Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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X

Le général goûta, regoûta et continua à goûter jusqu'à ce qu'il eût tout mangé, dit la comtesse de Ségur à propos du général Dourakine. On peut citer ici cette haute autorité littéraire : le décor lui convient, la suavité y fouette ses crèmes. Comme j'ai toujours les canines longues, j'enrage, je me sens barbouillé de ridicule.

— Comment va celui-ci ? s'est contentée de gémir M meLadourd.

Enquête des yeux et des mains, moue, massage de glandes dans le cou. Et je te relèche ! Et toute la portée, sans japper un reproche, s'empresse autour de moi, humide du museau, frétillant de la patte. J'avance à pas lents, grognant des bonjour et posant sur toutes choses ces yeux lourds, ces yeux de faïence des bouledogues offensés.

Singulière maison ! Je connaissais déjà leur climat. Je ne connaissais pas leur véritable intérieur. Car ceci est vraiment un intérieur, par opposition à La Belle Angerie , qui est avant tout un extérieur, une façade. Tous les objets ont l'air de vouloir servir à quelque chose. Nulle parade. Les portraits, qui ne représentent pas des ancêtres, mais de vulgaires grands-parents, ne sont pas résumés par les ors de leur cadre : ils vous accueillent, au même titre que la glace, ce portrait changeant. Un poêle, un poste de T.S.F., une pendule d'un merveilleux mauvais goût, un aspirateur, un chemin de fer électrique m'annoncent qu'ils existent, qu'ils ont le droit de faire du bruit, de manquer d'allure. En a-t-elle, Micou, de l'allure ? Sa mère l'a plongée dans une robe de velours bleu, couleur de mer calme, d'où cette mince enfant émerge comme d'une demi-noyade. Ces bras nus, ces cous-de-pied où se retourne la socquette, ces chemisiers brûlés sous l'aisselle et qu'agacent les pointes de seins, ces cheveux de toutes parts délayés dans des pirouettes, ces jacassements… nous y revoilà ! Et voici Samuel qui descend l'escalier, un peu lourd, voici son père qui s'effondre, béat, sur le divan et pose les mains sur son gilet de tricot. Dans cette bonbonnière pleine de berlingots acidulés, ces deux-là figurent assez bien les boules de gomme. Nous sommes chez le confiseur. Est-ce là ce fameux danger ? Serions-nous un imbécile ? En amour, l'héroïsme, c'est la fuite, disait Napoléon. Mais la référence de ce cocu manque d'autorité. Le danger, ce serait plutôt moi. Quel est donc ce curieux sentiment, venu d'une région inconnue de moi-même et qui rend ma gencive amère ? « Si c'est toi le danger, fous-moi le camp, car c'est pis. »

Nous ne ficherons pas le camp. Le général a goûté, regoûté… En avant pour la romance ! Entrons dans l'ère rose. Je dis l'ère, car elle va me sembler interminable, comme à tous ceux qui la traversent, cette période pourtant si brève où l'on est embarrassé de ses sentiments comme d'une caisse de porcelaine, où l'on est plus bête qu'une poésie de carte postale. Ere rose. L'ère du pêcher, des mignardises, des gentillesses à fleur de fleur. Moi, évidemment, je travaillerais plutôt à la manière des giboulées, par grandes secousses. Mais on se charge de ma rééducation.

— Viens déjeuner le premier janvier.

— C'est que, ma tante…

— Nous comptons sur toi, tranche Félicien Ladourd. Quant à la Santima, nous en reparlerons. De toute façon, je ne t'occuperai que deux ou trois heures par jour, l'après-midi. Il ne faut pas nuire à tes études.

C'est la première fois qu'il me tutoie, et je sais bien qu'il tutoie mon bleu de travail, qu'il entend ainsi m'honorer. Remercions.

— Entendu, mon oncle.

— Nous comptons sur toi, répète Micou, qui s'approche de la table, retrousse soigneusement sa robe de velours et s'assied sur sa combinaison blanche, ourlée au point cocotte.

XI

Félicien avait tenu sa promesse et j'étais entré à la Santima, où je travaillais trois heures par jour, l'après-midi, passant de la comptabilité à la fabrication, du service des fournitures au secrétariat. « L'oncle » s'était chargé d'avertir mon père et avait pris soin de le faire par téléphone, afin d'atteindre M. Rezeau à Segré, dans son cabinet, c'est-à-dire loin de son mentor.

— Hum… bonne idée !… s'était contenté de répondre notre substitut.

Évidemment M meRezeau avait essayé de contre-attaquer en inspirant ce mot qui me parvint le surlendemain :

Mon pauvre enfant, tu te disperses, comme toujours. Nous voulons bien t'autoriser à gratter du papier à la Santima, parce que tu vas y toucher quelque argent. Mais tu t'habilleras désormais à tes frais et tu enverras le reste de tes gains à ta mère, pour qu'elle te constitue une cagnotte.

J'avais décidé aussitôt qu'il n'y aurait jamais de « reste », et mes parents, incapables de contrôler, n'avaient pas insisté. Depuis deux mois un agréable silence régnait du côté de La Belle Angerie. Invité rue du Pré-Pigeon, pour le jour de l'An (Micou, au nom de tous, m'offrit un portefeuille), j'y étais retourné le dimanche suivant et, d'octave en octave, presque tous les dimanches. J'avais mon rond de serviette attitré chez les Ladourd comme chez la mère Polin. Celle-ci, malgré les chèques et les recommandations familiales, me devenait de plus en plus favorable et, pour me le prouver, m'accablait de confidences et de conseils. Ce qu'elle appelait « mon idylle » l'excitait au moins autant que les événements du six février.

— Je vous l'avais bien dit, répétait-elle à chaque dîner, que cette affaire Stavisky amènerait un coup de balai général. Les braves gens !… Un peu de macaroni… Si, reprenez du macaroni… Ah ! la répugnante république !

Une main sur l'estomac et l'autre esquissant un pince-nez, elle reniflait son écœurement. Puis la première main remontait soudain de l'épigastre vers le cœur.

— A propos, reprenait la mère Polin, qui avait, comme Fred, le génie du coq-à-l'âne, où en sont nos petites affaires ? J'ai encore rencontré Michelle, ce matin. La jolie fille, vraiment, la jolie fille !

Sa tête jaillissait, à bout de cou, hors de la guimpe, engageante et pathétique. Je fronçais les sourcils, je répétais vainement :

— Chut ! Si ma mère…

Et M mePolin m'approuvait, récitait une litanie de « chut », posait l'index sur un discret cul de poule. Mais cinq minutes plus tard, comme je dévalais l'escalier, elle se penchait sur la rampe et me confiait, à tue-tête :

— Une jolie fille et aussi une bonne fille, vous savez ! Ne gâchez pas votre chance.

Une jolie fille, bien sûr. Une bonne fille, d'accord. Mais une chance… je n'en étais pas certain. Je n'étais en tout cas pas tellement satisfait de cette chance ou de la façon dont je l'exploitais. Je débitais des fadaises à longueur de dimanche, sans m'approuver et surtout sans y croire. Une fois refermée la porte des Ladourd, je me trouvais aussitôt ridicule, mais je n'avais qu'une hâte, c'était de repasser cette porte. Il faut dire que je réussissais vraiment dans le genre acidulé que ne détestent pas les jeunes filles. J'asticotais, je harcelais Micou. Mes attentions conservaient la forme de fléchettes. Fallait-il jouer au jeu de séries (K, cas, carat, carabe, carabin, carabine, carabinée) qui faisait fureur rue du Pré-Pigeon ? J'attendais mon tour, en bâillant, et proposais négligemment l'M pour empoisonner Micou, assise à ma droite et qui suçait désespérément son crayon sans parvenir à éviter le dérivé. Allions-nous à la piscine ? Elle y buvait tasse sur tasse. Je ne lui épargnais aucune des gentillesses pointues de ma génération, qui a horreur de passer pour galante et qui caresse à rebrousse-poil. Je ne lui épargnais même pas, et surtout pas, mes humeurs, ni mes silences. Il est vrai que les silences, ma mère me l'a enseigné, sont prodigieusement éloquents. Des silences, j'en connaissais tout un lexique.

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