Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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* * *

Mai, juin… Claude était toujours à l'hôpital. Sa mère s'était mise en ménage avec son commis épicier. Luc suçait ses crayons.

Juillet, août… Les vacances dispersèrent tout le monde, me privèrent de la plupart de mes visites. Sauf de celles de Serge, qui prit seulement huit jours de congé aux Sables-d'Olonne (où se trouvait Catherine) et dut revenir s'occuper de sa fabrique, dont c'était la grande période d'activité et qui expédiait aux estivants, par caisses, du « Souvenir de Trou-les-Bains ». Esseulé, mon Nouy venait me parler de Catherine, avec de comiques réticences. Luc barbouillait des « rouges étonnants », aux frais de sa famille, du côté d'Antibes. Pascal paissait quelques brebis scoutes, en montagne. Mlle Calien promenait une colonie sous les chênes à truffes du Périgord. Un second doigt de ma main droite m'abandonna.

Septembre… Quand ils revinrent tous, ils me trouvèrent dans ma cellule blanche, étendue sur mon lit, bien propre, bichonnée, peignée par Mathilde, qui pour la première fois de sa vie avait maigri d'un kilo. Je ne me levais plus.

XXVIII

On ne me laissera pas mourir tranquille.

Je n'attends rien ni personne. Le samedi soir, à l'heure du cinéma, de l'ouverture des bals et des promenades à deux dans les petits coins noirs, les enfants et les infirmes n'ont qu'à s'occuper de leurs ronflettes. Je viens d'éteindre le poste, placé par Mathilde à côté de mon lit et qui osait diffuser un bulletin météorologique optimiste (défi à ma réclusion ! Au surplus, le climat de la Terre m'intéresse désormais aussi peu que celui de Mars). Je vais me coucher… Je veux dire : je vais rentrer mes bras sous les couvertures (opération plus longue que mon déshabillage-éclair de jadis). Mais le téléphone sonne. Mathilde, pour m'épargner un mouvement, débouche en trombe de la salle commune, saisit l'appareil et me le présente sous le nez.

— Orglaise ?

C'est Luc. Le Luc pipelet, qui commence toujours par une salade de balivernes :

— Ça va ?… Merci, moi aussi. Je viens de vendre un tableau. Pas cher, évidemment. Mais j'en ai vendu un : le plus rouge de la série rouge, le plus moche… Rien de nouveau ?

Ton d'attente. Je n'aime pas ça. Luc ne téléphone jamais pour prendre des nouvelles. Il passe à la maison. Du reste, il est depuis toujours au courant de tout. Je réponds, à mi-voix :

— Rien. Rien que tu ne saches. Il se confirme que Berthe est enceinte. Quant à Claude, je t'ai déjà dit qu'il rentrait après-demain, plus bancal que jamais.

— Enfin, il revient, c'est tout de même ça !… Je parie que tu dormais déjà… Non ? Alors tu fredonnais ta scie : T'en fais pas, la Marie… T'aurais tort, ce soir.

Pour arriver à l'essentiel, il s'approche de biais, comme l'écrevisse. Qu'a-t-il donc de si fâcheux à m'apprendre ?

— T'aurais tort ! répète-t-il, satisfait de cette liaison. Je parie que tu ignores que Serge a passé la journée au quai des Orfèvres. Inguérissable, ce type ! Sa boîte ne lui suffit pas. Il faut qu'il trafique. C'est Catherine qui doit en faire un nez si elle est au courant ! Parce que, Catherine, tu sais ou tu ne sais pas, effeuillerait volontiers avec lui sa septième marguerite…

Il est bien question de ça ! Serge arrêté ! L'émotion me rend laconique.

— Où est-il ?… A la Santé ?

A ce mot, Mathilde a un haut-le-corps et s'empare de l'autre écouteur. Mais Luc me rassure.

— Ne t'affole pas ! Il est rentré chez lui. Il a seulement très chaud. La police prétend qu'il se trouvait jeudi, à vingt heures, dans un café de la Bourse où avait lieu un « arrivage de jonc suisse », comme ils disent. Bien entendu, Serge soutient que non. L'histoire en est là. Mais fais-lui confiance. Puisqu'il n'a pas été pris sur le fait, il trouvera bien un alibi.

* * *

Il l'aura même tout de suite.

Depuis longtemps, je souhaitais pour Serge un coup de semonce, un petit « pépin ». Le coup de semonce est donné, mais le pépin est trop gros. J'ai à peine pris le temps de dire bonsoir à Luc, j'ai raccroché et, sans réfléchir plus avant, j'ai redécroché aussitôt pour appeler ce truand de Serge. Quatre phrases — assez vives — et le voilà fixé. Il ne s'émeut pas, lui. Il réplique, bonasse :

— Tu es au courant ?… Oh ! la la, que viens-tu encore faire là-dedans ?

Ne tournons pas autour du pot. Cassons-le tout de suite.

— Mais, Serge, tu étais chez moi jeudi soir. Pourquoi ne pas en faire état ?

Réponse immédiate. L'idée qu'il s'est faite de moi empêche d'abord Serge de comprendre.

— Erreur, dit-il, je suis allé chez toi mercredi et non jeudi.

Il ne va tout de même pas me forcer à lui faire un dessin ! Si Pascal était au bout du fil, il serait blême d'indignation. Il est vrai que je n'en ferais pas autant pour lui, qui ne me mettra d'ailleurs jamais dans la situation de le faire. J'insiste :

— Nous disons jeudi et voilà tout.

Suis-je assez claire, cette fois ? J'entends une série de sifflotements, puis un gros éclat de rire et enfin ce jovial commentaire :

— Mais c'est un superbe faux témoignage, vénérable demoiselle, que vous me proposez là !

— J'en ai peur.

Nouvel éclat de rire, plus bref et de meilleure qualité.

— Non, Constance, non. Pas toi ! D'ailleurs, j'ai tout ce qu'il me faut sous la main.

Soudain, je me sens ridicule. J'ai l'air d'une petite fille qui offrirait son aide au monsieur pour lui faire traverser la rue. Je me sens aussi honteuse : je viens tout bonnement d'offrir ma complicité dans une affaire louche. Mon orgueil ne me surveille donc plus ? Quel autre ressort m'a fait sauter sur l'appareil ?

Serge ne rit plus. Il dit d'une voix savoureuse, qui me ravigote :

— Merci quand même. T'es une chouette fille !

XXIX

Autre émotion. Attendue, il est vrai. C'est aujourd'hui que Claude doit revenir.

La porte de communication est ouverte. Par les deux trous de clef de ses remontoirs, noirs comme des yeux, le visage très blanc de la pendule regarde fixement cette Constance-Tronc si parfaitement immobile que le sommier métallique n'a pas vibré depuis des heures. Ma tête s'enfonce au milieu de l'oreiller, posé lui-même au milieu du traversin. Un seul bras, le gauche, mince comme une flûte, est allongé sur le drap où Mathilde a pris soin en s'en allant de poser le récepteur du téléphone dont le gros cordon serpente, noir sur blanc, dégringole vers le carreau, remonte vers la cloison. Au fond de la pièce, le soleil plaque sur la chaux l'ombre de la fenêtre en forme de croix de Lorraine. Les deux vitres du bas ne montrent que des toits, celles du milieu des cheminées, celles du haut un vide bleu que traversent les flèches stridentes des martinets. Des coups de tranchoir maniés à plat pour écraser le bifteck, le halètement feutré d'un gonfleur, le gargouillis du robinet crachant l'eau dans la cuve d'étain où s'étouffe le tintement des verres me rappellent que j'habite près d'un boucher, d'un garage, d'un café, distants de moins de vingt mètres et devenus aussi invisibles, aussi irréels que ceux de Marseille ou de Sydney. Le monde se rétrécit. La cellule elle-même se rétrécit sur moi. Pourtant, recroquevillée sous mes cheveux, je refuse de rêver. Mon regard bouge, va et vient, prétend rester vivant comme un geste et réaliser à la lettre cet ironique conseil de « toucher avec les yeux » que l'on donne aux enfants.

Soudain je remue un doigt, en croyant remuer toute la main. Les voilà ! Avertie par un piétine-ment lointain, mon oreille infiniment oisive s'exerce à reconnaître des pas familiers. Frottement long, troublé par le bruit dur d'un croissant métallique : Mathilde. Claquement de semelle avec rappel du talon : Berthe Alanec. Trotte sur pointes qui fait gémir du chevreau : Mlle Calien. Bond de trois en trois marches, qui fait vibrer la rampe : Milandre. Et ces pas qui ne sont pas des pas, qui ne reposent pas sur des pieds, mais qui ballottent au hasard : Claude… Enfin, Claude ! La porte, qui s'ouvre sur quatre voix, ne m'apprendra rien de plus. Je me soulève, je secoue ma tignasse comme on rajuste autour de soi les plis d'une robe. Mes yeux sautent aux yeux du petit pantin blême, que l'on traîne jusqu'à mon lit, plus mou, plus fade que jamais et qui depuis des mois a un peu oublié sa « Stance ». Puis ma tête retombe, s'abandonne, se laisse humecter par ces embrassades pour grands malades, rituelles et désolées comme une extrême-onction. Déjà Mlle Calien étend sa main gantée pour tapoter la main qui gît sur le drap. Elle parle à travers sa voilette qui tamise ses mots :

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