Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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— Rezeau !

En me retournant, je reconnus la petite. Le plongeon de la sardine… Je veux dire : la gêne qu'exprimait son regard me consola de sa présence.

— Tu dois connaître Marie, faisait l'autre, avec une insinuante rondeur. Tu connais Marie : elle vient d'achever son droit… Mais je ne crois pas, continua-t-il négligemment, que tu connaisses ses amies, Gaby et Monique.

— Gabrielle, rectifia l'intéressée.

— Monique Arbin, précisa l'abonnée du banc avec une sécheresse qui me remplit de satisfaction et en faisant sonner son patronyme comme un bouclier.

L'éphèbe au teint de nougat eut un sourire indulgent. Marie retira son gant droit, tandis que les jeunes filles tripotaient leur billet. De toute évidence, il n'y avait rien entre eux qui pût ressembler à de l'intimité. Ils étaient là, réunis par la bonhomie provisoire qui peut régner entre voyageurs dans un même compartiment de chemin de fer. « Enchaîne, mon petit bonhomme, enchaîne donc ! » me répétais-je désespérément. Les ampoules faisaient brasiller les parcelles de mica à fleur des marches ; mille reflets couraient le long des voûtes blanches. Je dis, stupidement :

— Vous n'avez pas votre robe de tricot, aujourd'hui ?

Était-ce si stupide ? Cette allusion insolite, cette allusion à un détail précis l'avertissait mieux que toute périphrase. Les paupières de Monique se relevèrent très haut, restèrent une seconde accrochées aux sourcils, découvrant le blanc de l'œil où clignotait l'étonnement d'une prunelle gris-souris. Puis elles se rabattirent d'un seul coup sur sa joue, sur sa joie, sur un jeu de sourire. Elles se rabattirent comme une voilette trop courte, et sa main monta vers son visage pour cacher le reste, tandis qu'elle répliquait à tout hasard :

— Ce qu'il m'a fallu de patience !

— Vous vous connaissez donc ? grogna mon camarade.

Mais, sans répondre, Monique s'éloignait déjà, entraînant Gabrielle et jetant par-dessus son épaule : « Excusez-nous, il faut que nous soyons rentrées pour la demie. » En dix secondes, elles eurent dévalé l'escalier, vives, discrètes, résumées par cette souplesse des chevilles jointe à cette rigidité des hanches qui signalent la jeune fille aux yeux avertis.

— Vous la connaissez ? insista Marie. Comme j'esquissais un geste vague, elle continua, condescendante :

— Ce n'est pas précisément une amie. Elle est secrétaire dans une étude du boulevard Saint-Germain, où je suis moi-même stagiaire. Je crois qu'elle loge dans une pension religieuse.

Puis, sur le ton gras, en copine avertie :

— Ne vous attardez pas de ce côté-là. Vous perdriez votre temps. C'est le genre de jupe qui se prend pour un drapeau.

— Si vous saviez comme je m'en fous ! fis-je brièvement.

Je m'en fichais si royalement que je dévalai à mon tour l'escalier, en demandant l'impossible à mes rotules (car les hommes, eux, n'ont qu'une souplesse de rotules). Pile ou face, porte d'Orléans ou porte de Clignancourt. J'optai pour Clignancourt. Je franchis en trombe le portillon, juste à temps pour sauter dans la rame qui emportait Monique.

XXI

Politesse, méfiance jolie, habileté verbale.

Puis discussion prudente sur les goûts et les couleurs et, par ce biais, échange de renseignements généraux, de quarts de confidences. Nos yeux, nos mains, nos pieds se sont frôlés, se sont écartés ; une civilisation très habillée, très pointilleuse et au fond très prude nous dose les gestes, les mots et même les silences. Depuis quinze jours, j'ai dû subir la liste des réticences habituelles : « Ne m'accompagnez pas jusqu'à la porte. » « Ne m'attendez pas demain. » « Je préfère que vous ne me donniez pas le bras… » Ces réticences, pourtant, représentent déjà une progression. Une progression vers le premier rendez-vous, pour le samedi suivant, selon l'usage. Il va de soi que ce premier rendez-vous, toujours selon l'usage, m'est offert en un lieu très public, sous la sauvegarde de l'éternelle amie. Bref, il s'agit d'une prise de contact très démultipliée, on ne peut plus prudente, on ne peut plus classique.

Et voilà bien ce qui m'embarrasse… La chose la plus difficile à vivre, c'est le banal, surtout quand il est tendre. La « petite » émotion m'humilie. Ce qui m'enchante m'agace ou, tout au moins, déclenche chez moi le respect humain dont souffre cette génération affolée à l'idée qu'on pourrait un instant la croire sentimentale et persuadée que les sourires sont plus pénibles que les coups.

Affrontons néanmoins le ridicule. Cinéma, tango ou canotage : Monique m'a laissé le choix, en marquant une légère préférence pour le plein air. J'ai donc opté pour la Marne : il n'est pas déplaisant de poursuivre son enquête en face d'un costume de bain. Pour ne pas déroger à l'esprit inventif des dix mille couples qui se retrouvent ainsi tous les samedis, nous avons choisi comme point de ralliement l'horloge de la station Alésia. Monique se contente de cinq minutes de retard. Je suis là depuis une demi-heure, et j'ai bien retouché dix fois mon nœud de cravate. Dès que je l'aperçois, je recule jusqu'au fond de la galerie pour lui laisser croire que j'arrive en même temps qu'elle et l'examiner à loisir. Dieu merci, elle ne s'est encombrée ni de parapluie, ni d'écharpe, ni de gants, ni d'aucun attirail. Un simple sac de toile pend au bout de son doigt. Sa robe de plage à quatre poches et gros boutons, trop repassée à mon goût, donne envie de crier : Publicité ! Blancheur Persil ! Ses cheveux donnent toujours l'impression d'être sortis de son vaporisateur. Bras et jambes, bien nus, bien lisses, meublent l'air avec franchise. Première satisfaction : on la regarde. Seconde satisfaction : elle ne voit personne. Troisième satisfaction : son sourire, venu de très loin, lui suffit pour me dire bonjour. Je l'ai remarqué depuis une semaine, mais cette vertu, si rare chez une femme, continue à m'étonner : Monique ne parle presque pas. Voilà qui la sauve déjà de la comparaison : quatrième satisfaction.

— On prend le métro jusqu'à Charenton, puis le 81 jusqu'à Saint-Maurice ?

D'ac, fait-elle.

— Votre amie n'est pas venue avec vous ?

Monique ouvre la bouche, en laisse sortir un bout de langue qui frétille contre ses dents, puis le ravale en même temps que toute explication. Des yeux, réduits par les paupières à une mince raie grise, jaillit une petite lueur insolente. Tandis que je l'entraîne, la main crispée sur la fraîcheur de son bras, tandis qu'elle sort de sa pochette son ticket d'aller et retour, elle consent enfin à riposter, du coin de la lèvre :

— Vous le regrettez ?

Une heure plus tard, nous sommes sur la Marne, offrant au soleil le maximum de peau. Monique n'a eu qu'à déboutonner sa robe de plage, dans le canot même, pour apparaître en maillot. Décidément, cette petite ne fait pas de fausses notes. Pour les femmes, il faut savoir passer très vite, sans déshabillage apparent, à l'état de statue. Toute grâce s'effondre, quand vous les voyez dépouiller une lingerie compliquée ; une pudeur trop longue devient de l'impudeur, même si le deux-pièces est déjà en place. Et ne parlons pas des imprudentes qui n'ont pas pris cette précaution et qui, en l'absence de cabines, sont obligées de recourir aux pires contorsions, aux plus navrants camouflages pour retirer subrepticement leur cache-sexe.

Je n'aime pas ramer. Sur l'Ommée, trop étroite, nous n'avancions qu'à la godille ou à la perche. Le rameur ne voit pas où il va. Le godilleur peut faire face : vieille nécessité des marais chouans. Mes rames, qui se moquent de toute poésie, frappent lamentablement les flots harmonieux, du reste surpeuplés d'autres inexpériences et largement irisés de gaz-oil. Aspergée en cadence, Monique rit. Elle fredonne aussi : cette silencieuse, qui n'a pas lâché trois phrases, meuble son silence comme les oiseaux. Assise à l'autre bout de la barque, le corps de face et le visage de profil, les jambes serrées, les mains pendantes, elle ne bouge pas.

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