Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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« Qu’est-ce qui se passe ? »

Le vent ferait un bon coupable. Mais il n’y a pas de vent. Bruno pourrait avouer, mais j’aurai répondu avant lui :

« Merde, je ne sais pas comment j’ai fait mon compte, j’ai renversé le châssis.

— Si Papa était encore là, dit Laure, d’une voix lisse comme son tablier de plastique, il en ferait une histoire ! Mais j’aime mieux ça. Je croyais que c’était Bruno. »

La fenêtre se referme. Reste à payer la casse. Celle du châssis n’est pas inquiétante ; celle de mon prestige pourrait être plus grave. Je n’ai pas réfléchi une seconde. J’ai sauté sur l’occasion. L’occasion de quoi ? Je serais bien en peine de le dire. De prouver à Bruno que je suis son ami ? De lui éviter une scène, en m’en évitant une à moi-même ? Les deux, sans doute, et j’aurai de la chance s’il n’y renifle pas, d’abord, l’odeur de ma lâcheté. Je marche à grands pas, je marche, je tourne, broyant sous mes talons les touffes de pâquerettes incrustées dans le gravillon. Mon amitié, pourtant, il faut qu’il y croie… Et c’est mal dire, car je ne lui joue pas de pièce ; il ne faut pas qu’il y croie, il faut qu’il la sache. Je joue peut-être un jeu dangereux, pour moi comme pour lui. Mais je le reprendrai en main, quand il sera gagné.

Rentrons. Bruno est dans la cuisine, près de sa tante qui touille une mayonnaise. Il ne me regarde pas. Il n’en finit pas de ne pas me regarder. J’aimerais qu’il s’accuse, qu’il proclame : « Ce n’est pas Papa, c’est moi qui ai renversé le châssis. » Mais pourquoi le ferait-il, pourquoi m’exposerait-il au ridicule ? Il réfléchit, lui. Il cherche mes raisons, en accordant toute son attention à la montée de la mayonnaise.

« Ça y est, dit-il, elle prend. »

Dans le coup d’œil qu’il m’accorde enfin, la gratitude, l’émotion semblent absentes. Je n’y lirai que cette prudence, bien connue des professeurs, si prompte à grillager de cils le regard des élèves qui ne savent plus à quoi s’en tenir sur votre compte et cette stupéfaction, cette incrédulité dont ils ne font pas mystère quand on leur apprend que Napoléon faisait des fautes d’orthographe.

Retrouvons Bruno chez Mamette. Ma belle-mère a un faible pour son petit-fils : un faible qu’elle dissimule de son mieux sous un perpétuel agacement. Aussi empoté que moi, Bruno ne sait rien faire de ses dix doigts ; il a rarement l’idée d’aider sa grand-mère quand elle roule, se poussant d’une main, farfouillant de l’autre dans son capharnaüm.

« Ma lime à ongles, lance Mamette. Ma lime, là, à côté de toi. Non, pas sur ce guéridon, sur l’autre. Mon Dieu, tu as des yeux de verre et un cul de plomb. À quoi seras-tu jamais bon ? »

Et Bruno, vexé, bougonne. Cinq minutes plus tard, voyant sa grand-mère s’éloigner vers la cuisine, il ronchonne, pour lui seul :

« Et elle, à quoi a-t-elle été bonne ?

— À te faire, puisqu’elle a fait ta mère, murmure le gendre, également censé responsable.

— Je n’ai pas demandé, rétorque Bruno, intraitable, mais visiblement flatté d’une attention qui m’a permis de ne pas perdre le fil secret de son humeur.

— Excuse-nous. Nous pensions te faire un cadeau. »

Bruno, cramoisi, se noue. Je file. Mais nous le retrouverons, fébrile, en train de mettre la pièce sens dessus dessous pour découvrir la lime à ongles.

Autre saynète : Bruno chez Japie. Sous prétexte qu’elle avait des puces, Bruno a longtemps boudé Japie : peut-être parce qu’elle nous a été offerte, toute petite, par Marie Germin, dont les rares visites sont boycottées par mes enfants, serrés autour de leur tante, elle-même plus silencieuse que jamais. Depuis lors, c’est Japie qui boude Bruno, intéressé par son chiot. Je passe devant la niche et je la trouve, campée des quatre pattes sur sa progéniture et aboyant sans conviction au nez de mon fils, qui discute, accroupi devant elle.

« Eh bien quoi, donne-le, on est copains maintenant. »

Japie risque un coup de langue, ressort un croc, gronde encore un peu et, louchant sur le ravisseur, se couche pour se mordiller une cuisse.

« Je l’ai ! » dit Bruno, raflant le chiot, dont il se met à gratter doucement la tête.

Moi aussi, j’ai deux doigts dans les cheveux de Bruno, qui ne s’efface pas. On est copains, maintenant : avec circonspection. Il commence à oublier mes puces.

Autre saynète : sans Bruno. Louise est avec moi, dans le vivoir. Preste et finaude, toute en mines, pateline au besoin, ma fille, c’est la douce, le tendron des familles ; c’est la chatte, frémissante, mais immobile, qui restera sage en vous ronronnant dessus, jusqu’au printemps. L’adolescence agace son chandail, lui donne pêle-mêle le goût des parfums, des chansons, des bas quinze deniers, des slips minuscules, des pantalons corsaire. Mais je suis encore l’alibi de ses transports, comme elle l’est des miens. On me léchotte, on me suçotte, on me fait des mignardises et malgré ce qu’en pense un père profond, ça reste, ma foi, agréable, flatteur et reposant pour le père quotidien de se donner si facilement le change, d’attendrir la galerie, d’accueillir sur un genou la demi-demoiselle qui a tant de peau sous si peu de jupe et si peu de problèmes sous tant de cheveux. Louise est mon sirop, comme Michel est mon vin d’honneur et Bruno mon vinaigre.

Du moins était-ce vrai. Avec Laure, à qui rien n’échappe, mais sans Michel, à qui suffit sa gloire, Louise depuis quelques jours s’étonne : sans s’inquiéter, car ce n’est pas son genre. Elle sautille, revient, se coince contre ma rotule, me palpe du bout des doigts.

« Tu n’es pas dans ta veste, Papa. Où es-tu ? »

Ici, ailleurs, nulle part. Quelque chose me pèse. Cinquante kilos de fille, c’est lourd pour un genou quand l’autre se sent frustré du même poids. Pour venir rétablir la balance Michel est un monsieur trop grave, trop digne, trop ennemi déjà de son enfance. Mais Bruno, qui est encore un petit garçon, Bruno qui d’ordinaire entre et sort, tout droit, qui tourne autour de nous, toujours tout droit, et reste le plus souvent debout, sans même s’accoter au fauteuil, Bruno qui sifflote, tss, tss, — « Ne siffle pas, Bruno, répète souvent sa tante. Tu n’es pas dans une écurie. »

Bruno qui, alors, se met à respirer à petits coups secs, sans jamais soupirer, Bruno qui n’a pas écrit, Bruno me manque.

Car, pour tout dire, il est parti depuis une semaine chez le cousin Rodolphe, son parrain. Louise s’en soucie peu. Michel encore moins. Laure surgit et, pour mettre le couvert, enveloppe la table de gestes précis qui ne heurtent aucune assiette, qui semblent se dissoudre dans l’air. Elle a les traits tirés et cette mine découragée qui, par moments, la rend pénible. Mais soudain d’un nerveux tour de clef elle ouvre le placard.

« Ce petit en moins, ça fait tout de même un trou ! » souffle-t-elle comme si elle parlait aux verres qui luisent, nets, froids, rangés à boucheton, entre deux carafes au long cou.

Ce n’était que pour huit jours. Le revoilà, chaque jour plus long, plus grêle et promenant plus haut cette grosse tête où il semble se réfugier, où il rêve, où il habite tout entier et qui lui donne l’air d’être absent de sa culotte. Il ne travaille pas beaucoup moins mal ; il ne parle pas beaucoup plus. Mais son vocabulaire a légèrement changé.

Laure, au début, il l’appelait Tatie, comme tous les neveux en bas âge. Puis durant des années il l’a appelée Tante, sans possessif. Tante, tout court, mais avec un T formidable, qui donnait à ce mot une importance insolite : quelque chose comme s’il était le féminin de tant. Puis, je ne sais comment, parce que les titres familiaux se démodent, parce que Michel et Louise pour se vieillir se sont mis à le faire, parce que ma belle-sœur ainsi rajeunie ne s’y est pas opposée, parce qu’enfin je n’ai pas détesté la chose, Bruno à son tour s’est décidé à l’appeler Laure.

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