Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Pitoyable affaire, en vérité ! Quinze jours plus tard, la rousse (supposons qu'elle était jalouse) nous avait dénoncés auprès des sœurs Pomme.

— Je ne veux pas de coucheries au septième ! siffla M lleGabrielle, qui ne les tolérait que luxueuses et payantes, à l'abri de ses portes d'acajou. D'autre part, ajouta-t-elle, voici deux fois qu'un inspecteur des meublés m'interroge à votre sujet. Je me demande quelle bêtise vous avez bien pu faire dans votre pays pour qu'on vous surveille ainsi. Pas d'histoires dans cette maison ! Il vaut mieux que vous vous en alliez. Quant à Emma, je la renvoie chez ses parents.

Je filai, le soir même. Un instant, par bravade, j'avais eu l'intention d'emmener Emma. Mais elle était sortie. Quand elle rentra, les sœurs Pomme (qui craignaient sans doute quelque affaire de mineure et ne tenaient pas à éveiller l'attention de la Mondaine) lui sautèrent dessus avant moi et, tambour battant, la conduisirent à la gare Montparnasse, d'où elle regagna, j'imagine, sa ferme natale.

XV

J'en bavais. Chassé de l'avenue de l'Observatoire, mais nanti d'un petit viatique, je m'étais d'abord installé dans un hôtel borgne de la rue Galande, et, comme les vacances se terminaient, j'avais immédiatement pris mes nouvelles inscriptions. Puis, vite désargenté, je m'étais mis en chasse. Mon unique certificat (Je soussignée, Gabrielle Pomme, certifie avoir employé M. Jean Rezeau en qualité de valet de chambre du 6 mai au 26 octobre 1934) s'avéra plus dangereux qu'utile : un coup de téléphone est vite donné. Trois bureaux de placement, sans compter les services de l'Entr'aide, me furent ainsi fermés. Je n'insistai pas et me rabattis sur les petites annonces : Messieurs distingués, sans connaissances spéciales…, etc.

On sait ce que cela veut dire : on demande bons à tout et bons à rien. Voici « l'inspecteur général » qui vous reçoit dans un bureau du Neuvième, fort éloigné du palace de sa Maison mère. Il s'agit pour lui d'employer, c'est-à-dire d'exploiter quiconque, de presser le citron. Il s'agit pour vous, en fait, d'assurer votre famille et vos relations, toutes personnes qui se laisseront mieux faire que par un inconnu. Comme je n'ai ni relations ni famille à saturer de polices, je suis éliminé en un rien de temps par ma courbe de production.

Voilà des aspirateurs, des machines à laver, des batteurs de tapis. Telle maison offre un « stage » payé de huit jours à ses candidats vendeurs : chacun s'y rue. Pour huit jours, évidemment. « Rue Réaumur, murmure-t-on dans le cercle des bons à tout (qui finissent par se connaître et refiler les plus mauvais tuyaux, car la concurrence sévit par en bas plus cruellement que par en haut), rue Réaumur, on embauche des courtiers-releveurs de photos. » J'y cours. Je le sais d'avance, il s'agit d'une formule éculée, qui a eu ses beaux jours en 1930 et qui a inondé les campagnes d'agrandissements peinturlurés et de cadres de bois blanc doré. Nous essaierons d'en vendre, pendant une semaine, à de méfiants banlieusards qu'ont visités dix maisons rivales.

Ensuite nous sombrerons dans le porte-à-porte des produits d'entretien, dans la vente des « cuvées réservées » (réservées aux palais des chevaliers du Gâtevin), dans l'article de Paris « made in Germany ». Nous vendrons Holahée ; nous traverserons les boulevards en recommandant à tout venant de se précipiter chez M meSphingès, voyante scientifique, dont l'adresse s'étale en caractères rouges un mètre au-dessus de notre dos ; nous charrierons au petit galop, dès quatre heures du matin, des cageots de choux-fleurs entassés sur un diable des Halles, pousse-pousse pour affamés de race blanche…

Abrégeons. Pendant près de deux ans, je ferai cet introuvable n'importe-quoi offert à l'innombrable n'importe-qui. Je vivrai, comme tant d'autres, dans la hantise des cent francs que coûtent mes trente mètres carrés de papier à punaises, voire des cent sous nécessaires à l'achat du ticket rose (repas sans viande) de la Famille Nouvelle. Excellent antidote contre la vanité. Il n'y a là ni de quoi se vanter, ni de quoi se plaindre. Grâce à M meRezeau, nous sommes entraînés, nous savons nous passer de feu, de vin, de longs menus, de couvertures épaisses, de chaussures neuves, de linge propre et autres futilités. Je dis : nous, car je ne suis pas seul. Dix mille camarades jouent aux clochards. C'est l'époque où le ministre des P. T. T., magnanime, embauche « sans examen préalable », en qualité de manipulants, les agrégés de philosophie et les licenciés ès lettres, que leur titre semble qualifier pour le triage. Cependant, je poursuis mon programme, je veille sur des livres coûteux, j'entends bien obtenir finalement l'un de ces diplômes qui jonchent les rues comme les papiers gras et n'ont pas même, comme ceux-ci, enveloppé quelque pâté.

— Vous devriez, me propose l'un de mes professeurs, solliciter une bourse ou chercher à vous faire admettre à la Cité universitaire. Je vous appuierai.

Je ne tiens pas tellement à la bourse, ni à la Cité. J'étudie, mais je ne suis guère un étudiant. Au surplus, l'autorisation paternelle — je suis toujours mineur — me fait constamment défaut. Serait-elle inutile que ces démarches ne sauraient aboutir : l'enquête conclurait à la solvabilité de ma famille. Mon origine se retourne contre moi. Je ne suis pas pauvre : je suis un démuni, pour ne pas dire un déclassé. On ne s'inquiète pas des gens inquiétants.

On ne s'inquiète pas… Ingratitude noire ! On s'inquiète de moi quelque part. La police interroge régulièrement mon hôtelier qui, par bonheur, en a vu d'autres et se contente de me souffler dans l'oreille, de temps en temps : « Ils sont encore passés, aujourd'hui. » Le quartier ne manque pas de jupes, qui, elles aussi, s'intéressent parfois à ma jeunesse. Ne citons personne, sauf la dernière en date : Antoinette. Je ne nie point que si vingt métiers font la misère, vingt aventures font la solitude. Mais n'oublions pas ma voisine de palier : Paule, une copine. Une copine de draps, au besoin, mais seulement en cas de besoin. Une « amie » qui est restée une amie, sans guillemets. Une muse froide, et ceci ne saurait étonner de la part d'une fille qui porte le prénom glacé de ma mère.

Pôle sud, toutefois, si ma mère est ce pôle nord qui affole toujours ma boussole. M meLeconidec, selon sa carte d'identité qui précise : yeux noirs, cheveux noirs, visage rond, nez rectiligne, teint olivâtre. Née d'un capitaine au long cours et d'une métisse brésilienne. J'ajoute : ancienne étudiante en médecine dont la carrière semble avoir été stoppée par des caprices sentimentaux et qui, faute de mieux, s'est rabattue plus tard sur un diplôme d'infirmière.

Aujourd'hui, Paule Leconidec, qui est employée dans une clinique privée et travaille de nuit un jour sur trois, est en train de se coucher. Elle vient de m'appeler à travers la porte et je me suis levé d'un bond, car je ne peux rater cette occasion de déjeuner. A la clinique, Paule est nourrie (merveilleux adjectif !) et en profite pour me ramener de temps en temps quelque reste de jambon, une pomme ou des haricots cuits dans un petit pot de camp : victuailles chipées, assure-t-elle, mais probablement prélevées sur sa portion.

Tandis que je vide rapidement le pot de camp, sans remercier, Paule se déshabille devant moi. Elle ne se retourne même pas. Cette impudeur n'a rien de provocant ni de calculé. Si je voulais coucher avec elle, je n'aurais qu'à le lui demander : elle me rendrait ce service, comme beaucoup d'autres. J'ai fait sa connaissance le jour même de mon arrivée à l'hôtel : le gérant avait par mégarde mis son broc dans ma chambre. Le lendemain, elle m'enseignait le truc (deux épingles fichées à travers les fils) pour obvier à la douille de sécurité, qui empêche les locataires de brancher un réchaud clandestin à la place de l'ampoule. Puis nous nous sommes rencontrés quotidiennement. Moi, le farouche, j'en suis venu à lui raconter mes petites histoires ; je lui ai beaucoup parlé de Micou, qu'il faut renier, et un peu de ma mère, que je ne renie point. Pendant deux mois, sa gentillesse m'a tenu à distance. J'avais pourtant envie d'elle, bien qu'elle ne soit plus très fraîche et parce qu'elle semblait difficile. Puis, brusquement, j'ai cessé d'en avoir envie, le jour où je l'ai entendue me dire. d'une voix calme, alors que je venais de l'embrasser à l'improviste :

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