Hervé Bazin - Lève-toi et marche

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« Non, je ne suis pas, je ne serai pas une infirme ordinaire, que mon orgueil bouleverse mes défaillances ! » Ordinaire, la vie de Constance, vingt ans, ne le sera pas. Paralysée, elle aura une influence décisive sur les êtres qu'elle a choisis pour agir à sa place. Mais le mal dont elle est atteinte empirera et, malgré sa volonté farouche, il ne lui sera même pas accordé de vivre par personnes interposées.
Contre une morale formelle et consacrée, Constance est le champion de la sincérité et de la générosité constructive. Elle incarne le courage personnel, et se raillant elle-même avec un désespoir discret, elle remplace ce premier devoir humain : dominer les servitudes du destin.
Courageux, poignant, tendre et sensible,
est un des grands romans d'Hervé Bazin.

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Il étalait de nouveau des mains provocantes, dont les sixièmes doigts n'avaient pas de nom. Puis il se suça l'annulaire gauche.

— Celui-là, dit-il, c'est Judas. Voilà pourquoi je ne me suis jamais marié.

* * *

Nullement compliqué, le père Roquault. Agressif, mais sans forces. Démuni, mais sans besoins. Jamais joyeux, mais hilare. Décapant ses regrets à la salive. Inconsolable de n'avoir pas vécu (ah ! je comprenais !) et jubilant de se survivre très longtemps (là, je ne comprenais plus). Il continuait à postillonner. Il m'expliquait toute son existence, faite de rien. Ou plutôt — et qui pis est — faite de riens. Le tout avec le ton sec, l'autorité locale du petit magister. Cependant ses réglisses attaquaient en force.

— Comment ? Tu prends les coins ? Ça m'étonne de ta part. Tu n'es pas fille à te tapir dans les coins. La formation en carré central, il n'y a que ça de vrai.

Il me prit deux fondants, puis quatre d'un coup, puis trois encore. Il jouait à la perfection et mastiquait bruyamment.

— Je ne sais pas, fis-je timidement, s'il est très indiqué de manger tant de bonbons quand on a la jaunisse.

— Je suis au régime végétarien, rétorqua-t-il. Le sucre provient de la canne ou de la betterave, qui sont bien des végétaux. A toi de prendre… Allons, prends ! Prends et mange.

Sa faconde se donna libre cours pendant soixante minutes, ainsi que ses talents de joueur de dames. Tout le sac de fondants y passa. J'étais écœurée de réglisses. Je commençais aussi à être fatiguée de la causticité facile du père Roquault dont l'esprit me rappelait, je ne sais pourquoi, ces demi-noix qui ont la forme d'une petite cervelle et que certains confiseurs déposent à la surface d'une écorce d'orange amère. Heureusement, entre deux plaisanteries, il faisait une pause, qu'il agrémentait d'une réflexion sérieuse, généralement en rapport avec celle de la pause précédente. On eût dit qu'il tenait deux conversations, servies par tranches.

— J'ai l'œil, tu sais. Je vois, je note tout. Je l'observe, notamment, depuis pas mal de temps… Tu m'amuses. Je me suis toujours amusé à voir vivre les gens. Jadis…

Ici, nouvelle digression, qui se voulait plaisante. L'historiette contée, il reprenait :

— Toi aussi, au début, tu t'amusais. Puis quatre ou cinq idiots t'ont prise au sérieux. Alors, à ton tour, tu t'es prise au sérieux. C'est ce que tu avais de mieux à faire, d'ailleurs… De mon temps…

Comme nous terminions la troisième partie, Mathilde survint. Elle ne m'avait pas appelée, elle était venue tout droit chez le père Roquault.

— Je pensais bien te trouver ici, dit-elle simplement. Oh ! ce que vous êtes jaune, père Roquault !

Le vieux avança la main, posa six doigts sur ma grosse épaule.

— Votre nièce vous dira ce que ça me permet d'être naturel, pour rire ! répondit-il, sibyllin.

XXIV

T'en fais pas, la Marie… Je fredonnais en faisant une page d'écriture, de la main gauche. Elle était déjà bien malhabile, cette main gauche, et serait sans doute inutilisable quand elle saurait remplacer la droite. Mais il n'est pas de vaine science ni de vains efforts. Des mois de chenille font une journée de papillon.

T'en fais pas, la Marie… Ma main gauche était un petit enfant, à qui j'apprenais à écrire. Ses hâtons pouvaient aller. Irrégulières, zigzagantes, les lettres laissaient à désirer, surtout les lettres courbes. Je recommençais cent fois. A, B, C, D… Pour me donner un peu de courage, je me mis à tracer les noms ou prénoms des amis. En caractères d'imprimerie. En cursive. En majuscules de toutes grandeurs que j'enjolivais de pâtés, de fioritures singulières… et de commentaires. L, U, C. Mon C avait l'air d'un O. Luc, prénom lumineux, peu mérité, Serge disait, avec un mauvais goût digne de lui, qu'il fallait le lire à l'envers. Et Nouy, précisément ! N, O, U, Y… Cette fois, mon O avait l'air d'un C. Nouy, ça commence comme non, ça se termine comme oui. Excellent présage ! Quant à P, A, S, C, A, L… Impossible de plaisanter avec un si beau prénom, suivi d'un patronyme qui évoquait la moisson. Je réussis mes six lettres, hormis cet S qui ressemblait à un 8. Agneau Pascal ! Agneau de Dieu, où donc étiez-vous parti bêler vos cantiques ?

* * *

Le pauvre garçon chantait l'office des morts.

Au courrier de midi me parvenait une lettre dont je reconnus aussitôt l'écriture fine, serrée, respectueuse de la ponctuation, des accents et de la marge. Retour ou congé ? Je parcourus rapidement ces lignes sages, qui disaient :

Ne m'en veuillez pas de mon silence. Au moment des fêtes, j'ai été très occupé. Je m'apprêtais à aller vous voir quand un télégramme m'est arrivé : ma mère se mourait d'une crise d'urémie. Je suis immédiatement parti pour la Mayenne où, je crois vous l'avoir dit, maman s'était retirée dans une petite propriété de famille. Son agonie a duré dix jours pendant lesquels je ne l'ai pas quittée. Nous l'avons enterrée hier et c'est pourquoi je m'autorise ce soir à vous écrire. Je rentrerai par le train de nuit.

La signature était nette, droite, sans paraphe. Une petite croix avait été rajoutée dans la boucle du P. Pour lui, profession de foi. Pour moi, le signe plus. Pascal, plus quelque chose qui le rendait valable. Enfin, il y avait en dessous ce post-scriptum, écrit au crayon :

J'avais cette lettre sur moi et je me disposais à la mettre à la poste, lorsque j'ai trébuché dans l'escalier de Montparnasse. Je me suis relevé vingt-cinq marches plus bas avec deux côtes cassées. Je suis à Cochin.

Ainsi donc, il n'y avait pas de silence Pascal, pas de défection Pascal. La S. S. M. n'était pas tout à fait morte. Je relus quatre fois la lettre, en m'excitant. « Sois heureuse, ma fille ! Sois heureuse. Tu dois être heureuse. Rien n'est fini. Tout recommence. »

Mais oui, mais oui. C'est toujours maintenant que tout commence. Je le savais. Cependant, ma joie restait prudente. Sceptique. Si j'ose dire : pasteurisée. Bref, on n'était pas mécontente. Celui-là me revenait. Celui-là. Qui était le calme Pascal. Qui avait le moins besoin de moi. Ah ! si j'avais pu reconnaître sur l'enveloppe ce timbre hâtivement collé de biais, ces terribles jambages incrustés dans le papier ! Ou ces fines pattes de mouches, grattouillant quelque vélin parfumé ! Cinq lettres de Pascal pour une de Cath ! Dix lettres de Pascal pour une de Nouy ! Réaction peu flatteuse pour M. le Pasteur, sans doute. Mais pourquoi s'en formaliserait-il ? Luc XV, 7… n'est-ce pas ! Jetons-lui cette excuse, très vite : c'est à peu près tout ce que j'ai de commun avec le chœur des séraphins.

XXV

Réflexion faite, ces côtes cassées — Pascal me pardonne ! — me fournissent un excellent prétexte. J'ai mitonné patiemment ma petite affaire.

— Dis, tantine, tu me paies un taxi ? Tu viens avec moi jeudi après-midi voir Pascal, à Cochin ? Mais si, mais si, je peux très bien et tu sais, j'y tiens absolument.

— Tu es folle ! m'a répondu Mathilde, scandalisée.

Cette fois, je n'ai pas pu emporter son consente-ment d'assaut : trois jours de siège m'ont été nécessaires.

— C'est qu'il faut deux personnes, maintenant, pour te convoyer ! a-t-elle fini par répondre.

Aussitôt je me suis accrochée de la main gauche au coin de la table, puis au bouton de la porte de communication, enfin au fer du lit : manœuvre habituelle qui me permet de déplacer mon fauteuil roulant et de parvenir sans aide auprès de l'appareil.

Il ne s'agissait pas d'appeler Luc. Luc ne sera pas de la fête. Je veux le punir un peu : il vient de lâcher son décorateur. D'ailleurs sa présence n'est pas souhaitable : il est trop facilement jaloux.

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