Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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Bruno — cet enfant ! — rougit. Il a tout de suite perdu pied, il articule faiblement :

« Papa…

— Non, Bruno, je t’ai déjà laissé brûler les étapes. Je ne peux pas t’aider moi-même à t’enfoncer. As-tu seulement réfléchi à ce que deviendrait Odile quand on t’enverra en Algérie défendre durant deux ans les pétroles de la patrie, en laissant ta femme, si ça se trouve, avec un gosse sur les bras ? »

Nouvelle retraite. Bruno abandonne son dessert, intact, jette sa serviette et se dirige, comme ce matin, vers la porte. Parvenu là, il rassemble son courage :

« Excuse-moi, Papa, dit-il très vite, mais le gosse, justement, il est fait. »

Et moins courageusement il se sauve vers la 4 CV, laissant encore une fois sa tante ramasser les éclats.

Il n’y en aura pas. Mais de l’abattement, de la confusion, chez moi, chez la tante, qui dévide avec application la peau d’une pomme, en une seule pelure, il y en a.

« Nous ne méritions pas ça », murmure Laure, se plaignant pour la première fois.

Elle a de la chance d’avoir des mains qui ne peuvent rester tranquilles et l’empêchent d’avoir l’air anéantie.

« Bruno ! Je n’arrive pas à y croire. Mais comment a-t-il fait ? reprend Laure, stupide.

— Comme tout le monde », s’écrie M. Astin, qui voudrait du silence.

À son glorieux destin un beau chaînon s’ajoute. Le doux, le cher petit, le tendre comme on n’en fait plus, voilà qu’il continue de bâtard en bâtard l’abonnement familial. Aveuglement des pères, que vous êtes précieux pour réputer candide votre postérité ! Je le vois encore sur la murette, avec la fille Lebleye, je le vois la frôlant seulement de la tempe, si correct, qu’il pensait Papa, si anachroniquement correct qu’il n’avait peut-être pas, son Bruno, esquissé le moindre touchi-toucha. Eh bien non, ce n’était pas ce que vous croyiez : l’horreur du gnan-gnan, le souci de ne pas se noyer dans le sirop. On était tout bêtement saturés, on s’offrait le luxe d’être calmes. À quoi bon regoûter les prémices, quand on s’est octroyé tout le lot !

« Mangez, Daniel, dit Laure. Ne vous mettez pas en retard. Nous aviserons ce soir. »

Je mange. La fin des radis, qui sont creux. Du bœuf, je crois. Non, du veau. Une poire, tout épluchée, épépinée, coupée en quatre, moelleuse et qui n’a goût de rien. Au moral, Bruno me ressemblait, croyais-je. Énorme différence, pourtant : où j’ai trop attendu, il n’attend pas assez ; où je n’aurais pas commencé, il en a déjà fini ; où j’ai trop de patience pour mon mal, il a l’impatience du sien. Car le voilà bien avancé, le pauvre petit ! Coincé. Fait comme un rat. Obligé de hâtivement réparer. Il le fera, il le fait d’enthousiasme. Aujourd’hui. On a beau dire, réparer, réparer, le verbe le dit bien qu’il y a eu de la casse, qu’il faudra faire sa vie avec de l’occasion, y penser, surveiller secrètement la fêlure qu’on a faite soi-même, bien sûr, mais dans une pâte qu’on soupçonnera fragile, capable de fendre ailleurs. Je date ? Eh bien, tant pis, je date. Maman disait : « Ne s’aide pas qui cède. »

Elle le disait pour moi, qui ai beaucoup cédé. Comme d’habitude l’imprécation me va mal. Quand une fille cède à un garçon, du reste, le garçon cède tout autant à la fille et, en elle, ne se respecte pas. On pourrait dire : il se trompe. Et même : il la trompe, avec son propre corps. Comme j’ai trompé Marie, avec elle-même.

Non, ne soyons pas trop dur et juge avant d’être jugé. Que celui qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre, est-il dans Marc, qui ajoute, l’Écriture ayant parfois de l’humour : Et ils s’en allèrent tous en commençant par les plus vieux. J’exagère. Il n’est pas vrai qu’Odile égale Gisèle, comme je feins de le redouter. Au moins n’est-elle pas adultère. Et quelle part à l’amour, et quelle part à ces sens que nous refusons à nos filles pour les accorder à nos fils ? Il n’y a point ici la traîtrise des femmes s’autorisant des leurs pour doubler les époux. Il y a même fort loin des faiblesses de Louise, sauvant les apparences, à ce franc abandon qui ne s’en soucie pas. Il y a la bêtise ; et la malpropreté humaine des tendresses, dont le sexe est l’appât d’une infirme nature. Il y a la douce reddition du drap, du drapeau blanc : à relaver toujours.

« Deux heures moins vingt. Votre cours ! » dit Laure, inquiète.

L’homme au bas de soie, l’ex-évêque, dans son échelle de références avait tort : c’est une faute, bien sûr, mais ce n’est pas un crime.

Second entracte. Dès six heures je serai de retour, attendant Bruno pour sept et demie. Mais à huit, il ne sera pas là. À neuf, non plus. À dix, Laure sort et ressort, pour inspecter le fond de la rue, couloir de silence sous deux voûtes tremblantes d’ampoules et d’étoiles. Enfin, le téléphone sonne. C’est Louise.

« Bruno est chez moi, dit-elle, avec Odile. Figure-toi qu’ils n’osent pas rentrer. Évidemment, c’est malin ! Un berceau comme corbeille, elle s’amusera très vite. Odile. »

Commentaire de moralité :

« Ils ne pouvaient pas faire attention, non ? » Saint Malthus me pardonne ! Je ne trouve pas la circonstance aggravante, si le résultat l’est. Coupons court :

« Dis-leur de s’amener, au trot. Je ne dévore personne. »

Ils n’arriveront qu’à onze heures, moins penauds que je l’eusse été en telle circonstance, mais avançant tout de même à la file indienne, Odile derrière Bruno, obligé cette fois d’être brave et dont le dos sert de bouclier.

« Ne compliquez pas votre cas en faisant les serins, dit Laure, prenant la petite par la main. Vous, Odile, asseyez-vous. »

Elle pense à tout. Cependant qu’on assoit la gravide, dont je comprends mieux pourquoi se développait l’appétissante poitrine mode, je cherche une ouverture et je crois la trouver :

« J’avoue, Odile, que j’avais confiance en vous.

— Ne l’accuse pas, dit Bruno. J’ai eu assez de mal. »

L’aveu fait sursauter Odile elle-même.

« Tu ne vas pas me dire que tu l’as fait exprès ? dit Laure.

— Si ! » dit Bruno, carré.

Il se reprend :

« Enfin, pas le gosse.

— Tu me déçois, dit M. Astin. À toi aussi je faisais confiance.

— Oui, dit Bruno, mais tu n’étais pas chaud. Et puis, Odile, je peux bien le dire maintenant devant elle, ne paraissait pas décidée. J’ai saisi une occasion, un soir que…

— On ne te demande pas de détails », dit Laure.

Et, lentement, tournée vers Odile :

« Vous n’étiez pas décidée et vous lui avez donné une occasion ?

— Il n’avait pas compris », dit Odile.

Et plus bas, avec un accent, qui soudain la transforme :

« Il ne sait rien dire, il a peur de tout le monde, il ne croit jamais à ses chances. Au moins cette preuve-là… »

Un ange passe qui a la plume chaude, s’il ne l’a pas très blanche. Laure s’absorbe puis sort d’un calcul mental qui lui faisait remuer les lèvres :

« Si je comprends bien, ça date des vacances, vous êtes déjà enceinte de trois mois. »

M. Astin, que l’humeur regagne, a d’autres préoccupations. Quand elle l’est de son plaisir, fille avertie en vaut deux.

« Et depuis, dit-il, vous avez continué ?

— Puisque c’est ma femme », dit Bruno, tranquille.

Nous ne parlons pas la même langue. Ils n’ont pas honte, tous deux ; ils sont seulement ennuyés, ils ont eu peur de rendre des comptes à ces parents qui vivent encore sur des notions abstraites et semi-religieuses de pureté, d’intégrité, de légalité, quand suffisent si bien, du cœur comme du corps, la franchise et la simplicité. Au creux des sentiments il n’y a pas pour eux, comme pour nous, la bête originelle, la bête tapie pour les surprendre. Ils l’habitent, leur bête, familière, innocente et l’heure venue de boire, de dormir ou d’aimer, ils lui donnent la joie de ses nécessités.

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