Hervé Bazin - Le matrimoine

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« J'y appelle Matrimoine ce qui dans un ménage relève normalement de la femme, comme ce qui de nos jours tend à passer de part de lion en part de lionne » Le propos du « Matrimoine » n’est pas en effet de savoir comment un couple se fait ou se défait (sujets classiques pour drame ou mélo), mais comment il
. Pour des motifs différents de ceux qui l’ont amené au mariage et qui le font passer insensiblement de la nouveauté à l’habitude, du désir à la satiété, du risque aux charges, du choix au devoir, du hasard à la fatalité. Malgré
où chacun de nous n’est
. Malgré ces mille problèmes d’accord mutuel, d’argent, de lit, d’autorité, d’éducation. Malgré l’enlisement dans le ronron, l’ennui, la bêtise, l’empiétement familial.
Abel Bretaudeau, petit avocat de province et sa femme Mariette, fille des bonnetiers Guimarch, ce sont M. et Mme Tout-le-Monde. Mais la lucidité d’Abel tour à tour aigre, tendre, féroce, passionnée, montre assez que l’auteur — s’il n’est nullement acteur — se tient tout près de son personnage et partage avec lui l’expérience de ses échecs. Si Hervé Bazin est vraiment, comme on l’a dit, un « spécialiste des difficultés de la famille », « Le Matrimoine » complète une œuvre dont les moyens restent par ailleurs ceux qui, de « Vipère au poing » à « Au nom du fils », lui ont valu le plus constant des succès.

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— Ça, dit le beau-père, c’est l’éperlan d’Abel.

Parfois j’arrive à embarquer les filles dans cette voiture enfin récupérée, dont l’âge les fait sourire et je pousse une pointe jusqu’à Sarzeau, Sainte-Anne ou Port-Louis.

Parfois j’essaie de la solitude. Je vais, je longe, dans les anses de la pointe qui ne sont pas nettoyées, ces franges indistinctes où mer et terre se rejoignent, s’offrent réciproquement leurs détritus, l’une donnant l’écume, l’os de seiche, les coquilles brisées, le bois flotté, l’algue glaireuse, l’autre fournissant le gravier, le chat crevé, le bloc couché qui aurait pu faire un si beau menhir, le papier gras, le bidon d’huile, la boîte de sardines à couvercle roulé, la peau d’orange et moi-même. Je ramasse un galet où s’entrecroisent de blanches nervures ; puis un rose, trop léger, facétie de la mer à base de brique roulée ; puis un morceau d’ardoise. Maître Bretaudeau se retourne. Il est seul. Il se baisse, il tire, il obtient trois maigres ricochets.

— Minable ! s’exclame Tio, qui me cherchait, qui surgit de derrière un rocher, me harponne et me ramène.

Je retrouve les femmes, assidûment assises et dont les doigts, les bouches maillent de la laine et du potin. Quelquefois je tombe pile, sur une très belle histoire :

— Son premier mari est mort, dit Mamoune, d’une curieuse façon.

Qui ? C’est sans importance. La belle-mère continue :

— Figure-toi que sa femme avait laissé tomber son alliance dans l’eau. Elle criait : Va la chercher, Jérôme. Perdre son alliance, ça porte malheur. Lui hésitait ; il savait nager, remarquez, mais il y avait trois mètres de fond. Il paraît qu’il lui a répété pendant un quart d’heure : Je t’en achèterai une autre. Mais elle se désolait : Une autre, tu n’y penses pas ! C’est comme si je me remariais . Ça l’a touché. Il a plongé, il a fouillé, il a retrouvé l’alliance, il a eu même le temps de la lancer sur la berge. Et puis, il a coulé, foudroyé par une congestion.

Quelquefois, au contraire, j’arrive comme un bourdon dans la gaze. Dans le brouhaha général, nos six mètres carrés font silence.

— Vous nous restez, Abel ? demande M me Guimarch.

— Très volontiers, ma mère.

Je m’étale. Mamoune, d’un coup de langue, s’humecte la lèvre ; puis tournée vers Mariette, qui ne me regarde pas, clôt le débat interrompu sur de prudentes considérations générales :

— Que veux-tu, les mots le disent bien : c’est le mari qui fait le mariage ; mais c’est la femme, heureusement, qui fait la famille.

À propos de qui, là encore, mystère. Peut-être moins épais. La langue, en tout cas, a d’étonnants hasards. Si le mariage est de notre invention, il l’est comme la démocratie conçue — à leur usage — par les bourgeois de 93 et qui, aujourd’hui, les dévore. Un nouveau silence assure la transition. On m’oublie. On recommence à bavarder : sans discuter vraiment, sans disputer, comme le feraient des hommes. J’écoute. Voilà donc ce qu’elles se disent, à longueur d’année, quand je ne suis pas là. La présence me montre à quel point je peux, de leurs idées, de leurs préoccupations, m’être absenté. L’essentiel, c’est du faire-part : naissances, morts ou mariages. Mariages, surtout. C’est fou ce que l’institution, dont elles se plaignent, peut les tenir en haleine ! Mariages faits, mariages défaits, mariages à faire. Toute la plage y passe. La bouche troussée en as de cœur, elles s’interrogent sur des couples ; sur une jeune femme qui n’a jamais été vue, même en week-end, avec son mari ; sur les intentions du garçon de la 65, qui serre de près la fille du 47. Un instant le propos dérive. Que fait donc Gilles ? On n’a pas vu Gilles. Il est pourtant tout près, Gilles, avec son bateau.

— Il ne se marie toujours pas, dit Mamoune.

Nous y revoilà. Elle reprend :

— Tout de même, il serait temps. Il a au moins…

Le chiffre ne passe pas.

— Deux ans de moins qu’Abel, dit Mariette.

— Six ans de plus qu’Ariette, dit Gabrielle.

M me Guimarch se rembrunit. Le mariage d’Arlette est son cruel souci, depuis longtemps. Mais pour des raisons différentes celui de Simone, désormais, ne la hante pas moins. Simone n’a pas seulement le goût de l’indépendance, elle en a les moyens ! Modéliste, elle gagne sa vie, paie pension comme une grande et, au moindre froncement de sourcil, menace de monter à Paris. La voilà qui passe devant nous, Simone, flanquée de je ne sais qui ; elle a déjà parlé d’un Henri, d’un Armand, d’un Germain, comme à Angers, où le téléphone ne sonne plus que pour elle. M me Guimarch la suit des yeux, déroutée. Ne parlons pas, je vous en prie, de glissement de mœurs. Simone, comme Annick, qui n’est ni moins entourée ni moins libre, peut bien rentrer à des heures indues, parler de ses flirts avec désinvolture et même montrer de l’allergie au mariage. Ça signifie quoi ? Qu’elle n’a pas trouvé. Rien n’empêche et même, puisqu’il y a défilé, tout commande de croire qu’elle cherche, par les voies modernes, qui sont comparatives…

Acharnées à vouloir en faire d’autres, les mères papotent toujours, mais je n’écoute plus. Simone repasse, avec Annick flanquée d’un éphèbe blond assez agaçant. Mes yeux font le travelling.

— Tout de même, Abel, devant moi, regarde-la un peu moins, dit soudain Mariette.

Il y a de l’amusement dans sa voix plutôt que du reproche. Mais il y aura de l’humeur dans la mienne :

— Si je ne peux plus regarder ce que mille personnes ont le droit de voir, autant me crever les yeux !

Et autant détruire sur les places publiques ces œuvres d’art qui nous montrent des déesses très nues, allaitant en plein vent, sous l’œil attendri de leurs divins époux, pourvus de grands articles en bronze ! Une Annick, dans ce paysage de cellulite, voilà qui soulage, qui réconcilie avec les valeurs humaines ; et qui, encore une fois, ne rallume les maris qu’au bénéfice de leurs femmes. Je suis saoul de parlotes, de ridicule. J’attends quelques secondes par décence. Puis je me relève. Je fais un détour par-derrière les tentes. On me perd de vue. Alors rentrant soigneusement le ventre, je trotte et au bout de la plage je rattrape ce que le mariage même, après tout, m’a donné comme sœur et comme cousine.

4

Avant-dernier jour. En short et polo blancs, Gilles, qui ne sent plus son pied bot dès qu’il est dans sa voiture ou sur le Miclou, son bateau, s’est amarré à Port-Haliguen. Quel succès ! La fièvre de l’aventure, soudain, s’est mise à souffler sur Ty Guimarch. Tout le monde a voulu en tâter, sauf Mariette qu’une expédition à Groix, lorsqu’elle était petite fille, a une fois pour toutes dégoûtée de mettre un pied sur ce qui flotte. Elle a été chargée de garder les enfants et Tio s’est dévoué pour lui tenir compagnie, tandis que la Mercedes, cahotant à travers les dunes, nous transportait au Conguel.

— Un petit tour seulement, a dit Mamoune, montant à bord avec son époux.

Lesté de leurs quintaux, le Miclou n’a fait, côté baie, qu’une très modeste boucle. Les beaux-parents en ressortent fiers comme Christophe Colomb, laissant la place aux Éric pour qui Gilles, actif à l’écoute, cingle un peu plus au large. Ariette et Simone suivent qui seront chahutées : virant sec, couchant de la voile, Gilles leur offre des sensations, leur tire des cris, les ramène aspergées. J’embarque dans l’ultime fournée avec Annick par hasard à mon sort associée :

— Vous, dit Gilles, vous n’y coupez pas. Je vais jusqu’au phare de la Teignouse.

Va ! Le souffle de marée, qui commence à broder de la houle, nous emporte gentiment au ras de l’îlot de la pointe. Mais Gilles appréciant mal la force du jusant, resserré dans le passage qui alimente la baie, s’en inquiète un peu tard : pris de vitesse et raclant longuement un banc providentiel, le Miclou s’engrave.

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