Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« Michel, mention bien, dit-elle. Voulez-vous venir ? »

Économie de l’information. Traduisez : Louise a échoué, et M me Hombourg convoque M. Astin, pour ne pas l’en féliciter. Remorqué par Laure, j’ai à peine traversé le jardin que les éclats de voix jaillissent de la fenêtre-observatoire, ricochent dans tout le quartier.

« Ce n’est vraiment pas la peine d’avoir un père professeur ! crie Mamette — qui m’a tant reproché de l’être. Si on s’était sérieusement occupé d’elle, Louise les aurait, les cinq points qui lui manquent. Mais dans cette maison, la fille, le père, ça sort, ça file, c’est à qui courra le plus loin… »

Le ton baisse tout de même quand j’arrive.

« Beau résultat ! grogne M me Hombourg. S’il n’y avait pas Michel… »

Long hommage du regard à la mention bien. Michel renifle cet encens, à quoi je n’ajouterai qu’un petit grain :

« Oh ! Michel, j’étais tranquille. »

Cela suffit. Il m’agace, Michel, à la droite de Madame sa grand-mère : on dirait qu’il assure mon intérim. Louise, à trois pas, se mordille un ongle. Elle arbore une petite robe qui la rend femme comme jamais, qui fait de ses dix-sept ans une telle réussite que, de toute évidence, elle se fiche éperdument de son petit échec, étranger à l’avenir qu’elle pressent et où elle fera métier d’être fille. Mamette y va d’une semonce, Mamette brasse une petite salade : à chacun selon ses mérites, c’est bien fait, les jeunes filles d’aujourd’hui, n’est-ce pas, leur fichu cinéma et leurs pantalons, voyons, sans compter ces godelureaux sur les talons, on fume, on braille, on n’en fiche pas une ramée et je ne dis rien de ces parents qui ne disent rien. Mais c’est comme ça, mon cher, que votre fille est recalée.

Louise écoute, l’ironie à fleur de lèvre. Mais elle commence à en avoir assez, son cou vire, elle cherche du coin de l’œil un allié, un libérateur. Imprudence de l’ennemi, superbe occasion : profitons-en. Tandis que Mamette renverse la vapeur et entonne le los de Michel, j’effleure le coude de Louise, je murmure :

« Va, mon petit. »

Et nous dérivons, complices, père et fille comme jadis. Nous nous retrouvons dans le vestibule.

« Tu m’en veux ? dit Louise, faisant la sucrée. Vois-tu, c’est l’anglais qui m’a fichue dedans.

— Anglais ? Tu dois te tromper. Il est bien français. »

Louise rougit, autant que moi. Ce n’est pas joli, joli. Une fois déjà je m’y suis refusé, mais tant pis, je n’ai pas le choix : nous échangerons de l’indulgence. Louise en a grand besoin.

« Je ne t’en veux pas, ma chérie… »

Sourire, soupir, contrition conquérante : on relève une tête basse, dont le regard est vif comme une ablette et se fraie un passage dans un ruisseau de cheveux. Je peux ferrer :

« C’est plutôt toi qui sembles m’en vouloir, ces temps-ci. Pourtant il s’agit de choses autrement sérieuses… »

L’ironie reparaît sur les lèvres de Louise. C’est son premier réflexe dès qu’il est question d’affaires de cœur entre personnes de plus de vingt-cinq ans, ces vétustes, dont les affreux mamours déshonorent la carte du tendre, réservée aux explorateurs de sa génération. Puis l’ironie s’efface, fait place à la contrariété qui rapproche deux sourcils épilés. Avec une désinvolture, une inconscience toute féminine, elle rétorque :

« Justement, Papa, c’est sérieux ! »

Elle se reprend d’ailleurs aussitôt :

« Je veux dire : c’est grave, ça bouscule tout, pour nous tous. »

Il n’est plus question de Louise, qui s’est très bien rendue compte du raccrochage et se rembrunit de plus en plus. J’aurai du mal à la relancer :

« Mais enfin qu’avez-vous tous contre Marie ? Que lui reprochez-vous ?

— Rien, bougonne Louise. Tu comprends bien. Nous avons Laure, nous n’avons pas envie d’une belle-mère. »

Et soudain, plus bas, plus vite, d’un air excédé :

« Que tu la voies, je ne dis pas, c’est normal après tout, tu es seul. Mais pourquoi l’épouser ? »

Dois-je en croire mes oreilles ? Ma fille, ma petite fille, qui respire frais dans un chemisier blanc, me laisse entendre que j’ai une maîtresse, qu’elle n’en est point choquée, mais qu’elle le serait fort si je n’étais pas assez raisonnable pour m’en tenir là. Monsieur Astin, vous n’avez pas une fille sur mesures, mais telle que les taille en série sa génération. « Impure, non ! disait le proviseur, qui aime conférencer. Logique. Notre morale de concurrence lui semble une autre hypocrisie. Le mal, pour elle, c’est le nuisible. » De mon indulgence, Louise n’a pas gros besoin et, surtout, elle n’en fera pas troc. L’indulgence, aussi, comme l’amour, doit lui sembler un apanage de la jeunesse, à qui nous rabâchons au nom de l’inexcusable nôtre qu’elle n’a pas d’expérience.

« Ne t’inquiète pas. Je t’aime bien quand même… »

Louise m’a vivement picoré la tempe et la voilà qui s’envole, qui se défile. Elle est déjà chez Mamette qui saura la récupérer.

Il faut pourtant en finir, la phrase me lancine. Un pas en arrière, trois pas en avant : non, laissons Michel. Comme j’ai essayé de profiter de l’échec de Louise, je pourrais utiliser le succès de son jumeau qui doit être, aujourd’hui, plus accessible. Mais on ne le prend jamais sans vert, il est diablement difficile à émouvoir et la seule fois où j’ai réussi à l’amorcer, il s’est montré catégorique :

« Moi, Papa, je te le dis franchement, je suis contre. Un remariage, dans ton cas, c’est d’abord un arrangement et celui-ci n’arrange personne, sauf toi. »

Il a même ajouté :

« Et encore je crois que tu le regretterais. »

Le pire, c’est qu’il a raison. Marie elle-même n’a-t-elle pas dit l’autre jour : « On ne peut pas épargner tout le monde » ? Elle aussi a raison : c’est le plus sûr moyen de n’épargner personne.

Je suis sorti, je marche droit devant moi, terriblement seul. Résumons-nous. Je suis le chef de famille, je pourrais m’imposer, je pourrais épouser discrètement Marie, mettre les enfants devant le fait accompli. Je pourrais au besoin aller habiter Villemomble, laisser Laure à Chelles, comme si je divorçais d’elle. Mais pourquoi m’exciter, avec tous ces conditionnels ? Je pourrais… je ne peux pas. La rue s’allonge, puis le quai, que j’enfile machinalement, à petits pas rêveurs, jusqu’au pont de Gournay, jusqu’à l’arrêt de l’autobus, où je parviens juste au moment où stoppe le 213.

« Papa ! » lance une voix rugueuse.

Bruno, qui rentre de Charlemagne avec deux heures d’avance, saute du marchepied.

« Pas d’étude surveillée, ce soir, explique-t-il. J’ai vu la liste, elle était affichée sous le préau. Alors, Louise est dans les choux ?

— Si on peut dire… Elle serait plutôt restée dans le muguet. »

Bruno éclate d’un petit rire gêné, qu’il coupe net sur une rangée de dents pures, aiguës, presque transparentes.

« C’est de son âge », dit-il.

Il y a tout dans l’intonation, légèrement glissante : dédaigneuse absolution, complicité fraternelle, sérénité. Mais Bruno pourrait bien aussi avoir hérité de sa grand-mère un don pour les phrases à double sens. Muguet pour Louise, c’est de son âge ; ce n’est plus du mien, qui donne dans l’œillet fané. Bruno est peut-être à cent lieues d’y penser, mais quand un souci vous tarabuste, on croit voir partout fleurir les allusions. Mon fils ouvre de nouveau la bouche et je vais y voir une liaison :

« Tu nous abandonnais encore ? »

Non, je marchais, sans but précis en réfléchissant. Mais cet encore m’est doux. Je mets la main sur l’épaule de Bruno, là où l’on sent bouger l’articulation. N’est-ce point dans ces parages que, voici des années, j’ai mis la même main sur la même épaule, bien plus basse alors et dépourvue de ce vivant paquet de muscles. Mentons :

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