Hervé Bazin - Un feu dévore un autre feu

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Un feu dévore un autre feu: краткое содержание, описание и аннотация

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Un feu dévore un autre feu, un grand roman d'amour, un drame de la passion, enchâssé dans un drame social dont les vingt dernières années nous ont fourni de bouleversants exemples. Imaginaire, se déroulant dans un pays non précisé, en vingt-six jours, cette histoire, où l'amour triomphe malgré tout, emprunte ses passages les plus intenses au tragique le plus réel de notre temps.

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— Il est mort ! Il est mort !

L’espace d’une seconde, on apercevait l’éclair de diamant d’une oreille ou, dans un profil poudré, une bouche de corail aux dents de pur émail qui s’écartaient pour faire participer à l’allégresse générale la bonne amie du quatrième :

— Vous entendez, Julia ? Dieu soit loué ! Il est mort !

Applaudissements en guise de glas. Huées posthumes en l’honneur du disparu. Bravos pour les ordonnateurs de sa pompe funèbre. Ni Manuel ni Maria n’ont douté un instant de l’identité du défunt. Ni lui ni elle ne l’ont nommé davantage. Manuel a grondé :

— Au moins, lui, il a su mourir.

Cependant à cinquante mètres, à l’angle des deux rues encadrant le flanc ouest du parc et face au boulevard de l’Union, béait le portail de l’ambassade surplombé de l’étendard tricolore ; et à l’entrée se campait un gaillard au torse carré, au crin foncé, agitant fiévreusement la main comme s’il voulait faire signe à quelqu’un de se presser. Maria a retenu Manuel, prêt à se lancer et qui disait pour la dernière fois avec peu de conviction :

— Quittez-moi maintenant, Maria, je vous en prie…

— Attendez ! il se passe quelque chose.

Encore un coup elle avait raison. Débouchant coudes au corps du boulevard de l’Union, un homme a traversé comme une flèche, s’est jeté dans l’ambassade. Mais un autre a suivi, plus âgé, visiblement épuisé, tanguant sur de mauvaises jambes :

— Attilio ! s’est écrié Manuel, si fort que le grand brun, le repérant, s’est retourné pour étendre le bras et répéter, avec insistance, un geste circulaire difficile à interpréter.

Au même instant, hélas ! claquait un coup de revolver : Attilio Jachal, ce député du Sud, partisan passionné de la réforme agraire, boulait comme un lapin, et ses poursuivants, surgissant à leur tour, se faisaient un devoir de bourrer le mourant de coups de bottes, tandis qu’arrivant au pas cadencé une section entière prenait position au carrefour. La situation devenait désespérée :

— Vous voyez ce qui m’attend, a dit Manuel.

Mais Maria avait déjà entraîné son proscrit en sens inverse, sans hâte et proposant :

— Doucement ! Nous allons essayer d’entrer dans le parc.

— Ils le fouilleront ! a dit Manuel.

— Derrière la cascade il y a une grotte. Quand j’étais enfant, une fois, en jouant à cache-cache, je m’y suis blottie, toute mouillée, mais introuvable. L’essentiel, c’est de gagner du temps. Un jour ou deux, peut-être. Sur le coup les vainqueurs sont ivres de vengeance ; ensuite ils se dégrisent.

— Croyez-vous ? Je crains que ceux-ci ne soient des monstres froids.

De toute façon l’entrée du parc, côté ouest, située plus loin que le carrefour, devenait inaccessible. Pour atteindre le parc, côté est, il fallait faire le tour en espérant que la grille fût ouverte ou en prenant le risque d’escalader le haut mur où s’accotaient les serres :

— Au besoin je vous ferai la courte échelle, a dit Maria.

Un kilomètre de mieux, ce n’était pas une affaire, malgré une lassitude, une déception croissantes et le sentiment qu’à force de compter sur lui on devient plutôt la victime du hasard. Les échos de la bataille paraissaient s’affaiblir. Les colonnes de fumée, virant au mauve, se diluaient, se mélangeaient pour former une vaste nappe commune où s’arrondissait un soleil flou, auteur d’ombres molles au bas des réverbères. Sur un rythme ternaire, des résidences entières — à l’exception des loges et des mansardes — fêtaient maintenant les bonnes nouvelles en battant de la casserole, sans pour autant priver les maîtresses de maison de tous leurs ustensiles comme l’attestaient de belles odeurs de cuisine.

— Sous les plaques d’égout, a dit Maria, il y a des échelles de fer. Au pis aller, vous pourrez…

Elle n’a pas terminé sa phrase. Une jeune fille en polo et short blancs, raquette en main, venait de crocheter du 82 au 86, piaulant :

— Tant pis ! J’y vais, Jaime m’attend.

À la corne du parc les séquoias à tronc roux, les eucalyptus à feuilles bleuâtres retouchées de vieux rose, les araucarias aux branches flexueuses tout hérissées d’écailles, les cèdres gris brochant sur de pâles sycomores, les pins garnis de cônes serrés englués de résine blanche ont allongé leurs branches au-dessus du trottoir où, plus loin, un paulownia aux larges feuilles semait des gousses à moitié écossées par les pieds des passants. Prenant grand soin de tenir la bordure pour masquer son ami, Maria allait, sans paraître souffrir du bonheur insolent des oiseaux vivant pourtant sur la même planète. Le mur défilait, aveugle, donc protecteur :

— Entendez-vous ? Le portillon tinte, donc le parc est ouvert, a dit Maria.

Pour se contredire aussitôt :

— Le portillon tinte trop. J’ai peur qu’on ferme.

On fermait en effet ; et s’écoulait vers les villas riveraines un petit flux de nurses, de grand-mères satisfaites d’avoir pu, quand même, assurer à leurs mioches le sable quotidien ou pousser du landau à travers ces plantes rares dont le nom figure sur des écriteaux, comme celui des promeneuses sur leurs cartes de visite. Deux d’entre elles frôlèrent Manuel sans s’étonner de voir, bien qu’il n’y eût pas de vent, ce monsieur allumer une cigarette, nez au mur et battant le briquet à l’intérieur de sa veste.

— Manuel ! a dit Maria.

Non, le hasard ne se lasse pas toujours. Dernier sorti, voici le grand brun de tout à l’heure qui s’approche à grandes enjambées. Tranquille, mais lorgnant les villas, il avance en balançant les bras. Il s’arrête, il feint l’étonnement :

— Mes bons amis, si je m’attendais à vous trouver là !

Il tend la main, il ajoute très bas :

— Vite, suivez-moi, nous n’avons pas une minute à perdre.

Lui aussi va longer l’enceinte en prenant grand soin de masquer Manuel ; il parle d’abondance, il dit n’importe quoi ; il confie aux échos son regret de n’avoir pu trouver un quatrième au bridge ; il propose un petit whisky ou, mieux, un coup-de-balai, le cocktail qui fait fureur dans la bonne société ; il pivote, il tourne à angle droit et, Manuel dans son dos, il traverse la rue comme un gué ; il pique droit sur une maison basse en forme de L posée sur un gazon où s’arme la férocité bonasse d’un yucca. Premier tour de clef : il ouvre la grille. Il suit une file de dalles, il grimpe trois marches. Second tour de clef : il ouvre la porte. Il s’efface devant Manuel et Maria qui se retrouvent effondrés sur les fauteuils-sacs d’une salle commune meublée avec la sommaire élégance qu’impose aux gens de la Carrière la brièveté de leurs affectations ; et le voilà enfin qui s’incline, qui s’explique :

— Excusez-moi, monsieur le Sénateur. Je me présente : Olivier Legarneau, attaché culturel. Je ne m’étais pas trompé : c’était bien vous. Mais je me demandais si vous aviez compris mon geste. Le jardin de l’ambassade communique avec le parc, et les carabiniers, bien sûr, le savent. Seule solution : traverser avant eux, pour vous rejoindre. Vous ne pouvez plus vous réfugier à l’ambassade, d’ailleurs bondée. On verra plus tard. En attendant, comme par bonheur pour vous j’habite ici, faites-moi la grâce d’en profiter.

Un murmure lui répond : Comment vous remercier ? C’est peu pour reconnaître la générosité d’un homme à qui l’on doit la liberté et, peut-être, la vie ; mais au terme d’une errance au dénouement inespéré, Manuel n’a plus de voix, plus de ressort. Maria non plus, du reste : ayant atteint son but elle craque, elle pleure silencieusement. Olivier a glissé vers la fenêtre, écarté le rideau : le léger sifflement qui passe entre ses dents n’a rien de rassurant.

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