Hervé Bazin - Un feu dévore un autre feu

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Un feu dévore un autre feu: краткое содержание, описание и аннотация

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Un feu dévore un autre feu, un grand roman d'amour, un drame de la passion, enchâssé dans un drame social dont les vingt dernières années nous ont fourni de bouleversants exemples. Imaginaire, se déroulant dans un pays non précisé, en vingt-six jours, cette histoire, où l'amour triomphe malgré tout, emprunte ses passages les plus intenses au tragique le plus réel de notre temps.

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— Que les bons citoyens pavoisent ! Et que les autres soient avertis : pour chaque soldat abattu nous fusillerons cinq des leurs ! déclame le transistor d’Arturo qui, se trompant de bouton, a sans le vouloir augmenté le volume.

Le padre, suspendant sa lecture, regarde fixement le coupable en branlant du chef. Arturo, gonflant le torse, se fige pieusement, enfonce son menton dans ses bajoues que bleuit une barbe pourtant fraîchement rasée. Le marmottement sacré reprend :

— Or, on manqua de vin…

Nul ne saisira rien de la suite qui s’estompe dans un vacarme assourdissant. La mitrailleuse lourde entre en jeu, elle-même dominée par le canon qui doit déboucher à zéro car le tir ne précède l’éclatement de l’obus que d’une fraction de seconde. Une rumeur s’amplifie, faite de cris, d’écroulements, de heurts de ferraille et, de nouveau, il grêle du verre. Il en grêle dans la nef même qu’une balle perdue vient de traverser, d’un vitrail à l’autre. Un éclat de couleur pourpre — un morceau de la robe de saint Pierre — est tombé aux pieds d’Alfonso, le frère d’Arturo. Il le ramasse, il l’examine, le fait passer de main en main. Les hommes font le gros dos ; les femmes s’agitent, la tête renversée vers les voûtes, les doigts crispés sur l’épaule de leurs maris :

— Ce n’est plus possible, ça devient dangereux ! clame Mireya, la longue et maigre femme d’Alfonso.

— L’armée le répète depuis une heure : rentrez chez vous, nous ne répondons de rien ni de personne ! renchérit Alfonso.

— Encore faut-il pouvoir arriver chez soi ! la rue sera moins sûre que l’église, dit Arturo également à haute voix.

Sans attendre, Mireya empoigne ses deux filles dont les mêmes cheveux noirs coulent sur les mêmes robes roses et, les tirant par le bras, descend le bas-côté dans un triple froufrou de soie. Alfonso et son frère balancent, puis lui emboîtent le pas, ainsi que deux cousines qui vont tremper l’index dans le bénitier accroché au dernier pilier et se signent mécaniquement. Mais la porte, à peine ouverte, est vivement rabattue sur un cliquetis de chenilles qu’accompagnent un puissant halètement de moteurs et des ordres indistincts rugis au porte-voix. Le groupe reflue, penaud, hésite à remonter et finalement chacun regagne sa place. La panique a été évitée de justesse et les fiancés, qui étaient sur le point de renoncer, qui consultaient leurs parents indécis, font de nouveau face à l’autel. Une sirène hurle quelque part. Y a-t-il donc des pompiers chargés d’éteindre les incendies au fur et à mesure que les bombes les allument ? Le padre reprend d’une voix blanche :

— Jorge et Carmen, vous avez écouté la parole de Dieu qui a révélé aux hommes le sens de l’amour. Vous allez vous engager l’un envers l’autre. Est-ce librement et sans…

Le canon redouble ; les explosions se succèdent ; les avions ne cessent plus de passer, leurs vagues d’assaut font trembler l’édifice au long duquel remontent les tanks lourds. Nul ne saisira rien du bredouillement de Jorge ni de celui de Carmen qui louchent vers le vitrail troué et se ressaisissent pour ânonner quelque chose. Mariage de sourds ! Si la cérémonie continue, c’est que chacun peut se référer à la brochure liturgique. Luttant en vain contre les décibels, questions et réponses alternent, au jugé. Un bout de phrase perce tout de même, que le padre a été obligé de crier :

— Et maintenant en présence de Dieu, échangez vos consentements.

Mais le Carmen, veux-tu être ma femme ? comme le Jorge, veux-tu être mon mari ? et les deux oui rituels ne se devineront qu’au mouvement des lèvres, comme les serments qui suivent ne se devineront qu’au mouvement des mains, si nerveuses que les nouveaux époux auront le plus grand mal à enfoncer l’alliance au doigt de leur conjoint. José vient de retirer l’écouteur fiché dans son oreille ; il fait un geste d’impuissance dont Manuel souffre aussitôt.

Si les amis de José, qui sont aussi les siens, ont cessé d’émettre, si leur poste s’est tu, c’est que l’adversaire s’en est emparé. Il suffit pour en avoir confirmation de regarder Arturo. Son transistor collé sur la joue maintenant, il jubile sans vergogne, il lève triomphalement un pouce. Manuel, qui n’a aucune chance de se faire comprendre autrement tant le bruit est intense, tire son agenda de sa poche, fait coulisser le crayon miniature et sur la première page venue griffonne :

— Maria, la situation devient grave. Ma place n’est pas ici.

Il rougit. Si sa place n’est pas dans cette église, qu’attend-il pour s’en aller ? Pourquoi demande-t-il son avis à une fille qui de toute façon le retiendra ?

Elle prie de nouveau, les yeux clos, et il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’elle dit : Tout amour vient de Vous, Seigneur. Si je m’étonne d’aimer celui-ci, qui Vous ignore, je ne puis me le reprocher sans Vous le reprocher à Vous-même. En ces heures tragiques, je Vous le recommande… Manuel, qui tient toujours ouvert son agenda, se sent de nouveau gagné par cette hostilité tendre qui chaque fois le déconcerte. Maria n’a jamais dit : Je prie Dieu qu’il vous éclaire. Il ne le supporterait pas. Mais il n’a jamais lui-même essayé de la convaincre : elle ne le supporterait pas non plus. Un léger coup de coude avertit Maria qui rouvre les yeux et secoue si violemment la tête que sa mise en plis se sépare en deux. Elle s’empare du carnet, du crayon ; elle répond :

— Inutile ! Savez-vous seulement où aller ? D’ailleurs c’est fini, nous allons sortir ensemble.

Elle relève le nez, Maria. Elle sourit avec application. Des taches vertes, des taches roses, des taches bleues, mouvantes, brochant les unes sur les autres comme les ronds de lumière que le plein midi va plaquer sous les arbres, apparaissent sur la paroi nord. Au milieu il y a une tache blanche qui correspond au trou du vitrail. Si l’ombre des piliers devient plus tranchée, la nef s’inonde de clarté : c’est l’heure où chaque jour le soleil, contournant un immeuble de rapport, atteint l’église et y diffuse de l’arc-en-ciel. Trêve fugitive ! Le padre, tourné vers l’harmonium, s’aperçoit que l’organiste s’est éclipsé sans que nul n’y prenne garde. Il reste la bouche ouverte sur les premières notes du cantique d’actions de grâces ; il les ravale d’un air contrarié ; il enchaîne, bras étendus, paumes en cloche au-dessus du jeune couple qui s’incline décemment — encore que la mariée, d’un tour de cou, soit en train de consulter la montre-bracelet de son mari. La première phrase, lancée au lustre, passe majestueusement :

— Père très saint, Tu as créé l’homme et la femme pour que, dans l’unité de la chair et du cœur, ils forment ensemble…

Le reste, implorant la bienveillance céleste, replonge dans la fureur des hommes. Devinant bien que le padre a expédié l’essentiel, qu’après la bénédiction il n’y aura ni messe ni défilé, la noce s’agite. Les femmes ramassent leurs sacs à main, les hommes frottent leurs pantalons, une demoiselle d’honneur renfile de longs gants. Enfin le padre, laissant tomber les bras, martèle la formule finale :

— Et donne-leur à tous deux, Père très saint, la joie de parvenir un jour dans Ton royaume par le Christ, notre Seigneur !

— Amen ! répondent quelques voix, tandis que l’assistance, déjà, racle des pieds sur les dalles.

*

C’est au trot que les mariés sont allés signer le registre dans la sacristie ; c’est au trot qu’ils ont rejoint leurs familles agglutinées sur le parvis et qui disputent sur le parti à prendre. La rue, où les chenilles ont laissé leurs empreintes, est pour l’instant étrangement déserte et comme gardée par deux files de voitures rangées contre les trottoirs. Entre ses maisons grises, inégales, où le béton récent l’emporte sur la vieille pierre et que dominent des cheminées d’usines, la chaussée, d’un bout à l’autre, est vide. Un autobus a été abandonné en double file et, seul être vivant, un chien divague en reniflant des angles de portes. La plupart des boutiques de ce quartier petit-bourgeois ont baissé leurs rideaux de fer ; les autres semblent désaffectées. Partout des volets fermés, des stores tirés aveuglent les façades où flottent, de-ci, de-là, quelques prudents drapeaux. Jusqu’alors assourdi par les murs de l’église, le drame qui se joue alentour assaille librement les tympans. Mais la grande odeur de roussi, d’huile chaude, les colonnes de fumée qui montent au-dessus des toits et l’incompréhensible ballet des appareils fonçant dans tous les sens ne permettent pas de situer plus précisément les zones d’affrontement. Arturo s’époumone :

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