Hervé Bazin - Un feu dévore un autre feu

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Un feu dévore un autre feu: краткое содержание, описание и аннотация

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Un feu dévore un autre feu, un grand roman d'amour, un drame de la passion, enchâssé dans un drame social dont les vingt dernières années nous ont fourni de bouleversants exemples. Imaginaire, se déroulant dans un pays non précisé, en vingt-six jours, cette histoire, où l'amour triomphe malgré tout, emprunte ses passages les plus intenses au tragique le plus réel de notre temps.

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— Gardez la torche braquée, mais éteignez tout le reste… Allô ! Ici, le dix-neuf. Vous m’entendez ? Ici le dix-neuf…

*

Manuel essaie en vain de se redresser. Il finit par y renoncer. À quoi bon épier ces brutes entre les mains de qui, après tout, il a remis son sort ? Le plus drôle serait qu’on leur ordonne de le conduire d’abord à l’hôpital. Les civilisés, en principe, remettent en état les condamnés à mort, la loi ne leur permettant d’exécuter qu’un homme en bonne santé. Ce n’est pas tellement la tradition locale. Mais requinquer le prisonnier pour lui donner les moyens de résister à l’interrogatoire « poussé au troisième degré », ça se fait partout. Dangereux sursis ! Que répondre à la question : où étais-tu depuis vingt-six jours ? Heureusement il est peu probable que le « traitement spécial » comporte de longs délais ; il doit plutôt recommander discrétion et rapidité. Obtempérant sans doute à un avis expédié par radio, le sergent — qui n’en finissait d’expliquer son affaire — appelle à tout hasard :

— Manuel Alcovar !

— Présent !

— Il se fout de moi ou quoi ? gronde le sergent. Enfin le principal, c’est que ce soit bien lui.

Il fallait le rassurer. Cette chiffe vautrée sur un banc maculé de vomissures, n’en doutez pas, sergent, c’est bien Manuel Alcovar qui le regrette infiniment : la situation mériterait plus de panache. Et même plus de courtoisie. On aimerait demander à ce pauvre sous-off, mal payé, rudoyé, le sentiment qu’il éprouve devant la perspective de liquider un homme qu’il ne connaît pas, qui ne lui a rien fait, qui souhaitait seulement d’apporter à tous — soldats compris — un peu plus de bonheur. On aimerait, comme Thomas More sur l’échafaud, plaisanter avec ce bourreau presque innocent qui grogne, dépité :

— C’est bien ce que je pensais. Personne n’a envie de faire un procès à cet animal-là : il s’en ferait une tribune. Mais ni vu ni connu, pas un mot là-dessus, la médaille on peut se la foutre au cul et c’est toujours à nous de faire le sale boulot. Ne rallumez pas surtout…

Allons ! Ce sera la fosse commune, l’anonymat de la pourriture. Bah ! Toute la terre pour mausolée, ce n’est pas si mal. Au bout de quelques mois, là-dedans, amis, ennemis, ce ne sont plus que des os d’homo sapiens qu’on retrouvera peut-être dans dix mille ans, qu’on nettoiera au grattoir, au petit pinceau, avec le même soin, la même curiosité que déploient aujourd’hui les spécialistes du Neanderthal. Nausées, regrets, angoisses, deuils, défaite, damnation du cœur et du corps, finissons-en. La meilleure laparotomie du monde, c’est…

— Chef ! crie le chauffeur. Non, mais regardez celle-là. Quel culot !

Il se passe quelque chose. Le sergent hurle à son tour :

— Attendez ! On ne veut pas de témoins. Tant pis ! Laissez passer cette folle.

Pour la dernière fois Manuel relève la tête. La folle est en robe grise à parements grenat. Elle pédale, elle pédale. Elle débouche de l’avenue de l’indépendance et, travaillant du pouce le timbre de son vélo, elle sonne, elle sonne pour que nul n’en ignore :

— Non ! crie Manuel.

Elle arrive, elle saute en marche et le vélo va s’écraser sur un tronc d’arbre au pied de quoi une roue continue à tourner dans le vide, à faire entendre sa petite chanson de moyeu. Je t’ai fait cadeau de la vie, tu me fais cadeau de ta mort : c’est absurde. Si tu n’avais pas laissé les clefs sur la porte, si j’avais bifurqué dans n’importe quelle rue latérale, nous ne serions ici ni l’un ni l’autre : c’est absurde. Avoir tout fait pour éviter cela et, par une étrange contradiction, vivre l’approche la plus voisine du bonheur, vivre ce moment qui vaut la peine d’avoir vécu, le connaître parce qu’il sera aussi le dernier : c’est absurde. Mais comme c’est bon ! Maria n’a jeté qu’un coup d’œil indifférent à la voiture. Elle est assise sur le bord du banc, elle a pris la main de Manuel qui souffle :

— Relève-moi, si tu peux.

Le vent met à profit une très longue minute pour transporter plus loin de la poussière. Le sergent, encore une fois, rend compte. Enfin il tousse et dit d’une voix enrouée :

— Vous m’avez bien compris ? Ils cherchent à s’enfuir. Nous sommes obligés de faire usage de nos armes.

— Et la fille ? fait le chauffeur.

— Dommage ! Mais elle est sa complice, et les mortes, elles non plus, ne parlent pas.

Manuel est relevé. Pour qu’il ne s’effondre pas, Maria s’appuie de biais contre lui. Cheveux mêlés, ils ont fermé les yeux : ce qui se passe en face ne les intéresse plus. Maria, qui n’a pas dit un mot, bouge imperceptiblement les lèvres. D’un bout de la place à l’autre l’écho va se répercuter, faire trembler quelques vitres, et les oiseaux encore une fois vont s’envoler dans une aube grise trouée de courtes flammes.

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