Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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— Hein ? fit Fred, ahuri, mais extasié.

Dans ses orbites roulaient deux globes jaunâtres où nageaient des prunelles sales, rondelles de truffe dans une gelée d'aspic. Nulle estime ne faisait papilloter la paupière, mais une sorte de pitié envers l'imbécile.

— Bien, bien, aboya-t-il, je vais téléphoner à Marcel.

Puis, s'éloignant du sujet avec la précipitation de la poule qui met son ver à l'abri, il reprit ses commentaires :

— A propos de Marcel, sais-tu qu'il fait la loi maintenant chez les Pluvignec ? Le grand-père est complètement gâteux et si vieux, si malade qu'il ne peut pas aller bien loin. Marcel s'arrange avec la grand'mère, mitonne sa petite cuisine personnelle, rafle de substantiels acomptes à la barbe de la Veuve, qui commence à trouver qu'il lui coûte cher. Notre sous-lieutenant vient de se faire offrir une Delage…

Excédé, je reboutonnai mon manteau. Enfin je lui clouai le bec :

— Fiche-moi la paix avec ta famille. Envoie-moi un pneu pour me prévenir du jour et de l'heure du rendez-vous. Cette histoire terminée, je ne veux plus entendre parler des Rezeau.

De plus en plus limande et craignant sans doute les remords de mon portefeuille, Fred s'aplatit, jappa une série de oui-oui. Puis, reniflant soudain (reniflant l'odeur de mon potage), il se souvint qu'il était oncle :

— J'aimerais bien voir mon neveu, assura-t-il.

Le premier prétexte suffisait pour l'écarter.

— Excuse-nous, ma femme a la grippe, ripostai-je d'un ton sec.

Je le laissai sur sa faim.

XXXVII

Viendront, viendront pas ? Malgré le pneu de Fred, Monique n'y croyait guère. Elle avait fait la salle à manger à fond, camouflé de son mieux ce désordre des intimités qui manquent de place, disposé dans un vase une botte de roses de Noël. Passant derrière ma femme, j'avais jeté sur la table quelques journaux, proscrits à La Belle Angerie. Attention délicate : il fallait bien meubler l'attente de M meRezeau et de son fils, car j'étais décidé à leur faire faire antichambre quelques minutes, pour la bonne forme. Mais une dernière inspection de Monique les remplaça par cinq napperons et cinq tasses.

— Je leur fais du thé ou du chocolat ?

— Donne-leur de l'eau de Javel !

Nul moyen de m'indigner plus longtemps contre cette assistante, qui se permettait de revoir en dernière minute le scénario du metteur en scène : la sonnette grelottait. Comme ma femme ne bougeait pas, il fallut bien aller ouvrir moi-même. Comble de malchance, il ne s'agissait pas de Fred, mais d'un chapeau rond, véritable cloche à air froid, à l'abri duquel se décolorait le visage de ma mère.

— Exacte, n'est-ce pas ? Je parie bien que personne n'est arrivé.

Elle ajouta aussitôt, d'une voix moins cou pante, ébréchée par la crainte d'une humiliation inutile :

— Enfin ! Pourvu que Marcel vienne !

Ma femme avait battu en retraite et psalmodiait sa belle excuse, dans la chambre à côté, assez haut pour que nul n'en ignore : « Lolo à bébé, lolo ! » J'installai M meRezeau, douairière, sur la meilleure chaise, en face des roses de Noël qui s'assortissaient à son teint. Son assurance semblait l'avoir quittée. Elle serrait sur son cœur un sac à main à double bride, gonflé par ce qu'attendait Fred, et jetait sur toutes choses un regard en dessous. Sa gêne, cuirassée par son silence, n'était pas de la même nature que la mienne, mais néanmoins évidente. Quelle impiété nous réserve le temps ! Quelle terrible chose que de ne plus avoir affaire à des enfants, mais à des hommes, quand on est une femme et qu'on n'est pas chez soi, c'est-à-dire protégée par des murs, des traditions, un décor et même par cet époux, auguste pare-étincelles de vos nerfs ! Elle louchait vers la porte en affectant un grand calme dédaigneux, elle attendait Marcel avec l'inquiétude des grands hommes privés de leur secrétaire habituel. Il y a des dictateurs qui ne savent plus manier l'impératif ni se camper avantageusement loin des oreilles dévotes.

— Il ne fait pas chaud chez toi ! finit-elle par dire en se frottant le bout des doigts contre sa manche.

Simple contenance. Le radiateur entretenait ses quinze degrés, certifiés exacts par le thermomètre que je consultai négligemment. « Et maintenant, je veux mon petit rot », minaudait Monique derrière la cloison. Un vague sourire releva les coins de la bouche de la belle-mère : ces jeunes femmes sont d'une incroyable faiblesse envers leur marmaille ! Puis la bouche essaya de se pincer et resta coincée quelques secondes comme par une invisible épingle à linge. Vain effort. Le visage n'évoquerait plus la Gorgone : il se fendillait de plus en plus, dégoulinait, inondait le cou de gélatineuses bajoues. Le menton n'était plus qu'une galoche usée, éculée, qui s'entourait de plis comme de vieux lacets.

Dévisagée, M meRezeau réagissait mal, fuyait mes prunelles, laissait deux plaques rougeâtres, bien délimitées, centrées sur l'os de chaque pommette, trahir son embarras. Elle ne devait plus avoir froid, faisait maintenant mine de s'éventer avec la main. Je l'observais toujours, amusé, lointain, incapable d'en vouloir au battement mou de ce bras qui m'avait allongé tant de gifles et qui ne savait plus que déplacer un peu d'air. Je regrettais déjà d'avoir infligé à cette vieille femme un petit supplice dont je pâtissais autant qu'elle et, lorsque retentit le second coup de sonnette, je fus satisfait de surprendre dans ses yeux cette lueur de cuivre, qui rendait enfin vivantes leurs deux taches de vert-de-gris.

Fred est entré, très vite, rasant les cloisons, terrorisé par sa propre chance. Un « Bonjour, ma mère s'échange contre un « Bonjour, mon garçon », et Fred s'assied le plus loin possible, tandis que ma mère serre plus tendrement son sac à main.

— Fichu temps ! estime mon aîné.

Mais il faut me relever. Troisième coup de sonnette. Voici Marcel, voici le pas rapide et sec du sous-lieutenant qui a trouvé quelques minutes, cet homme pressé, cet important Rezeau, pour assister à une charmante réunion de famille. Le pardessus ouvert et balayant l'air, large et sûr de lui, il avance au beau milieu de la pièce pour être certain d'avoir assez de place. Il salue militairement, bien qu'il soit en civil : solution pratique pour rester presque poli, pour éviter de nous serrer la main. M meRezeau (qui, j'en jurerais, semble agacée) a droit à une attention particulière : on lui baise galamment la racine de l'index, le petit condyle du mois de juillet. Mais comme Monique, précédée par une formule de politesse, fait à ce moment précis une entrée opportune, on ne peut pas faire moins que de lui sucer très vite le bout du médius. Marcel s'assied alors sur sa forte croupe d'ancien Cropette, joue des coudes dans le vide, écarte ses jambes d'envahisseur professionnel et hausse carrément les épaules dès que notre mère, encouragée par sa présence, essaie de placer l'indispensable apostrophe.

— Je n'ai pas besoin de vous dire, n'est-ce pas, combien j'apprécie le chantage dont…

— Je vous en prie, maman, tranche Marcel. Nous sommes enfin d'accord et c'est le principal.

— Un macaron ? fait Monique qui fait circuler une assiette de petits fours.

Madame Mère siffle un merci négatif qu'elle affecte de m'adresser. Fred en prend trois ; Marcel, d'un coup de mâchoire, coupe le sien en deux, réussit un excellent moulage de ses dents et, tandis que ma femme s'éloigne vers la cuisine, propose rapidement.

— Réglons cette petite affaire. Vous avez le nécessaire, maman ?

L'essentiel est bâclé avec une louable précipitation. Fred avance sa main gauche, présente un paquet honnêtement ficelé, qui pourrait passer pour un cadeau de nouvel An. Sa main droite rafle aussitôt la liasse que notre mère vient en soupirant d'extirper de son sac à main. De mon côté, je glisse sur la table la procuration, et Marcel se penche à peine pour vérifier les signatures. On entend un léger murmure crachoté par M meRezeau :

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