Stanislas Petrosky - L'amante d'Étretat

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L'amante d'Étretat: краткое содержание, описание и аннотация

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Isabelle et Frédéric vivent une des plus belles histoires d amour qui soit, passionnée et fusionnelle.
Mais un jour où Frédéric part s'adonner à sa passion, la planche à voile, il disparaît corps et bien en mer. Isabelle va doucement mais sûrement sombrer dans la folie sans l'homme qu'elle aime.
Stanislas Petrosky nous entraîne dans les méandres de la dépression. Jusqu'où le manque de l'être aimé peut-il mener ?
Mais l'auteur venant du monde du polar, il se pourrait que L'Amante d Étretat ne soit pas qu'une simple histoire d amour tragique.
Après avoir vainement essayé de faire croire à ses lecteurs qu'il était un réfugié arménien, Stanislas Petrosky a décidé de tomber le masque mortuaire. Si Petrosky n'est toujours pas son vrai nom, on sait désormais que l'individu qui se cache derrière ce pseudonyme est bien français et vit en Normandie.

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Isabelle passa tout l’été avec son époux, à ses côtés, puis le mois de septembre arriva, ses congés aussi. Elle devait les prendre après le coup de feu des vacances, car de juin à fin août, la supérette ne désemplissait pas. Les Parisiens et autres touristes venaient envahir la petite cité balnéaire, la mer, les falaises sculptées par les éléments déchaînés, les restaurants, le casino. Il fallait bien nourrir tous ces vacanciers, tous ceux qui possédaient ou louaient une demeure le temps de quelques jours.

Isabelle était donc en vacances trois semaines à partir du 9 septembre. Elle franchit alors un palier de plus vers la folie : plus besoin d’aller travailler, l’aliénation au jardin de Frédéric arriva à son paroxysme. Le premier jour de congé, elle fit un stock de provisions à la boutique dans le but de passer trois semaines sans quitter le jardin, si ce n’est pour se doucher et aller aux toilettes.

Ce petit coin de verdure était devenu une drogue dure, il l’absorba totalement. Dans le grenier, elle avait trouvé la tente igloo de Frédéric, celle qu’il utilisait lorsqu’il était célibataire, quand il partait avec ses amis faire de la planche à voile dans d’autres régions, lors de concentrations de véliplanchistes et autres concours auxquels il participait. Cette tente lui permit de dormir près de lui, même quand il pleuvait. Les bambous avaient bien poussé, de la route on ne pouvait plus apercevoir Isabelle, elle était tranquille, à l’abri des regards et des commérages, la hauteur et l’épaisseur de la haie ne laissaient même plus passer les bruits de la rue. Ils étaient isolés du monde entier, enfin réunis, seuls et heureux.

C’est vers le milieu de la troisième semaine qu’elle commença à se sentir mal à la pensée de devoir quitter Frédéric pour retourner travailler. Et quelques jours plus tard, ce serait l’anniversaire des deux ans de sa disparition. Le sourire s’effaça peu à peu de son visage, ses yeux se remirent à rougir, puis à pleurer, de nouveau la déprime qui était encore enfouie au fond d’elle et n’attendait que ces instants de doute et de peur pour ressurgir de plus belle et l’aspirer dans ses méandres, se manifesta. C’était comme une bête qu’elle avait cru domestiquer. Mais elle s’était trompée, doucement le monstre refaisait surface, il reprenait vie en elle, étouffant son optimisme, sa force et son courage. Se nourrissant de sa douleur, de son désarroi. L’absorbant dans un tourbillon où la raison n’avait plus lieu d’être, où la démence se renforçait. D’une euphorie optimale, Isabelle passa d’un seul coup à une asthénie totale. Elle n’eut plus envie de rien, une tristesse infinie la submergeait, les larmes coulaient sans cesse, sans qu’elle sache vraiment pourquoi, et l’envie d’en finir revint elle aussi.

Un samedi, Isabelle cessa de s’alimenter. Ce matin-là, elle ne prit qu’un thé léger. Le dimanche soir, elle n’avait toujours rien avalé de solide, elle n’avait pas faim, et surtout, elle n’avait pas envie d’aller travailler ni de sortir de sa bulle. Comme la supérette n’était pas ouverte à la clientèle le lundi, c’était juste pour le réapprovisionnement des rayons, elle ne voulait pas quitter Frédéric. Elle ne se sentait pas la force de l’abandonner, il avait besoin d’elle. Elle avait entendu la voix de son mari qui ne faisait que lui répéter depuis plus d’une semaine qu’elle n’avait pas le droit de déserter le jardin.

Le lendemain matin, elle appela Éric, elle prétexta n’importe quel syndrome, lui demanda si elle pouvait ne reprendre le travail que mercredi. Elle argumenta : la saison était souvent calme, les vacanciers de septembre étaient des gens d’un certain âge, qui descendaient dans les hôtels, qui déjeunaient et dînaient dans les restaurants, ils n’avaient pas besoin d’alimentation. Éric fit semblant de la croire et lui prolongea ses congés de deux jours. Il l’attendait le mercredi matin à huit heures précises. Isabelle raccrocha soulagée, elle avait réussi à avoir un délai supplémentaire, un sursis de quarante-huit heures. Deux jours ce n’était pas rien, elle allait pouvoir les passer avec Frédéric, c’était énorme à ses yeux, chaque seconde de plus avec lui comptait, alors elle était heureuse d’avoir pu les grappiller. Elle comprenait bien que c’était reculer pour mieux sauter, mais qu’importe, c’était du temps de gagné à profiter de son homme.

Le mardi midi, elle n’avait toujours rien mangé, elle ne ressentait aucune sensation de faim, aucune douleur à l’estomac, pas même une crampe. Elle était aussi en forme que si elle avait eu le ventre plein. Elle passa une grande partie de son temps à ramasser toutes les feuilles du bambou qui tombaient à longueur d’année, sans jamais pourrir sur place, elle tenait à ce que leur boudoir vert reste on ne peut plus propre. Une fois cette opération effectuée, elle s’activa à ratisser le sable, dessinant de magnifiques arabesques. À force de manipuler le petit râteau de bois, elle était devenue une experte en la matière. Le résultat lui paraissant satisfaisant, elle se décida à s’asseoir sur le banc, l’exemplaire d’ Une seconde de toute beauté , de Frédéric Dard en main, elle commença une nouvelle lecture à son compagnon disparu.

Isabelle aimait vraiment ce livre, c’était la troisième, voire la quatrième fois qu’elle lui déclamait l’ouvrage. Elle se lança dans la lecture de toute son énergie afin de ne pas penser que le lendemain était mercredi, que cette fois-ci elle ne pourrait pas faire autrement que de se rendre au travail. Elle allait devoir quitter le jardin, l’idée lui arrachait le cœur, lui mettait les larmes au bord des yeux. Elle pensa bien à appeler Éric de nouveau, lui faire croire qu’elle n’allait pas mieux, mais elle renonça, elle était sûre qu’elle ne serait pas convaincante. Et puis de toute façon son téléphone était déchargé. Depuis samedi matin, la jeune femme n’était pas retournée dans la maison, pas même pour se laver. Elle, d’ordinaire si portée sur l’hygiène, comment avait-elle pu rester quatre jours sans se doucher ? Elle n’avait même pas eu besoin d’aller aux toilettes vu qu’elle ne mangeait plus. Pas une seule seconde elle n’avait quitté son Frédéric. Elle s’était littéralement enchaînée à lui, comme si les rhizomes du bambou s’enroulaient autour de ses chevilles.

Tout à coup, le livre chuta de ses mains, elle sanglota face au métaké : demain ne devait pas venir. Une force invisible la retenait à ses côtés, et elle aimait cela… Elle était bien ici, pourquoi retourner travailler ?

11

Isabelle ouvrit péniblement les yeux, elle ne reconnut pas les lieux et elle se demanda où elle était. Elle regarda autour d’elle et vit des murs complètement blancs. Elle comprit soudain : une chambre d’hôpital. Elle était vêtue de la chemise de nuit des hôpitaux havrais, une perfusion était plantée dans son bras droit. Elle avait la bouche pâteuse, l’impression que sa langue pesait des tonnes, d’affreuses douleurs dans l’abdomen, des crampes musculaires. Ses yeux s’habituèrent rapidement à la lumière crue de la pièce, Éric était face à elle, assis sur une chaise, il lisait tranquillement un magazine.

— Papet, je suis où ?

— À l’hôpital, Isabelle. Tu es à Jacques-Monod, à Montivilliers.

Il lui expliqua alors que, ne la voyant pas venir le mercredi matin, il avait appelé plusieurs fois sur le portable, laissé des messages demandant de le rappeler. Comme elle ne répondait pas, et qu’aucun client n’était présent, il avait mis un petit panneau « Je reviens dans dix minutes », et il était venu voir ce qui se passait. Là, il l’avait trouvée inanimée, livide et glacée au pied du bosquet de bambous, serrant contre son cœur le livre de Frédéric Dard, un Frédéric pour un autre.

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