Hervé Bazin - Au nom du fils

Здесь есть возможность читать онлайн «Hervé Bazin - Au nom du fils» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1960, Издательство: Éditions de Seuil, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Au nom du fils»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

Au nom du fils — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Au nom du fils», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Rassemblant mon courage, je réussis, le jeudi matin, à franchir sa porte. Bien entendu, comme je n’allais jamais la voir seul, Mamette fut aussitôt sur ses gardes et sembla prendre un malin plaisir à déjouer les astuces que j’avais imaginées pour mener à bon port la conversation. Au bout d’une heure nous voguions toujours dans les balivernes et la salive commençait à me manquer, tandis que ma belle-mère postillonnait à merveille. Enfin elle me fit grâce et, contre toute attente, consentit même à me tendre la perche :

« Bon, cessons de chipoter les hors-d’œuvre et passons au rôti. Vous avez l’os en travers de la gorge, mon ami, ça se voit. Toussez un peu et confiez-moi ce désagrément. »

Je toussai, ce qui me valut un éclat de rire fêlé et l’offre d’un bonbon. Mais la phrase partit :

« Vous m’avez souvent conseillé de me remarier…

— Moi ? » fit M me Hombourg, candide.

Dans sa bouche entrouverte, la langue se mit à tourner : on se consultait. Mais craignant de ma part quelque irréparable gaffe, Mamette ne prit point le temps de la tourner sept fois. Elle se réfugia vivement dans la bonne foi.

« Il est vrai que je vous aime bien et que je vous aurais volontiers donné ma petite Laure. »

Pause d’une fraction de seconde :

« Mais vous venez me dire, n’est-ce pas, que ce n’est pas possible et que, dans ces conditions, vous estimez ne plus pouvoir la garder ? »

Je hochai la tête. Elle hocha la tête à son tour, toute bonne, compréhensive, affligée. Mais hop, la vérité dépouillée, elle en jetait la peau. Elle disait, avec rondeur :

« Mais non, gardez-la donc, allez ! N’ayez pas de faux scrupules. Elle a compris. Elle a Michel, Louise et Bruno, c’est déjà beaucoup. Elle n’a peut-être pas choisi la meilleure part, en son temps ; mais cette part-là lui suffit et elle ne lui sera point ôtée. Je vous connais, Daniel, vous êtes un bon père. Vous avez pensé un moment, je sais, à épouser M lle Germin, cette collègue infirme dont votre mère n’avait pas voulu. Je sais aussi pourquoi vous avez renoncé : fût-elle adoptive, on n’enlève pas une mère à ses enfants. »

J’étais cloué. J’avais envie de saluer. Par précaution, du reste, Mamette rompait les chiens :

« Ne vous mettez pas martel en tête : il y a des problèmes plus sérieux. Puisque vous voici, parlons un peu de Louise. Je n’aime pas la voir, comme ça, rentrer tous les soirs entourée de petits miauleurs. Je m’inquiète sans doute à tort, mais les cajoleuses, l’âge venu, donnent souvent des frôleuses. Avec ce genre de filles on ne sait jamais : ça joue encore, la veille, à chat perché ; le lendemain ça joue à chat couché. »

Je la quittai, si démonté, que sur-le-champ je pris le seul parti convenable : je filai à Villemomble avouer mon impuissance à Marie qui m’attendait depuis trois jours. Elle ne le fit pas remarquer, mais ne me manqua pas :

« La vigilante Mamette, la silencieuse Laure, l’orgueilleux Michel, la trop jolie Louise et l’ombrageux Bruno, s’écria-t-elle, ça fait un tout, serré comme un chou. Tu ménages le chou. Moi, je suis l’horrible chèvre qui pourrait dévorer le chou : tu la ménages moins. Te voir à ce point esclave des tiens me rend folle. J’aime mes parents, mais je ne raterais pas ma vie pour eux. »

L’aigreur me gagnait moi aussi. J’eus envie de répliquer : « Tu en parles à ton aise. Tu n’as qu’une famille reçue. À celle-là on peut, au besoin, s’opposer, la naissance ne constituant point un engagement. À la famille que l’on a créée, c’est autre chose ! Nous lui devons exactement ce que Dieu, s’il existe, nous doit pour nous avoir obligés à être. » Mais comme tant d’autres, la réplique me resta pour compte. Je me contentai de plaider :

« Essaie de comprendre ! Nous serons bien avancés si nous commençons par mettre la maison sens dessus dessous. Je ne vois qu’une solution : une présence progressive. Viens tous les jeudis, par exemple. Ensuite tu viendras deux ou trois fois par semaine.

— J’y pensais, dit Marie, mais je ne voulais pas avoir l’air de m’imposer. »

Rassurée — il lui en fallait trop peu pour qu’elle fût vraiment forte — elle me garda jusqu’au soir. Quand je rentrai, soulagé moi-même par la perspective d’une semaine de répit où nous n’aurions, ni Marie ni moi, la salive amère, le couvert était mis. On m’attendait sans impatience. Laure était debout, très droite, dans le coin sombre qu’elle affectionne, au bout du vivoir et cette statue, pour ne rien perdre d’un temps qu’elle perdait depuis des années, tricotait, tricotait, en ne laissant bouger que ses doigts. Elle sourit. Louise vint me becqueter les pommettes. Il y avait de l’amitié dans l’air. Je surpris seulement le coup d’œil de Bruno, louchant vers le carillon.

La première visite de Marie se passa bien. Depuis des mois elle n’avait pas mis les pieds à la maison et cette absence avait sans doute été interprétée comme une renonciation. Son retour pouvait aussi la confirmer : « Nos intentions sont si bien oubliées que toute précaution devient inutile. Maintenant, nous pouvons être amis. » Laure se mit en frais : d’un canard et de quelques amabilités. Mamette dans son fauteuil, au mair, Michel indifférent, Louise tournant de la jupe, nous fûmes simplement environnés de réserve et obligés de surveiller nos phrases. Bruno, seul, encore une fois, me sembla réticent : il écoutait à peine et surveillait mes yeux. « Comme il tient à Laure ! L’affection le rend plus perspicace que les autres », pensai-je avec une pointe d’envie. Quant à Marie, elle paraissait presque étonnée :

« Tes fauves ne sont pas si féroces ! » me souffla-t-elle en partant.

La seconde visite, trop rapprochée de la première pour signifier encore une installation dans l’amitié, allait la faire déchanter. On fut convenable, mais tout juste. La cause était jugée cette fois : retour de flamme. Les « Bonjour, mademoiselle » plombèrent tout de suite la conversation et Marie dut s’avancer dans un enchevêtrement de regards entendus. Arrivée à trois heures, elle ne se vit rien offrir et je dus fouiller moi-même le placard pour y dénicher une bouteille de porto, tandis que Laure, avec une respectueuse autorité de servante épousée par son maître, nous laissait le champ libre en s’excusant d’avoir à préparer le pot-au-feu. Louise la suivit, puis Michel, armés d’un superbe prétexte : l’urgence du bachotage, à dix semaines des examens. Bruno tint plus longtemps, roulé en boule comme un chien qu’on néglige. Il finit par s’en aller, à regret, sur des talons traînants. Mais il revint chercher un livre, il revint chercher un stylo et chaque fois je pus déchiffrer son visage — qu’il ne sut jamais composer. Enfin il renonça et nous fûmes tout à fait seuls, en quarantaine :

« La Sainte-Alliance ! » murmura Marie, consternée.

C’était mieux que cela : une entente tacite, immédiate, spontanée.

« En temps normal, fis-je à voix basse, leur tante, ils la bousculent, ils l’ignorent, ils font d’elle leur bonniche. Qu’ils la croient en danger et ils font bloc.

— Tu les approuves, ma parole ! dit Marie.

— Je ne peux pas leur reprocher d’avoir du cœur.

— Excuse-moi », dit Marie, en rougissant.

Ses mains tremblaient. Elle continua, d’une voix humble (et de cette humilité je m’en voulus aussitôt) :

« Ils ont raison et nous n’avons pas tort. J’oublie toujours qu’épouser un veuf, c’est épouser sa famille et qu’on ne l’a pas vraiment conquis, lui, si on n’arrive pas à la conquérir, elle. Ça sent la partie nulle : Laure et moi, nous n’avons chacune que la moitié des atouts. Pardonne-moi aussi ce découragement. Il faut te rendre justice : depuis des années tu piétines, mais toi, au moins, tu ne t’es jamais découragé. »

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Au nom du fils»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Au nom du fils» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Au nom du fils»

Обсуждение, отзывы о книге «Au nom du fils» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x