Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« Rien pour vous, mademoiselle. »

Il sait pourtant. Mais sa bouche a pris un certain pli. Moi-même, quand je tourne au coin de la rue, ma serviette sous le bras, je prends le trottoir pair. Deux ou trois fois je me suis retrouvé dans mon jardin, j’ai rebroussé chemin, alerté par le gravillon qui crisse plus fort sous la semelle que le sable de ta cour. Un soir, je suis même allé tout droit m’asseoir à ma place, dans le vivoir, j’ai cherché mon journal sur le plateau de cuivre. Levant les yeux j’ai aperçu Odile, rondelette, la moue en bec, qui me regardait avec son air de mésange apeurée par l’approche du chat. Elle a pépié :

« Bruno fait midi-huit, mon père. »

Derrière Odile, il y avait M me Lebleye, de passage, mais de passage chez sa fille, c’est-à-dire suffisamment chez elle pour faire l’aimable auprès du visiteur :

« Un petit apéritif, monsieur Astin ? »

Bruno n’étant point là, j’ai filé. Eût-il été là, du reste, que je ne me fusse pas attardé. Après son travail, il a ses cours à revoir, un clou à planter, une prise de courant à rafistoler ; et sa femme, qui n’a pas de siège quand elle n’est pas assise sur son genou. Ce n’était pas le jour. Nous avons droit au relais de Mamette : le déjeuner du dimanche au mair. Nous avons droit à cette innovation, preuve flagrante de piété filiale : le dîner du même dimanche au pair. Nous avons droit aux rapides incursions. « Ma mère, auriez-vous du persil ? Pourriez-vous me prêter votre cocotte-minute ? » Nous avons droit à la réciproque. Nous avons droit enfin aux « Ça va ? » de Bruno, qui longe la grille et, parfois, vient tailler une courte bavette en louchant sur son bracelet-montre. J’ai voulu cette mitose qui divise la famille en deux cellules contiguës. Je m’y fais mal.

Exilé à trente mètres, je m’embosse à la fenêtre. Si j’en suis éloigné, certains bruits m’en rapprochent vivement que je distingue entre tous. Toutes les lames de la scierie peuvent faire vibrer la brume où précipite la défeuillaison, la sirène de la biscuiterie, les sifflets de la gare de triage, le brame des chalands sur le canal, des autos sur la dérivation de la nationale 34 peuvent s’en mêler : je connais le tintement du portillon. Il tinte et déjà ma main soulève un coin de rideau. Et c’est toi, Laure, moins exilée, mais comme privée de passeport, qui murmure, en soulevant l’autre coin :

« Tiens, ce sont les peintres. »

Je demanderai pourquoi les peintres sont venus, le soir même, à Bruno.

« On refait la chambre », répondra-t-il.

Et je serai tout étonné qu’il ne m’en ait pas demandé la permission, qu’il ne m’en ait pas au moins averti. Nos droits, il ne suffit pas de les avoir abdiqués pour ne plus nous sentir du royaume.

D’ordinaire les allées et venues sont plus banales. Odile et Cachou. Odile et son panier. Bruno et sa 4 CV, qui entre, qui sort, frôlant le pilier. M me Lebleye. Le charbonnier. Odile et Bruno. Dans ce dernier cas, il y a trois allures : la dégagée pour balade, lui roulant un peu de l’épaule, elle de la fesse en tenant le petit doigt de l’époux ; l’utilitaire, plus vive, pour courses en commun, le panier passant aux mains de Bruno avec coup d’œil d’Odile au chéri, puis coup d’œil au porte-billets, selon les lois d’une génération qui passe vite de l’extase au pratique ; enfin la surveillée (Ta cravate est de travers… l’on jupon dépasse), marche perpendiculaire à la rue, pour traverse.

Tu le vois, Laure : je ne suis qu’à moitié avec toi. Bruno, avant-hier, me soufflait à l’oreille :

« Nous deux, vous deux, hein, c’est de la roulette ! »

Ça marche. « Épouser Laure, disais-je moi-même jadis, c’est reconduire ma vie. » Je n’aimais pas cette vie. La voilà reconduite. Il s’agit là, pour tout avouer, d’une existence ; de ce qui est dans notre vie, non la chair vivante, mais le squelette charpenté, solide et sec. Ils se tromperaient ceux qui murmurent : « Elle l’a eu enfin, à la fatigue, à l’occasion. » Ils se tromperaient ceux qui croiraient que je me force. Ils se trompent moins ceux qui pensent : M. Astin fait toujours ce qu’il doit. »

Tu me connais, autant que nous pouvons connaître nos proches, séparés de nous par le double que nous leur inventons, par ce transparent de couleur, sur eux calqué et qui les transfigure tel un saint de vitrail dans un soleil couchant. Tu me connais, invoquant l’autre : le bienheureux Daniel Astin, que je ne fus jamais et qui crut, dans tes bras, entrer au purgatoire.

Le véritable, ici, j’ai voulu le montrer. As-tu remarqué que jusqu’alors je n’ai parlé de toi — et peu — qu’à la troisième personne, gardant malgré moi cette distance que je voulais franchir ? On ne dit jamais tout, on dit seulement son possible. Les nus sont pour la nuit, qui les annule et ils ne concernent que la peau.

Arrachons encore, pourtant, ce qui peut l’être. Trop de ménagements ne sauvent pas un ménage. Afin de pouvoir nous regarder en face, voyons, Laure, voyons quels sont nos handicaps.

Le plus lourd, pour toi, est d’être mon hospice. D’être mon contrat avec le quotidien. D’être un étai, placé sous une pièce maîtresse. Ces titres, qui te donnent le beau rôle, ils font de moi une sorte d’infirme et les infirmes aiment si peu leurs infirmités qu’ils en étendent parfois la rancune jusqu’à ceux qui les soignent.

Ton pire défaut, d’ailleurs, est de n’en pas avoir, de ne posséder que celui-là, harassant, confondant, vous donnant sans cesse l’impression d’être le bourreau en train de faire rôtir une innocente. Je ne crois pas fort aux vices, aux responsabilités des hommes. Je crois aux caractères, aux chromosomes, aux circonstances, aux injustices sociales, qui les font ce qu’ils sont, purs ou impurs, avides ou généreux, forts ou faibles. Je crois à ce qui les aimante et, le plus souvent, les déboussole. Et c’est pourquoi je pratique moins l’admiration que l’indulgence, pourquoi je ne hais guère que l’hypocrisie, pourquoi je me fonde plus volontiers sur l’amour donné que sur l’amour reçu.

Dois-je le dire encore ? Il est tard dans ma vie. Il est tard en moi-même où je suis occupé. Un enfant de toi, je ne le souhaite pas. Ainsi tu ne seras jamais, par le dedans du ventre, qu’une demi-femme. Dans le plaisir des époux, la joie des géniteurs est incluse, qui sauve l’orgasme, sans elle ravalé au rang de l’excrétion. Je ne suis point partisan de submerger la terre. Mais neuf fois sur dix ces gens qui invoquent la stérilité pour ne pas encombrer le monde, c’est d’eux-mêmes qu’ils l’encombrent et quand ils ne veulent pas « faire un malheureux de plus », c’est encore à eux-mêmes qu’ils pensent chaque fois. Trois enfants te rachètent ici, dont tu fus bien la mère, dont tu as bien le sang, si tous n’ont pas le mien. Ils ne te rachètent cependant qu’à moitié et sur ce point j’oscille, regardant par la fenêtre passer ce fils, si peu coupable, puisqu’il n’a pas triché.

Nous trichons tous, hélas ! et sur bien d’autres choses. Voire, sur les plus précieuses. Tirons le volet de mon côté. Pour conquérir Bruno, n’ai-je pas employé, parfois, de sordides moyens ? N’ai-je pas, à un seul, sacrifié tous les autres et toi-même et moi-même, dans cette belle logique qui nous fait au besoin ravager une vie, ravager une famille — et, chez les grands, ravager l’univers — pour des justices qui ne touchent que nous ?

Je suis un homme banal, Laure, et ce n’est pas grave. Mais je suis aussi un homme étroit. Qui pis est : un faux doux, un faux humble. « Vous avez de la moelle », assurait Mamette. L’excès de moelle du sureau en rend le bois cassant. Je ne m’y trompe pas. Je pense confusément : qui aime bien tout le monde n’aime vraiment personne et l’affection multiple m’apparaît aussi dérisoire que chez ces spécialistes de la philanthropie, pulvérisant la leur sur des milliers de gens.

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