Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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VIII

Surprise, puis crise : c’était fatal. Se mettre au pied du mur n’arrange rien, quand on ne sait pas comment s’y prendre pour l’escalader. De plus près on le voit tout hérissé de tessons. À faire le magister, durant vingt ans, j’ai appris à faire un cours, à dire des choses exactes, avec des mots triés. Au bas de la chaire, je ne trouve plus d’autorité pour faire face aux entretiens de la vie courante, je ne sais plus parler ; à plus forte raison dans les situations exceptionnelles.

La semaine fut pénible. Le dimanche matin, au petit déjeuner, je trouvai devant moi trois visages de bonne humeur, trois sourires courants dont je songeais aussitôt que je n’allais pas manquer de les éteindre. Le quatrième, celui de Louise, était un peu crispé. On ne me posa pas de questions ; on ne me demanda même pas à quelle sorte de réunion j’étais allé et l’honorable père ne s’en crut pas honoré : il y a des gens qui sont vraiment au-dessus de tout soupçon ; et d’autres, réputés tels — et les plus nombreux — qui en réalité sont au-dessous de tout soupçon, incapables de les mériter. Louise fit seulement, pour meubler son inquiétude :

« Je ne t’ai pas entendu rentrer. »

Je répondis :

« Ton cinéma, c’était quoi ? »

Marmonnant un titre, elle piqua le nez dans son bol d’Ovomaltine. Lourd d’indulgence mon regard s’attarda sur cette poitrine, ces hanches de petite femme qui gonflaient chandail et blue jean. Au sortir de cette nuit, je ne me sentais pas le courage et à peine le droit de lui faire des reproches. Il fallait pourtant. J’attendis une heure, puis une autre. Laure était à la messe, les garçons dans leur chambre, je rejoignis ma fille dans la sienne, où elle passait une robe en prévision de l’inévitable déjeuner dominical chez sa grand-mère, ennemie du pantalon.

« Deux mots à te dire, fis-je, pour tout préambule. Qui est ce garçon avec qui tu étais, hier soir, au bord de la Marne ?

— Ce garçon… », répéta Louise, hésitant à nier, mais nullement démontée.

Elle m’observait du coin de l’œil, finaude, pour voir si j’étais vraiment très en colère ; elle tirait sur sa robe, feignait de s’intéresser aux pressions de la fermeture qui craquaient, délicatement, comme des puces écrasées, entre deux bouts de doigts aux ongles vernis. « Sa mère », pensai-je soudain, hargneux et attendri, en reprenant :

« Je t’ai vue, par hasard. Je n’ai pas voulu faire d’esclandre dans la rue. Je n’ai pas voulu en faire ici. Mais tu vas m’expliquer… »

Expliquer quoi ? Comment à dix-sept ans les coquettes se prouvent que, justement, elles ont dix-sept ans ?

« Nous ne faisions pas de mal », dit Louise, piteuse.

Où commençait-il le mal, pour elle ? À la cession d’un excès de rouge, à l’intervention des mains, aux premiers ou aux derniers outrages ? Elle n’avait sans doute pas été embrassée ; seulement un peu encensée d’haleine, émoustillée de regards. Nous n’étions plus au temps de Mamette dont la verte morale aime les vertes formules et qui proclame : « Rien, c’est rien. Une pucelle ne fait pas le détail. » Louise ferait le détail, c’était probable, comme toute cette génération que la nôtre juge sèchement et dont elle est pourtant responsable. Je grognai :

« Qui est-ce ?

— André Rouy, un copain. Il est en rhéto, avec Michel.

— Alors ne vous cachez pas. Je ne t’interdis pas d’avoir des amis. Je ne veux pas te rencontrer avec eux dans les coins. »

Louise releva la tête, visiblement ravie d’en être quitte à bon compte et le père moderne, compréhensif, sachant faire la part du feu, redescendit l’escalier, en rougissant. À la vérité ce n’était pas le moment de me mettre ma fille à dos. Une seconde, j’avais même failli enchaîner : « À propos, je voulais aussi t’annoncer que je vais épouser M lle Germin », j’avais failli échanger mansuétude pour mansuétude. Un père moderne ! J’en faisais un beau, moi qui, récusant les tabous, conservais la pruderie farouche des marguilliers qui furent nos grands-pères et tremblais à l’idée d’ouvrir la bouche pour avertir mes enfants et remplacer chez eux la vieille peur, mêlée à la vieille curiosité de « ces choses », par cette bonne franchise familiale qui est la seule véritable éducation sexuelle. En fait de précautions, Laure — une jeune fille ! — était censée y avoir pourvu pour Louise, lorsque la petite avait été réglée, à une date que je n’aurais su préciser, faute d’en avoir été instruit et de m’en être préoccupé. À Michel j’avais donné Ce qu’un jeune homme doit savoir pour ses quinze ans. Il l’avait rangé entre deux dictionnaires et j’espérais que Bruno l’y avait déniché. C’était tout. Je laissais le reste à leur innocence, bon Joseph distribuant ses lis, géniteur décidé à oublier que ses garçons ont aussi des génitoires et s’imaginant vaguement qu’ils font une puberté de marbre, qu’ils n’ont rien à confier à la discrétion de leurs mouchoirs.

Je ressassais ces choses, avec ennui — et parce que ma faute, en somme, me les faisait voir sous un autre jour — quand mes enfants me rejoignirent dans le vivoir. Louise avait un petit air contrit, une gentillesse de chatte qui a chapardé l’escalope. Nous passâmes au mair, pour y trouver une Mamette rare : châtaigne pour une fois sans bogue. Laure fut presque gaie, Michel aimable, Bruno bavard. Un fait exprès ! Une conjuration que je renforçais en débordant d’attentions pour tout le monde, en faisant le joli cœur avec une hypocrisie de dentiste qui va vous arracher une dent. Le soir vint, inutile : puis la nuit, le lundi, le lycée, le chapeau, la serviette de Marie, qui m’attendait à la porte.

« Alors, fit-elle, ça ne s’est pas trop mal passé ? »

Je l’embrassai devant trois élèves qui traînaient leur cartable. Petite compensation : il était plus facile de m’afficher à Villemomble qu’à Chelles. Puis j’avouai :

« Je n’ai pas voulu gâcher leur dimanche.

— Tu as préféré gâcher le mien. On ne peut pas épargner tout le monde », dit Marie, piquée.

Le soir même j’essayai de me jeter à l’eau. Au dîner (j’use, j’abuse des cènes de famille. Bon gré, mal gré, vos gens sont réunis, la fourchette vous donne une contenance et les bouchées meublent les silences)… Au dîner, j’annonçai, faisant mon sérieux :

« À propos, j’ai quelque chose d’important à vous dire… »

À propos : locution adverbiale des gênés pour servir à propos de rien de méchantes nouvelles. Quatre paires d’oreilles, habituées, traduisirent : « Attention, j’ai quelque chose de pénible à vous dire. » Quatre paires d’yeux se braquèrent sur moi. Ceux de Bruno, gris de granit et où s’allument, quand il s’excite, comme des parcelles de mica, me parurent insoutenables. Incapable d’aller plus loin, j’inventai, tout à trac, n’importe quoi :

« Au lieu de l’éternel Anetz, que j’aime bien, remarquez, nous pourrions peut-être, cette année, aller à la mer.

— Quelle idée ! fit Laure. Ça coûtera au moins cent mille francs.

— Ah ! non, chouette, dit Louise, moi j’aimerais Le Pouliguen. »

Balle manquée, en plein filet. Le mardi, le mercredi passèrent. Je m’arrangeais pour éviter Marie, en arrivant avec cinq minutes de retard au lycée, en repartant avec cinq minutes d’avance. Je rêvais de l’intervention d’un tiers ; mais en dehors de mon cousin Rodolphe, que je n’osais entreprendre, je ne connaissais personne qui fût susceptible de tenter une démarche auprès de ma belle-mère. Les tentations les plus saugrenues, les plus déshonorantes, m’assaillirent. Une lettre anonyme aurait pu créer l’incident : Madame, votre gendre s’apprête à convoler. Défendez donc votre fille. M me Hombourg pouvait réagir, mais elle pouvait aussi brûler la lettre. Une visite directe valait mieux.

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