Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« Franchement, je me demande s’il ne vaudrait pas mieux qu’elle s’en aille, reprit-elle, baissant le ton. Ici, elle est prise dans un engrenage dont elle ne peut sortir. »

Elle était enfin sincère. Cet engrenage-là, cette mécanique, depuis des années, pour ne pas l’entendre grincer, j’y mettais beaucoup d’huile. Par prudence, je contrattaquai :

« Si je comprends bien, Laure vous a chargée… »

Mamette ne me laissa pas le temps d’achever :

« Ça non, protesta-t-elle, vous la connaissez. Elle se tait comme on se tue. Elle m’arracherait la langue, si elle m’entendait. »

Elle dépliait France-Soir, côté pile : Le crime ne paie pas, Les amours célèbres. Puis, retournant le journal, elle inspecta les gros titres, ajusta ses lunettes, les ôta, les remit. Mais comme j’avançais le pied, doucement, pour dériver vers le pair, elle se ravisa, relança le harpon :

« Excusez-moi, Daniel. Je suis sans doute une vieille dame idiote. Le commandant, qui m’aimait bien, se faisait un plaisir de me le répéter. Pourtant, malgré mon âge, je supporte assez mal d’être veuve ; je me sens sur une patte, comme le héron. Je me demande de quel bois vous êtes fait, vous, qui êtes encore jeune, pour rester solitaire. »

Point de liaison, n’est-ce pas ? Succession fortuite de maternelles remarques. Le reste était inévitable :

« Personne ne vous en voudrait, vous savez, si vous songiez à vous remarier.

— J’y ai songé, ma mère. »

Partie nulle. Six mots secs, à double sens, nous interdisaient d’aller plus loin. On me conseillait de convoler. J’y avais pensé, en effet. Mais si ce n’était pas celui de Laure, un nom, pour Mamette, valait un non. D’un coup de langue je la vis avaler le bonbon à la menthe, aussi longuement resucé que ses tendres projets.

« Je vous fais confiance, dit-elle précipitamment. Je sais bien que, si vous vous décidez, ce sera pour quelqu’un que les enfants puissent accepter. »

Durant quelque temps elle se tint coite, m’épargnant de telles scènes, où je forçais mon talent qui ne fut jamais d’être odieux. Mes reparties, du reste, ne laissaient pas de m’étonner. Nul doute que ma faiblesse s’y contractât, aidée par le fait que ma belle-mère, malgré ses airs, tournait autour des choses, jouant ainsi le plus mauvais rôle qu’on puisse tenir auprès de moi : celui de solliciteuse. Cette hargne semblait me prêter du caractère et j’imagine qu’elle faisait beaucoup pour nous persuader tous — les Hombourg comme moi-même — d’un sentiment dont je n’étais pas sûr, alors que j’avais moins envie de Marie que peur de Laure et, probablement, peur du mariage, avec l’une comme avec l’autre.

De toute façon je n’en étais pas fier. Le soin que je mettais à éviter une union qui, en tous points raisonnable, eût consacré un état de fait, réjoui mes enfants, remercié des années de dévouement, avait pour Laure quelque chose d’insultant. Ma répugnance me répugnait. Déjà, les mots me pèsent, la confusion me gagne. En fait de répugnance, s’il en est une qui m’afflige, c’est, tenace, accablante, celle que de tout temps j’ai eue pour moi (et que je crois aisément partagée par autrui). Je suis bien le dernier des hommes à pouvoir faire l’avantageux en dédaignant qui me distingue. Toute estime, toute affection m’obligent, dans les deux sens du terme. J’ai toujours trouvé, de ma part, l’hésitation insolente, le refus grossier et je tiens pour certain que j’aurais pu être victime de n’importe quelle aventurière si je n’avais été en quelque sorte protégé par ma grisaille. Citons encore une fois l’encourageante Mamette, disant de son époux, à mon intention :

« Avec lui, j’étais bien tranquille. Pour se jeter à la tête d’un homme, il faut tout de même qu’elle en vaille la peine. »

En quoi la mienne l’eût-elle value ? Écorchons ici ma sincérité, grattons-la jusqu’à l’os. Quand ce n’est pas un habile détour, ce peut être une parade inconsciente que d’incriminer ses avantages, pour ne pas mettre en cause ceux de la personne dont le choix nous incommode. Le non sum dignus est alors un raffinement du refus, assez dans ma manière. Mais il n’en reste pas moins que toute recherche dont je me sens l’objet m’étonne. C’est si vrai que je viens de dire « recherche » pour ne pas dire « sentiment », et encore moins « amour », ces mots me semblant trop gros. C’est si profond que je ne peux voir un film sans détester le roucoulant héros et trouver ridicule le beurre-bouche que lui accorde la dame. C’est si tenace, enfin, que trois chances n’y auront rien fait, et qu’après Gisèle, après Marie, après Laure, je me dirai toujours : « On m’aime ? Allons, voyons, soyons sérieux, on est gentille, on est bonne fille, on fait ce qu’on peut, on donne le décor d’usage à ses petites raisons. »

Et celles de Laure me paraissaient claires : « Elle a d’abord fait sur moi, à l’âge bête, une petite fixation. J’étais là. J’étais le seul homme de l’entourage et le mari de la sœur aînée qu’une cadette jalouse toujours un peu. Béguin d’adolescente : ce sucre fond vite. Mais la guerre est venue, écartant les épouseurs et Gisèle est morte, lui laissant les gosses sur les bras. Laure a attendu et à mon retour, faute d’occasions, elle a continué d’attendre, si bien qu’elle a fini par croire que c’était moi qu’elle attendait. Femme à demi casée, femme à demi gâchée. Elle n’a, malgré la différence d’âge, même plus envie de faire mieux. Elle s’est identifiée à la maison, accrochée aux enfants. Elle donne mon nom à ses habitudes. »

Aux miennes, malheureusement, bien qu’elles fussent les mêmes, je n’avais pas envie de donner son nom. Que Laure fût une ménagère efficace, infatigable, attentive et gratuite, je n’en disconvenais pas. Mais épouse-t-on une femme pour des qualités ancillaires, comme on épouserait sa bonne ? Son affection pour les enfants, sa délicatesse me touchaient plus, comme sa discrétion, son souci de ne jamais s’imposer, de ne pas jouer l’indispensable — qu’elle était, en fait — et la confusion qui la mettait en fuite dès que sa mère chantait, devant moi, ses louanges. Moins jolie que sa sœur et pâtissant de la comparaison avec mes souvenirs, elle était bien plus jeune, donc en réalité, plus fraîche, plus désirable que n’eût été Gisèle, si elle avait survécu ; assez désirable même, malgré ses blouses et ses fanchons, pour intéresser l’œil, de temps à autre, à son décolleté. Mais incapable de s’en aviser, elle l’était plus encore d’en tirer parti ; et je n’accordais moi-même aucune importance à ces tentations, vite éteintes sous la paupière, comme le sont tant d’autres qu’allument en nous d’accortes passantes et qui ne nous incitent pas pour autant à nous méconduire ou à nous précipiter à la mairie.

Coup de chapeau à ses qualités, coup d’œil prudent à ses charmes. À la gratitude près, qui était vive, cela s’appelle indifférence et le handicap est sérieux, même pour un homme capable — je l’avais déjà démontré — de s’attacher après coup. Mais Laure avait encore contre elle d’être une Hombourg, d’être la sœur de Gisèle ; et la mienne, comme telle définie, installée dans ma maison, dans mon train-train. Le fait de m’être dévouée l’empêchait presque, en un sens, de m’être vouée. Que tout fût en place n’arrangeait rien. Bien au contraire. Même si je n’avais pas eu d’autres projets pour faire une fin, avec une autre femme, vraiment choisie, j’aurais envisagé avec aussi peu d’enthousiasme d’épouser Laure, cette remplaçante, dont le pire tort était justement de prendre la suite, de me la faire prendre avec elle. Je me souviens d’une phrase lancée — à Marie, bien entendu — le lendemain de l’accrochage avec ma belle-mère :

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