Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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— Allez-vous-en ! Allez-vous-en ! répéta-t-elle plus fort.

Les traits se crispèrent, se tordirent, devinrent hagards. Tandis que Pascal reculait, cassé par des courbettes, débitant des politesses, elle se mit à crier :

— Allez-vous-en ! Au Cameroun ! Au Cameroun !…

Pascal s'enfuit.

* * *

Je le rattrapai sur le palier. Il grelottait, il essuyait fébrilement les verres de ses lunettes.

— Elle n'a plus toute sa tête à elle, fis-je, très bas.

— Sans doute ! répondit-il sèchement.

Il empoignait la rampe, avançait le pied. A la première marche, il s'arrêta :

— Voyez-vous, dit-il d'une voix blanche, je n'ai plus d'illusion. Elle meurt comme elle a vécu : sans Dieu. Pourtant on peut dire d'elle ce que dit Claudel de je ne sais plus quel héros brésilien : « Religion mise à part, c'était une figure évangélique. »

Il semblait si désorienté que je n'eus pas le courage de répliquer : « Justement ! Voilà bien pour vous le pire scandale : ces gens-là vous rendent inutile. » Je le laissai marmonner une formule classique, pour se consoler :

— Je sais bien qu'il y a des grâces foudroyantes pour dessiller, au moment même où ils se ferment, les yeux qui ont mérité la lumière.

Mais cela ne lui suffisait pas. Il s'animait. Cet homme posé me saisit par un bouton de ma veste, me souffla dans le nez avec exaltation ;

— Je me rembourserai au Cameroun. Vous verrez comme je me rembourserai !

Il se jeta dans l'escalier et je regardai sa main glisser rapidement sur les trois spires de la rampe, en songeant : « La petite a-t-elle gagné sans le savoir ? Ou, prévoyant cette explosion, s'est-elle dérobée pour le rendre affamé de revanche ? » Une fois rentré dans la cellule, je retrouvai Constance très calme.

— Je n'ai pas pu, dit-elle faiblement.

Puis, sans transition, elle ajouta :

— Serge rentre demain soir, n'est-ce pas ?… Dire qu'il va falloir aussi lui mentir !

XXXIX

Dimanche. Constance baissait de plus en plus. Sur la foi de Rénégault — qui avait assuré qu'elle ne passerait pas la semaine — nous pensions qu'elle ne passerait pas la journée. L'agonie avait commencé dans la nuit. Un fil de souffle s'étirait, s'enrayait, repartait, s'étirait encore à travers la filière bouchée de la gorge. On entendait du palier cet odieux sifflement. La concierge et la voisine du dessous s'étaient installées dans le capharnaüm. Elles tricotaient en échangeant à voix basse de menus souvenirs mortuaires. « Sidonie Lagloire, vous savez, la veuve de l'épicier, elle a duré comme ça pendant trois grands jours. » Elles tendaient l'oreille et brandissaient des aiguilles frémissantes — sans oublier pourtant le compte de leurs mailles — dès que la respiration de la mourante marquait un temps d'arrêt. Puis sitôt qu'elle reprenait, avec un bruit de ventouse, elles piquaient du nez, se penchaient l'une vers l'autre et tricotaient tout un rang, mécaniquement. Mlle Mathilde était au pied du lit, dans la cellule. Epuisée par plusieurs nuits de veille, elle attendait, silencieuse, assise de biais, ne manifestant son angoisse que par les battements insolites de cette paupière rêche où le kyste tremblait comme une baie rouge au coin d'une feuille de houx. En plein dans le champ du radiateur qui maintenait une température de serre, elle mijotait dans sa graisse et ses pommettes mauves se veinulaient de carmin. Assis, près de la fenêtre, depuis le petit jour, je ne lui avais pas adressé quatre mots. Mes mains se malaxaient lentement. Nous observions tous deux à la dérobée le nez mince, qui déjà tranchait l'air, le menton qui se dessoudait et ces yeux globuleux, pleins d'une sorte d'huile brillante, qui semblaient s'étaler de cerne en cerne sur un masque de carton jaune. A certains moments, Constance ne remuait plus la tête, qui demeurait immobile sous des cheveux coagulés par une sueur aigre. Prostrée, elle ne parlait que par monosyllabes en aspirant ses mots. C'est ainsi qu'elle avait dit vers six heures :

— C'est long.

Peu après, comme s'il s'agissait d'édifier sur son courage les honorables témoins d'un harakiri, elle avait cru nécessaire d'ajouter :

— Je tiens.

Mais presque toutes les demi-heures survenait une crise de suffocation, à l'issue de laquelle sa tête se mettait à rouler sur l'oreiller. Elle criait, moitié lucide, moitié délirante, dévorée jusqu'à la fin par cet orgueil qu'elle ne contrôlait plus et les mots, tronqués, se précipitaient hors de sa bouche qu'on eût crue pleine de sable.

— Je veux être incinérée, père Roquault, criait-elle. Je ne veux pas rester allongée pendant des siècles au fond d'une boîte de sapin. La vie m'a bien suffi. Je veux être gaz, mon cher… Après tout, non, tante, fais-moi enterrer comme tout le monde. Dis seulement au Seigneur que, pour la résurrection des corps, zéro ! Je ne veux plus de celui-là.

Mathilde rougissait, pâlissait, lui mettait ses mains froides sur le front, pour la calmer. Je me recroquevillais dans mon coin, très inquiet, songeant que j'avais téléphoné à Serge, rentré la veille du Midi, et que, dans l'état de Constance, sa visite pouvait provoquer une scène abominable.

* * *

Elle ne se produisit pas. Poussant la porte laissée entrouverte pour éviter toute sonnerie, Serge arriva soudain, essoufflé, large et carré, balayant l'air de son grand manteau beige. Je le vis retourner un mufle mal rasé et jeter un bonjour hâtif aux deux tricoteuses dont les visages aigus suaient la curiosité. Il traversa vivement le capharnaüm, les mains en avant, comme s'il voulait écarter cette odeur de pharmacie qui est le premier encens des cadavres, avant celui du catafalque. Il s'arrêta court, à trois mètres du lit de fer. Constance, surexcitée, recommençait à crier :

— Prends ton bloc, Mathilde. Je vais dicter… Il faut annoncer ma mort à tout le monde. J'entends d'ici Thiroine : « Cette pauvre andouille a voulu » rédiger elle-même son faire-part… »

Mais, apercevant Serge, elle aussi s'arrêta court, parvint à soulever la tête de quelques centimètres. Nouy, impressionné, regardait ces yeux fous aux cernes presque noirs et cette bouche ouverte, aux lèvres desséchées, bleuies, fendillées, creusant dans le visage un trou plus noir encore. Il fit un effort pour dire :

— Salut, ma vieille !

Constance grimaça, essayant visiblement de défiger ses traits, de leur imposer un sourire qui plaça une fleur pauvre au coin de la bouche.

— Salut… mon… vieux !

La fleur s'épanouit, s'étala jusqu'à l'autre coin de la lèvre, persista une seconde, se fana. « Ça va ? » disait sottement le pauvre Serge. Les paupières de Constance battirent très vite, comme si elles voulaient donner, du bout des cils, ce que les enfants appellent un baiser-papillon. Ce fut tout ce que put s'imposer sa lucidité défaillante. Comme Serge se penchait, elle lui décocha :

— Je l'avais prédit, mon ours ! On t'a eu pour un rayon de miel. Mais il n'est pas de mon rucher.

A cent lieues de se douter du sens de ces paroles, Serge se releva en grommelant, navré :

— Elle déraille !

Constance laissa retomber sa tête d'un seul coup sur l'oreiller et, dès lors, n'ouvrit plus la bouche.

* * *

Bientôt tout le monde sembla s'être donné rendez-vous à son chevet. Il est vrai que c'était dimanche. Luc survint, immédiatement suivi par Mlle Calien qui retournait ses gants, relevait sa voilette. L'un et l'autre allèrent courber l'échine au-dessus de Constance et débiter de pénibles encouragements, qui n'eurent point d'écho. Puis Luc s'empara d'une chaise pour s'installer à la tête du lit, en propriétaire qui surveille son bien. Il n'en bougea plus. Il avait tiré son mouchoir, qui n'était pas très propre, et tamponnait le front de Constance. De temps en temps il jetait un coup d'œil à Serge, immobile le long de la cloison, dont la chaux blanchissait son veston, et ce coup d'œil était nettement hostile. « Dors, ma Constance », répétait-il sans souci du ridicule, sans voir l'imperceptible ironie, l'onde fugitive qui chaque fois passait sur le visage de carton.

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