Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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— Nous sommes dans un conte ? chuchota Milena.

— J’ai bien l’impression, dit Bartolomeo. Où alors nous rêvons le même rêve en même temps !

Bientôt, ils ne surent plus dans quelle direction ils devaient marcher. Ils s’étaient perdus. Où qu’ils aillent, c’était la même multitude de dos, d’épaules, de visages bienveillants, les mêmes grosses mains épaisses à serrer. Plongés dans la chaleur de cette pâte humaine, ils ne ressentaient plus ni l’inquiétude du lendemain, ni le froid mordant de l’hiver.

— Où est le village ? demanda Milena, finalement tout étourdie.

Une jeune femme-cheval l’entendit et la prit par le bras :

— Vous voulez que je vous ramène ? Suivez-moi.

Elle partit devant, très fière de conduire le couple. Elle était tête nue et ses cheveux raides mal implantés se dressaient en épis sur son crâne puissant. Son cou était strié de plis profonds. Sa veste d’homme lui battait les jambes. De temps en temps, elle se retournait pour voir si ses protégés la suivaient et, voyant qu’ils étaient toujours là, elle leur souriait, ravie. Une fois, elle en profita pour glisser à Milena :

— Vous êtes belle comme une princesse…

et elle se retourna très vite, tout émue d’avoir osé.

— C’est toi qui es belle, murmura Milena pour elle-même. Bien plus belle que moi…

Quand ils furent revenus au village, tous se réunirent à nouveau chez Faber. Jahn s’absenta un moment, suivi de l’inévitable Jocelin, pour aller au bureau de poste où se trouvait le seul téléphone. Il revint, très pâle, annoncer la nouvelle : dans la capitale, la révolte avait éclaté dans la nuit et l’armée avait ouvert le feu, terrorisant la population. Il y avait des morts par dizaines et ce matin l’ordre régnait. Dans plusieurs villes du Nord en revanche, des jeunes gens avaient dressé des barricades qu’ils s’acharnaient à défendre et qui tenaient encore.

— Bon Dieu ! jura Lando, c’est allé trop vite ! C’est beaucoup trop tôt !

— C’est trop tôt, reprit Jahn, mais c’est comme ça. L’incendie est allumé. Personne ne pourra plus l’éteindre.

9. RETOUR AU VILLAGE

Dès son réveil, Helen comprit que ce matin-là ne ressemblait pas aux autres. Après la grande frayeur causée par l’irruption des miliciens dans la chambre de Milena, elle s’était rendormie d’un sommeil lourd et sans rêves, et à présent elle se tenait assise au bord de son lit, hébétée. Son réveil indiquait presque dix heures du matin. Jamais, depuis qu’elle était arrivée chez Monsieur Jahn, elle ne s’était levée aussi tard. Elle fit sa toilette, s’habilla à la hâte et sortit dans le couloir silencieux. La porte éventrée de Milena la replongea d’un coup dans la violence de la nuit. Elle passa devant sans s’arrêter et descendit l’escalier avec le vague sentiment que le monde s’était déréglé.

Au premier étage, elle s’avança jusqu’à la porte de Bartolomeo et vit qu’elle était enfoncée aussi. Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur de la chambre où régnait le même chaos que dans celle de Milena après le passage des barbares. Les objets gisaient au sol, brisés, piétinés. L’angoisse lui serra l’estomac : qu’arriverait-il si jamais ses deux amis venaient à tomber entre les mains de ces hommes ?

Les salles du restaurant étaient désertes. Pour se rendre au sous-sol, Helen prit l’ascenseur qui, dans le silence, sembla déchaîner davantage encore sa bruyante machinerie de fer. En traversant les cuisines, elle perçut peu à peu la rumeur venue de la cantine du personnel, puis des éclats de voix. Elle poussa la porte et découvrit, entassés dans l’espace trop exigu, une trentaine de ses camarades de travail réunis en assemblée. Ils remarquèrent à peine son arrivée, tant la discussion était vive.

— Je pense qu’on peut très bien assurer les repas sans Lando, disait un garçon assis sur un coin de la table. On n’est pas complètement idiots quand même !

— Il ne s’agit pas d’être idiots ou non, répliquait un autre dans son tablier gris de manutentionnaire, il s’agit de pouvoir servir quelque chose. Les fournisseurs savent que Monsieur Jahn est parti et on n’a pas reçu la moitié des livraisons ce matin : pas de légumes, pas de pain… On va leur donner quoi aux gens ?

Une jeune femme adossée à l’armoire intervint d’une voix tranquille :

— Moi je veux bien servir ce qu’il y aura, mais je pense que personne ne viendra. On dit que la manufacture est en grève.

— Exact ! confirma un homme tout près d’elle, une cigarette aux lèvres. Il y a même eu de la bagarre à l’entrée.

— On fait quoi alors finalement ? demanda une jeune fille.

Le débat tourna ainsi en rond pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce qu’un garçon d’une vingtaine d’années se dresse soudain sur sa chaise, furibond.

— Excusez-moi, mais vous commencez à m’énerver avec vos histoires de livraison de légumes ! s’écria-t-il. Vous me parlez de carottes et de pommes de terre, alors que des gars ont dressé des barricades cette nuit. Vous l’avez entendu comme moi, non ? Qu’est-ce qu’on attend pour bouger ?

— Tu as raison ! approuva un autre. Moi en tout cas, j’ai pas l’intention de me tourner les pouces. Je vais en ville voir ce qui se passe. Tu viens ?

Les deux garçons enfilèrent leur veste et sortirent d’un pas décidé.

— Soyez prudents ! leur cria le type à la cigarette. On dit qu’il y a eu des morts cette nuit !

Suivit un long silence pesant.

— Je me demande ce qu’en dirait Monsieur Jahn, soupira une cuisinière en tablier blanc.

— Ce que dirait Monsieur Jahn ? répondit une autre en se levant. Il dirait qu’il n’est pas notre papa et qu’il faut peut-être qu’on apprenne à se débrouiller sans lui. Et à ne plus avoir peur ! Les deux gars ont raison. Je les suis. Qui vient avec moi ?

C’était Rachel, une amie de Dora. Helen la connaissait bien.

— Je viens avec toi, dit-elle, et elle s’étonna de sa propre audace.

En suivant le couloir qui menait à sa chambre, elle sentit l’exaltation gonfler sa poitrine. Il restait trois jours avant les combats d’hiver. Trois jours seulement. Oui, mais si la révolte se déchaînait d’ici là ? Si c’était soudain le chaos dans la capitale ? Est-ce que ceux de la Phalange n’auraient pas alors plus urgent à faire que d’aller voir mourir des gladiateurs ? Bien sûr que si ! Ils renonceraient ! Ils renonceraient et les combats seraient annulés ! Pour la première fois depuis des mois, elle vit se dessiner un espoir. Il était ténu mais réel !

Elle regarda autour d’elle dans sa petite chambre, les quelques bibelots, les deux étagères de livres, les vêtements sur la corde de la penderie, et se posa cette drôle de question : que prend-on avec soi quand on est une jeune fille de dix-sept ans et qu’on veut aller construire des barricades dans la rue pour sauver son amour ? Comme elle ne trouvait pas de réponse satisfaisante, elle mit son bonnet bariolé, son écharpe, son manteau, et elle s’en alla.

Ses trois camarades l’attendaient devant le restaurant. Ils se concertèrent rapidement et décidèrent de descendre jusqu’à la manufacture. À distance, ils virent que les hautes grilles étaient gardées par une dizaine de miliciens en armes. Ils rebroussèrent chemin et descendirent les petites rues en veillant ne pas glisser sur le verglas. Le garçon qui avait mis le feu aux poudres à la cantine continuait de s’enflammer :

— Ils veulent empêcher les rassemblements, mais ils n’y arriveront pas ! Il faut seulement que les gens oublient leur trouille et descendent dans les rues, voilà ce qu’il faut !

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