Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Cela veut dire que ma mère ne l'est pas. Pour l'huître, la perle est un furoncle.

— Tu ne changes pas, mon garçon : il faut que tu plastronnes. Quand je pense à ce que tu aurais pu être et à ce que tu es, je sais à quoi m'en tenir. Heureux ! Ça, alors…

Un gémissement rauque, tiré de ses plus profondes bronches et de ses plus profonds regrets, traverse la brèche de ses lèvres : M meRezeau ne parle plus, elle aboie :

— Ça, alors, c'est la fin de tout ! C'est la mort du petit cheval !

Suit un petit hululement qui est un rire. Peine perdue ! Le ton n'y est pas. La note est fausse, discordante : je l'avais déjà remarqué chez le notaire et je me demande si ma jeunesse, mieux entraînée, n'aurait pas décelé des couac de ce genre. De toute façon, cette aigreur est devenue mercenaire, elle défend mal une dernière tourelle : celle de la vanité.

— Mon pauvre ami, comme si nous étions sur la terre pour y faire collection de joies…

M meRezeau prêche maintenant. Ne l'écoutons pas. Collection de joies vaut bien collection de mouches. Ce sera mon coin de science à moi. La joie est la seule science qui n'ait jamais eu de savants attachés à sa recherche ; elle n'a que des amateurs qui la confondent presque tous avec le plaisir. Quelle est donc cette sainte récente qui disait : « Je regrette bien de ne pouvoir enlever aux putains le titre de fille de joie » ? Moi, je ne fais pas mon salut, je n'ai même pas envie de chercher un salut personnel, j'ai seulement réussi à vivre un peu de ciel, un ciel grand comme un ciel de lit. Je ne me vanterai pas de ce hasard. Il y a deux ou trois ans, je pensais encore que le comble de la volupté, c'était d'échapper seul à un péril commun. Depuis Monique, depuis mon fils, j'en suis moins sûr. La part qu'ils m'ont laissée — la meilleure part — j'aimerais en faire grignoter quelques miettes au lion et au chacal, à Marcel et à Fred, ne serait-ce que pour les mettre en goût. Vous pensez, ma mère, à ce que j'aurais pu être ? Moi aussi. Je vous remercie. Vous m'avez donné l'occasion d'être ce que je n'aurais jamais été si, vous aimant, j'avais aimé tout ce que vous représentez. Heureusement, je ne vous aimais pas !

Je ne veux pas dire que je vous hais : ne forçons plus les mots, ni surtout notre talent. Je ne vous aime ni ne vous déteste. C'est pire ; je ne vous sens pas, je me sens né de mère inconnue.

Je ne vous dois rien,sauf la vie, comme le répète Monique : toutefois, ce que vous m'en avez donné et ce que vous m'en avez refusé s'équilibrent. Certes, je ne vous pardonne pas pour autant. Mais nos griefs, nos dissensions me paraissent bien lointains, bien personnels. Quelles sont ces criailleries de volière auprès de l'effrayant délire qui menace de secouer l'univers ? Le vice congénital, le vice bourgeois par excellence, c'est le n'être vraiment agité que par le particulier.

A chacun son soliloque. Ma mère pérore toujours, aigre-douce. Elle récite des litanies d'aphorismes, empruntés au répertoire de mon père. Jamais je ne l'ai vue si prolixe et pourtant si peu convaincante. Elle s'acharne à me persuader de ma misère, de mon ingratitude, de mon indignité. Elle qui ne se justifiait jamais, a-t-elle besoin de se légitimer ? Tout ceci ressemble à une pâteuse explication de vote. S'agit-il de m'atteindre ? Si les mots sont les seules armes dont elle dispose encore, comme ils furent les seules armes de M. Rezeau durant sa vie, je ne puis qu'en sourire : le mort a enfin conquis sa veuve. Il y a quelque chose de désespéré dans cet assaut verbal, quelque chose de stupide comme la Tentation sur la Montagne. Chère vieille Folcoche ! Tu aurais pu me faire beaucoup plus de mal. Il fallait me laisser entendre que ton choix aurait pu être différent. Ne sais-tu donc pas que j'eusse fait un merveilleux bâtard, un vrai Cropette, au lieu et place de ce sous-lieutenant qui t'exploite et qui ne t'aime pas ?… Moi, je t'aurais mise dans le coup, je t'aurais fait oublier que nous appartenions à deux races : celle de l'homme imposé et celle de l'homme perdu ; je serais arrivé à te rendre mère de tous les autres, une mère sans choix, une mère, quoi ! Je me vante certainement. Mais cette vantardise ne vaut-elle pas mieux, maman, que votre conclusion, jetée d'une voix qui se veut sarcastique, qui croit tirer la flèche du Parthe et ne lance qu'un boomerang, déjà revenue sur vous :

— Sois ce que tu prétends être si ça te chante. Après tout, on n'est jamais trahi que par soi-même.

Sur ce, elle est partie, trahie par elle-même. Elle est partie, son sac à main vide serré contre un cœur vide. Sur le pas de la porte, elle s'est retournée, crochue, tassée, fébrile, presque tremblante, et elle a enfin daigné regarder cette jeune femme qui la dominait de toute sa jeunesse et de tout son enfant, hissé contre son épaule. Rien ne pouvait la redresser à cette hauteur et surtout pas ce qui l'a soutenue durant vingt ans. Je n'oublierai pas ce regard, rongé jusqu'au nerf, cachant sa détresse sous l'écroulement de la paupière, ni ce suprême effort qui lui a permis de se jeter dans l'escalier et de ricaner derrière la porte qu'elle venait de claquer.

Par la fenêtre, je la vois s'éloigner, sinueuse, incertaine. Vue de haut, elle donne l'impression de ramper au fond de la rue étroite, interminable comme le sera sa vieillesse. Les deux plumes noires de son chapeau ressemblent vaguement aux appendices de la vipère cornue… Mais que dis-je ? Ce symbole est désuet. Va, je n'ai plus besoin de ta race naïve, cher serpent ! Un anneau me suffit qui ne doit plus rien aux tiens. J'étreins mieux ce que tu n'étreins pas. Ma force me vient d'ailleurs : je n'en suis pas possédé, c'est moi qui la possède. Ma force est là, saine, simplette : une grosse fève d'Epiphanie et une souveraine en tablier qui boit mon sourire avec tant de soif que j'ai envie de crier : la reine boit ! La reine boit !

Je sais, cette force n'est pas sans failles et je prévois des jours où j'aurai des absences. Pas des absences de mémoire. Des absences d'oubli. Une voix, qui a ce travers, me soufflera : « A quoi penses-tu ? » et je ne répondrai pas. Mais si, malgré moi, je t'évoque, ô ma jeunesse, je ne t'invoquerai plus. Tu ne t'effaces pas, tu t'estompes comme cette femme qui n'est plus qu'un point noir au bout de la rue, qui lutte contre une rafale et qui semble emporter l'hiver avec elle.

Villenauxe, décembre 1949-août 1950.
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