Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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On rit. On s’arrêta de rire, parce que M. Astin cette brute, ne riait pas de sa bru. Seulet, il faisait le point à travers la fumée des premiers cigares ; il s’embarquait dans les revisions. Il regardait, assise près de Marie — qui n’avait point épousé Roland — sa fille Louise — qui n’avait point épousé M. Varange. Il regardait Louise, habillée en Loïse, avec la coûteuse simplicité de celles qui sont arrivées à se créer la « personnalité esthétique » dont parlent les hebdomadaires féminins. Il se demandait : « Où en est-elle ? Elle m’a parlé bien curieusement, l’autre jour, en termes feutrés, d’un homme connu, dont les petits pots pur fruit pur sucre sont sur les rayons de toutes les épiceries. Ai-je eu tort de croire que, l’illusion lassée, l’orange pressée, elle rêve de sauver le reste, de sauver le zeste, en l’offrant au confiturier ? Il a quarante-deux ans, presque mon âge. Il est divorcé. N’est-il pas encore préférable qu’elle reste ce qu’elle est : une fille libre, dans une carrière que cette liberté facilite, plutôt que de s’enfouir dans un mercenariat conjugal ? À chacun sa voie, ma doucette. Je me souviens de ta mère. Je ne te caserai pas forcément le plus vite possible. J’ai d’autres préjugés que Mamette. »

Je regardais Michel. « De qui tient-il donc, celui-là, dont je cherche en vain l’équivalent dans la famille ? De cette famille il n’aime que les femmes : Laure, Louise. Ce sont elles qui le retiennent encore, sinon nous ne le verrions plus. Il n’est donc pas incapable d’amour ; il en aura probablement pour sa fiancée, plus tard, mais il faudra qu’il soit dans le prolongement de son amour-propre. Son ambition ne me gêne pas. Je suis moi-même ambitieux pour lui. S’il avait voulu épouser Odile, je crois que je l’en aurais empêché : elle n’était pas à sa taille. À chacun des nôtres l’affection doit une aide, du genre poussette, vers leurs vrais buts. Toi, Michel, on ne peut t’aimer que dans ton mouvement, dans la ligne de ton orgueil, si nous voulons qu’au moins tu aimes en nous ce consentement à toi-même. Et c’est pourquoi, comme je le suis de toi, tu es le moins aimé. »

Je regardais Bruno et ça n’allait plus du tout. J’étais là sur ma chaise, comme la vieille du Barry sur l’échafaud. Encore une petite minute, monsieur le bourreau. Une demi-heure, si vous voulez ; une heure, si vous pouvez. De sursis en sursis nous irions tout au plus jusqu’au soir, où ils entreraient, elle et lui, dans ma chambre, abandonnée au jeune ménage, à qui les trois jours de congé réglementaires accordés par l’administration ne permettaient aucun voyage. Je regardais Bruno. Il ne me regardait pas. Très occupé par son nouvel état, il retirait des mains d’Odile sa tasse de café en murmurant : « Non, chérie, pas de café » ; il la touillait avant de la boire et son alliance luisait en même temps que la petite cuiller. J’essayai de tabler sur mon goût pour les encouragements intérieurs : « Eh bien, quoi, ton fils se marie, tu l’as fait, il le fait, rien de plus simple. Un peu plus tôt, un peu plus tard… On ne consent pas à demi, on ne regrette pas ce qu’on accorde. Quand on bague un oiseau, c’est pour le relâcher. » Bien sûr. Mais Odile me regardait, elle, avec une légère insistance et j’interprétais ce regard : « Pas touche ! Celui-ci désormais est à moi. » À elle sans doute : ce n’était pas le pire et de sa jalousie la mienne se rassurait. Qu’elle fût près de Bruno efficace, plus efficace que moi peut-être, qu’elle le poussât où je n’avais pu le pousser, j’y consentais encore. Mais où entre la fille entre la mère et dans l’ombre de la mère suit l’autre père ; et les avis de l’autre père à la mère, de la mère à la fille, de la fille au gendre, arroseraient mon jardin de salive Lebleye.

« À votre santé ! » criait précisément l’agence, choquant sa coupe contre la mienne, restée sur la table.

On était au champagne et la sympathie de M. Lebleye se montra si vive — saluons le présage — que le verre se brisa.

Et puis Bruno, le soir, gaffa. Nous avions dîné en famille ; Michel était déjà dans sa chambre, Louise dans la sienne, Laure au mair : je dressais dans le vivoir mon lit de camp provisoire, quand Bruno, attardé avec Odile dans leur première vaisselle (sa phobie : Laure, elle-même, n’aurait pu, auparavant, obtenir qu’il touchât une assiette sale), ouvrit la porte. J’avais souhaité qu’il montât discrètement. Il avait, par malheur, une tête de circonstance.

« Papa, tu as été… », commença-t-il, sans trouver ou sans oser trouver le mot juste.

M. Astin fit face. « Une belle scène, songeait-il, ah ! non ! Le tremolo, le frémissement à quoi nous avons presque toujours coupé, ah ! non ! J’ai été quoi ? Admirable, n’est-ce pas ? Admirable. J’ai bien fait mon devoir. Mot horrible : au début, oui, il y a très longtemps, tu ne t’en souviens pas, je faisais mon devoir. Depuis lors, je ne le fais plus, je fais toujours ce qui m’est commandé, mais l’ordre vient d’ailleurs et la morale, la conscience, la raison, la paternité même n’y ont que par hasard été servies. Et c’est souffler des mots, souffler des bulles que de répondre : « J’ai été ton père, Bruno. »

Pourquoi me venait-il à l’idée, à cet instant, que je ne l’étais pas, qu’il aurait pu le savoir, qu’il aurait pu en concevoir soit une admiration plus grande — et pour moi plus affreuse —, soit le brusque détachement, la révolte des adoptés contre l’escroc à l’incarnation ? Ceci au moins m’avait été épargné.

« Va », dit M. Astin, menant son fils jusqu’à l’escalier.

Embusquée dans le vestibule, Odile, d’un saut de biche que Bruno réprouva, franchit deux marches et, du talon à demi sorti de l’escarpin, vers le genou où plissait du nylon, deux jambes fusèrent haut sous la robe doublée de jupon blanc.

« Bonsoir ! » dit Bruno.

Je rentrai dans le vivoir. Machinalement j’allai ouvrir la télé, sans tourner le bouton du son, je m’assis en face de l’écran, à cheval sur une chaise, les coudes sur le dossier. D’un vieux film aux images usées défilèrent les personnages qui remuaient les lèvres dans le vide. Va ! Je commentais ce mince impératif. Va, tout à l’heure, tu lui feras, tu lui fais peut-être déjà l’amour dans ce lit dont je suis né, dont tu aurais dû naître et où ta grand-mère, ta mère et, par ma grâce, Odile n’auront été, ne sont qu’une femme continue : M me Astin. L’idée me touche, qui t’impose d’une nouvelle façon, et, chose curieuse chez moi, je la trouve étrangement saine. Si un fils ne peut penser sans répugnance à l’étreinte du père et de la mère, c’est le privilège des pères de pouvoir songer à celle du fils et de la bru, sans gaillardise, et dans leurs nus mêlés — comme jadis, quand ils étaient de courts petits-Jésus — d’y voir seulement la vie naissante où ils se perpétuent. Va, mon fils, tu as joué ton rôle. Tu m’as servi à sortir de moi-même, à découvrir un monde qui m’était inconnu. Au prix du nôtre — dont il était devenu la raison — le bonheur d’un enfant ne le rembourse pas ; et les lèvres qui ont dit oui, il se peut que nous les mordions des années en silence. Mais ce que perd le renoncement, le temps de toute façon un jour nous l’eût fait perdre, ne serait-ce que dans l’engourdissement de l’âge. Saigner un peu, c’est vivre encore de toi. Va, mon fils, tu ne me quittes pas.

XXX

Ce fut notre tour, Laure, voilà dix jours, dans une discrétion si parfaite que la moitié de la rue l’ignore encore, que le facteur s’embrouille, met mon courrier dans la boîte d’en face et, s’il t’aperçoit dans le jardin, te crie :

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