Hervé Bazin - Au nom du fils

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Au nom du fils: краткое содержание, описание и аннотация

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Au nom du fils On remarquera que ce thème de la paternité n’a été que rarement traité dans le roman français (Balzac, bien sûr… Encore que
soit surtout l’histoire d’un vieillard dépouillé par ses filles.) Que cette lacune soit comblée par le romancier de
, c’est-à-dire de la haine filiale, cela peut étonner mais cela est logique : Hervé Bazin est le romancier des difficultés de la famille, toute son œuvre en témoigne. Disons que le temps a fait aussi son œuvre, et que, si l’auteur n’est point ici acteur comme naguère, il a connu depuis, auprès de ses propres enfants, les sentiments qui font de ce livre le chant d’amour d’un père.
Ceci dit (pour reprendre une citation d’Emile Henriot) « il écrit toujours de la même encre empoisonnée, de la même plume furieuse, n'ayant pas encore désarmé et cependant c'est un homme en train de se transformer que nous retrouvons… »

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Celle-ci, d’abord la plus lointaine, qui doit en tout cas se situer peu de temps après l’incident de l’échafaudage.

Il est dix heures. Je suis dans ma chambre, en pyjama et toujours gêné de l’être devant Laure, qui a gratté de l’ongle à ma porte avant de me dire bonsoir avec cette gentillesse acharnée dont il faut bien que j’abuse, avec cette voix feutrée, déférente, presque ancillaire, qui passe mon mérite et ravale le sien. Elle va s’en aller, elle murmure :

« Pour demain, j’ai pensé qu’une tarte… »

Sa tarte aux cerises de conserve, moi, je veux bien. Avec les bougies plantées dedans, sur collerette de papier. Laure manque d’imagination. Mais la porte bat contre le mur. Bruno, qui devrait dormir, qui n’est même pas déshabillé, fait irruption et claironne :

« Les jumeaux ont treize ans, demain, tu sais ?

— Tu pourrais frapper. »

Bruno se fige aussitôt, relève le nez du côté de Laure, dont le regard lui coule dessus, protecteur. On dirait qu’elle est la mère ; et moi, le beau-père. Impossible de me rattraper. Je sais bien que c’est l’anniversaire des jumeaux. Mes cadeaux sont prêts dans le tiroir. Je bredouille :

« C’est vrai, merci, j’allais oublier. »

Mais j’ai seulement oublié de me méfier de moi.

Bruno, lui, se méfiera longtemps. Près de Michel qui potasse ferme, le voici qui griffonne des chiffres sur son cahier de brouillon. Sa tante passe et il le ferme à demi. Je passe et il le ferme tout à fait. Mais sa sœur passe, il le rouvre et demande à mi-voix :

« Les bissextiles, c’est tous les combien ?

— Tous les cinq ans, dit Louise, bravement.

— Tous les quatre ans, idiote ! » rectifie Michel, émergeant de son algèbre.

Vexé de n’avoir pas été consulté le premier, il fronce les sourcils. Bruno explique :

« Je comptais les jours jusqu’à mes vingt et un ans. »

Un peu plus tard, au cours du même hiver, nous voilà dans ce que ma mère appelait le salon, Gisèle le living, tandis que les enfants l’appellent maintenant le vivoir. C’est toujours la même pièce qu’a connue mon enfance, avec sa fausse cheminée, ses meubles tarabiscotés, son papier peint où voltigent des feuilles mortes et dont Maman disait elle-même qu’elles entretenaient autour de nous un éternel automne. Enfoncé dans ce vieux fauteuil dont un ressort est brisé, je lis, je tourne des pages, je tue mon jeudi. J’observe les miens, aussi, ou du moins je le crois ; je note des choses, vaguement, dans ma tête. Des gouttes de pluie descendent lentement la pente des quatre fils électriques tendus comme une portée devant la fenêtre. Du poste de radio dégouline aussi quelque musique. La chienne dort, roulée en boule sur le tapis. Par un bâillement de porte Laure s’est glissée dehors en chuchotant : « Je reviens. » Louise, qui se frottait à elle, est venue se frotter à moi. Assise par terre, contre mes jambes, elle essaie des sourires, lisse ses ongles, secoue ses cheveux, examine dans une glace de poche la longueur de ses cils, mordille cette médaille qui par instants lui glisse des dents et se coince dans le sillon naissant de sa poitrine. À un bout de la table Michel, penchant sur sa boîte de Meccano un profil d’archange froid, assemble une grue, avec des gestes précis et le sérieux qu’il apporte en tout. À l’autre bout, Bruno qu’il daigne rarement inviter, parce que « ce brouillon-là lui perd ses vis »… Bruno, tout raide dans son sarrau gris, qui sent l’empois, dessine.

Et ce qu’il dessine, à moins d’un mètre de moi, je peux le voir sans me pencher. C’est une maison dont les fenêtres n’ont pas de rideaux, dans un paysage solidement clos, à barricades pointues, surmonté d’un soleil qui n’a pas droit à la traditionnelle marguerite de rayons. Bruno dessine, Bruno ne bouge pas, Bruno nous fiche la paix, c’est parfait. Mais si le père est content, le pédagogue, qui parfois le secourt et parfois lui fait tort, le pédagogue qui a trop lu, trop vu, trop commenté ces choses, qui connaît les valeurs, les interprétations, commence à ciller. Un paysage hérissé de défenses, pas de rideaux aux fenêtres, un soleil privé de rayons, mauvais, ça, mauvais. Encore heureux que cet enfant n’y ajoute pas quelque bonhomme couché !

Or justement Bruno, qui sifflote entre ses dents, attaque une silhouette. Un point pour le nez, deux points pour les yeux, un trait pour la bouche, une boucle autour du tout et nous avons une tête. M. Astin ne sait plus si c’est dans l’ordre. Il pense seulement qu’il y a des chances pour qu’une tête vue de face ne soit pas celle d’un homme couché. Mais aura-t-il des mains, cet homme ? Très important, les mains, très instructif, même si on s’en débarrasse inconsciemment en les mettant dans le dos. J’écarte Louise, je me retrouve debout, murmurant :

« C’est chez nous, ça ? »

Le crayon s’immobilise, bien sûr. Bruno se tord le cou pour m’observer, pour deviner. Depuis des semaines il vit sur une sorte de qui-vive, dans l’incertitude et la prudence des sans-grade avec qui le capitaine essaie naïvement de fraterniser. Il cherche à trouver la bonne réponse, à rouler le galon. Pris de court, cette fois, il suce son crayon, le ressort de sa bouche, tout gluant de salive et dit enfin, esquissant d’un trait un dos en forme de pain de sucre :

« Tu vois bien que c’est la maison du bossu. »

Rasseyons-nous, bien droit, et respirons, toute science en déroute. Mais, au fait, qui est le bossu ?

Les qui, les pourquoi, les comment, toutes ces puces à l’oreille n’ont pas fini de me piquer. Je me gratte. Je ne me déchire pas. Ce ne sont toujours que des scrupules, qui en réveillent d’autres, qui s’étendent à Laure, à Louise, à Michel, à mes élèves. Je me gratte et je me flatte un peu de cette démangeaison.

L’année en cours, de toutes celles passées à Villemonble, sera la plus malhabile, la plus médiocre. Bachelard, le proviseur, ne se privera pas de le dire derrière mon dos et Marie Germin — cette camarade de Sorbonne que ma mère avait « écartée » et que j’avais retrouvée parmi mes nouveaux collègues — s’en fera l’écho :

« Fais attention, Daniel, tu flottes, ça se voit, ça se répète. Il y a des parents, armés de relevés de notes, de copies sournoisement comparées qui sont venus se plaindre. Je sais ce qui te tracasse et je ne vais pas te dire, comme Bachelard, qu’il vaut mieux être tout l’un ou tout l’autre, vivre sur une réputation de vachard à qui nul n’ose manquer ou de faiblard que ménage sa classe. Il nous reste tout de même de la marge. Mais c’est vrai qu’une justice de série nous interdit d’être tout à fait équitables, de mesurer nos exigences, à la tête du client. Seuls les précepteurs — ou les pères — peuvent s’offrir ce luxe privé. »

De ce luxe pourtant, malgré de honteuses prudences, malgré l’incohérence de l’humeur et du choix, je demeurerai le mauvais défenseur. Car je me diviserai, comme d’habitude ; j’approuverai les critiques : « Un manquement est un manquement, qui entraîne telle sanction. Un devoir est un devoir qui vaut tant de points selon le barème. Je suis un professeur qui fait du sentiment. » Mais allez donc lutter contre cette évidence que trente-deux élèves ont bien trente-deux visages, et, selon leurs moyens, leurs efforts, la condition qui chez eux leur est faite, trente-deux mérites dont chacun exige ses poids et ses mesures. Cet orphelin, malmené par son tuteur et qui me chahute, qui passe sa hargne sur moi, n’est-il pas moins coupable que ce fils à papa, bouffi de chocolat et de méchanceté gratuite ? Et ce boursier qui travaille dans le tohu-bohu d’une loge entre une mère qui bavarde et un père qui sirote, n’a-t-il pas droit à une meilleure note que son rival, fils de notaire élevé dans un véritable bouillon de culture ?

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