Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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XVII

Presque tous les jours après le déjeuner — ou ce qui m'en tenait lieu — je descendais au square Viviani, situé sous ma fenêtre. Si elle était libre, Paule m'accompagnait. Tandis que je repassais mon cours, elle se plongeait dans la lecture d'un de ces romans policiers dont tous les personnages se trouvent à la fin massacrés, répandus à terre, au nom d'une morale tardive et pour la plus grande gloire d'un détective amateur. Paule n'apportait jamais aucun ouvrage : elle appartenait à cette minorité féminine qui se vante de ne pas savoir coudre un bouton.

Presque tous les jours, à la même heure, un mélange d'oiseaux, de gosses, de jeunes filles attendant la réouverture des bureaux, s'abattaient sur les bancs et le vent ébouriffait leur plume ou leur indéfrisable, dénouait des écharpes, chantait la joie sur l'anche du rire et l'accordéon des jupes à plis.

Il embrouillait aussi la laine de l'inconnue. Celle-là, généralement solitaire ou flanquée d'une seule amie, arrivait à une heure pour repartir à deux heures moins le quart. Elle occupait toujours le même banc. Je l'avais remarquée, à la longue, bien qu'elle ne fût pas de celles que l'on remarque. Je ne veux pas dire qu'elle manquait de charme : elle était, au contraire, agréable à regarder. Mais elle semblait peu désireuse de vous être agréable de cette façon : elle n'avait pas cette jeunesse agressive, ce brio du geste, cette exubérance qui rajeunit les rues qu'elle traverse et jette une fête-Dieu de fraîcheur au nez des passants. Sa régularité, sa réserve dataient un peu, à première vue. En tout cas, elle appartenait à cette majorité de femmes toujours hérissées d'aiguilles en matière plastique, incapables de se déplacer sans ces pelotes qui semblent faire partie de leur anatomie au même titre que leurs seins. Depuis trois mois, cette fille calme tricotait du gris clair, consacrait des milliers de secondes à un chef-d'œuvre compliqué, interminable ; et Paule s'impatientait de sa patience, s'esclaffait en la voyant pousser, une par une, les perles de ce boulier minuscule qui sert à compter les diminutions. Pourtant l'inconnue me devenait sympathique. Micou, elle aussi, comptait ses mailles, la bouche entr'ouverte et un bout de langue retourné sur les dents.

Le 10 octobre — allez dire après cela que les hommes ne se souviennent d'aucune date ! — le chef-d'œuvre interminable apparut, terminé, sur le dos de l'inconnue. C'était une robe de demi-saison entièrement faite au point de jersey et qui m'arracha un petit sifflement admiratif.

— Il faut avouer… commença Paule.

Mais son regard, qui venait de prendre le mien en filature, lui fit sans doute un rapport inquiétant :

— Un chiffon, soupira-t-elle, et les hommes changent d'avis sur une femme !

Pour la première fois, j'observais l'inconnue avec attention. Je m'intéressais à ses yeux. Leurs prunelles auraient pu être plus larges, leurs paupières plus lisses. Mais ils étaient frais, frétillants : il s'agissait de ce que j'appelle les yeux-ablettes (un pensionnat en promenade vous en offrira tout un banc). Le regard n'y luisait que par instants, preste, vite abrité sous les cils, et le visage lui-même, trouvant encore insuffisante sa discrétion de teint et de modelé, s'entourait d'une buée de cheveux. Le reste, si l'on peut parler de reste quand il est question d'une jeune fille, baignait dans le flot gris de la robe, sauf les galets des coudes, des épaules et des genoux.

— Si tu veux que je m'en aille… reprit Paule.

Sa présence me gênait, bien sûr. Si inconnue que vous soit une inconnue, il est embêtant de se faire voir en compagnie d'une autre dame. Je ne pouvais pas crier : « Vous savez, la personne qui est à ma gauche ne m'est à peu près rien ! » Je n'osais pas me rabattre sur ces craquements de doigts, sur cette fausse toux qui sont la demi-politesse de l'impatience. Mais mon silence suffit à Paule qui, m'épargnant toute muflerie, glissa son gant dans son livre pour marquer la page, puis se leva doucement.

— A tout à l'heure !

Elle me donna de très haut, à bout de bras, une poignée de main qui avait l'air de me repousser à cent mètres de son intimité, s'éloigna sur de précieuses pointes de pied comme si elle prenait le gravier pour des œufs de moineaux. Je ne lui en sus aucun gré. Son sourire, trop complice, me laissait le champ libre alors qu'il ne s'agissait point d'une aventure facile. Il ne s'agissait même d'aucune aventure : je n'en avais ni le temps ni le goût. Je me méfiais des Micou comme des Emma, et cette petite ne ferait pas une Madeleine…

Agacé par mes contradictions, je me levai à mon tour et marchai vers le portillon, qui rebondit trois fois derrière moi. Ce bruit de ferraille fit sursauter une nurse à moitié endormie et un retraité très absorbé par la lecture de L'Intran où s'étalaient les suprêmes photographies du roi Alexandre. Deux pigeons s'envolèrent, offrant au soleil leur vol bleuâtre. Dans la rue, malgré moi, je me retournai… Au bout d'un regard tendu vers moi comme une ligne, luisait l'ablette. Mais elle lâcha aussitôt l'hameçon et revint s'accrocher à cet autre fil : la laine d'un nouveau tricot.

XVIII

Décembre mord les statues. De ma fenêtre, qui surplombe Saint-Julien-le-Pauvre, je vois grelotter les saules dans le square Viviani, où l'inconnue ne vient certainement pas s'asseoir en ce moment. A vrai dire, je ne puis contrôler : je viens de m'offrir une mauvaise bronchite et je garde la chambre depuis un mois, aux frais de ces Assurances sociales, dont M. Rezeau prétendait jadis qu'elles étaient fort inférieures aux anciennes Mutuelles, libres autant que patronales. Elles ont du bon, ces Assurances, qui me font vivre. Journal déployé, je vais de titre en titre, approuvant des revendications dont la vraie fatigue, la fringale et l'onglée vous permettent seules d'apprécier le caractère. Depuis quelque temps — et sous cet angle, qui me paraît encore un peu mesquin, — je m'intéresse au Front populaire en formation. J'ai même pris ma carte syndicale : cette carte de visite du pauvre. Je commence à rire d'un certain Brasse-Bouillon, qui lisait par bravade les feuilles de gauche, pour embêter sa famille. Bien sûr, je ne suis ni ne serai jamais tout à fait dans le coup. Un certain ton, une certaine épaisseur d'adjectifs, un certain « chante-faim » de propagande agacent en moi ce militant qui se croit assez fort pour vaincre seul sa propre injustice. Nous en rabattrons encore…

— Je t'apporte une tasse de bouillon, murmure Paule, qui vient d'entrer.

Celle-là… Pourquoi donc a-t-elle trente-six ans, ces paupières fripées, cette bobine de fil blanc dispersé dans les cheveux, ce ventre qui doit tout à sa gaine et ces seins que ma paume sait creux, vides, mous comme un zeste ? Toutes ses couvertures sont jetées sur mon lit et je sais que, ce soir, pour ne pas me les reprendre, pour ne pas me proposer de coucher avec moi, en frère et sœur, pour ne pas même attirer l'attention en réclamant un couvre-pied supplémentaire, elle se glissera toute habillée sous un tas de vieux manteaux. En fait de sentiments, je ne suis pas grand clerc, mais je vois bien qu'en six mois sa fameuse indifférence s'est effilochée et que sa désinvolture se fêle, comme la tasse qu'elle pose devant moi.

— Bois donc, pendant que c'est chaud.

J'aime ces attentions qui ne s'encombrent pas de mots, ni d'attitudes. S'apercevant que si la tasse fume, notre haleine lui fait concurrence, Paule allume un chétif poêle de camping qui pue l'essence. Puis elle retape mon lit, brosse ma veste, range sommairement mes livres.

— Au moins, reprend-elle pour meubler le silence, tu auras pu prendre de l'avance en un mois.

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