Hervé Bazin - Madame Ex

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Madame Ex: краткое содержание, описание и аннотация

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Après les maternités, les paternités difficiles, les révoltes adolescentes, les embarras conjugaux, voici le roman d’un divorce.
Publié par hasard au moment où s’amorce une révision de la loi, ce livre peut accessoirement lui fournir des arguments. Mais son thème n’est pas là. La procédure est une chose. L’état de divorcé(e) en est une autre qui — l’union par l’enfant restant indissoluble — dramatise souvent toute une vie. Aline, devenue Madame Ex, Louis remarié à Odile, leurs enfants divisés en Papiens et Mamiens, leurs parents, leurs amis, leurs avocats — intervenant sans cesse dans une guérilla où la rancune, l’intérêt, l’orgueil, le remords, le souvenir se mélangent — en fournissent ici un exemple tour à tour passionné et douloureux.
Madame Ex, par le ton, le trait, le mouvement, la précision du détail, est un roman typique d’Hervé Bazin et sans doute l’un des plus émouvants dans l’évocation de ce tragique quotidien où se meuvent comme nous ses personnages.

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La tête de Grancat oscillait : façon polie de prendre part à de petits malheurs. Ne perdant pas de temps il parcourait des yeux un dossier ouvert sur son bureau.

— Et depuis que les enfants sont rentrés, tout recommence, continuait Louis. Agathe manque sous tous les prétextes. Léon s’est mis de la partie et je n’ai pas insisté : il révisait son bac. Mais il l’a raté et sa mère soutient que c’est de ma faute. Rose se défend contre l’enjôlement ou la quarantaine. Guy va redoubler : c’est encore de ma faute, bien qu’il en ait sa part. Ce petit voyou ! Qui répond ! Qui se sauve pour venir chez moi ! Je ne dis pas qu’Aline le martyrise. Mais le gosse n’a pas le choix : si tu aimes papa, tu n’aimes pas maman. Elle l’étouffe de baisers ou lui flanque une trempe.

— Qui te l’a dit ? fit Grancat, soudain attentif.

— Lui-même.

— Rose te l’a confirmé ?

— Rose ne souffle jamais un mot de ce qui se passe chez sa mère.

— Méfiance ! reprit Grancat. Un enfant qui se plaint d’un parent pour se faire bien voir de l’autre, c’est courant. Mais s’il était marqué, préviens-moi : je ferais faire un constat. Pour l’instant, je répète ce que je t’ai dit : ni plainte, ni sommation avant le partage. Nous verrons après. Rien d’autre à signaler ?

Il se soulevait pour donner congé.

— J’ai trouvé une bicoque à Nogent, dit Louis. Je m’y installerai vers la fin du mois. Je me marie le 25.

— Mes félicitations à ma cousine, dit Grancat, emporté par l’habitude.

8 juillet 1966

Elle avait très mal dormi : se retournant, s’agitant, passant de la demi-veille au cauchemar, étendant sans cesse la main à droite, pour vérifier le dépeuplement du lit. À droite, là où le drap n’était pas chaud. À droite, place ordinaire des maris, parce qu’ils enlacent du bras gauche afin de garder la bonne main libre. Les jugements n’ont pas d’autorité sur le rêve qui continue à sourdre des profondeurs. Louis, quand il rêvait, se trompait-il de prénom ? Se rendait-il compte, en se dégageant de l’ankylosé du resserrons-nous, que sa joue n’avait pas reposé entre l’épaule et le sein, sur cette médaille d’or de baptême, longtemps mâchouillée par des dents de lait et qui était pour Aline ce que sa plaque d’identité timbrée du numéro matricule est au soldat ?

Elle s’était levée avec ce qu’elle appelait « les cheveux en fil de fer », et deux, puis deux autres comprimés d’aspirine, n’étaient pas venus à bout de cette migraine tenace, térébrante, associée à une crampe du mollet. Tirant la jambe, elle avait embrassé, nourri son monde, contrôlé la toilette, les boutons, les souliers, les mouchoirs des Quatre, pour les expédier chez les Fioux dans la voiture de Ginette, venue les chercher à dix heures, en même temps qu’une certaine valise vivement enfouie dans le coffre avec ce commentaire : C’est ce dont je t’avais parlé. Incapable d’avaler une bouchée, mais soucieuse de sa gloire, elle achevait de ranger, de briquer, de poursuivre un dernier grain de poussière quand, entrant chez elle comme dans un moulin, par les portes laissées volontairement béantes — ouvrir, c’est recevoir : elle ne voulait que subir —, un quidam envahit le vestibule et s’annonça en tapant des pieds :

— S’il vous plaît ? Il y a quelqu’un ?

Aline parut et tout de go s’enquit d’une voix aimable :

— Vous venez pour la razzia ?

À vrai dire, ce long jeune homme blond, papillotant des paupières derrière des lunettes innocentes, l’étonnait un peu. D’après l’image qu’elle gardait du notaire de Chazé, brave devant les fermiers, courbe auprès du marquis, la respectabilité de ses collègues exigeait qu’ils fussent gros et gris. Se méfiant de tout inconnu, n’ayant pas compris grand-chose aux explications de M e Lheureux, elle n’attendait que des adversaires.

— Excusez-moi, fit l’intrus en s’inclinant, d’avoir à remplir une tâche désagréable. M. Davermelle n’est pas arrivé ? Nous avions bien précisé : deux heures.

— Vous connaissez mon mari, maître ? dit Aline, l’œil froncé.

— Je n’ai pas cet avantage.

On reprit modestement :

— Je me permets de préciser que je ne suis pas M e Vermet, mais son premier clerc.

Évidemment le patron ne se dérangeait pas pour si peu. Le regard du clerc, sans doute mal payé, mais habitué à s’arrondir la bouche de gros chiffres, à flairer l’odeur des fortunes d’autrui, faisait négligemment le tour de la pièce. De cet ensemble Mobiliart, en teck, obtenu au rabais — 20 %, au titre d’employé —, réglé par d’interminables retenues sur le salaire, Aline n’était pas peu fière. Comme de ses rideaux croisés. Comme de sa moquette. Hier une cigarette tombée dessus la mettait en transe ; et demain de tout ça il ne resterait rien. Elle étouffait. La conciliation, voilà des mois, avait été une épreuve ; mais depuis lors tout se passait entre les avocats, les avoués, les huissiers, les juges, dans un tourbillon lointain de procédure ; elle avait seulement vu circuler du papier. Ce partage rendait le jugement réel, devenait la noire cérémonie, l’exécution finale.

Les lèvres serrées, les narines dilatées, elle s’était laissée tomber sur un siège, en face du clerc, pénétré de componction, mais qui commençait à s’impatienter, à remuer de la jambe. Une estimation-partage, c’est toujours une corvée, même quand on évite les cris, les larmes, les injures. La petite dame n’était pas de première jeunesse, elle était gentiment installée, elle avait bien tort de liquider son bonhomme pour une banale histoire de braguette. M e Vermet disait toujours : Si la moitié de votre maison brûle, l’assurance paiera. Vous en perdrez un peu plus dans le divorce, mais il n’y a pas d’assurance. Finalement c’est encore un privilège de riches.

— La maison sera vendue plus tard, dit le clerc pour alléger l’attente. Aujourd’hui nous ne nous occuperons que des meubles. Ce sera vite fait. J’ai préparé l’accord…

— Il n’est pas signé, vous savez ! dit Aline.

Très sèchement, très haut, parce que Louis entrait.

*

Il entrait, accompagné d’un tiers qu’Aline reconnut aussitôt : c’était l’huissier qui lui avait apporté la première citation. Elle fut dupe de l’astuce : s’il se faisait soutenir par l’huissier, c’est qu’il craignait le clerc. Masqués d’indifférence, les deux hommes de loi déjà prenaient contact. Pas de contrat, pas de biens propres, pas de reprises personnelles, tout en communauté : c’est simple ! marmonnait l’un. Vous avez des factures ? demandait l’autre. Aline en sortit une liasse d’un tiroir. Le clerc les feuilleta, en saisit une :

— Commençons par cette pièce, puisque nous y sommes, dit-il. Le buffet a été acquis voilà quinze ans, pour…

— Il s’agit d’un ensemble qui ne peut pas être divisé, dit Aline. J’en ai besoin pour les enfants. Mais vous n’allez pas me le compter au prix d’achat. Ce n’est plus que de l’occasion.

— Avec la dévaluation, aujourd’hui, ça vaudrait le double, dit Louis.

— Nous appliquons le barème ? dit le clerc en regardant l’huissier.

— Le barème date : il avantage celui qui reprend, dit l’autre. Je ne peux pas conseiller à monsieur Davermelle…

— Si les enfants en ont besoin, tenons-nous-en au barème, grogna Louis.

Il n’eut pas longtemps besoin de feindre l’humeur. Pressés, comprenant bien que le mari désirait surtout en finir pour remployer sa part, ces messieurs tournaient rapidement, pilotés par Aline. Les enfants eurent besoin des meubles de la cuisine, de ceux de leurs chambres, de la machine à laver, du réfrigérateur, des draps, des couvertures, du linge, de la vaisselle. Arrivée dans sa chambre, Aline dit, arborant son plus aigu sourire :

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