Caryl Férey - Condor

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Condor: краткое содержание, описание и аннотация

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Condor Condor Condor Caryl Férey vit à Paris. Après s'être aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa « saga maorie » (
et
), en Afrique du Sud avec
(récompensé entre autres par le
en 2008 et adapté au cinéma en 2013) puis en Argentine avec
, il nous entraîne avec
dans une exploration sombre du Chili, dans une course-poursuite sanglante transfigurée par l'amour. Le nouveau roman de Caryl Férey nous fait voyager et frémir autant que réfléchir et nous rappelle, s'il le fallait, que l'auteur s'est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l'ailleurs.

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— Après le bar clandestin, pas grand-chose, concéda Esteban.

Son costume était froissé mais sec.

— Alors comment on est arrivés là ?

— Aucune idée, Gab.

La jeune femme frémit dans la brise. L’idée d’avoir roulé de nuit pendant des kilomètres sans même en avoir conscience avait quelque chose d’effrayant. Elle avait envie de prendre une douche, rentrer à Santiago et boire de l’eau jusqu’à la fin de ses jours.

— Viens, fit Esteban en touchant doucement sa hanche. C’est bien le diable si on ne retrouve pas la voiture.

Lasse, la vidéaste suivit ses pas sur le sable tiède. Abandonnant mouettes et pélicans au fracas du rivage, ils remontèrent le chemin qui serpentait à travers bois, tentant de recoller les morceaux de cette fichue nuit. Gabriela se souvenait vaguement du bar clandestin de Bellavista, d’Esteban perché sur la tête de taureau empaillée, mais pas d’avoir quitté le lieu de débauche. Ils avaient pourtant dû prendre la voiture en sortant et rouler jusqu’à la mer… Quel rapport avec son histoire de roman ? Víctor Jara ? La tête trop douloureuse pour réfléchir, elle grimpa le sentier entre les eucalyptus odorants. « Playa chica », indiquait l’écriteau. Ils dépassèrent le bungalow aux volets clos qu’Esteban avait quitté la veille, et la forêt bientôt s’épaissit. Les pins offrant leur ombre à leurs pieds nus, Gabriela slaloma entre les épines mortes, plus anxieuse à mesure qu’elle fouillait sa mémoire défaillante. Il s’était passé quelque chose cette nuit, sur cette plage, qui la mettait plus que mal à l’aise… Qu’avaient-ils fait ?

Ils atteignirent la lisière du bois et Gabriela eut un soupir de soulagement : l’Aston Martin était là, près des poubelles municipales.

Un miracle n’arrivant jamais seul, les clés étaient sur le contact. Elle trouva ses ballerines sur la banquette arrière, son sac à main sous le siège, mais pas sa précieuse caméra. Elle était pourtant dedans, toujours.

Esteban, lui, avait tout perdu : ses chaussures, son téléphone, ses cigarettes, son argent liquide, ses cartes bancaires. Hormis ses clés de voiture, il n’avait plus rien. La nuit, une fois de plus, l’avait dévalisé… Il prit place sur le siège de la décapotable, mit le contact : la jauge d’essence indiquait qu’ils avaient de quoi rentrer. C’était déjà ça.

— Qu’est-ce que tu fais ? lança-t-il.

Gabriela s’était réfugiée derrière un arbre.

— Tourne-toi !

Elle finit d’ôter sa petite culotte, qu’elle fourra humide et pleine de sable dans son sac à main. Sa robe séchait dans la brise ensoleillée, le mal de crâne était toujours là mais la perspective de rentrer lui remettait un peu de baume au cœur. Gabriela bascula sur le siège, enfila ses ballerines en plastique.

— Il faut que je retrouve ma caméra. Sans elle, c’est comme si j’étais aveugle.

— Au bar clandestin, peut-être. Je passerai ce soir, si tu veux. Moi aussi, j’ai tout perdu… En tout cas je suis désolé.

— Dis, il n’y a pas de boîte à gants dans ta voiture ?

Elle ne voyait pas d’ouverture sur le tableau de bord en acajou.

— Le bouton blanc, dessous…

Esteban se pencha, et la boîte à gants s’ouvrit aux pieds de Gabriela. La caméra était là, parmi les PV… Elle empoigna la GoPro, vérifia le fonctionnement de la machine : la batterie était à plat mais, apparemment, rien de cassé.

— Tu vois, Gab, pas la peine de s’inquiéter.

— Parle pour toi, tu as déjà tout.

— Tout ou rien, au fond c’est pareil.

Esteban ajusta une des paires de lunettes de soleil qui traînaient dans l’habitacle et démarra la voiture, qui s’ébroua aussitôt. La pendule affichait midi passé. Il poussa le CD dans l’autoradio, Ensemble Pearl, et s’engagea sur le chemin de terre qui menait à la civilisation. Gabriela allait refermer la boîte à gants quand elle vit le carnet noir à l’intérieur, un Moleskine de taille A4.

— C’est quoi ?

— Ah…

Il l’avait oublié en arrivant à Santiago.

— C’est quoi ? répéta-t-elle. Le roman dont tu parlais tout à l’heure ?

Elle feuilleta le carnet, des dizaines de pages noircies d’une écriture névrotique. Ils atteignirent la route.

— Je peux lire ? demanda-t-elle.

— C’est vieux.

— Deux jours.

Esteban ne répondit pas : la bretelle d’autoroute se profilait et ce concours de circonstances sentait l’acte manqué à plein nez. Gabriela ouvrit la page de garde, découvrit le titre : L’Infini cassé … Cent vingt, cent trente, cent cinquante, le moteur de l’Aston Martin grondait sur l’asphalte mais Gabriela ne l’entendait plus, ni les guitares déchirées de l’autoradio : elle plongea dans une longue, longue apnée.

L’Infini cassé

Une pluie fine leur léchait les mains. Ils les tenaient serrées et, du haut de leur colère, immobiles. Plus bas, des petits hommes aux yeux de morve attendaient la curée. Ils sortaient des collèges, concurrents, démocrates.

Ils marchaient à l’ordinaire, au pas, à l’air du temps. On les avait voulus ainsi, ainsi ils étaient ce qu’on avait voulu. Ils couraient devant le lièvre mécanique du profit, aveugles et sourds à ses dents qui claquaient pourtant comme des drapeaux — ô ciel tondu…

On leur avait promis la curée.

On leur avait promis des téléviseurs. Des soft drinks. Et la gueule du bonheur en prime.

C’était l’heure.

Catalina frémit en grand du haut de la dune. Elle se tourna vers son Colosse.

— Embrasse-moi, dit-elle. Plus fort que ça…

Lui d’abord ne bougea pas. Avec l’hiver, Catalina avait le sourire du vent et les yeux de la pluie. Elle prit son visage dans sa tourmente, se pressa contre ses lèvres :

— C’est l’eau rare… C’est l’eau rare qui ruisselle à l’aurore…

Il se pencha, souverain du vide, et la laissa guider sa main. La rosée du monde avait mouillé les draps de sa robe. Catalina ne portait rien d’autre, que l’aube et ses pieds nus qui s’enfonçaient dans le sable.

Il sourit. La pluie tombait toujours, élastique.

Tout là-bas, au pied de la dune, les gosses exultaient en de longs râles cosmologiques : du ciel ils venaient de recevoir la carcasse qu’ils dévoraient. Des carcasses de coca. De corbillard. La curée du bonheur, on vous dit.

— Tu es prêt ? demanda-t-elle.

Il fit signe que oui mais sa cartouchière était vide.

Elle lui jeta un regard à passer par-dessus bord mais il continuait de sourire.

— Ne t’en fais pas.

Et il vissa l’arme à son poing.

Colosse aux mains cassées, il dévala le premier la pente. Catalina le suivit comme un fleuve.

Les voyant fondre sur eux, les yeux des gosses se révulsèrent — certains les avaient reconnus.

Il y eut de l’agitation dans les rangs les plus exposés, les diplômés, les autres étaient trop loin, et puis ils préféraient dévorer leurs carcasses. Eux rebondissaient sur le flanc de la dune.

« Pas de prisonniers », criaient ses mains cassées, « pas de prisonniers ! », mais empêtrées dans le brouhaha du cœur, ses mains hésitaient encore : on ne massacre pas des inconnus — c’est défendu —, même au hasard de la foule, on ne se venge pas, c’est défendu. On était en démocratie, oui ou non ?!

Beaucoup se croyaient préservés, comme toujours. Ils avaient gagné leur diplôme, oui ou non ?!

Ils s’abattirent sur les premiers rangs, et il tomba du plomb.

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