Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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Lève-toi et marche: краткое содержание, описание и аннотация

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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Un peu plus tard Catherine arriva, se faufila entre nous, souple et dansante, dodelinant de la tête, distribuant du bout de son bec rouge des bonjours de mésange apeurée. Constance ne lui répondit pas, ne sembla pas la reconnaître. Ses yeux regardaient ailleurs, dans le vide. Elle n'accorda pas plus d'attention à une ancienne copine du club des Ondines, ni à Berthe Alanec, poussant son ventre énorme.

Enfin surgit Rénégault, agressivement barbu, travaillant des mandibules, et dont la vue nous chassa de la cellule, du reste devenue trop petite pour nous contenir tous. A l'exception de Mathilde, nous dûmes refluer vers la salle commune, lents et raides. Dix minutes passèrent. Puis la concierge s'agita : la langue lui croupissait dans la bouche.

— En définitive, c'est Bidault qui compose le nouveau ministère, chuchota-t-elle à titre d'essai.

Elle se tut, fusillée par huit paires d'yeux. Mais l'autre tricoteuse prit le relais, amorça un éloge funèbre, en conjuguant bravement l'imparfait.

— C'était une sacrée fille… Un peu braque, bien sûr, mais tout ce qu'il y a de serviable.

— La pauvre petite ! Elle s'occupait même de n'importe qui ! assura la concierge en me jetant un aimable coup d'oeil.

Suivirent des propos tièdes prononcés entre deux voix et qui faisaient osciller des chignons convaincus. Catherine continuait à dodeliner de la tête, écoutait de l'oreille droite, puis de l'oreille gauche, ployait et déployait des bras sinueux, des jambes lisses dont les escarpins talonnaient le plancher. Serge faisait sauter son briquet dans sa paume. Luc figeait une tête de condamné qu'on retire du panier, criblée de son. Mlle Calien s'isolait derrière sa voilette, rétrécissait les paupières. Enfin, agacée par l'onctuosité des commères, elle décida brusquement de remonter le niveau du panégyrique et dit, en pinçant sa bouche mince frottée de pommade Rosa :

— C'est un être rare qui s'en va. Je me demande si nous le sentons bien tous.

Déjà les grosses lèvres de la concierge avançaient un grave cul-de-poule pour de graves commentaires. L'intervention de Serge nous en préserva :

— Quel chœur de pleureuses ! Ce n'est pourtant pas le genre de la maison.

Au même instant la porte s'ouvrit, dans son dos. Rénégault poussa lentement le battant contre la cloison et s'effaça pour nous laisser passer. Une de ses mains fichait ses cinq doigts dans sa barbe. L'autre esquissait un geste d'impuissance.

— C'est la fin ? demanda Serge.

— Je lui ai fait une piqûre, répondit le Bouc, évasif.

Nous nous étions avancés sur la pointe des pieds. Nous restions plantés là, en demi-cercle, autour du lit. Nous n'osions plus rien dire. Constance luttait encore, sans doute soutenue par sa piqûre. Sa poitrine se soulevait par ressauts, avec un bruit d'anche brisée, de soufflet crevé, restait un moment bloquée, puis redescendait, s'effondrait, côte par côte, secouée comme une nef qui perdrait ses arcsboutants. Impossible de savoir si elle était consciente ou non. Toutefois, ses yeux viraient lentement dans leurs orbites. Ils passèrent presque sans s'arrêter sur Luc, sur Catherine, sur moi, sur Mlle Calien. Ils s'attardèrent sur Claude, qui se traînait par terre ; sur Serge, qui se tenait en retrait dans son attitude favorite, un œil fermé, l'autre ouvert, forant son trou de ver dans la pomme ; sur sa tante, toujours assise au bord du lit, massive et molle, ses trois mentons écrasant sa poitrine qui écrasait le ventre. Nous étions tous persuadés que Constance allait d'une minute à l'autre mourir devant nous, laisser glisser sa tête sur le côté (comme au cinéma) en rendant le classique dernier soupir. Certains — Luc, par exemple — devaient attendre les dernières paroles, pour les enregistrer pieusement. Pour ma part, volontiers sacrilège — ou l'aimant plus simplette, plus vraie, — je me disais : « Trop beau, Constance. Tu meurs comme on meurt à la fin du feuilleton des Veillées des chaumières. Noblement. Tout est en place. Nous voilà tous rangés autour de toi… »

Et soudain la respiration de Constance devint moins rauque. Ses paupières tombèrent…

— Mon Dieu ! fit Mathilde.

Mais Rénégault s'avançait, tâtait le pouls.

— Curieux, dit-il. Elle s'endort. Laissons-la.

L'étonnement, presque la déception, se peignit sur le visage de dragée de Catherine. « C'est que je ne peux pas revenir ce soir… », murmura Mlle Calien. « Trois jours, vous verrez. Tout comme Sidonie… » rabâchait la concierge. Ils remettaient leurs manteaux, un à un. « Elle est coriace, la fille ! », dit Serge en repassant la porte.

Pour moi, je m'attardais dans la cellule. Mon instinct ne m'avait pas trompé. Une belle fin !… Celle-ci, qui dormait peut-être, abritée sous ses paupières noires et fripées, n'était pas née pour d'aussi maigres satisfactions. Je ne fus pas étonné en trouvant sur ses lèvres une expression de dédain.

XL

Elle nous quitta seulement le lendemain matin, après une nuit plus calme au cours de laquelle la fièvre était tombée.

Mathilde, exténuée par ses veilles, avait sur mes instances accepté de s'allonger pendant une heure. Personne n'était encore monté me tenir compagnie : cette interminable agonie décourageait les bonnes volontés. J'étais seul avec Claude près du lit de fer, quand je vis s'ouvrir les yeux bleus. Fixes, sans doute paralysés, ils regardaient l'enfant, parce que l'enfant se trouvait en face d'eux. En même temps, la respiration de Constance devint cahotante, s'allongea démesurément, resta pendant des secondes suspendue, accrochée aux dents. Je n'eus pas le temps de réveiller la tante. Un râle si profond qu'il donnait l'impression d'avoir traversé tout le corps, de ramener à la bouche tout ce qui lui restait de vie, se termina par un hoquet qui pouvait aussi être un demi-mot :

— Clau…

Je crus (et ce n'est, après tout, pas impossible) qu'elle réclamait l'enfant. Empoignant Claude par le col, je le mis sur ses pieds, puis je le lâchai, le laissant faire seul, vers le lit, les deux ou trois pas dont il était capable. Il oscilla, implorant son soutien habituel, se cramponnant à ces yeux qui se ternissaient, qui s'éloignaient comme un feu dans le brouillard. Il fit un pas, puis un second, avec difficulté. Il semblait perdre toute assurance. Il battit l'air de ses mains, il flageola… Et je compris que Constance était morte, quand l'enfant tomba sur les genoux.

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