Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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— L'important, reprenait-elle, c'est que tu gagnes. Or tu n'as pas gagné. Ceux qui ont raté leur femme se dédommagent en pensant à leur mère, et ils sont légion ! Mais ceux qui ont raté leur mère sont rares et ceux-là ne peuvent pas rater leur femme. L'amour… Je t'en prie, ne souris pas ! Si l'amour est une invention des femmes, ce sont les hommes qui exploitent le brevet ! L'amour, tu en as plus besoin que tout autre… Je sais ce que tu penses, mon petit Rezeau, toi qui n'aimes pas être jugé et qui juges si vite les autres. Tu penses que j'ai gâché ma vie et plus précisément ce dont je parle. Tu penses que je devrais balayer devant ma porte… Ne fais pas attention à ce que je t'ai crié tout à l'heure. Il est possible que je sois vaguement jalouse : je ne suis pas une sainte, moi ! Mais j'ai l'habitude de perdre et, en ce qui te concerne, je voudrais perdre en beauté. Ton bonheur… Encore un sourire de trop, mon bonhomme. Crois-moi sur parole. Des bonheurs, j'en ai gâché quatre ou cinq… Enfin je croyais ce mot-là réservé aux midinettes. A le bramer dans les courriers du cœur, on l'a dévalorisé. Pourtant, le bonheur, comme c'est méritoire ! Il est si bête, si facile, si commun d'être malheureux ! Vouloir l'être ou seulement l'accepter, c'est ne rien vouloir.

La finaude ! On dit que les femmes ne pensent à rien ou qu'elles pensent à autre chose. Celle-là pensait à tout. Voilà qu'elle me prenait de biais. Je ne pus m'empêcher de sourire.

— Zut ! fit-elle, comment te manœuvrer si tu t'en aperçois ? Tous les fils sont trop blancs pour toi. Pourtant, tu fais bien partie des gens qu'il faut prendre par leur faible pour se servir de leur force.

Sa main, soudain, s'appuya sur mon épaule.

— … parce que tu es né fort, il faut le reconnaître. Mais tu ne te sers pas de ta force : tu la sers. Tu combats au lieu de militer. Tes positions sont presque toutes des oppositions. Je dis : presque, car tu t'améliores depuis un an… Mais je me demande si, par exemple, tu ne considères pas l'amour comme une simple contrepartie de la haine. Dans ce cas, tu serais encore le fils de ta mère.

— Toujours le fil blanc. Tu récidives !

— Ose dire que ce n'est pas là ton problème ?

Irritante pénétration ! L'argument était bien celui que je m'opposais chaque fois que j'avais envie d'abîmer une Emma, une inconnue, une idée généreuse. Toute la question était là, en effet : avais-je reconquis « la seigneurie de moi-même » ? Si mon orgueil était monté plus haut, ne s'agissait-il pas toujours de ma précieuse personne, de mon précieux bonheur, de ma précieuse force ? Avancer, vipère au poing, en effarouchant mon public… Bah ! il n'est pas un être qui ne soit avant tout son propre public ! N'était-ce point moi qu'il s'agissait d'effaroucher ? Tout deuil craint sa fin et songe avec terreur au jour où succombera sa peine. Ainsi la haine craint par-dessus tout de se délivrer de soi, elle se remord la queue… Une vipère, plus que toute autre bête, a l'instinct de conservation. Où grouillait-elle encore ?

— Moi, reprenait Paule d'une toute petite voix, j'ai d'abord éprouvé envers l'amour de l'ironie, puis de la crainte, puis une sorte de honte. Bien plus tard sont venus l'étonnement et la honte d'avoir honte, enfin l'attente qui conduit à cette chaleur inemployée…

— Tu mens, Paule ! C'est de moi que tu parles.

— Bien sûr !

Levée d'un bond, elle pouvait maintenant abandonner la place chaude. Rayonnante et les cheveux dans le vent comme une torche, elle pouvait me crier :

— Cette fois, tu ne l'as pas vu, mon fil ! Ça t'est sorti du ventre, sale gamin ! Tu vas gagner !

Puis son enthousiasme tomba d'un seul coup. Elle se voûta, s'accrocha, se suspendit à mon bras, murmurant avec difficulté :

— Je t'aurai aidé… un peu.

A une lettre près, le verbe était exact, je le savais.

XX

Et voilà, nous étions licenciés. Nous, c'est-à-dire quelques milliers d'autres étudiants et moi-même, perdu parmi ces milliers. J'avais peut-être eu plus de mal qu'eux, mais le résultat était le même : assez négligeable. Cette licence, âprement poursuivie, je me demandais à quoi elle pourrait bien me servir. Elle restait insuffisante pour le professorat qui nécessite l'agrégation et qui, au surplus, ne me souriait guère. Le titre n'était même pas assez important pour figurer sur ma carte de visite. Certes, il faut être maintenant au moins licencié pour être pris au sérieux : le préjugé du diplôme a remplacé celui de la naissance depuis un quart de siècle. Mais à quoi rime un parchemin que tout le monde possède et qui ne facilite rien, sauf des prétentions ? Depuis que je pouvais ajouter la mention « licencié ès lettres » sur les fiches des bureaux de placement, les employés n'osaient plus m'envoyer n'importe où, comme un bon bougre. Ils suçaient leur stylo, avec embarras, ajoutaient mon nom au bas de listes interminables, me laissaient entendre que, si j'avais des connaissances, je n'avais toujours pas d'aptitudes spéciales. « Mieux vaut sortir d'une école technique ! » m'avouait l'un d'eux avec une respectueuse franchise. Chaque matin, nous étions au moins cinquante à nous aligner sur les banquettes, bien chapeautés, bien ficelés, raides comme des pots de confitures. J'avais l'impression d'être aussi superflu qu'un dessert.

Comme il fallait vivre, je vendais l'Encyclopédie autodidactique pour le compte d'une maison d'édition spécialisée dans l'emploi de mes semblables : elle cherchait en effet des courtiers ayant une présentation « distinguée », de l'éloquence, quelques lumières et des crampes d'estomac assez fortes pour les décider à se contenter de petits pourcentages. J'avais bien réussi à décrocher aussi une mince rubrique dans un hebdomadaire, mais à titre bénévole. Evidemment, si j'avais bénéficié d'appuis sérieux, j'aurais pu me caser, malgré la crise. Il n'en était pas question. Je n'avais point de relations et, si j'en avais eu, je ne m'en serais pas servi. Se laisser choisir pour des motifs extérieurs à soi, quelle humiliation ! Quelle facilité, bien digne des fiertés bourgeoises, toutes basées sur la faveur ! Il n'est pas désagréable d'entendre murmurer derrière son dos : « Ce garçon a un certain bagage. » Mais je trouve horripilante la phrase qui suit le plus souvent cette appréciation : « Et puis, c'est le neveu d'Un Tel. » Odieux additif ! Valise qui contient le bagage ! Mieux valait laisser le mien en consigne provisoirement, et m'avancer dans la vie les mains vides.

Et voilà, nous étions amoureux. Nous, c'est-à-dire quelques milliers d'autres jeunes gens et moi-même, perdu parmi ces milliers, encore une fois. Ma gloriole, en la qualifiant d'élue, avait accepté la candidate du hasard. J'avais enfin abordé Monique, le plus bêtement du monde : ni sur le banc, ni même dans le square, sans utiliser quelque tango de quatorze juillet, sans l'avoir bousculée intentionnellement pour l'accrocher par des excuses, sans lui avoir demandé l'heure ou la rue, sans aucune des ficelles qu'admet l'art du suivez-moi-jeune-homme. Comme ça, bêtement, je le répète, à sept heures du soir, au guichet du métro Saint-Michel, grâce à l'involontaire obligeance d'un ancien camarade. Ces fameux « tournants » de la vie sont généralement de très petits virages, et l'essentiel sort de de l'anodin avec une régularité qui devrait nous donner à réfléchir. Je n'aimais pas ce garçon, peigne-cul du genre troubadour, dont j'ai oublié le nom et qui faisait une grande consommation de demi-vierges. Je me souviens avec désagrément de ses yeux verts, globuleux, hérissés, plus tenaces que ces « gratterons » de la bardane qui s'attachent aux jupes des villageoises. Son teint de nougat, ses mains flasques, sa postillonnante désinvolture offensaient, ce jour-là, la confiance de trois jouvencelles en robes claires. Je passais, sans m'arrêter, quand il m'interpella :

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