Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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— Constance, il faut être raisonnable. Votre tante veut reprendre Claude que le docteur nous renvoie dans un état qui… qui s'est amélioré sans doute, mais pas assez pour… enfin, jugez ! Cet enfant ne doit plus rester ici. Dites à Mlle Orglaise, dites-lui vous-même, qu'elle ne peut pas s'imposer cette double charge. Vous, Berthe, vous voyez aussi que ce n'est plus possible.

Berthe Alanec ne répond rien, hébétée, le ventre proéminent, le gosse entre ses jambes. Mathilde torture ses mèches en protestant :

— Mais si, mais si !

Décidée à faire flèche de tout bois, elle retourne l'objection, s'en fait un argument :

— Si Claude marchait, je ne pourrais pas l'empêcher de faire des bêtises. Mais puisqu'il ne peut pas marcher, justement…

Malgré mon menton qui grelotte, c'est à moi d'intervenir :

— Allons, tante, sois sérieuse !

Je crois bien que mes yeux me contredisent, la supplient de ne pas l'être. Mathilde change de tactique :

— Et comme il se traîne à quatre pattes, tout de même, je me sentirai plus tranquille quand je serai obligée d'aller en courses. Le petit peut aller chercher un objet, prévenir les voisins…

— Dites que vous ne voulez pas imposer ce sacrifice à votre nièce, reprend Mlle Calien, avec une dureté de chirurgien qui a décidé d'opérer un patient malgré lui.

— Non, en effet ! avoue enfin Mathilde, qui manipule son sautoir.

Elle ajoute, en louchant sur la ceinture de Berthe Alanec :

— D'ailleurs, dans l'état où se trouve cette femme, comment s'occuperait-elle de Claude ?

— C'est bien ça qui me chiffonne ! murmure Berthe d'une voix lâche, habituée aux profitables contritions.

— Ah ! vous, alors !

Marie Calien s'est retournée. L'interjection exprime tout ce qu'elle pense sur ces malheureuses qui réembrouillent à plaisir des situations compliquées dont on a eu tant de mal à les sortir.

— Je vais me marier, dit précipitamment la pauvre fille, sans se douter que ce qui sauve sa seconde faute alourdit la première.

— Ça n'arrange pas tout ! réplique sèchement l'assistante. Votre… fiancé m'a courageusement prévenu : « Je prends Berthe et le gosse que je lui » ai fait. Je ne prends pas l'autre avorton. »

Silence. Berthe baisse le nez. Mais toutes trois, les sans-anneau, les vieilles filles, qui vivons des restes d'autrui, nous relevons la tête. La mienne quitte de nouveau l'oreiller, malgré le poids de mes cheveux qui me semble si lourd. Je considère ce corps étranger qui, sous la couverture, s'allonge vers des pieds morts, cette horloge blanche et menaçante comme une lune d'hiver, cette grosse Mathilde dont la main vient de saisir l'épaule de Claude pour l'attirer à elle. J'hésite. Quel beau legs à lui faire ! Quelle jolie preuve de gratitude ! Même si elle a du goût pour les dévouements revêches, tatillons et tenaces, de quel droit continuerais-je, une fois morte, à lui repasser comme de mon vivant les tâches que mon imprudence a désirées ? Qu'elle ne me fasse pas ça comme une aumône !… Je sais, ce n'est pas une aumône. Ni une leçon. C'est un besoin. Un besoin que nous avons, dans la famille. Ce qu'elle espère, ce sont de nouvelles, de longues années de soins, de privations et de soucis. Elle se rembourse d'un malheur par un autre. Ah ! qu'elle se taise ! Je sais ce qu'elle va dire.

Mais Mathilde se penche. Le kyste de sa paupière frémit. Toute sa graisse tremble. Elle souffle, près de l'oreille de Mlle Calien, là où s'attache la violette :

— Vous comprenez bien ! Quand elle… Quand elle ne sera plus là, j'aurai quelqu'un.

Et le sautoir se brise net sous ses doigts.

XXX

De mieux en mieux. Pour croître et embellir, ça croît ! Ça embellit ! Le dictionnaire de médecine m'avait prévenue : Rien de plus commun que la rétention chez les grands paralytiques, qu'il faut alors sonder… Et je me souviens aussi de cette note encourageante : Le danger est que, malgré toutes les précautions d'asepsie, des sondages répétés aboutissent souvent à de graves infections urinaires qui abrègent les jours du malade.

Abrégeons, abrégeons. Après avoir examiné mon ventre distendu et une rougeur de la fesse qui lui paraît suspecte, Rénégault vient de se tourner vers Mathilde.

— Je vais la sonder. Puis vous tâcherez de vous procurer un matelas d'eau. Elle nous fait de la rétention et un commencement d'escarre.

Son attitude est très significative. Aucune inquiétude visible sur ses traits. C'est un homme qui en a pris son parti, qui prodigue ses soins comme un poseur de mines essaie de retarder l'avance ennemie. A peine esquisse-t-il son habituel mouvement de mâchoires. Il y a beau temps que Cralle ne le seconde plus. Déranger un spécialiste, c'est conserver un espoir. Il y a également beau temps que Rénégault ne me cache plus rien, qu'il ne s'isole plus avec Mathilde pour lui faire secrètement part de ses craintes. Sa franchise entend me rendre hommage. A tout autre client, il dirait : « Ne vous frappez pas. Avec du temps et de la patience, vous vous en tirerez. » A moi, il me confie, bonhomme :

— Tu te défends bien, bougresse !

Je lui rends aussitôt la politesse :

— Dites à la camarade Camarde qu'il faudra repasser.

Nous savons très bien à quoi nous en tenir, l'un et l'autre. Mais nous savons aussi qu'on n'impose pas aux gens pendant des semaines, pendant des mois un climat d'agonie. Et puis, Thomas-Thomas, la foi dans l'inéluctable ressemble à la foi tout court : on ne croit pleinement qu'à ce qui est arrivé. Des yeux, de la langue, des cheveux, de tout ce qui bouge encore en moi, il me faut lutter contre ce gisant que je figure de mon vivant même, pour déconcerter Mathilde, pour retarder chez elle l'heure des convictions poignantes.

— Ça va te soulager, dit Rénégault, qui retire d'un tube de verre recourbé en forme d'U une sonde de caoutchouc.

Mathilde me glisse un bassin sous les reins. Je ferme les yeux. Si entraînée que je sois aux pires humiliations physiques, celle-ci m'est vraiment trop pénible. Que la paralysie débauche mes muscles, un à un, passe encore ! Mais elle pourrait avoir la pudeur de ne pas gagner mes sphincters. Mon cher Pascal, voyez-vous comment votre Providence récompense une fille propre ? Vous qui devenez pressant, qui me disiez l'autre jour : « Dieu rôde autour de votre souffrance. Offrez-la-lui… », trouveriez-vous une jolie formule pour me prouver que celle-ci lui agrée, qu'il la renifle comme un encens, qu'il procède à de savantes compensations… qu'il rend, par exemple, à Catherine une septième pureté en échange de l'offense injuste faite à la mienne ? Le Seigneur a du goût pour de curieux mérites ! Et si j'œuvre à sa gloire, vraiment, dans cette position…

Un rire nerveux me secoue, fait protester Rénégault qui pousse délicatement son tube. Il grogne.

— Celle-là, alors ! Qu'a-t-elle donc dans le corps ? Elle rirait dans un cercueil.

Il interrompt son répugnant travail pour se gratter l'oreille et ajoute, à mi-voix :

— Attendons un peu. La vessie était si distendue qu'il serait dangereux de tout évacuer d'un coup. Tu te sens mieux, Constance ?

Je me sens mieux. Je ne veux pas savoir pourquoi. A quoi penser, à quoi penser, pour ne pas crever d'humiliation ?

* * *

A eux. Si je vais plus mal, « ils » iraient plutôt mieux. Pascal fait un tas de choses bien. De petites choses. Il reste froid, bénisseur, agaçant, sa mécanique m'échappe, mais il fait son métier. Si je n'avais pas un faible pour les salauds et les tordus, je devrais « mettre en lui mes complaisances ».

Malheureusement — ou heureusement — mes complaisances vont à Serge, qui me laisse souffler un peu. Il a eu la frousse. La peur du gendarme ne le rehausse guère à mes yeux. Mais… Disons-le, quoi ! J'ai une faiblesse pour sa bonne gueule, une sorte d'affection qu'il m'a escroquée comme il a escroqué les commandes de sa fabrique. Il a des naïvetés brutales, des délicatesses inattendues. Le sentiment rocailleux qu'il voue à Catherine le rend attachant, le rachète. Serge racheté par Cath ! Un mathématicien dirait : moins par moins donne plus. Luc, dont tous les jugements sont téméraires (mais non le caractère, hélas !) assure que « Serge a déjà pris la succession de Nacrelle ». Et après ! Nouy l'avouait lui-même lors de sa dernière visite : « Dire que je suis assez ballot pour être mordu ! » Excellente affaire. Ne hisse plus le drapeau noir si tu as femme à bord, proclame un proverbe des îles. Le portefeuille de Serge et son cœur, situé immédiatement au-dessous, pourraient connaître des résolutions de nanti. Acceptons le pis-aller… Je me fais à l'idée que les pis-aller sont plus sûrs que les à-tout-va.

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