Hervé Bazin - La mort du petit cheval

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La mort du petit cheval: краткое содержание, описание и аннотация

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« Vous le savez, je n'ai pas eu de mère, je n'ai eu qu'une Folcoche. Mais taisons ce terrible sobriquet dont nous avons perdu l'usage et disons : je n'ai pas eu de véritable famille et la haine a été pour moi ce que l'amour est pour d'autres. » Si loin de Folcoche qu'il vive désormais, Jean Rezeau n'en continue pas moins de subir, à travers ses révoltes glacées et ses illusions mort-nées, la tyrannie ancienne de la femme qu'il déteste le plus au monde. Dans l'apprentissage d'une liberté douteuse, les métiers exercés tant bien que mal, les amours sans conséquence, c'est toujours le spectre de la mère qui revient, tentaculaire et prêtant à toute chose les couleurs de la hargne, de l'amertume et de la dérision. A la mort du père Rezeau, Jean croit tenir sa revanche, mais comment humilier un être qui a le talent de rendre tout humiliant ?
La cruauté de l'analyse, le cynisme émouvant du héros et l'acidité du style font du roman de Bazin un des meilleurs réquisitoires, à la fois vif et modéré, contre un certain type d'oppression familiale.

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Décembre, trop doux cette année, laisse le ciel, cette grande cuve, passer au bleu les torchons gris de ses nuages. Sur le gravier rose s'alignent les marronniers nus, dont les feuilles sont depuis longtemps tombées, ratissées. L'une d'elles, qui ressemble à une main à sept doigts, est restée accrochée à l'épaule d'une statue, exploite cette chance, palpe le marbre. Cette désinvolture est une leçon et ma propre main se crispe sur mon genou.

Sur le gravier rose, il y a aussi des tas d'enfants. De jolis enfants. Un peu bêtes. Un peu doux et frisés. Affligés d'une peau étonnante, trop fraîche, trop mince : une peau de dessous, qui ne doit pas supporter les coups. Je le pensais bien, je n'ai jamais été enfant. Dans le bassin une douzaine de voiliers évoluent, se couchent, rétifs à la ficelle. Et voilà des cris… Une vague goélette s'est laissé aborder par un croiseur mécanique, qui lui a brisé son bout-dehors. Pourquoi pleurniche-t-il, le petit armateur, pourquoi réclame-t-il ? En lançant sa coquille de noix sur l'eau farcie de poissons rouges, il prenait ses risques. On ne réclame pas contre soi-même. On ne triche pas avec soi-même.

Et c'est pourquoi tu files, mon garçon ! Tu triches, tu files parce qu'au détour d'une allée, là-bas, remorquant vivement deux bambines, vient d'apparaître une jeune fille. Micou ! Micou, cette goélette dont tu te figures qu'elle pourrait couler ton cuirassé.

IX

Empoigne-la plus bas, ta pelle…

Les deux manœuvres qui déchargeaient avec moi l'une des cinq péniches de sable de Loire m'accablaient de rugueux conseils et raillaient mon coup de pelle sans ampleur, ma raideur, le peu d'empressement que j'apportais à téter le commun litre de rouge que tout nouvel embauché se doit d'offrir au nom de la politesse élémentaire des chantiers. Éreinté, je ne m'accordais pourtant aucun répit. J'étais à la fois furieux et satisfait. Furieux de cette tolérance bourrue, de cette pitié des costauds, des attentions du contremaître qui, lorgnant ses équipes du haut du quai, me jetait trois fois par heure : « Alors, ça va, l'amateur ? Furieux surtout de me sentir incapable de mieux faire et de vérifier pour la première fois l'ineptie de cette mentalité Rezeau, pour qui la Légion étrangère, le débardage, la terrasse ou le ramassage des chiffons sont professions ouvertes à n'importe qui, d'une minute à l'autre, sans autre entraînement que la nécessité. Eh bien ! non, n'importe qui ne pouvait pas manier une pelle ni expédier son mètre cube sur le quai dans le temps requis. C'est pourquoi j'étais tout de même content d'être là, d'avoir tenté l'expérience, d'avoir tenu le coup, tant bien que mal. Je n'étais pas fâché non plus, dans une certaine mesure (dans la mesure où cette découverte ridiculisait les biceps d'un Cropette ou d'un Max) d'apprendre qu'il y a des muscles spéculatifs (comme les cerveaux) et que le seul myographe valable, c'est l'outil. J'allais jusqu'à me féliciter, toujours dans une certaine mesure (dans la mesure où cette fantaisie était une offense publique faite à notre « dignité »), de me trouver là, en bleus, exposé à la curiosité nonchalante des passants et des boniches bretonnes dont nul n'ignore qu'elles sont d'excellents agents de renseignements pour leurs patronnes. J'imaginais les ragots :

— Mais oui, ma chère, le petit Rezeau, celui qui fait son Droit… Marie l'a vu au bord de la Maine. Vu, je vous dis, ce qui s'appelle : vu… Au bord de la Maine, en train de pelleter du sable. Et il buvait du vin rouge, glou-glou, au goulot, avec la canaille du quai ! Mon mari assure qu'il existe une œuvre Saint-Truc, une œuvre Saint-Machin, enfin une œuvre de fraternisation sociale… Hum ! Ce n'est pas le genre Rezeau. Je croirais plutôt… Vous savez, les jeunes gens d'aujourd'hui, quand il leur faut de l'argent de poche, tout leur est bon.

J'en avais besoin, c'était un fait, mais mon geste avait d'autres raisons, parfaitement incompréhensibles pour une buveuse de thé et en partie obscures pour moi-même. Le 22 décembre, veille de mon théorique départ en vacances, j'avais reçu, sans étonnement, une carte-lettre : « Nous passerons les fêtes de Noël à Paris chez les Pluvignec. Nous ne pourrons donc pas vous recevoir, sauf Marcel. Reste chez M mePolin. Avec nos vœux. » Ces vœux n'étaient même pas accompagnés du billet de cinquante francs rituel et le « donc » me laissa aussi rêveur que le « sauf ».

— Nous réveillonnerons ensemble ? proposait la mère Polin.

Mais je n'aime pas qu'on ait pitié de moi et déclinai l'invitation sous un prétexte honorable.

— Il y a bal au Foyer des étudiants.

C'est un autre foyer qui m'eût intéressé, mais il n'était pas question de solliciter cette grâce. Ma nuit de Noël, je la passai dans les rues et plus précisément dans cette rue du Pré-Pigeon qu'habitaient les Ladourd. Je l'arpentai mélancoliquement, refusant vingt fois de céder à ce lâche qui murmurait en moi : « Jolie sonnette de cuivre, bien astiquée. Tire-la donc ! » A mon second passage, j'aperçus les filles qui rentraient de la messe de minuit et je dus m'incruster dans une porte cochère. Au troisième passage, au quatrième, au cinquième, l'allégresse des odeurs, des bruits et des lumières me tira des jurons. Au dixième, il y avait encore sous la paupière bleue des rideaux quelques molles lueurs. Au douzième, tout était éteint, et j'en profitai pour tirer la sonnette avec une furieuse conviction. Je m'enfuis aussitôt et courus mes deux kilomètres jusqu'à la Maine, qui clapotait au pied de ses ponts et que barbouillait de reflets jaunes une file de réverbères plantés dans le pavé inégal. L'un d'eux me permit de lire cet avis, peint au goudron sur une feuille de contreplaqué : On demande des manœuvres. Tiens, tiens ! Pourquoi pas ? Le hasard me suggérait une idée pour l'emploi de mes vacances.

A cinq heures, comme la nuit tombait, le contremaître siffla, puis m'ordonna de ranger les outils. Comme je sortais de la cabane en planches et posais le cadenas, une voix me fit sursauter :

— Voyez-moi ce gaillard !

Trop joviale, cette voix, trop ironique pour appartenir à un ouvrier. D'ailleurs je la connaissais bien. Il fallut me retourner et faire face. Le gros Ladourd s'avançait, marchant carrément dans le sable avec l'assurance d'un homme qui sait ce que c'est, qui se souvient, qui méprise ses beaux souliers.

— Je ne pensais pas vous trouver là. Le plus drôle, c'est qu'une partie de ce sable est destinée à une fabrique d'agglomérés dont je m'occupe également.

Sa voix venait de changer, de s'enrichir d'une nuance de considération, que confirma la poignée de mains.

— Ainsi, vous n'êtes pas parti en vacances ?

Je me taisais, gêné, presque buté.

— Je suis idiot, reprit-il. J'aurais dû m'en douter. Pas de vacances… Tout de même, vos parents exagèrent.

Cette critique dut lui paraître énorme, car il ravala sa salive et fulmina :

— Quant à vous, bon Dieu, si vous vouliez travailler pour votre argent de poche ou toute autre raison que j'ignore, vous auriez dû penser que mes bureaux vous étaient ouverts.

Le contremaître s'était rapproché et campé devant nous, ses grosses pattes à demi glissées sous la ceinture de flanelle cachou, grognait poliment :

— J'ai cinquante mètres cubes pour vous.

— Ça ira, fit négligemment le borgne, qui conclut, tourné de mon côté : Puisque votre journée est finie, je vous emmène. Oui, dans cette tenue. Mes enfants vont bien rire.

Et, comme j'ébauchais un geste de protestation, il se hâta d'ajouter :

— Ne croyez pas que je vous désapprouve. Les méthodes russes qui confient une pioche aux étudiants, ça se défend. Mais vous avez mieux à faire tout de même que de singer les forts-à-bras.

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