Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« En fait de fleur bleue, il n’y a que le chardon bleu qui se conserve. Les vieilles filles sentimentales, comme moi, sont hérissées de principes. Les miens soutirent, tu sais ; ils crient même. Pourtant c’est mieux ainsi. Un homme seul, tenté par deux femmes et qui ne touche ni à l’une ni à l’autre, la situation est ridicule, presque contre nature. »

Non, Marie. Non, j’ai été bien, j’ai été tien, sans rien. Ni transi, ni moisi, ce vieil amour : je le voulais choisi. Quoi qu’on en dise, sans manquer de tempérament, un homme autant qu’une femme (mais les femmes ne s’en doutent pas, parce que trop d’hommes leur aboient le contraire) peut aisément rester chaste. La chasteté est même plus facile que la tempérance, dans une société qui glorifie le verre et suspecte le drap. Je n’aime pas cette remarque. À deux ou trois aventures près (dix mille francs l’heure, alors que je fais, moi, payer 800 francs la leçon particulière : le péché a aussi le tort ou l’avantage de valoir trop cher) mes sens, je les gouvernais bien : c’était une de mes rares fiertés. Elle aussi souffre aujourd’hui ; elle aussi crie.

« Daniel, murmure Marie, alarmée, tu t’en veux ou, déjà, tu as peur. Il s’est passé quelque chose, chez toi ?

— Non, ma chérie. »

Dénégation molle. Chérie par bonheur arrange tout : un mot que je n’avais pas prononcé depuis la mobilisation et dont j’ai toujours été économe. Sans cesser de me reboutonner, soigneusement, je me retourne, pour sourire. Je ne peux pas gâcher ce moment, cette confiante abdication, ce regard vert. Je m’en veux, c’est vrai. « Nous autres, qui ne sommes point des vautours de morale, disait ma mère, nous avons de la rigueur, sans y chercher de mérite et sa gratuité même la hausse d’un degré. » Ma rigueur est en baisse. Mais je m’en veux moins pour ce que j’ai fait que pour ce qui m’y a poussé.

Cela s’est passé si vite, si sottement. Ayant trouvé au lit mon élève du samedi soir, bouffi de varicelle, je revenais, par le quai Prévôt, avec une répétition sur le cœur. En pareil cas, l’hiver, je file au chaud ; l’été, je flâne. Je lorgne les lanceurs qui, au nom du brochet de onze livres dont ils parlent tous, moulinent, s’accrochent, distribuent aux herbes leurs cuillers. Je recense les amoureux : les debout, les assis, les presque couchés, qui prennent pour écran les arbres, les buissons ou, simplement, leur énorme indifférence du témoin. Fin mars, évidemment, la berge en regorgeait. Je me disais : « Nous en avons déjà des trentaines. Si ça continue, nos futurs collègues auront des classes de cinquante », quand un chandail rouge m’a brûlé les yeux.

Nulle erreur possible, c’était le chandail de Louise, avec ma fille dedans. Avec ma fille gratifiée d’une permission de cinéma et que serrait de près un gaillard en blue jean d’identité floue : un cousin, je crois, de la petite Lebleye qui était justement censée accompagner Louise. Mon premier réflexe a été de m’avancer, sur mes semelles de crêpe, pour vérification et intervention. Mais les deux têtes se rapprochaient, avec cette gentillesse novice qui donne aux deux nez l’air d’être mal aimantés. Le bec à bec m’a paru improbable, mais possible. Quitte à fulminer ensuite, je ne me suis pas senti le courage de crier stop, d’épouvanter ces benêts, de leur laisser le souvenir d’un premier duo lourdement interrompu par la justice familiale. Je n’ai pas voulu non plus, moi, le père, en être le voyeur. Comme je repartais, d’une brusque enjambée, une brindille a craqué sous mon pied. J’ai entendu une exclamation étouffée, puis une voix sourde qui disait : « Ton vieux, tu crois, il nous a vus ? » Mais je courais déjà. Crier stop… Pourquoi, à qui, à quoi ? Au temps ? À cette génération qui, soudain, me repoussait dans l’autre, qui me soufflait une place, un rôle que je pouvais, que je devais encore tenir ? Louise embrassée quand Marie ne l’était pas ! Je courais pour rattraper le temps.

J’ai couru jusqu’à Villemomble, prenant seulement la précaution de téléphoner. Laure était au mair. C’est Bruno qui m’a répondu.

« Dis à ta tante que je ne serai pas là pour dîner, que je rentrerai probablement très tard.

— Tu découches ? a fait Bruno, gouailleur.

— J’ai une réunion. »

Et je suis entré chez Marie.

Maintenant, il faut aviser. Aviser, sous-marque de la décision, mise en ordre du fait accompli, sa conséquence : voilà un verbe à ma hauteur. Mes souhaits sont devenus des obligations. Marie le sait bien. Elle vient d’enfiler une immense chemise de nuit fermée par une coulisse dont le ruban fait chou et lui donne l’air d’une trop grande petite fille. Elle me devine, elle me devance. Elle dit, sérieuse :

« Bien entendu, Daniel, tu restes libre. Tu ne me dois rien. On ne compromet pas une demoiselle de quarante ans. »

Puis, futée (ça lui va mal) :

« Tu as seulement pris une option. »

Et de nouveau sérieuse en regardant le réveil :

« Disons : une option de six mois. Tu me comprends, Daniel : si je ne deviens pas ta femme, je ne resterai pas ta maîtresse… Une heure ! Il vaudrait mieux que tu rentres. Je te garderais trop volontiers. Mais nous ne pouvons pas nous déconsidérer auprès des tiens. L’argument, dont je parlais à l’instant, n’est pas valable pour eux. Au contraire…

— Comme tu voudras… »

Les mots ne me sortent pas de la bouche. J’ai un peu compté sur cette absence que chaque minute, en effet, rend plus éloquente ; et puis cette nuit tronquée, ce sera une nuit manquée dont mes souvenirs regretteront la hâte. Assis au bord du lit, je la regarde, la compagne rêvée dont je n’ai fait qu’une complice. Elle m’observe aussi ; ses pattes d’oie rayonnent, ses sourcils se hérissent un peu, attentifs comme des antennes. Elle est là, douce, mais décidée, raisonnablement tendre, ne faisant point de romance, sachant tout de moi, me prenant, m’aimant comme je suis, échangeant une jambe trop longue contre une volonté trop courte et je songe à ma mère et je me demande comment ma mère n’a pas compris, jadis, à quel point celle-ci l’eût mieux remplacée que toute autre.

« Bonsoir, Marie.

— Bonsoir, Daniel. »

On n’est pas plus simplet, malgré le jour. Baiser. Marie fait très vite :

« Fais pour le mieux. J’ai confiance en toi. »

Qui assure autrui de sa confiance l’encourage surtout à la mériter. Re-baiser, au coin de l’œil.

Le vieil enfant s’en va, dont on a peut-être souhaité que pour une fois il ne soit point obéissant. Quarante-huit marches à descendre. Dans la rue, je me retourne, je renverse la tête pour apercevoir, au deuxième étage, cette fenêtre que teinte, faiblement, la lueur jaune d’une veilleuse filtrée par le rideau. Le rideau bouge un peu, je crois. Allons, il faut rentrer. Il faut même prendre un taxi, à tarif double, car il n’y a plus de train ni d’autobus, j’aurais dû y penser. Et à la gare il n’y a en station — et c’est encore une chance — qu’un très ancien G 7 dont le chauffeur, hélé, se réveille en sursaut.

« Vous me descendrez au pont de Gournay. »

Si je me faisais conduire jusqu’à la maison, Mamette qui dort peu aurait vite fait de noter l’heure. Je continuerai à pied, par le quai, dont je suis parti hier soir. Sous les piles du pont la Marne bruisse, où se reflètent les globes des lampadaires, ronds comme des œufs et qui semblent pocher dans de petits bouillons d’eau noire. Plus loin la nuit s’empare des toits, des grilles, des arbres, signalés de loin en loin par de simples ampoules dont la moitié ont été crevées à la fronde par les apprentis-blousons que Bruno fréquentait naguère. Bruno ! Il doit dormir, le menton et les paupières serrés ; et Michel aussi, bien à plat dans son lit, appliqué jusque dans le sommeil ; et Louise, ma fautive, parmi ses cheveux très fins qui lui chatouillent le nez. Ils dorment, oui, tous trois sur leurs deux oreilles. Comment après tant d’attente pourrai-je leur faire admettre tant de précipitation ? Je me marie, avec Marie, vlan ! J’ai décidé ça, mes enfants. Impensable. Ils en ont vingt fois entendu parler, à mots couverts. Mais à force de l’avoir été, le possible ne l’est plus ; il est entré dans l’improbable. Si tu y penses depuis si longtemps, tu ne dois pas y penser très fort. Bruno se trompait ou voulait se tromper. La vérité, c’est que j’ai craint depuis toujours de rendre aiguë la rivalité de mes « attachements ». S’ils se balancent, je n’en ai pas fini. Reste à les accorder : mais la chance en est mince.

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