Hervé Bazin - L'huile sur le feu

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L'huile sur le feu: краткое содержание, описание и аннотация

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On ne dort plus guère à Saint-Leup du Craonnais : les femmes y brûlent avec une régularité qui exclut le hasard. Et le soupçon, plus encore que la menace, empoisonne le village.
L'incendiaire ? On le découvre au cours de péripéties hallucinantes où chaque personnage se révèle dans sa vérité : Monsieur Heaume, une manière de châtelain ; Degoutte, le menuisier, et son fils demeuré ; Ralingue, l'épicier chef des pompiers ; Eva Colu qui fuit une vie devenue insupportable ; Bertrand, son mari, contraint par une abominable brûlure de guerre à vivre masqué et qui, depuis, combat le feu avec acharnement.
Le cauchemar de Saint-Leup est raconté par Céline, la fille unique d'Eva et de Bertrand. A la lueur des incendies, c'est toute l'existence d'un village qui nous apparaît, dans sa profondeur, avec ses passions et ses rancunes.

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— Tu vois, Céline, il suffit que j’en parie pour que je ne sois plus le même. Il est là-dedans, le salaud, il n’en sort pas, il guette toutes les occasions de m’exciter. Va te coucher, va !

Et il se retourne contre le mur. Sent-il seulement que je le borde comme un enfant, que je l’embrasse à cet endroit du crâne que les brûlures ont rongé au plus creux et que labourent des cicatrices livides aux rebords hérissés d’excroissances violâtres ? Allons, la cause est entendue : cette suprême confidence l’accuse moins qu’elle ne l’excuse. Il ne sera pas injuste qu’il échappe au châtiment : celui qui l’a mérité, ce n’est pas lui, c’est le ou les responsables de cette immense injustice qui continue, par cette victime, à s’offrir d’autres victimes. Et d’ailleurs qui parle de justice ? A-t-on besoin de rassurer ses tendresses ? Un tour de clef à la porte du grenier et la clef dans ma poche : il n’ira pas là-haut. Raflons les allumettes. Mais faut-il aussi rafler le hachoir, le couteau à découper, la broche, les poinçons, les ciseaux, les innocents tournevis ?… Les bras m’en tombent. À qui vraiment ne veut plus de sa vie, il faut bien peu de fer : un clou suffit. Cachons seulement le fusil, qui a quelque chose de trop provocant.

Mais, au moment où je vais le glisser sous le lit, le canon racle le plancher et la veilleuse s’allume. Ma mère se soulève sur l’oreiller et regarde l’arme avec stupéfaction, en hochant longuement cette tête qui a délaissé le pansement pour un simple mouchoir noué en marmotte. Puis, soudain, elle comprend, et une insupportable joie lui aiguise un sourire :

— Tu crois qu’il en est là ? dit-elle.

XXXII

C’est la fin. Impossible de savoir laquelle, mais c’est la fin. À l’heure habituelle, sonnée par le réveil et avec les gestes habituels, lents, mesurés, mécaniques, il a quitté sa chambre pour avaler ce café au lait servi par sa fille. Rien de remarquable dans son attitude, triste et figée, mais pas plus que la veille. On se forge si facilement des idées que je ne jugerai d’abord pas utile d’interpréter l’insistance froide et résolue de son regard qui peut aussi être celui du sergent Colu (et on sait ce que recouvrent chez lui le calme et la résolution !) que celui d’un homme qui a choisi son chemin, qui ira coûte que coûte où il a décidé d’aller. Je me dis seulement en poussant devant lui la boîte à sucre ou le beurrier : « Il est déconcertant. Effondré hier soir, il semble ce matin massif et sûr de lui. »

Mais voici que se succèdent une série de petits faits inattendus, anormaux. Son bol vidé, il jette sa serviette en bouchon sur la table au lieu de la plier, de la glisser dans le rond de plastique rouge qui lui est dévolu, et ce rond disparaît dans sa poche, où je l’entends craquer au creux de son poing. Puis il s’approche du buffet, saisit le cadre que j’ai sauvé de la poubelle, en retire sa photo, aussitôt déchirée en deux, en quatre, en huit, en seize morceaux, qui vont rejoindre les débris du rond de serviette. Ne parlons pas de Céline, déjà toute droite, toute raide. Ma mère — qui depuis ce matin n’a plus de pansement — pousse le balai, radieuse, feignant de ne rien voir. Mais elle comprend aussi bien que moi le sens de ce massacre des symboles : cette petite mise en scène est une manière de crier : « Je m’en vais » sans ouvrir la bouche.

S’en va-t-il vraiment ? Où ? Dans quelles conditions ? Est-ce seulement prudent de le laisser faire ? Même s’il n’a plus ma mère pour le mettre hors de lui, ne sera-t-il pas aussi dangereux ailleurs qu’ici ? L’exil, la solitude, la privation de sa fille, la rupture avec ses habitudes ne vont-ils pas être exploités par ses démons ? À peine a-t-il filé dans son bureau que je tâche de l’y rejoindre. Peine perdue : il s’est enfermé à clef et donne, sans désemparer, de mystérieux coups de téléphone, d’une voix sourde, calculée au plus juste pour ne pas traverser la porte. Quand je me retourne, dépitée, je bute contre ma mère qui, elle aussi, s’est approchée pour essayer de surprendre quelque chose.

— Je crois que ça prend tournure, dit-elle à voix basse.

Une heure plus tard, un nouvel événement, encore beaucoup plus significatif, vient confirmer son espoir et mes craintes. Une charte à grandes roues tirée par un cheval gris à queue ficelée en paquet et menée par Lucas, le premier gars de La Mélettière, s’arrête devant la grille. Papa surgit aussitôt, portant sur son dos l’extracteur à miel qui disparaît derrière les ridelles. Puis c’est le tour du cérificateur, de l’enfumoir et de cette caissette contenant tous les petits outils spéciaux d’où dépassent les manches des couteaux à désoperculer. Enfin arrive la première ruche… Assise derrière le rideau droit de la fenêtre de la cuisine, je regarde, atterrée. Quant à ma mère, follement intéressée, mais victime de sa propre attitude qui lui interdit de poser des questions à un homme qu’elle affecte de considérer comme inexistant, elle ne cesse de soulever le rideau gauche.

— Douze ruches, ça vaut de l’argent, grogne-t-elle. C’est autant qu’il retire de la communauté. Douze ruches, le matériel et tout : c’est cent mille francs dont il me fait tort.

Mais elle n’ose s’interposer, toujours pour la même raison. Peut-être aussi parce qu’elle ne tient pas à faire un éclat juste au moment où son mari paraît consentir à une séparation si longtemps et si farouchement refusée. Elle change de disque pour répéter :

— Qu’il emporte ses mouches à miel, bon ! Mais je te garantis qu’il n’emmènera pas sa fille.

Savoir ! Laissons-la seule à son poste d’observation et rejoignons ce malheureux qui ramène une nouvelle ruche et gémit :

— Ce n’est pas lourd, mais j’aimerais mieux porter une pochée de cent kilos.

Il hoche la tête avec une résignation triste, comme s’il me prenait à témoin du courage qu’il lui faut pour s’imposer le sacrifice. Il est très pâle, se raidit, cherche le ton naturel pour dire à Lucas :

— C’est la meilleure époque pour transférer des ruches. Les avettes dorment. Quand elles se réveilleront, au printemps, elles ne seront pas dépaysées.

Il repart, revient, repart, chaque fois plus voûté. Il a d’abord amené les ruches à cadres, de transport plus facile. Restent les ruches à coiffes de paille tressée, bien plus fragiles, qu’il doit prendre par le fond. À chaque voyage, Lucas se voit gratifié d’une recommandation :

— Il n’y a guère de teigne par ici, mais méfie-toi de la loque.

Ou encore :

— N’enfume jamais trop fort. Moi, pour ainsi dire, je ne me servais jamais du soufflet.

À la dernière ruche, il s’attendrit tout à fait :

— Quand la pluie lave les fleurs, gâte-les un peu… Les fonds de pots de confiture et les gamelles de sirop, leur en a-t-on assez donné, hein ! Céline ?

— Voilà le compte, répond seulement Lucas, jetant à mon père du haut de la charte une liasse de coupures.

— Le compte, ah ! oui.

Lucas aussitôt claque son fouet. Il doit faire une bonne affaire pour être aussi pressé. Papa froisse les billets sans les vérifier et fait trois ou quatre pas derrière la charte, derrière ses abeilles qui s’en vont. Puis, le visage crispé, il pivote brusquement sur un talon et court se réfugier dans son bureau. Julienne, qui a surveillé toute la scène, elle aussi, vient de traverser la rue sur ses chaussons rouges à pompons noirs. Je la trouve dans la salle en train d’exciter maman.

— Je croyais, dit celle-ci, qu’il voulait mettre ses abeilles en nourrice. Il les a vendues, l’idiot, je me demande combien. Enfin, c’est bon signe…

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