Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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— J'inviterais bien Gabrielle, m'avait proposé Monique, un dimanche.

— Pourquoi ? Je t'ennuie ?

— Ne confonds pas tout. C'est une amie.

Une amie ! Pourquoi faire ? Avais-je des amis, moi ? Avait-elle des amis, cette femme dévouée, si exclusivement occupée des habitants de La Belle Angerie ? On n'est bien, on n'a chaud — ou froid — qu'entre soi. Pas d'étrangers, pas de tièdes. Voici que de ma bouche, où la langue n'avait pas tourné sept fois, tombait cette ahurissante profession de foi :

— Moi, tu sais, je ne suis à l'aise qu'en famille.

— Vraiment ! fit Monique, prête à pouffer.

On est à l'aise de bien des façons : les pieds dans ses pantoufles ou la mitraillette en mains. Affaire de tempérament. Mais je précisais déjà, lyrique :

— Je parle de ma famille à moi… de la nôtre… enfin de celle que nous ferons.

— Bien sûr !! admit ma femme, allongeant cette moue particulière aux gens qui commencent à être touchés, mais craignent de faire seuls les frais de leur émotion.

Puis, jouant avec ses doigts, elle ajouta :

— Ne nous pressons pas d'acheter une salle à manger complète. Ça ferait trop de chaises vides.

Enfin le petit doigt claqua plus fort que les autres et Monique éclata :

— Ce que tu peux être exigeant ! Tout ou rien, toi et moi, rien que nous… tu me les rabâches assez, tes formules ! Avec la jeunesse que tu as eue, je pensais que tu aurais le bonheur commode.

Au contraire ! Mais comment lui expliquer ? Pouvait-elle comprendre que j'étais habitué à l'excessif, à l'exclusif ? Quand nous professions ce… cet ancien… ce scandaleux sentiment… nous ne cessions point de nous intéresser les uns aux autres. Âprement. Des intenses, voilà ce que nous étions. Et combien attentifs !

— Préférerais-tu un bonheur nonchalant ?

— Ah, non ! fit la moue, qui disparut, miraculée par un sourire.

Miel encore. Ce miel m'engluait peu à peu, enrobait ma violence, beaucoup mieux que n'avaient su le faire le fiel de Folcoche et la salive de Paule. Ni contrainte ni raisonnement n'ont raison des agressifs : s'ils succombent, ce ne peut être que sous les coups d'une crosse d'aorte. Mais cette grâce restait particulière, limitée à Monique. J'avais eu bien tort, jadis, de redouter un affadissement, un affaiblissement général : la fleur et l'acier peuvent être bleus dans la même main. Les prédicateurs, très fidèles à leurs femelles, ne s'en défendent que mieux ; les reîtres sont facilement sentimentaux. Nous ne sommes pas d'une pièce et nos fureurs restent longtemps intactes au milieu de nos joies : le seul service que celles-ci puissent rendre à celles-là, c'est de nous occuper ailleurs, de détourner notre attention. Je pensais peu à La Belle Angerie, mais son climat, par voie de contraste, me devenait chaque jour plus odieux. La voie de garage de la haine, c'est le mépris (cent fois plus pénible pour une Folcoche).

J'avançais doucement — oh ! très doucement !! — sur ce rail, entrevoyant à peine cette nouvelle forme de ma revanche. Certain, toutefois, de n'être pas diminué, mais enrichi. Étonné de découvrir dans l'amour (pour une fois sa définition excuse le mot) un autre mode de la connaissance. Faraud de cette découverte, que d'autres font en tétant, satisfait de ne point la devoir au lait maternel, retrouvant en cet honneur mon allégresse drue et faraude, ma vivacité enfouie sous cinq années d'hésitation.

Non, nos disputes ne comptaient guère. Broutilles que tout cela. De jour en jour, je le voyais bien : ma secrète terreur, celle de voir M meRezeau junior jouer auprès de moi le rôle de M meRezeau senior, n'avait aucune raison d'être. Les suggestions de Monique ne seraient jamais des ordres déguisés, mais des prières : j'aime bien qu'on me prie, si je déteste qu'on me supplie. Déférente, Monique, et n'usurpant point mes prérogatives ! Toute prête à changer son fameux système de références et à l'offrir à ma colonisation : déjà les « Comme disait ma tante… » cédaient aux « Comme tu le dis… »

XXVIII

J'ai quelque chose d'important à te dire, pépie Monique. Mais lis d'abord ton courrier… Au fait, ça fait trois mois aujourd'hui, ajouta-t-elle en me remettant une lettre.

Le timbre à date du bureau d'arrivée en fait foi : 16 avril 1937. Trois mois que nous sommes mariés. Je n'aime pas beaucoup ce décompte, patiemment tenu à jour par la ferveur puérile de ma femme et chaque mois resservi. Mais il vaut mieux qu'un « quatre-vingt-dix jours au jus », grignotant impatiemment l'avenir : le calcul rétrospectif ne s'applique qu'aux joies.

F. M., fait encore Monique. Ce ne peut être que ton frère.

Monique n'ouvre jamais mes lettres : il ferait beau voir ! Elle a seulement pris l'habitude de rester plantée devant moi, l'œil preste, le nez fripé de curiosité, la tête dodelinant de droite à gauche comme celle du chat qui attend que la souris sorte de son trou.

L'épître est bien de Fred. Lui seul gribouille de la sorte et se trahit par une significative absence de barres sur les t. Une lettre de Fred, la barbe ! De Fred, libérable dans quelques jours et probablement décidé à me tomber sur les bras. Je n'ai aucune envie de renouer avec lui, ni avec aucun autre membre de ma famille. Ne plus entendre parler d'eux, me débarrasser d'eux, tel est mon vœu, presque sincère. Maussade, je saisis un couteau de cuisine encore gras et j'ouvre l'enveloppe d'un seul coup, avec une force suffisante pour consommer un hara-kiri. Sur une feuille de papier quadrillé qui se vend dans les kiosques par pochettes de dix, zigzaguent une vingtaine de lignes bleuâtres. A la cinquième, le couteau me tombe des mains et je murmure :

— Pas de cette façon-là !

— Quoi ? s'enquiert Monique, brusquement inquiétée par la contraction de mes maxillaires. Que dis-tu ?

Mais je me tais, je ne précise que ma pensée… Non, je ne souhaitais pas me débarrasser d'eux de cette façon-là. Sauf d 'Elle, peut-être. Je revois la chambre de mes parents, les lits jumeaux, la grande couverture en fourrure de loup. Il fallait… il fallait épargner le lit de gauche. Glacé, j'achève la lettre et la tend à Monique, qui lit à mi-voix :

Cherbourg, 14-4-37.

Mon cher Jean, je reçois un mot de Marcel. Papa, qui avait déjà eu deux crises d'urémie, la première il y a six mois, la seconde quelques jours après ton mariage, est cette fois au plus mal. Pour que Marcel me prévienne, il faut qu'il soit mourant. Il est peut-être mort à l'heure actuelle. Je ne suis libérable que le vingt. Sinon je sauterais dans le train. Malgré la conspiration du silence, je crois pouvoir te dire que la succession nous réserve des surprises : la vieille nous a proprement spoliés, à son profit et au profit de Marcel.

Je pense que tu n'es au courant de rien : ils ont décidé, une fois pour toutes, de t'ignorer, sauf pour les formalités inévitables. Papa disparu, je vais sans doute subir le même sort. Une alliance s'impose.

A bientôt. Cinq en cinq.

FRED.

Je reste figé, tandis que Monique jette la lettre sur la table, avec dégoût.

— Il est écœurant, ton frère ! Il se fiche éperdument de la mort de son père. Ce qu'il redoute, c'est d'être déshérité. Mais ton père n'est pas mort : on t'aurait télégraphié.

— Certainement pas. Fred lui-même a été prévenu trop tard. Volontairement trop tard.

Les yeux gris interrogent les miens, se voilent, effarés. On a beau avoir quelques lumières sur l'état d'esprit qui règne dans une famille, rien de tel que des exemples concrets pour vous mettre dans le coup. Quant à moi, avant toute preuve, je suis sûr de mon fait. Je recevrai, trois jours après la mise en bière, un faire-part de grand format, encadré par au moins quatre centimètres de bordure noire, où quarante personnes étaleront leurs titres, leurs décorations et leur degré de parenté avant de se déclarer profondément affligées par l'irréparable perte qu'elles viennent de faire en la personne de Jacques Rezeau, juge honoraire, chevalier de l'Instruction publique, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire, pieusement décédé dans sa soixante-deuxième année, muni des sacrements de l'Eglise. On m'y convoquera à des obsèques dont les cierges seront éteints et l'eau bénite évaporée. Et tout le Craonnais colportera ce jugement sévère : « Les malheureux ! Ils ne sont même pas venus à l'enterrement de leur père ! » Et l'on aura fait disparaître, en notre absence, tous papiers, valeurs et bijoux superflus. Sordide chez Fred, ce souci prend chez moi un autre caractère : j'abandonnerais volontiers ma part pour sauver le domaine comme l'ont fait jadis les frères et sœurs de mon père, mais je ruinerais aussi volontiers la famille pour lui apprendre à se passer de mon consentement.

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