Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Malgré le poêle, l'air est devenu respirable. Paule et moi affectons un air goguenard, auquel Fred s'associe, dès que s'éteint la plainte cossue des souliers de Marcel.

— Evidemment, maugrée-t-il, je ne le vois pas s'incliner devant M mede Lindigné en présentant : « Mon frère, le mataf ! »… Mais pourquoi l'as-tu empêché de me donner cent balles ? C'était toujours ça de récupéré. On l'engraisse sur notre dos, après tout.

Sans comprendre le sens de notre moue, Fred s'installe, allonge les jambes et parle, parle, parle… Ses traits, ses coq-à-l'âne, ses ragots, ses petites rages font apparaître chez lui un côté Pluvignec qui je ne soupçonnais pas. S'il tient bien de notre père son grand nez, sa mollesse et cette fausse intelligence qui papillonne à la surface des choses (et se croit lumineuse, parce qu'elle est Rezeau), c'est de notre mère qu'il tient — à l'état mineur — cet égoïsme (superbe chez elle, mendiant chez lui), ce goût du soupçon, cette hargne (agressive chez elle, désolée chez lui), ce mépris envers un monde qui ne le hisse pas sur le socle auquel ont droit ses 44. A la façon, pourtant complaisante, dont il raconte ses bordées, on croirait qu'un sort cruel l'a réduit à sauver l'honneur des pouffiasses. Son mépris des ficelles pue le regret de n'en point porter. Il ne crie même pas, il crachote. Il ne nie rien, il ne refuse rien, il fait du scepticisme comme on fait de la septicémie. Simple décomposition du sang : de son sang bleu.

Parasite, avec ça ! Pendant six jours, il nous encombrera délicatement. Ses façons de lever le coude et de manier la louche sont de celles qui vous incitent à n'avoir ni faim ni soif. Il est vrai que, dès le lendemain, ma chère lui paraîtra si maigre qu'il se découvrira des obligations et organisera la chasse aux invitations parmi tous les amis ou les membres parisiens de la famille, encore sensibles au prestige de son droit d'aînesse. N'oubliant pas d'ailleurs la parabole du plat de lentilles, il se souviendra de la proposition de Marcel et ira le taper jusqu'à Polytechnique. Il n'hésitera même pas à risquer des commentaires qui me seront, plus tard, répétés : « Ce n'est pas une raison, dira-t-il, parce que Jean est dans une dèche noire, pour m'inviter noblement à bouffer des patates bouillies. » Jusqu'à son départ, je ne le verrai en fin de compte que la nuit et il rentrera de préférence vers deux heures du matin, quelquefois ivre et réveillant tout l'hôtel au bruit de ses godillots. Mais Paule restera souriante :

— Ne ronchonne donc pas. On ne fait pas les choses à moitié.

Il est vrai que, pour la remercier, Fred me confiera, en jetant son sac sur le dos :

— Bonne fille, ta Paule ! Mais tu pourrais tout de même les choisir un peu moins mûres.

XIX

Les derniers kilomètres — comme les premiers — sont les plus longs. Au départ, le but est trop éloigné. A l'arrivée, l'appréhension nous freine. En se rapprochant du but, on se rend compte qu'il n'est pas même une étape, mais une simple borne, devant laquelle la vie doit défiler, sans s'arrêter. Ce n'est pas dans le domaine de l'espace, c'est dans celui du temps que sévit le plus clairement la loi d'inertie. « Soledot, trois kilomètres », ou « licence, dans trois mois »… Où irons-nous ensuite ?

Je n'en savais rien. J'avais dû me tirer de mon lit pour repasser devant le conseil de révision qui m'avait cette fois définitivement exempté (on feint d'être satisfait, mais on est toujours un peu vexé de cette faveur). Je n'aurais donc pas à faire mon service, et la question se posait : en profiterais-je pour pousser jusqu'au doctorat ?

— J'ai l'impression, disait Paule, que tu n'es pas de ceux qui relient leur vie dans les peaux d'ânes. Je te connais bien maintenant : tu ne cherches qu'à humilier ou à épater ta famille. Valet de chambre, homme-sandwich, laveur de carreaux, tu espérais les abaisser en ta personne et tu te décernais au surplus un brevet de courage. Tu confonds le courage avec le jusqu'au-boutisme. D'ailleurs, tu penses aussi que tu remonteras à leur hauteur, que tu les surclasseras par tes propres moyens. Tu ne vis pas pour toi, tu vis contre eux. Tu ne te rends pas compte qu'ils s'en moquent. Ils savent très bien qu'un diplôme ne te conférera aucun droit au bénéfice des autres chances sociales que tu as perdues. Il va falloir te caser, sans relations, en pleine crise, et, peut-être, sous un tir de barrage. C'est à ce tournant-là qu'ils t'attendent.

Depuis la visite de mes frères, Paule avait changé de ton, comme si elle s'était brusquement rendu compte d'un problème et en cherchait la solution. Ce ton, je ne l'aimais guère. Toute expérience est incommunicable et nous suspectons plus vivement les expériences manquées. Je sais aujourd'hui que Paule s'était réussie en ratant sa vie, mais nos disputes m'apparaissaient alors identiques à celle de la poêle et du chaudron. Je tolérais ses conseils comme ceux d'un mauvais prêtre, et je les tolérais uniquement parce que j'avais de l'affection pour elle ou, plus exactement, de l'affection pour son affection. Que craignait-elle donc ? Tout allait mieux. Je n'avais pas repris mon travail, mais je m'étais fait prendre en charge par les Assurances sociales : une radio suspecte les avait décidées à m'accorder un congé de longue maladie, puis un congé d'invalidité. J'étais néanmoins parvenu à éviter le sanatorium et je pouvais ainsi assister aux cours, terminer ma licence en toute tranquillité. Ma famille elle-même semblait en rabattre : le gérant ne recevait plus de visites. Depuis le mois d'avril, j'étais majeur. Marcel, devenu mon voisin depuis son entrée à Polytechnique, n'était pas revenu chez moi ; quand, par hasard, je le rencontrais dans la rue, il évitait soigneusement de me fuir, se contentait de hausser les épaules en parlant de Fred « toujours matelot et pas même foutu de faire un quartier-maître », poussait la condescendance jusqu'à me donner des nouvelles de notre mère « décidément très fatiguée » et de M. Rezeau « dont les reins fonctionnaient de plus en plus mal ». Enfin le printemps ramenait au square Viviani les crocus perceurs de gazon, les enfants perceurs de tympans, les retraités et l'inconnue… L'inconnue, dont je savais le prénom depuis qu'une autre jeune fille l'avait interpellée devant moi :

— Tu oublies l'heure, Monique !

Prénom convenable pour qui connaît le grec et confère à l'amour l'attribut essentiel du Seigneur : l'unicité. Les choses en étaient là. Je ne suis pas timide ni enclin à jouer les romantiques sous le pleurnichement mauve des glycines, mais j'aime jouer au chat et à la souris avant même d'avoir pris la souris. Cela fait partie des jeux de mon enfance à retardement. « Tiens, voilà Micou II ! », raillait Paule en allongeant le bras par la fenêtre. Au bord de l'indignation, j'en rigolais comme d'une bonne blague. Mais Paule reprenait avec un drôle de soupir. « Descends donc, tu en meurs d'envie. Tu as peur de l'abîmer ? Il n'y a pires sentimentaux, décidément, que les petites brutes de ton espèce. » Un samedi, alors qu'éclataient dans le jardin trois cents cœurs de tulipes, je finis par lui jeter : « Tu paries que j'y vais ? » — « Chiche ! » cria-t-elle avec une sorte de passion.

Quand j'arrivai au square, il n'y avait plus personne sur le banc. Paule survint très vite et s'assit dans le coin réservé.

— Excuse-moi, fit-elle, si je prends sa place encore chaude. Il faut que je te dise… J'aurais dû… Enfin, cette petite ou une autre, là n'est pas la question. L'important…

Elle bafouillait, secouait à tous les vents ses cheveux qui avaient été noirs. Essoufflée, lamentable, sa voix se frayait un chemin à travers mes pudeurs, que je croyais mieux défendues.

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