres filles, l’autre M. Lebleye, parrain de la mariée, sa femme, sa fille Marie, Rodolphe, parrain du marié, sa femme, Laure, Michel, Louise, M. Astin. Ce dernier grignotait : une aiguillette de canard, trois feuilles de salade aux noix, je ne sais plus, je ne conserve pas les menus, calligraphiés en échelle de Gargantua. Je bus encore moins : les vins me donnent la migraine. J’avais déjà la tête lourde. M. Lebleye, d’une lèvre grasse, conseillait à sa fille de boire très peu de vin :

« À cause de… tu me comprends ? » (L’anneau passé, le cher petit fœtus, il n’était plus une faute !)

Marie renchérissait. L’impudence pour se donner un air aime juger l’imprudence. Elle chantait :

« En tout cas, ça suffira comme ça. »

Et je me disais : « Odile devient une Astin. Les Astin ont une autre classe. » J’en étais médiocrement sûr.

« Je lui fais une césarienne ? » dit Rodolphe, quand il fallut découper le soufflé.

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