Hervé Bazin - Madame Ex

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Madame Ex: краткое содержание, описание и аннотация

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Après les maternités, les paternités difficiles, les révoltes adolescentes, les embarras conjugaux, voici le roman d’un divorce.
Publié par hasard au moment où s’amorce une révision de la loi, ce livre peut accessoirement lui fournir des arguments. Mais son thème n’est pas là. La procédure est une chose. L’état de divorcé(e) en est une autre qui — l’union par l’enfant restant indissoluble — dramatise souvent toute une vie. Aline, devenue Madame Ex, Louis remarié à Odile, leurs enfants divisés en Papiens et Mamiens, leurs parents, leurs amis, leurs avocats — intervenant sans cesse dans une guérilla où la rancune, l’intérêt, l’orgueil, le remords, le souvenir se mélangent — en fournissent ici un exemple tour à tour passionné et douloureux.
Madame Ex, par le ton, le trait, le mouvement, la précision du détail, est un roman typique d’Hervé Bazin et sans doute l’un des plus émouvants dans l’évocation de ce tragique quotidien où se meuvent comme nous ses personnages.

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— M. Davermelle ne veut rien entendre. Il m’a dit : Guy m’a fait confiance : je ne vais pas le trahir. Quant à votre plainte, laissez-moi rire : ça fait plus de deux ans qu’Agathe est en perpétuelle non-représentation. Aline a même un sacré culot : j’aurais pu vingt fois la traîner en correctionnelle.

Tout va vite. Juché à part dans une espèce de chaire, le substitut, très jeune, glabre, tout en pomme d’Adam, n’ouvrira pas la bouche, ne tournera même pas sa tête de Romain ennuyé. M e Grainde, dont l’aisance se veut moins souple des reins, échange des propos assez vifs, mais peu compréhensibles, avec M e Grancat planté sous le président et dont le nez affleure à ce que l’argot du cru appelle le comptoir. Compétence, oui ? Compétence, non ? Pourquoi M e Grainde est-elle contre ? Quand va-t-on rentrer dans le sujet ? Cette impression d’être la hors-venue, étrangère au patois, aux usages du pays, sentant se noyer le réel dans l’encre et la salive, s’étonnant de dépendre d’un débat dont elle se trouve exclue, étreint Aline.

Mais le président d’un revers de main coupe court, donne la parole au demandeur, et M e Grancat, sans notes, sans effets, sans même regagner son box, y va de son petit exposé, sur le ton de la conversation. Quoi de plus simple, monsieur le Président ! Un couple divorce et ses enfants, sans avoir été consultés, sont confiés à leur mère, honorable personne, certes, mais qui va aussitôt s’acharner à détruire le père. Les deux aînés, qu’elle avantage, qui vont bientôt malgré réclamations et sommations n’être plus représentés, nous ne les jugerons pas. Mais les cadets, plus sensibles, s’indignent d’entendre à tout moment vilipender cet homme qui, visites ou pension — cette dernière spontanément relevée —, remplit tous ses devoirs. Mal vus, tancés pour leur fidélité, ils souffrent, ils se renferment, ils en viennent à n’être détendus qu’en visite, à souhaiter qu’elles se prolongent, à réclamer finalement leur transfert. De ce désir, sept professeurs, un psychiatre, un président de Comité de vigilance constatent le bien-fondé. Qu’ajouter de plus ? Le père est remarié, bien établi, pourvu de moyens croissants. La volonté des enfants est formelle, naturelle, exempte de toute pression. Vous l’avez constaté vous-même, monsieur le Président…

Grancat s’incline, va s’asseoir, un demi-sourire aux lèvres. Le président s’est penché vers son assesseur de droite et lui confie : Oui, je les ai reçus à mon cabinet ! M e Grainde qui, elle, s’était retirée dans son box, se retourne, roule des yeux effarés. L’audience accordée aux enfants n’a rien de secret ; mais ne donnant lieu à l’établissement d’aucune pièce, elle ne pouvait figurer dans le dossier. Aucun doute : l’as d’atout vient de tomber. Tout baratin sur le gosse empaumé ne saurait être que de pure forme : le président lui-même est témoin du contraire ! Il ne reste qu’une solution : mettre le père en pièces, plaider l’indignité. Une de ses filles est là, c’est ennuyeux, sa mère n’aurait pas dû l’amener, il n’y a plus de moyen de la refouler. M e Grainde se lève, place sa voix assez haut, à peine en dessous du ton de la diatribe :

— La volonté de deux enfants qui osent traîner ici leur pauvre mère, accablée par la vie, nous savons ce qu’elle vaut, monsieur le Président ; et nous savons ce qu’elle doit à une autre, patiemment infusée. Mais je veux poser la question essentielle : en retirant ces ingrats à cette mère irréprochable — dont mon confrère lui-même, et pour cause, n’a pas voulu médire —, à qui, je vous le demande, à qui oserait-on les confier ? À M. Davermelle ? À ce coureur invétéré qui, après avoir trompé cinquante ou cent fois sa femme, en a divorcé à ses torts exclusifs, pour épouser sa maîtresse qui, si vous suiviez l’inconséquence de Rose, serait choisie, plutôt que la mère, pour transmettre son expérience à une jeune fille ? Quand on songe quelle vie de bohème, en son milieu d’artiste, ce père sans principes est susceptible d’offrir…

*

C’est le moment qu’a choisi pour entrer, encensant poliment de la tête et marchant sur la pointe de souliers qui couinent, le père sans principes. L’homélie continue, trop longue, trop violente. Le président écoute, les doigts pianotant sur le dossier, la tête de biais, le regard baladeur, notant tout ; les mimiques indignées qu’exagère à son intention M e Grancat, l’énorme sourire de Louis, la gêne d’Agathe, les bouches entrouvertes de M me Rebusteau mère et de M me Rebusteau fille qui boivent du lait. Enfin M e Grainde, persuadée que le tribunal ne saurait faire un tort considérable aux jeunes Davermelle en les faisant passer de leur mère à leur marâtre, du bon exemple à l’opposé, d’une honnête exigence à la facilité, réclame le maintien du statu quo et soulève une nouvelle fois l’incompétence. Elle se rassied tandis que l’assistance se dégourdit un peu dans un mélange de murmures et de petits bruits ; le bois craque, des sacs à main se ferment, des semelles râpent le plancher. M e Grancat, qui, théoriquement n’a plus la parole, feint de s’adresser à sa consœur d’une voix si puissante qu’elle remplit tout le prétoire :

— Je regrette, ma chère amie, que faute d’arguments sur le fond, vous ayez cru nécessaire de diffamer un père en présence de sa fille et de vous faire l’écho de calomnies que Rose et Guy, précisément, ne veulent plus entendre…

— Je proteste ! crie M e Grainde dont les jambes ont fait ressort.

Trois légers coups de poing sur le comptoir.

— Je vous en prie, maître ! tranche sévèrement le président, sans préciser à qui des deux avocats il s’adresse.

Les assesseurs se penchent pour colloque à voix basse. On froisse du papier. Un doigt de la dame à chignon se pose sur un certain passage : elle semble être approuvée, elle obtient un coup de plume, puis un autre, sur un texte qui paraît avoir été préparé à l’avance ou comparé avec un semblable. Il n’y a plus personne derrière la rampe de fer, sauf un menu vieillard qui bâille. Par les soixante vitres d’où tombe un jour oblique, l’heure se fatigue, comme à la porte, où veille un factionnaire, s’apaise la rumeur du palais. M e Grancat chuchote avec le demandeur ; M e Grainde avec les défendeurs, les uns séparés des autres durant trois minutes par la même confiance crispée :

Nous, Président, ouï M e Grancat, avocat de Louis Davermelle et M e Grainde avocat de dame Aline Rebusteau…

Sans autre avis la lecture de l’ordonnance a commencé. Garde-à-vous général. Le président, très vite, devient à peu près inaudible. Il s’arrête par instants pour corriger son texte, se reprend un ton plus bas, accélère le débit. Ce n’est plus qu’un bourdonnement, où les attendu que font saillie, où chacun essaie de raccrocher la victoire à l’argument favorable, qui s’enlise dans le fading. Puis tombe une phrase, fortement prononcée pour que nul n’en ignore : SUR LA COMPÉTENCE : attendu que si au principal le tribunal de grande instance est seul compétent, l’urgence nous permet de statuer… Premier échec à M e Grainde ! Et aussitôt après : SUR LA GARDE DES ENFANTS : attendu que la personnalité réfléchie de Rose est suffisamment affirmée ; attendu que Guy ne paraît pas pouvoir être séparé de sa sœur, dont il partage les sentiments ; qu’il convient donc de les confier au père, non en raison d’un démérite de la dame Rebusteau, mais de sa maladresse éducative…

Voilà sûrement l’adoucissement réclamé par la dame en chignon. M e Grancat donne un gentil coup de coude à son client. Le clan Rebusteau ressemble à celui des derniers fidèles après la descente de croix. M e Grainde, l’air pincé, rassemble des documents, les enfourne dans sa serviette. Le substitut, dans sa chaire, en fait autant. Il n’y a plus que le greffier qui grattouille. La fin de l’ordonnance tombe dans les formes : PAR CES MOTIFS, nous déclarons compétent ; confions dès à présent la garde de Rose et Guy à Louis Davermelle, leur père ; disons que la dame Rebusteau exercera son droit de visite et d’hébergement les deuxième et quatrième dimanches de chaque mois…

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