Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Je venais de rentrer du marché de Saint-Ouen et j'étais en train d'écrire Les Mystères de l'Ile Verte, quand ma sonnette grésilla. Je n'attendais personne. Sans amis (j'étais trop pauvre pour en avoir), sans relations (sauf quelques fraîches relations d'affaires), je ne recevais jamais de visites. Monique n'avait osé venir qu'une seule fois, lors d'une brève apparition de sa tante. Était-ce Paule, la disparue, qui n'écrivait même pas ? J'allai ouvrir, certain de trouver la concierge ou l'employé du gaz. Mais je restai médusé… Le chapeau haut perché sur le crâne, le pantalon godant sur la bottine, la cravate largement nouée autour du col cassé et transpercée par l'épingle d'or à tête de sanglier, le parapluie sur le bras et le ruban violet fleurissant le col de loutre de sa pelisse, M. Rezeau souriait à pleines bajoues.

— Pas facile de te joindre, mon petit.

Déjà, les grandes moustaches blanches, posées devant la bouche paternelle comme une colombe aux ailes déployées, s'envolaient vers moi pour me donner le baiser de paix. Puis M. Rezeau et son parapluie s'avancèrent.

— Ah ! ah ! dit-il encore, après mûre réflexion.

Comme j'observais avec crainte la porte entr'-ouverte, il s'empressa d'ajouter d'une voix qui exprimait toute son autorité, toute sa bien connue liberté d'action :

— Non, non, je suis seul.

J'allais demander : « Quel bon vent vous amène ? » avec une aimable hypocrisie, quand je me souvins des convenances : les gens distingués n'avouent pas le but de leur visite avant quelque échange de balivernes.

— Tu habites un quartier impossible, geignait M. Rezeau. J'ai dû prendre le métro et je déteste ce mode de locomotion. D'ailleurs je déteste cette vie trépidante. Mes contemporains me fatiguent. J'aurais voulu…

Que chantait-il là ? Nul besoin pour lui de changer de contemporains, selon le vœu de Montherlant. Il vivait au siècle précédent, il habitait la maison « de ses ancêtres », il se servait de leur code, de leurs églises, de leurs rentes, de leurs préjugés. Un contemporain, d'ailleurs, qu'est-ce à dire ? Sommes-nous les contemporains d'un Papou, en retard de trois mille ans, ou d'un Américain, en avance de deux cents ? Mais M. Rezeau continuait de gémir.

— Je viens d'être très malade. L'urémie ! Ta grand'mère, ton oncle en sont morts ; c'est le mal de famille. J'ai bien failli les rejoindre, je ne ferai pas de vieux os. Je ne suis plus que juge honoraire : j'ai dû en effet donner ma démission, rentrer à La Belle Angerie. C'est ta mère qui s'occupe de tout : je lui ai donné une procuration. Elle est pourtant bien fatiguée, elle aussi. Nous n'avons plus qu'une femme de journée. Impossible de trouver une bonne dans la région : les petites paysannes ne veulent plus se placer, et si par hasard on en trouve une, elle est d'une insolence ! et d'une paresse ! Exigeante avec ça… Oh ! cette génération !

Voilà qui fournissait la transition souhaitable. Pas de doute. La génération allait en entendre de rudes.

— Je le vois bien dans ma propre famille. Je ne viens pas ici en ennemi, crois-le bien, mais il faut tout de même que je te dise : vous exagérez ! Fred va sortir de la marine sans la moindre ficelle, sans la moindre situation. A qui pourrons-nous le marier, je te le demande ? Toi, tu t'amouraches d'une petite sotte, tu fiches le camp parce que nous t'empêchons de l'épouser, tu finis par te débrouiller et, au moment où l'on te croit rangé, tu récidives ! Marcel se tient, je le reconnais, mais il prend des petits airs distants et supérieurs : ma parole, il se figure, celui-là, que la bourgeoisie est un moyen d'arriver. Il est vrai que vous, vous la considérez…

Coup d'œil sévère, par-dessus la moustache.

— … comme une caste à détruire…

Puis l'œil montant au ciel :

— … alors qu'il s'agit d'une dignité !

Et toc ! J'en avais pour dix minutes de gloses sur cette dignité qui, aidée par la tradition, assure le maintien des élites et la pérennité de l'idéal… Ce ramas familier, ce ramas confus de locutions toutes faites, je l'avais oublié. Je n'étais plus du tout dans le bain, j'éprouvais l'impression pénible — pour mon père — de le voir agiter sous mon nez un vieux boa de plumes. Depuis quelques années, sous le même étendard, on faisait beaucoup mieux, on se modernisait, on rajeunissait les formules, on n'avait plus que le mot social à la bouche, on embauchait le rouge, au nom du blanc, pour le passer au bleu, comme de juste. Ça, vraiment, ce n'était même plus ridicule, c'était amusant, voire intéressant au titre archéologique, comme le sont les graffiti politiques des murs de Pompéi.

— Note que je comprends ton état d'esprit, assurait mon père. Dans un sens, il procède de cette haute compréhension dont nos familles ont toujours fait preuve envers le peuple. Nous ne sommes pas d'affreux capitalistes, nous ! C'est un sinistre abus de langage que de nous lancer à la tête ce mot de « bourgeois », injure suprême de ces primaires qui confondent tout. Je te l'ai déjà dit cent fois, je ne te le répéterai jamais assez : il y a bourgeoisie et bourgeoisie. Nous faisons partie de cette admirable bourgeoisie spirituelle, la seule vraie, la seule juste. On le voit bien en Allemagne, encore que cet Hitler ait quelques bonnes idées : l'écrasement de notre classe y donne libre cours à la dictature de l'égoïsme. Depuis la Révolution, nous sommes contre tous les abus, contre tous les privilèges gratuits ; nous défendons seulement un ordre basé sur la situation acquise, donc sur le mérite… Que disais-je ? Ah ! oui… Tu ne te trompes pas de fin, tu te trompes de moyen. Notre disparition, ce serait la ruine de ce pays, qui vit essentiellement de son commerce de luxe. Notre disparition… Je ne peux pas te décrire en quelques phrases le désastre national, ce triomphe certain de l'arbitraire et de l'injustice, cette nuit…

— Une autre nuit du quatre août, peut-être ?

Les épaules de M. Rezeau se soulevèrent, sa tête oscilla au-dessus du sanglier d'or, son regard évalua mes meubles, mes valises de chaussettes, puis moi-même, avec pitié.

— Les gens qui s'en prennent à l'ordre établi, reprit-il, sont avant tout des gens qui refusent de s'en prendre à eux-mêmes. Croit-on vraiment rendre service à ce pays en prétendant que tous les gens du peuple sont admirables par droit de naissance, tandis que nous serions tous, aussi naturellement, des profiteurs ?

C'était la première phrase sensée qu'il proférait. Mais tout cela n'avait qu'un lointain rapport avec le but de sa visite. A quoi bon discuter, du reste ! Je connaissais mon père, type de l'imperméable, du monsieur qui se méfie des idées d'autrui sans jamais se méfier des siennes, du juste pour qui l'injustice n'existe pas tant qu'elle est traditionnelle et surtout tant qu'il en est le bénéficiaire. Ce juste fulminait encore :

— Ah ! quand j'ai su que tu écrivais dans un journal de gauche, mon vieux sang vendéen n'a fait qu'un tour !

Ce Vendéen parlait à l'instant de la Révolution… Je me décidai à couvrir d'une large paume un bâillement considérable, et M. Rezeau retoucha l'arc de sa moustache, en soupirant. Dans la quasi-nudité de la pièce, le radiateur avait l'air d'un squelette antédiluvien. De ses douze éléments, étirés comme des côtes, montait la respiration de l'air chaud. Un moulin à café ronronnait dans l'appartement voisin.

Le moulin à café s'arrête, et mon père ronronne à son tour, se met à broyer de petites nouvelles, grain par grain. Micou est mariée… Oui, mariée. Il insiste, car j'ai tiqué. Elle attend un bébé. Cette fois, avouons-le, je n'ai pas retenu une grimace. Micou, ma légère, quel immonde satyre t'a donné ce gros ventre ? Ah ! si l'on souillait ainsi Monique, j'étranglerais le… Mais ne grimaçons plus, puisque nous pensons à Monique. Micou est mariée, Micou est enceinte, soit ! Il paraît que ceci prouve l'inanité des amourettes et même de l'amour, quand il n'est pas sanctifié par l'unanime consentement des familles. Le protonotaire a depuis peu droit aux boutons violets. Le père Perrault, le père Barbelivien, la vieille Fine sont morts : Ce que c'est que de nous ! Le cardinal de Kervadec est également mort. On se demande pourquoi Dieu n'épargne point ses grands serviteurs et les rappelle à la fleur de l'âge, quand leur présence serait encore si nécessaire sur la terre. Mais la petite nièce du cardinal, Solange Guyare de Kervadec, et un petit-neveu du grand-oncle, en la personne de Marcel, songent à s'épouser : plus exactement, la baronne de Selle d'Auzelle y songe pour eux. Riche, la petite de Kervadec ! M. Rezeau n'ignore point que les filles riches sont généralement ruineuses et que nulle dot ne résiste longtemps aux dévaluations socialistes, mais les Kervadec sont largement pourvus d'excellents principes et d'excellentes terres. Un Marcel Rezeau, garçon intelligent, n'épouse pas une fille de rien et qui n'a rien. Ceci dit sans animosité, car M. Rezeau ne pense pas qu'une fille qui n'a rien soit automatiquement une fille de rien.

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