Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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C’est à peu près vers la même époque du reste que le « pronom personnel masculin singulier de la troisième personne » a cessé de me torturer le tympan quand j’écoutais aux portes. Tu crois qu’il est rentré ?… Il arrive… Il a encore oublié son parapluie. Il, c’était moi. Il, ça se rapportait au solennel « ton père » de « ton père a dit que », à ce Papa prononcé sans familiarité comme le bas latin prononce le pius, papa des pontifes. Laure, qui a du respect pour moi, lui faisait la guerre à ce il. J’ai l’ouïe fine, je l’ai maintes fois entendue relever l’impolitesse. Mais je ne jurerais pas qu’elle soit vraiment responsable de sa disparition, comme du retour très lent, presque insensible, de Papa à son rôle de diminutif.

Ingrat pourtant, je ne vais point la payer de ses égards. En descendant un matin je ne la verrai point penchée sur l’évier ou sur la cafetière. Louise tourne en rond, indécise. Michel prépare ses livres. Bruno devance ma question :

« C’est bien la première fois qu’elle oublie l’heure, dit-il. Elle est encore au mair. »

Un temps. Michel grogne :

« Elle… Elle… Tu veux dire : Laure. »

Il a raison. Mais c’est moi qui aurais dû protester.

Michel, d’ailleurs, je trouve qu’il a trop souvent raison contre son frère. C’est entendu, Michel est notre gloire. Notre consolation. Celui dont on dit à Charlemagne : « Astin l’as » par opposition à l’autre, Astin le cancre. Il a tout pour lui : une mémoire de robot, du jugement, de l’ordre, de la volonté, une absolue confiance en soi, l’appétit du travail. Et par-dessus le marché, comme dit Mamette, « la tête et le corps de son patron » : avec son profil de médaille, ce studieux, brevet sportif scolaire en poche, court, crawle, passe la barre et lance le poids à merveille. Des forts en thème qui font de petits professeurs, j’en connais ; comme des musclés qui finissent débardeurs. Mais je suis tranquille : il ne fait pas de complexes, lui ; il est autrement organisé que moi. Cet équilibre insolent, cette application qui sait s’aérer, comme se minuter, iront loin.

Qu’il m’agace pourtant — et très souvent — il faut l’avouer. Né supérieur, il n’a pas la supériorité discrète. Je ne donnerais pas cher de l’estime qu’il me porte. À le voir feuilleter, négligemment, la série de mes livres de prix, on sait ce qu’il pense de leur poussière, on peut jauger son étonnement. Il murmure parfois, songeur : « Diable, pourquoi n’as-tu pas fait l’agreg ? » et je me sens comme une colonne brisée, sur la tombe d’une jeune fille. Certes, il me consulte toujours, très décemment, car il a aussi de la discipline : celle du saint-cyrien, bientôt sous-lieutenant, devant le sergent de service qui le commande encore. Il me consulte pour entérinement : « Tu ne crois pas, me demandait-il déjà en troisième, que je devrais prendre l’espagnol comme seconde langue ? » Sur le ton des choses décidées. Comment faire autrement, du reste, que de l’approuver ? Ses projets sont toujours sérieux, ses ambitions louables.

« Ce petit n’a qu’un défaut, m’a souvent répété sa grand-mère. Il ne vous donne jamais l’occasion de dire non. »

Ceci à mon usage, comme de juste. Déçue par les quatre galons de son époux, Mamette serait plutôt béate d’admiration devant Michel, futur polytechnicien, donc futur général. Laure aussi. Louise aussi. Et même Bruno, qui trouve son frère « drôlement fort ». Mais mon admiration, à moi, est plus nuancée. Comment dire ? Michel est le préféré de M. Astin. Il est le fils dont on le félicite, partout, qui lui fait saillir la pomme d’Adam, pour se rengorger ; le modèle, à quoi l’on peut prétendre, quand on bénéficie vraiment de ses chromosomes. Il le justifie, auprès des voisins, des collègues. Il lui rouvre l’avenir. Il lui tient chaud au cortex.

Malheureusement, ce qui vous donne de l’orgueil ne vous inspire pas toujours de la fierté. Michel est moins bien pourvu des qualités qui vous tiennent chaud au cœur. En fait de moi-moi, on ne fait pas mieux. Après lui, il aime bien tout le monde, c’est sûr et il est même très attaché à la maison. Mais pas du tout dans le genre lierre, comme Laure, ni dans le genre chat, comme Louise. Son genre à lui, ce serait plutôt le lustre. Pour ses frère et sœur, il est trop haut dans les airs et son affection ne saurait leur dispenser autre chose que des lumières. Pas question de s’associer à un jeu, sauf s’il est savant, comme le bridge ou les échecs ; et alors il commente, il fait un cours, il explique ses coups. Malgré mes remarques, il a la manie de rectifier, de reprendre, d’un air docte qui m’horripile. En mon absence, aucune erreur ne passe à sa portée sans être aussitôt relevée. Il épluche la conversation. Il épluche la télé. Mais surtout il épluche Bruno, cette « patate » — il est vrai, pleine de points noirs.

Rentrant à l’improviste, je le trouverai même en train de passer un savon à son frère, qui contemple mélancoliquement une copie saturée de carmin. Je surprendrai cette apostrophe enflammée :

« Tu me fais honte. Tu as de la chance que le vieux te passe tout. Moi, je te… »

Il se taira, trop tard, en m’entendant claquer la porte, en me voyant foncer. Bon Dieu, avez-vous entendu ce Jean-Foutre ? J’ai eu, une seconde, l’impression de me dédoubler, de me revoir, de jouer au revenez-y. Voilez-vous la face, M. Astin, vous qui, à Villemomble, dans vos sévérités, mesurez votre auguste voix. C’est un père grossier, tout rouge, qui clame :

« Dis donc, toi, si tu t’occupais de tes fesses… »

Enfin, pour la Fête des Morts, nous voici tous au cimetière, aux quatre coins du caveau de famille des Hombourg : un caveau à dix places, qui rassemble, pour l’instant, les grands-parents, une tante, un frère mort en bas âge, le commandant et Gisèle. En mon absence, on n’a pas enterré Gisèle dans le caveau des Astin et je le regrette. Elle n’est pas chez moi ; et je ne pourrai pas, plus tard, auprès de ma femme, retrouver cette longue entente des os qui, dans les concessions à perpétuité, c’est-à-dire pour deux bu trois siècles — cinq à six fois la vie humaine —, replâtre les plus brefs, les plus mauvais ménages.

Cette entente posthume où tout s’efface et qu’un transfert pourrait lui imposer (j’y ai pensé), elle a dû la refuser, la trouver hypocrite. Comme elle trouverait sans doute hypocrite la réunion de famille que nous tenons au-dessus d’elle, décemment vêtus de sombre et les bras encombrés de ces navrants chrysanthèmes que je trouve chaque année plus laineux, plus frisés, dans le grand moutonnement funéraire du jour. Laure arrache un brin d’herbe, redresse les couronnes de perles dont les inscriptions rouillent. À ma fille. À ma sœur. À ma femme. Laure, qui a choisi celle-ci pour moi, s’est montrée discrète. L’adjectif d’usage, c’est la couronne des enfants qui le proclame : À notre mère bien-aimée.

Ils étaient tous jeunes, à l’époque. Ils ne se souviennent pas d’elle. Mais ils la regrettent vraiment ; ils regrettent le mythe entretenu par leur grand-mère — qui adorait son aînée —, par Laure, devenue son ombre à mes côtés, par leur père que défend cette légende. Votre pauvre Maman qui était si jolie. Votre pauvre Maman qui était si bonne. Votre pauvre Maman… Nous faisons tous chorus dans l’évocation et nos silences mêmes sont des silences chauds. Imposture sacrée. Quel bourreau, du reste, aurait le cœur de donner la rime juste ? Votre pauvre Maman, qui avait un amant… Pour leurs orphelins les mortes ne laissent que des maris chéris ; les mortes ne laissent que des portraits parfaits. Il y en a au moins cinq dans la maison : un chez Louise, un dans l’escalier, un chez les garçons, un dans le vivoir, un dans ma chambre où Gisèle rit de toutes ses dents, en face du portrait de ma mère que j’ai seulement accroché un peu plus haut. Il y en a un sur cette tombe même, dans un médaillon d’assez mauvais goût. Sans le voir, Louise, très chose, pique du nez, torture le gravier d’un haut talon noir. Sans le voir, Michel observe sa minute de silence. Mais Bruno, étiré par son premier pantalon long, sec comme un piquet, n’en détache pas les yeux.

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