Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Et M. Rezeau continue, mitraillant de loin mes positions sans chercher à les enfoncer. Je commence à comprendre, à deviner les consignes : « Raisonnez-le, Jacques, mais ne le heurtez pas de front, soyez diplomate. » Madame ma mère se couvre. Ce mariage est son plus cher désir, le meilleur moyen pour me torpiller, pour m'assurer une existence mineure, pour écarter de moi tous legs et toutes relations. Lors de l'affaire Micou, il s'agissait de provoquer une rupture, afin de pouvoir me couper les vivres, afin de me mettre dans une situation telle que ma carrière en fût compromise. Le plan n'a qu'à moitié réussi et, cette fois-ci, M meRezeau entend se servir de mes propres intentions. Une mésalliance lui devient nécessaire pour détruire parmi les nôtres l'espoir que peut leur inspirer ma demi-réussite. Elle se résigne à mon bonheur présent, parce qu'elle est bourgeoisement persuadée qu'il sera en fin de compte l'instrument de mon échec final. Il faut pourtant se prononcer contre ce mariage, officiellement, afin de pouvoir dire : « J'ai tout tenté pour l'empêcher. » Il faut faire quelque chose et ce quelque chose est la visite paternelle, la protestation du « chef de famille ». Ainsi la face sera sauvée. Ainsi (ma mère me connaît bien) ma résolution se trouvera confirmée, si par hasard j'hésitais encore. Il est certain, au surplus, que la soumission ne me permettrait pas pour autant de rentrer en grâce. J'entends déjà Madame Mère : « Ce garçon n'a pas de caractère. Il ne sait jamais ce qu'il veut. »

— Tu es licencié maintenant, assure M. Rezeau. Tu peux, grâce à nous, entrer dans un journal honorable, tu peux épouser une fille convenable. Si tu as tellement besoin d'une femme…

Petit dégoût dans la bouche : l'amour, pour un Rezeau, se confond avec la sensualité.

— Nous te la trouverions assez vite. Allons ! Laisse cette dactylo et nous t'ouvrons les bras.

Ils sont croisés, ces bras, et Papa me regarde par-dessus son grand nez. Il a l'air très convaincu et aussi très ennuyé. Affaissé, vraiment vieux, vraiment touché, il semble respirer difficilement.

— Tu n'as pas fait l'imbécile, j'espère ? Ce mariage ne devient pas… obligatoire ? Ta mère le craint.

Je reconnais bien là un produit de la très pure imagination de M meRezeau. Quelle horrible candeur est donc celle de mon père, pour qui seules restent insoupçonnables la femme et la fille de César, mais qui ne fait aucun cas de la vertu des pauvres ?

— Vous savez, dis-je d'un ton sec, il s'agit d'une très authentique jeune fille.

— Tant mieux, tant mieux ! admet M. Rezeau, presque déçu. Que décides-tu ?

Je me soulève pour allonger le bras vers ma table.

— Vous m'épargnez un timbre.

Mon père prend le carton et le lit d'un air méditatif, en retroussant du bout de l'index la houppette blanche de sa tempe. Il n'a plus rien à dire, il semble moins mécontent qu'étonné. Il a joué son rôle : pourquoi ne l'ai-je pas, comme jadis, forcé à sortir de ce rôle, à être autre chose qu'un ambassadeur ?

— Comme on fait son lit on se couche ! conclut M. Rezeau, le petit doigt levé et la moustache sentencieuse.

Puis il se remet à gémir :

— Tout cela me navre. Pauvre famille ! Quel panier de crabes vous allez faire quand je ne serai plus là. Et pauvre Belle Angerie ! Qui pourra la reprendre ? Ta mère propose un arrangement, mais je suis sûr que vous vous croirez lésés. Si le domaine doit rester aux Rezeau, il faut pourtant que l'un de vous soit avantagé, comme je l'ai été moi-même.

— L'un de nous ? Vous voulez dire : Marcel.

M. Rezeau détourne pudiquement la tête, confus d'en avoir trop dit. Son regard tombe sur le portrait de Monique, fixé au mur par quatre punaises.

— Les belles dents ! observe-t-il.

Sa moustache frémit. Je fais un bond.

— La concierge a le téléphone… Un coup de fil et je vous présente la petite.

— Non, non, non, proteste M. Rezeau. J'ai mon train à prendre. Je m'en vais.

Il se lève, remet son chapeau, époussette machinalement son col de loutre.

— Je ne sais pas quand je pourrai te revoir.

Probablement jamais. Mais nous nous quittons comme si nous devions nous revoir dans quelques heures. Les grands adieux sont généralement de petits à demain. Je le regarde s'éloigner à travers le couloir, vacillant, oscillant, repoussé d'une cloison à l'autre. Une frange de cheveux blancs se retrousse sur la fourrure noire du col. A la première marche, ses bottines à boutons se lamentent, et cette plainte, pour la première fois, me coupe la respiration.

XXV

Je marchais, heureux et bougon, ma femme au bras, mon livret dans ma poche.

Premier sujet d'humeur : ce grand jour avait petite allure. De la pension à la mairie, de la salle des mariages, à l'église, du parvis au restaurant, tout avait été expédié. Hâtive lecture du code, formalités en série du samedi matin bâclées par le sixième adjoint, bénédiction au rabais sans orgue ni tapis dans une chapelle de bas côté, menu quelconque. Monique arborait la robe blanche qui peut se reteindre, un petit flot de tulle et trois arums. M eGand, M lleArbin, un cousin éloigné de passage à Paris, deux camarades de la pension, dont la dénommée Gabrielle, ma concierge (embauchée comme témoin par souci de contre-honorabilité) et un brelan de voisins composaient tout notre cortège. Je devrais ajouter : l'ombre de Paule, mais elle n'avait toujours pas donné signe de vie. Quant à Fred, dont j'avais espéré la présence jusqu'à la dernière minute, il n'avait pas daigné se compromettre ou n'avait pas obtenu de permission.

Second sujet d'humeur : M eGand, solennel et lointain, très protecteur, avait conduit Monique devant l'écharpe et le surplis, faute de père. Je n'avais pu m'empêcher de songer aux noces craonnaises de Soledot : ainsi M. Rezeau menait à l'autel les filles de ses fermiers, après leur avoir offert une glace ou une paire de draps.

Troisième sujet d'humeur : je m'étais laissé bénir. Quelques jours après sa visite, mon père m'avait envoyé une singulière supplique, où il reprenait tous ses arguments pour terminer par cette phrase : « Au moins, si tu épouses cette petite, marie-toi religieusement. » J'avais immédiatement compris (ou cru comprendre : il n'y a pas que ma mère qui se torture l'esprit), j'avais immédiatement interprété cette prière : M meRezeau désirait un mariage civil et espérait l'obtenir en réclamant l'inverse. Elle pourrait ainsi déconsidérer ma femme, proclamer qu'elle n'était point sa bru, mais une maîtresse légale. Elle aurait un motif sacré pour nous accabler. Je m'étais sur-le-champ décidé à lui donner satisfaction, mais je ne me consolais pas d'avoir l'air d'obéir, de me renier, de sacrifier à des nécessités tactiques. Certes, les deux tiers de nos contemporains se marient religieusement par routine. Baptême, bénédiction nuptiale et absoute font partie d'un décorum où le curé n'est plus guère qu'un maître de cérémonies (l'existence d'un tarif et de « classes » confirme cette manière de voir). Certes, beaucoup d'incroyants acceptent de passer sur le prie-Dieu de velours, par politesse, parce que leurs parents l'ont fait ainsi, parce que leur fiancée, leur belle-mère ou leur situation les y contraignent, parce que le mariage civil, après tout, n'est qu'une formalité, parce que deux sûretés valent mieux qu'une quand il s'agit d'éviter l'épithète de concubins et d'avoir droit à l'estime de sa portière. De son côté, Monique ne pouvait songer à un mariage civil. Elle vivait dans une pension religieuse pour jeunes filles, non par goût, mais par nécessité (il n'en existe pour ainsi dire pas d'autres), pour bénéficier d'une garantie morale, à laquelle je n'étais moi-même pas insensible. Elle pratiquait peu, elle allait à la messe comme on va au bain, elle avait de la religion comme on a du linge propre. Sa religion, d'ailleurs, c'était cette dévotion féminine, imprécise, occasionnelle, qui accroche une médaille à la montre'-bracelet, néglige le Seigneur au profit de ses saints les plus représentatifs et s'intéresse au calendrier des fêtes mobiles, surtout quand elles sont accompagnées d'un « pont »…

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