Hervé Bazin - L'huile sur le feu

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L'huile sur le feu: краткое содержание, описание и аннотация

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On ne dort plus guère à Saint-Leup du Craonnais : les femmes y brûlent avec une régularité qui exclut le hasard. Et le soupçon, plus encore que la menace, empoisonne le village.
L'incendiaire ? On le découvre au cours de péripéties hallucinantes où chaque personnage se révèle dans sa vérité : Monsieur Heaume, une manière de châtelain ; Degoutte, le menuisier, et son fils demeuré ; Ralingue, l'épicier chef des pompiers ; Eva Colu qui fuit une vie devenue insupportable ; Bertrand, son mari, contraint par une abominable brûlure de guerre à vivre masqué et qui, depuis, combat le feu avec acharnement.
Le cauchemar de Saint-Leup est raconté par Céline, la fille unique d'Eva et de Bertrand. A la lueur des incendies, c'est toute l'existence d'un village qui nous apparaît, dans sa profondeur, avec ses passions et ses rancunes.

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— Roulés… Il les a roulés ! Toute la compagnie est au Louroux, et c’est chez nous que ça brûle.

Un bond en arrière me rejeta dans les bras de ma mère, intriguée.

— Toi, tu sais quelque chose, dit-elle.

Je lui échappai, mais elle me rejoignit dans la chambre, où je m’habillai avec une telle hâte qu’une bride de ma combinaison céda et que j’arrachai la tirette de la fermeture éclair de mon blouson. Ma mère, que gagnait mon agitation, luttait de vitesse avec moi, enfilait ses bas en murmurant :

— Tu as peur qu’il en profite pour simuler un accident, pour se jeter dans le feu, hein ? Tout de même, il y a des moyens plus discrets. Mais peut-être a-t-il pensé qu’ainsi nous toucherions une pension.

Peut-être, en effet ! N’était-il pas capable du calcul le plus subtil — et le plus tendre — associé aux pires aberrations ? Un foudroyant point de côté me taraudait le flanc gauche. Harnachée la première, je me traînai vers la porte sans tenir compte des « Attends-moi » jetés par M me Colu. La sirène montait, descendait, montait : elle finissait par faire partie de la nuit, et, à force de l’entendre, on ne la remarquait plus. Mais la rue retentissait de cris, de lourdes galopades, et un champignon de fumées rousses montait au-dessus des toits à l’assaut du ciel à peu près nettoyé par un « vent de haut ». Je courais sur la lueur, laissant ma mère loin derrière moi, et dépassai Julienne qui trottinait au coude à coude avec une autre voisine. Elle grinçait dans l’ombre : « Ça leur apprendra, aux Dagoutte ! Il n’y a pas une semaine que Simplet est rentré. » Et j’appris ainsi quelle était la victime condamnée par mon père à lui offrir son bûcher. La scierie ! Avec ses tonnes de bois en grume et ses piles de planchettes entassées les unes sur les autres pour le séchage ! Un étrange orgueil se tortillait en moi, parmi l’invective et la malédiction : comme il voyait grand ! Et pourtant je n’étais pas au bout du compte, il avait vu encore plus grand. À l’instant où j’arrivais au carrefour, une série d’explosions sourdes retentit sur la droite, du côté du garage Dussolin, contigu au parc à bois des Dagoutte. Une sorte de fusée s’éleva toute droite, illuminant le clocher, s’épanouit, se fragmenta, dispersa un parasol d’étoiles filantes comme la pièce maîtresse d’un feu d’artifice. Mais, cette fois, il ne s’agissait pas d’un simulacre ! Des milliers de débris, verre, pierre et ferraille, projetés au loin par la déflagration, retombaient de toute part, fracassant les ardoises des toits, les poteries de cheminées. Quelque part dans la cohue qui commençait à s’entasser dans la rue des Franchises monta le hurlement d’une femme blessée. Puis une grande clameur : le dépôt de Butagaz, annexe du garage, venait de sauter.

Mais presque aussitôt une autre clameur s’éleva sur la gauche : « Les voilà ! Ils reviennent. » Du fond de la campagne montait le déchirant signal à deux notes de la motopompe, lancée à toute allure. Il grandit, surclassant la sirène, il remplit toute la rue déjà bien éclairée par l’incendie, et une masse rouge, qui rejetait la foule sur les côtés comme un chasse-neige, bloqua ses freins devant moi. Six casques de cuivre et deux képis de gendarme se dressèrent aussitôt, tandis que la foule se resserrait stupidement, paralysant toute manœuvre. Il y eut une minute de confusion parfaite. Dagoutte abandonnait l’équipe, fonçait chez lui. Dix, vingt personnes se hissaient sur les marchepieds, lançant des avis, des reproches, des encouragements, que dominaient le crépitement du jeune incendie, l’acharnement de la sirène.

— Il vous a eus comme des bleus… Prenez par la rue du Roi-René… Non, ça grille des deux côtés… Alors tu ne pouvais pas contrôler l’appel ?… Dagoutte est foutu, attaquez sur Dussolin… Et les maisons du bout ! La flamme couche dessus.

Debout sous l’échelle encore repliée, Ralingue, dépassé, affolé, ne savait où donner de la tête, ne pensait qu’à sa propre défense. Il s’égosillait :

— Un faux coup de téléphone ! Je n’ai même pas pu rappeler, la ligne était coupée.

Puis il se mit à gémir :

— Nous sommes jolis ! L’eau va étaler l’huile.

— Exact, fit quelqu’un auprès de moi — c’était Besson cadet. L’huile, le bois et tout ce pâté bâti sur croisillons, serré comme une couvée… On peut évacuer !

— Bertrand ! Où est Bertrand ? lança une femme.

Alors la tête de drap surgit parmi les casques. Du fond de la voiture où il était resté assis, affectant d’attendre les ordres (et donnant sa chance au feu), se dressa, calme et froid, celui que j’attendais : le sergent Colu. Chacun le vit empoigner à deux bras la grande manivelle de coulissage.

— Avancez ! Vous déviderez jusqu’au puits cinq, cour des écoles, vous mettrez en batterie dans le passage. Et déblayez, déblayez, bottez-moi le cul des inutiles, cria-t-il d’une voix formidable, mais légèrement nasillarde comme ces voix de disque qui sortent des haut-parleurs.

*

Facile à dire ! Presque impossible à réaliser : c’est qu’il s’agit moins de curieux que d’habitants de la rue, directement menacés et qui refusent de s’en aller, qui rentrent dans les couloirs, pour ressortir aussitôt. À la hauteur du garage, dont la façade est encore intacte, la pagaïe devient indescriptible. Les gens courent dans tous les sens, les Dussolin lancent dans la rue des meubles, des matelas, des ballots, un mannequin de couture, une cage pleine de perruches bleues. Croyant bien faire, mais agissant en ordre dispersé ou même à titre individuel, des sauveteurs improvisés se bousculent, s’encombrent de charges trop lourdes, se jettent dans les jambes les uns des autres. Quatre voitures, un tracteur, un camion, poussés dehors, barrent la chaussée que jonchent les éclats de la verrière soufflée par l’explosion. La motopompe a toutes les peines du monde à faire les cinquante mètres nécessaires. Une fois mise en place, dans l’étroit passage qui fait communiquer la rue et la cour intérieure du garage, elle doit reculer devant un ruisseau de goudron qui s’échappe de trois gonnes crevées et s’avance comme une coulée de lave en dégageant d’épaisses, d’irrespirables fumées brunes. Au-dessus de cette agitation vaine, le brasier pousse sa torche avec une puissance de volcan.

— Du sable ! Amenez du sable ! réclame Besson.

— Je l’avais bien dit : il fallait attaquer par l’autre côté, grogne Ralingue.

— Dégage ! hurle mon père, le poussant aux épaules.

Il passe devant moi, me regarde et ne cille même pas. M’a-t-il seulement reconnue ? La motopompe, sur son ordre, se range un peu plus loin à l’angle du pâté de maisons, donc à l’abri du vent qui pousse à l’est. Peu familiarisés avec le nouveau matériel, les pompiers tâtonnent. Enfin l’échelle se déplie et Papa empoigne sa lance, se met à grimper.

— Tu es fou, proteste Troche. Tu ne tiendras pas là-haut, tu seras grillé en cinq minutes.

Mais le sergent Colu monte, laissant tomber un ordre à chaque barreau.

— Caré ! Téléphone partout : aux communes voisines, à la sous-préfecture, à la préfecture… Besson ! Ramasse tous ces corniauds qui se croient au théâtre et fais un cordon autour du pâté… Troche ! Va chercher la vieille seringue, prends l’eau dans la mare Dernoux, noie ce que tu peux chez Dagoutte… Allez-y, donnez-moi la flotte.

La première giclée sera pour lui. Il s’arrose de la tête aux pieds avant de grimper les échelons de coulisse. Puis sa silhouette se détache, burinée sur une plaque d’or rouge. À plein débit, le jet fouille les racines ardentes d’une irrésistible végétation de flammes, qui sort de partout, tord, secoue, enlace ses branches éclatantes, à peine tranchées, aussitôt reformées. Impassible, déjà fumant, Papa fauche, fauche, de droite à gauche, de gauche à droite… Ah ! il se dépense sans compter, comme si le résultat ne devait pas, de toute façon, être pour lui le même ! Mais il n’y pense certainement pas, il fait corps avec sa lance et ne s’occupe pas du reste. En attendant d’être un grand criminel, il fait son héros jusqu’au bout. Mon père, l’agent d’assurances, le mari de M me Colu, le sergent des pompiers n’existent plus : il n’y a que Tête-de-Drap. Tête-de-Drap dans son élément. Ver dans la terre, poisson dans l’eau, oiseau dans l’air, Tête-de-Drap dans le feu. Quelle aisance ! Quel bonheur du geste ! Ce dernier incendie, qu’il vient d’allumer pendant mon sommeil, il l’a provoqué, il le combat, il cherche à le détruire comme l’Espagnol provoque, combat et tue le taureau qu’il a élevé… J’ai honte de le penser, je m’accuse d’être sa fille, d’être affreusement sensible à tout ce qui l’explique, à tout ce qui l’excuse, mais comment ne pas croire qu’en ce moment il est tout ce qu’il peut être : un monstre, oui, mais un monstre dont la passion est d’anéantir le mal qu’il a d’abord été obligé de créer. Son acharnement est un acharnement contre lui-même. Son imprudence même, une chance offerte à son propre châtiment. Elle dépasse tout, cette nuit… Ses hommes, au pied de l’échelle, se mettent à plat ventre, s’abritent par tous les moyens contre le rayonnement intense de la fournaise. Quel supplice ce doit être pour lui, là-haut ! Le cordon formé autour du pâté de maisons, comme une ronde tragique, s’écarte de plus en plus, se désagrège, et Céline, comme les autres — je ne sais même pas à qui je donnais la main, — va rejoindre le second cercle de visages que la crainte et surtout la chaleur maintiennent à distance. On me happe…

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