Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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— Allô-lô-lô-lô !

C'est Cath. Un flux de petits cris, un gargouillis mélodieux d'hirondelle au bord de la gouttière : rien à comprendre. Mais voici une autre voix, la basse-taille de Serge : « Alors, ça boume ? » Puis Luc succède à Nouy, explique cet appel collectif. Malgré l'heure tardive ils sont encore (bravo !) tous trois dans le bureau de la fabrique en train d'examiner les premiers carreaux de poterie sortis du four. Il s'agit d'une série d'essai, décor « Algues >, pour le revêtement intérieur d'un nouveau bar de luxe qui va s'installer à proximité du Musée océanographique de Monaco et s'appeler L'Espadon. Douze carreaux sont très réussis. Les verts de huit autres sont discutables. Si je voulais bien en juger, on me ferait porter demain matin par cycliste…

— Jugez vous-même. Je n'y connais rien.

— Il vaudrait sans doute mieux les refaire. Mais le client part après-demain. Il ne va pas revenir tout exprès du Midi et à moins de travailler jour et nuit…

— Allez-y. Vous dormirez mieux dans trois jours. Bonsoir.

Je rêvasse un instant sur l'écouteur devenu silencieux. Me fait-on la grâce de m'occuper, de solliciter pieusement des avis inutiles ? Ou bien mes suffragants ont-ils acquis le goût, le vice du conseil ? Depuis quelque temps — depuis l'entrée de Luc à la fabrique — c'est fou ce qu'on peut soumettre à mon appréciation. Mais la sympathie ne tient pas lieu de compétence. A chacun la sienne. Qu'ils se débrouillent et songent que je suis terriblement provisoire !

— Range l'appareil, Claude.

Ce disant, j'allonge la main pour caresser la nuque à filasse. Je l'allonge… non ! J'ai cru l'allonger. J'oublie toujours que ma main est morte. Mes gestes veulent durer plus longtemps que mes membres. Si je voulais caresser le gosse, il faudrait que j'appelle Mathilde, qu'elle le fasse pour moi et ce ne serait pas du tout la même chose : ce serait une caresse de Mathilde. Il y a des choses qui perdent leur sens quand elles sont accomplies par procuration : vérité première qui a pourtant besoin d'être dite, car elle explique mes différents échecs ! Privé de tous ses moyens, privé de soi, on est bien vite privé des autres.

Sursaut… Tu es optimiste, ce soir ! Il est faux que tu sois privée de toi-même, tant que tu ne seras pas privée des autres : voilà ce qu'il faut penser. Du reste, à quelques jours près, quelle importance ! Tu vas mourir et, une fois morte, je te réponds que tu seras bien détachée de tout comme de tous ! Il faut plutôt souhaiter que ce détachement commence dès l'instant. Rappelle-toi la réponse que tu as faite à Pascal. Tu avais très bien senti le problème, qui se pose « in fine ». Tu as voulu les aider et quoi qu'on puisse penser de cette aide — peut-être nulle — ils y ont pris goût, ils y croient. A ta mort, ils vont se trouver gênés, ces membres extérieurs. Nerf coupé, le fil du téléphone ne leur apportera plus rien. Tu leur fournissais de l'influx ; tu risques de devenir leur paralysie. Il faut qu'ils se déshabituent de toi, avant ta disparition ; il aurait même fallu commencer plus tôt. Tout ce qui est atteint est détruit. Pour achever une œuvre (même illusoire), il faut encore s'effacer devant elle.

Claude s'est retiré. Mathilde, intriguée, est venue jeter un coup d'œil, puis est passée dans sa chambre où elle couche le petit en lui débitant des mignardises. J'entends aussi la voix du père Roquault qui s'est faufilé jusque-là, comme il le fait presque tous les soirs pour offrir à Claude une partie de chatouilles avant de m'offrir une partie d'échecs.

— Allons, allons, père Roquault, ne me l'énervez pas. Il ne dormirait plus, ce chérubin, proteste ma tante.

Un lointain poste de T. S. F. lance une valse dans le vide. Je tourbillonne dans le mien. Heure exquise, qui nous grise… En effet ! L'heure t'impose de te détruire, Constance, de te détruire en eux avant même d'être atteinte. Car enfin qu'as-tu fait ? Tu n'as rien décidé, rien choisi. Tu as joué à vivre des vies différentes, comme l'enfant joue successivement au gendarme et au voleur. Tu as, vaille que vaille, distribué des « poussettes », qu'interdisent tous les règlements sportifs et dont le seul résultat est de faire pénaliser les coureurs ou de leur causer un accident. Catherine, sans toi, n'eût pas connu Nacrelle ; Serge n'eût pas escroqué Danin. Et j'en passe… Il est temps de limiter les dégâts. Isolons cette charogne qui ne veut pas s'en aller. qui préfère pourrir vivante et devenir une charge affreuse pour tout le monde. Isolons-la, isolons-la. Plus de visites. Plus de lettres. Plus de téléphone.

Mais quels sont ces cris ? Quelle émeute en moi ! « Non, non, je ne le verrais plus, je ne le verrais plus ! S'il n'a pas besoin de moi, j'ai besoin de lui. Que Pascal s'en aille, que Luc s'en aille, que Claude même s'en aille, tant pis ! Que Catherine s'en aille, tant mieux ! Pas lui. » Et la vierge folle se révolte contre la vierge sage. Elle braille : « J'en ai assez de ton orgueil. Je n'ai rien eu de la vie. Le peu que j'en pouvais avoir, il me l'a refusé. Si tu veux faire de l'humilité, commence par l'abaisser. Commence par lui rire au nez. Car il faut enfin t'en convaincre : nous sommes amoureuse, ma fille. Amoureuse, nous ! T'es-tu assez moquée de Milandre qui a un gros béguin pour toi, pour la jeune fille saine, drue, qui fut sa camarade d'enfance et dont il n'a pu se détacher ! T'es-tu assez moquée d'un sentiment qui devenait burlesque et qu'au moins il a su taire. Eh bien ! voilà tout ce dont tu as été capable ! Est-ce assez joli de faire cette découverte quand ton drap est sur le point de se transformer en linceul, quand la candidate aux effusions est une aimable grabataire qui perd ses doigts pourris et qui pisse à la sonde Est-ce assez ridicule ? Si nous ne voulions pas du fidèle Milandre et de ses taches de rousseur, nous aurions pu jeter notre dévolu sur Pascal, ce saint homme, après tout assez réussi, assez respectable. Mais nous avons préféré Serge, le costaud, le salaud, l'escroc… Quel sujet de fierté ! Fredonne, fredonne donc, toi qui adores ça et qui trouves toujours une scie de circonstance : Tel qu'il est, il me plaît. il me fait de l'effet, et je l'ai-ai-me ! »

— Tante ! M. Roch !

Ma tête oscille, ébranlant la masse inerte et le matelas d'eau qui clapote. Le feu aux joues, la respiration sifflante, je crie désespérément :

— Tante ! M. Roch !

— Ça ne va pas, mon petit ? Veux-tu que j'appelle Rénégault ?

Mathilde est là, les bras croisés sous d'énormes seins flasques, ses trois mentons rentrés les uns dans les autres, ses paupières animées d'un battement continu d'oiseau-mouche. Elle s'est approchée à pas muets du lit de fer. Elle me considère avec un effroi aussi visible que doit l'être la fureur qui me déchire. Qu'elle se rassure ! Je ne lui dirai rien. Personne ne saura jamais rien de cette histoire. Et je ne vais pas tomber en syncope. Je ne pignerai même pas devant elle et surtout devant Roquault, qui tient son échiquier à deux mains à la hauteur de son cou, qui semble m'apporter sa tête sur un plateau.

— Je m'ennuyais, dis-je.

Mathilde, qui fait profession de ne rien savoir et de tout deviner, de ne rien entreprendre et de tout accepter, n'insiste pas. Elle branle son chignon, pour montrer qu'elle n'est pas dupe.

— J'ai encore vingt pages à taper, dit-elle d'une voix lasse. Joue avec M. Roquault.

* * *

Trêve. Mathilde vient d'éteindre la T. S. F. Le père Roquault achève de mettre les pièces en place sur l'échiquier, sans faire aucun bruit. A peine troublé par les trompes lointaines des voitures qui tournent vers le pont de Charenton, le silence m'entoure et me calme.

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