Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Il se lève cette fois pour de bon. Je me tourne vers Micou qui n'a pas bougé, qui reste écrasée sous le poids de sa couronne de tresses. Enfin une larme tombe dans son potage, et c'est le signal d'un déluge. Aussitôt les petites allongent de pitoyables moues, Suzanne se mouche, Cécile renifle et la tante sanglote. En quelques secondes, toute la famille en est aux hoquets. Je ne sais plus où me fourrer et quand Ladourd m'empoigne fermement par l'épaule, je lui en suis presque reconnaissant.

En rentrant, j'ai déjà pris ma décision. Fred, pour une fois, m'a montré l'exemple. Je partirai demain pour Paris. Dans la matinée, je m'occuperai du transfert de mes inscriptions de Lettres, je vendrai mes livres de Droit, j'irai toucher à la Santima le peu qui m'est dû. Certes, je pourrais rester chez la mère Polin, travailler sur place. Mais La Belle Angerie est à trente kilomètres et Michelle à moins de trois. Je ne veux courir le risque d'aucune capitulation et j'en redoute deux : celle que pourrait m'imposer ma famille et celle que pourraient m'imposer mes regrets. Mendier un arrangement ou un rendez-vous clandestin, céder à mes difficultés ou à mes nostalgies, jamais de la vie !

— Alors ? fait la veuve, dès qu'elle m'aperçoit.

Et, me jugeant sur la mine sans attendre ma réponse :

— Je m'en doutais. Venez dîner, mon pauvre petit.

Mais j'ai besoin d'être seul. Nouilles et pitié m'écœurent.

— Excusez-moi. Rien ne passerait.

La veuve soupire et n'insiste pas. Le nombre de gens qui ont soupiré pour mon compte et qui m'ont ensuite liquidé commence à devenir inquiétant. Je vois bien qu'elle voudrait m'embrasser et je ne lui en veux pas de croire aux coups de langue. Les Ladourd, eux aussi, me léchaient beaucoup.

— Je pars demain pour Paris.

Mon mois est payé d'avance. Je pourrais lui en réclamer la moitié et je suis sûr qu'elle ne me la refuserait pas. Mais les petites suppliques préfacent les plus grandes. Je partirai désargenté.

— Réfléchissez bien, dit encore la veuve, égrenant nerveusement son collier de jais.

C'est tout réfléchi. Je m'enferme aussitôt dans ma chambre, et je fais ma valise en un rien de temps. Ce que j'emporte est mince et ne la remplit pas. Qu'importe ! Le plus dur, c'est de ne rien emporter d'Elle, sauf un portefeuille de peau de chagrin qui ne contient ni lettre ni photo. Quand le cuir ne chantera plus sous la pression du doigt, que restera-t-il de ce délicieux enfantillage, par qui me fut révélé un autre monde ? Un monde qui se veut révolu aussitôt que révélé ! J'en ai le souffle coupé… Eh bien ! oui, quoi ! J'allais l'aimer, cette petite. Je peux le dire avec d'autant moins de honte que ma peine est plus décorative que ne l'était mon plaisir. J'allais l'aimer et ma mère s'en est doutée avant moi. Son geste la trahit, la définit. Ce qu'elle craint par-dessus tout, ce n'est pas Micou, c'est mon bonheur. Elle m'a forcé à faire mon Droit parce qu'on ne réussit guère une carrière embrassée contre son gré. Elle vient de provoquer cette scène dans un double but. L'un, essentiel : « obtenir » mon insoumission pour en tirer un argument, pour m'éliminer, rendre mes études précaires et mon avenir incertain. L'autre, accessoire : m'atteindre en cette région profonde où elle n'a point accès, la malheureuse !

La malheureuse ? Quelle étrange intuition ! Un tel satanisme ne peut relever que de la terreur ou de la souffrance. Je croyais tout à l'heure être descendu au plus creux de la haine : il s'agissait de mon premier mépris. Folcoche la combattante est devenue la vieille, une experte et répugnante araignée. Elle a quitté le socle où la hissait mon admiration furieuse. Signe des temps, bénéfice du « flirt de quatre sous » : voici qu'il m'apparaît moins urgent de la combattre que de la réduire à l'impuissance.

Je te le dis, ce soir, au milieu de ma détresse : ma mère, je t'y réduirai. Je t'y réduirai par ce bonheur qui t'offense et auquel il faudra bien que je parvienne un jour. (Te fut-il donc refusé ou l'as-tu perdu ?) Certes, nous sommes loin du but et tu peux encore être satisfaite. Couché tout habillé sur mon lit, je crâne pour m'étourdir. Les cheveux en couronne, les yeux bleu-layette, les oignons de jacinthe, la jupe écossaise… ma petite gosse perdue !

Mais pleure donc, Brasse-Bouillon, ça ne déshonore personne.

Cette larme est tombée, mais le crocodile a trop de dents. La nuit porte conseil. Mauvais conseil, parfois. Ma seconde réaction sera différente, très Rezeau. Demain, à l'aube, j'estimerai que les Ladourd m'ont bien facilement éliminé, que Micou s'est montrée au-dessous de tout, la pleurnicheuse ! Au moment de prendre mon train, une inspiration farouche me poussera chez un fleuriste et je ferai envoyer à M lleMichelle Ladourd une couronne de fleurs blanches, une magnifique couronne mortuaire barrée de la formule rituelle : Regrets éternels. L'instinct me commande : mieux vaut détruire que perdre.

XIV

Un Rezeau valet de chambre, quel scandale ! Je n'avais rien trouvé de mieux que ce gilet, rouge et noir, même pas neuf et trop grand pour mes quatre-vingts centimètres de tour de poitrine. Le rouge de la honte, en cette affaire, je le réservais pour la famille. Voilà qui devait la vexer jusqu'au sang, la famille ! Il faut l'avouer : je prenais assez facilement mon parti d'une épreuve aussi désobligeante pour elle. L'abaissement de tous les Rezeau, en ma personne, telle était bien l'unique source d'humilité que je reconnusse agréable, et le noir de la révolte me consolait, tant bien que mal, de l'autre couleur de mon gilet. D'ailleurs, répétons-le, je n'avais rien trouvé d'autre et cette solution, proposée par l'Entr'aide des Étudiants, présentait de gros avantages en me défrayant de tout. Elle m'assurait aussi de mon courage. La nécessité précède toujours le courage, mais l'orgueil embauche aussitôt cette autre raison sociale. En son nom, les abdications d'échine, les humeurs rentrées de ma condition servile devenaient force de caractère.

« Avec ces poisons-là, faut être philosophe », rabâchait la rousse Odile, interprète, téléphoniste et quelque peu majordome, tandis que l'une ou l'autre des demoiselles Pomme, mes patronnes, braillait ses ordres dans l'ébonite.

Cette « philosophie » des pauvres, ce décor de résignation, cette sous-marque ancillaire du stoïcisme ne me satisfaisait guère ! Mais quand on ne garde plus ses distances, on peut encore songer à ses hauteurs. Pour nous sauver de Satan, Dieu s'est fait homme ; pour me sauver du mien, je pouvais bien me faire valet de chambre, provisoirement, jusqu'à ma résurrection. Au surplus, ne disons pas : valet de chambre. Mes fonctions ambiguës, en ce meublé chic de l'avenue de l'Observatoire, m'autorisaient à me parer du titre de maître d'hôtel. Gabrielle Pomme, la cadette, la véritable directrice, m'avait fourni un frac trop petit en même temps que le trop grand gilet.

— En principe, m'avait-elle dit, vous faites les chambres des messieurs, tandis qu'Emma fait celles des dames. Le soir, à partir de six heures, mettez-vous en habit. Je ne tiens pas restaurant, mais un certain nombre de bons clients commandent de petits soupers à la brasserie voisine.

Très dignes, entièrement définies par leurs manteaux d'astrakan, leurs foulards de soie grise et leurs voix de tête, les demoiselles Pomme — calville et reinette, l'une encore jeune et l'autre déjà ridée — entendaient bien ne rien entendre quand sautaient sous leurs lambris les bouchons de champagne des rendez-vous. A partir d'un certain prix (et les leurs étaient sérieux), tout locataire est une personne comme il faut. Au sein d'un certain confort (et leurs moquettes étaient épaisses), la discrétion étouffe la critique. C'est à peine si Michelle Pomme, l'aînée, manifestait du sourcil quand trois jeunes personnes s'enfermaient ensemble au dix-huit, chambre de luxe (réservée à cette pelisse énigmatique qui s'appelait M. le Député), ou lorsque l'entrebâillement d'une porte d'acajou laissait jaillir, en direction de la salle de bains, la flèche d'un déshabillé diurne.

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