Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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— Excuse-moi, j'oubliais que tu as vingt ans. Si ça te gêne vraiment, viens ce soir dans ma chambre. Ce soir et demain et après-demain… enfin, jusqu'à ce que nous soyons débarrassés de cette histoire. Après, nous serons tranquilles.

Je la rejoignis dans sa chambre, évidemment. Par acquit de conscience, j'allais dire : par politesse. Elle m'y reçut avec l'entrain que la bonne volonté peut tirer d'une longue science, et je lui fis honneur à la manière des jeunes critiques qui applaudissent la centième d'une pièce ennuyeuse. Les bontés, qui ne sont plus que de la bonté, sont un triste accident du désir. Huit jours plus tard, je m'intéressais — pour huit autres jours — à une certaine Gisèle, barmaid chez Rouzier. Paule n'en parut pas vexée. Elle affichait même de la satisfaction, une satisfaction modérée, comparable à celle du première classe qui coupe aux responsabilités et aux avantages du galon de caporal.

— Tu vois, disait-elle, tu ne me désirais même pas ; tu désirais seulement que je te cède. C'est un sentiment dont il faudra te méfier, en amour, si tu ne veux pas continuer à faire des dégâts.

Depuis lors, Paule s'est mise à me parler des hommes avec une indulgente animosité. Encore qu'elle ne livre rien de son passé et soit officiellement divorcée d'un lieutenant de vaisseau, c'est une ancienne polyandre, comme dirait un professeur de sociologie. Elle a dû avoir beaucoup d'aventures, elle ne les évite pas tout à fait, mais ne les cherche plus. Il n'y a rien à vaincre chez elle, même pas la lassitude. Voilà qui, pour moi, la rend asexuée (encore que de temps en temps, je l'avoue, je passe la nuit dans sa chambre). Parler des femmes, au pluriel présent, semble normal chez un jeune homme : mais parler des hommes au pluriel passé déprécie une femme plus sûrement que la ménopause.

Paule achève de se déshabiller sans troubler mon hargneux silence. Comme on enlève un dentier, elle retire de son doigt et pose sur la table de nuit son solitaire, vestige (de quelles splendeurs, de quelles amours passées ?) jalousement conservé et dont les feux offensent l'éclat pauvre de ses yeux. Puis elle range son linge sur le dossier de la chaise et saute enfin dans son lit dont un ressort vibre longuement. D'un geste sec, je lui ai jeté mes couvertures, puisque nous ne dormons pas à la même heure aujourd'hui. Elle se couche sur le ventre, secoue la tête pour s'installer au milieu de ses admirables cheveux noirs (faufilés de blancs) et murmure en bâillant :

— Tu fais une drôle de lippe, ce matin. Pourquoi n'es-tu pas allé aux Halles ?

— Je n'avais pas de quoi louer mon diable. Mais j'ai vu qu'on demandait des laveurs de carreaux, dans L'Intran.

— A tes souhaits ! Il fait moins six.

Je ne le sais que trop. Depuis cinq minutes, la neige floconne de travers, commence à ouatiner l'appui de la fenêtre.

Edelweiss effeuillés aux kermesses des anges, cite la jeune femme. Ce que la poésie peut être confortable !… J'essaie toujours de te faire entrer à la clinique comme auxiliaire. Avec un service midi-huit, tu pourrais aller aux cours le matin et potasser le soir, de neuf à onze ; tu serais sûr de faire au moins un repas chaud tous les jours… A part ça, rien de neuf ?

L'espoir fait saliver ma dent creuse. Depuis quelque temps, je suis moins certain qu'un tel souci soit indigne de m'intéresser. Je ravale cette salive et je grogne :

— Pas grand-chose. J'ai rendez-vous avec une certaine Suzanne, la fille du cordonnier de la rue Saint-Séverin. Ça ne marche plus du tout avec Antoinette. Je m'en fous, tu sais, mais je crois bien que je suis cocu.

Paule écarte une mèche et relève le nez.

— C'est donc ça !

Puis elle pouffe.

— Excellente école ! Tu disposeras moins des autres quand on aura quelquefois disposé de toi.

— Il y a aussi les flics de Madame qui sont repassés hier soir. La vieille est tenace. Je ne comprends pas pourquoi elle tient tant à ses renseignements et ne me réserve pas d'autres vacheries.

— Celles que tu te réserves à toi-même lui semblent sans doute suffisantes.

Paule replonge sous les draps. Sa voix devient aigre, en traversant la toile de coton.

— Tu m'ennuies, avec ta mère ! L'humanité est capable de tout, mais j'ai tout de même passé l'âge de croire aux ogres et aux ogresses. Laisse-moi dormir, Petit Poucet !

— Dors donc, idiote !

Rezeau cadet, les cheveux ébouriffés, le menton en bataille, s'est dressé sur ses talons. Quelle est donc cette fille, qui lui veut du bien, si sottement, qui ose toucher à ses mythes, à ses raisons de vivre et de combattre ? Paule se retourne du côté de la cloison en soupirant :

— Il y a des moments où tu découragerais une sainte.

Le Petit Poucet se retire, furieux. Pour parcourir ce long chemin qui nous sépare de la compréhension de nos plus intimes amis, il n'existe pas de bottes de sept lieues. Ce n'est pas la première fois que je m'en aperçois : on ne m'écoute jamais qu'à moitié quand je parle de ma mère. Même chez une Paule Leconidec, revenue de tout, rien qui ne s'effarouche mieux que ce mélange secret d'arbres de Noël, de petits Jésus, de petites gifles, de cajoleries, de tartines quotidiennes et de tartes dominicales, précieux trésor de souvenirs entassé sous les épluchures de la vie au fond des pires poubelles. En déchirant mon enfance, je touche à celle des autres. Comme l'âge d'or, dont on prétend qu'il se trouve derrière nous, le paradis se confond avec les limbes. L'enfance abandonnée : crime impensable, exagération de plumitifs ! Ne nous étonnons plus qu'il ait fallu cent ans pour supprimer ces maisons peuplées de petits monstres qui n'étaient point aimés. A-t-on idée de ne pas se faire aimer, de mettre ainsi en cause les tendresses gratuites de tous ceux qui ont eu le mérite d'y réussir ? L'indignation a toujours facilement sombré dans l'incrédulité. « Rentrez ce moignon ! » crie-t-on d'abord. Et ensuite : « Que me chantez-vous ? Ce n'est pas un moignon. Petit Poucet, petit douillet, c'est un bobo de rien du tout ! »

J'ai ouvert ma fenêtre et je songe à mes bobos, les coudes sur la barre d'appui. Ma colère tombe. Entier, je suis bien entier. Dur et plein, également. Je ne m'ennuie pas non plus, je n'ai pas le temps de me payer ce luxe. Que me manque-t-il donc ? Deviendrais-je romantique ?

En bas, dans la rue, voici de vraies victimes. La putain du 50 est déjà sortie et promène ses yeux fendus, ombragés de noir, mouillés comme un sexe, ses yeux qui ont des regards en forme de doigts pour accrocher le passant. Vêtu d'un droguet d'asile, qui bâille de partout et où brillent les boutons métalliques des braguettes administratives, Tave trottine dans la neige : je le connais, ce vieux tatoué, dont les mains, le front et le cou sont couverts d'inscriptions bleuâtres, d'injures indélébiles qui n'ont rien à voir avec le véritable texte de son âme et sont les surcharges de cette peau, de ce palimpseste. Aujourd'hui, la mère Mobe s'est levée trop tard et fouille vainement dans les poubelles, déjà rançonnées, traînant son sac de jute raccommodé à la ficelle, son fichu de serpillière et ses cheveux coagulés à la mode des très anciennes toiles d'araignée. Comme tous les matins à l'heure du cabas, un accordéon d'aveugle trépigne dans l'aigu et dégringole dans le grave. Mais voici le pire : cet étroit visage de rat, cet enfant d'égout, ce petit huitième ou douzième nourri de raclées et vêtu de courants d'air, qui s'avance sur un reste de galoche en grignotant des yeux l'étalage des épiceries. Dénonciation totale ! Que valent ici les plaintes et la révolte d'un Brasse-Bouillon, gosse mal aimé, mais non martyr, qui figura tout de même au carnet rose du Petit Courrier, qui fut tout de même logé, nourri, instruit, préparé pour ses revanches, épargné par le sordide ? Je peux fermer la fenêtre. Je me sens moins intéressant. Je n'irai pas m'excuser auprès de Paule, tel n'est pas le genre de la maison. Mais convenons-en : elle n'a pas tout à fait tort.

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