Mourlevat - Le combat d'hiver
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- Название:Le combat d'hiver
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Bartolomeo ne s’attendait pas à ce genre de facétie de la part du gros homme qu’il ne connaissait que placide et réservé.
— Donc, on va acheter un poulet à un paysan ?
— Non. Je ne t’ai pas réveillé à cinq heures du matin pour ça. Je vais tâcher de les semer.
Ils continuèrent à rouler à faible allure pendant une bonne demi-heure. Derrière eux, la voiture noire calquait sa vitesse sur la leur et restait à distance. À la sortie d’un virage, ils débouchèrent sur un croisement. Alors Jahn accéléra brutalement, fonça tout droit et disparut au bout de la ligne droite avant que ses poursuivants n’aient le temps d’arriver.
— Avec un peu de chance, ils vont croire que j’ai bifurqué.
La manœuvre réussit parfaitement et ils ne virent plus la voiture.
— Nous allons chez les hommes-chevaux, reprit Jahn, un peu plus détendu, on les appelle aussi les bourrins, tu as déjà entendu ce mot-là ?
Bartolomeo revit aussitôt surgir devant lui la silhouette massive de Basile avec ses cheveux en épis et son long visage mal dégrossi. Qu’avait-on fait de lui ? On ne l’avait tout de même pas laissé mourir dans son cachot…
— J’en connais un. C’est lui qui m’a remis la lettre de mon père. Mais il ne m’a jamais expliqué ce qu’étaient les… bourrins, enfin les hommes-chevaux.
— Je vais te raconter ça, soupira Jahn, nous avons tout le temps, il reste une bonne heure de route.
Il alluma un cigare et entrouvrit la vitre de sa portière pour souffler la fumée. Bartolomeo trouva que l’odeur n’était pas si désagréable. Il se sentait bien, serré dans son manteau, à regarder défiler le paysage d’hiver derrière les vitres de la voiture.
— On ne sait pas précisément d’où ils viennent, commença Jahn. C’est un peu comme une grande famille qui aurait toujours été là. Ils sont peut-être cent mille en tout dans le pays. Ils ont en commun d’être courageux, durs au mal et costauds comme des buffles. Seulement, ils sont incapables d’apprendre à lire et à écrire. Ils se marient entre eux, si bien que ça se perpétue de génération en génération… On les employait autrefois aux travaux qui exigeaient de la robustesse, en particulier à transporter les charges dans les rues étroites où les charrettes et les chevaux ne passaient pas, d’où leur nom. Mais ne crois pas qu’ils étaient méprisés. Au contraire, on admirait leur force et leur loyauté. Beaucoup de gens trouvaient même une certaine noblesse dans leurs manières de rustres, tu peux comprendre ça ?
— Je le comprends, je l’ai éprouvé en observant Basile. Il avait l’air buté, mais il était tellement généreux. J’avais l’impression qu’il aurait pu mourir pour me livrer cette lettre.
— Ce n’est pas une impression. Je te jure qu’il l’aurait fait. Quand on confie une mission à un homme-cheval, il est prêt à y laisser sa vie. Et c’est justement pourquoi ceux de la Phalange ont voulu les avoir avec eux quand ils ont pris le pouvoir. Tu parles d’une aubaine : cent mille brutes prêtes à tout démolir dès qu’on leur en donnerait l’ordre. Ils avaient juste oublié une chose.
— Laquelle ?
— C’est que si les hommes-chevaux ont besoin d’un maître, ils aiment bien choisir ce maître. Et si naïfs qu’ils soient, ils ne choisissent pas n’importe lequel.
— Ils ont refusé de servir la Phalange ?
— Comme un seul homme ! On les dit balourds, mais ils savent où se trouvent le bien et le mal. Ton père a été chargé d’établir le lien avec eux. Je n’étais qu’à moitié d’accord. Je trouvais qu’il n’était pas la bonne personne, qu’il était trop impénétrable et ombrageux, alors qu’eux sont primaires et très affectifs. Mais il s’est passé cette chose étonnante : ils l’ont adoré et ils lui ont fait une confiance immédiate et totale. Bref, ils se sont alliés à la Résistance. Ça leur a coûté cher. On a beau être fort, on ne peut rien contre des hommes armés. Beaucoup ont été tués. Les autres arrêtés et traités comme des animaux dans les prisons. Quand tout a été fini, la police de la Phalange a passé un marché avec leur chef qui s’appelait Faber et sur qui ils n’avaient jamais pu mettre la main. On relâcherait tous les hommes-chevaux prisonniers contre sa capitulation publique. Ce Faber avait été choisi comme chef par ses frères-chevaux non parce qu’il était le plus intelligent ou le plus sage, mais tout simplement parce qu’il était le plus fort d’entre eux. Ceux de la Phalange n’imaginaient pas que le malheureux tomberait aussi facilement dans le piège, et dès le lendemain les gardes ont eu la surprise de voir se présenter au portail un immense bonhomme sans cou avec de grands yeux doux, des yeux de cheval, qui leur a dit : « Bonjour, ch’suis Faber, j’me rends… »
Le pauvre bougre avait cru bien faire. Il ne se doutait pas qu’ils allaient l’humilier. Ils l’ont attelé à une charrette sur laquelle se sont installés une dizaine de dirigeants de la Phalange. Il a dû les tirer tout seul, torse nu, dans les rues de la ville, sous les rires et les moqueries.
— Mais je croyais que les gens respectaient les hommes-chevaux.
— La plupart, oui. Mais on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de partisans de la Phalange. Ils s’étaient bien cachés jusque-là, et ils sortaient de l’ombre maintenant que leur combat était gagné. Ils se sont déchaînés sur Faber avec la cruauté qu’ont les lâches quand ils n’ont plus rien craindre. Dans la rue qui monte vers l’immeuble de la Phalange, quelqu’un l’a même coiffé d’un chapeau avec des oreilles de cheval. On lui a craché dessus, on l’a injurié. On l’a traité de bourrin, et le nom est resté.
— Il a tout supporté sans se révolter ?
— Tout. Il avait décidé de se sacrifier et il est allé jusqu’au bout. N’importe quel homme-cheval aurait fait la même chose. Il s’arc-boutait pour gravir la côte. Il recevait sans broncher des poignées d’avoine et des seaux d’eau. C’était un homme fier. Ça lui a coûté beaucoup.
— Mais vous… vous y étiez ? Vous avez assisté à ça ? demanda Bartolomeo, conscient du reproche que comportait sa question.
Jahn marqua le coup.
— J’ai vu passer la parade depuis ma fenêtre, comme des milliers d’autres, et j’ai eu honte de ne rien faire. Mais tu dois savoir qu’on avait beaucoup lutté jusque-là, et perdu presque tous ceux qui nous étaient chers : Éva-Maria Bach, ton père et des centaines d’autres compagnons… C’était fini. Ils pouvaient se permettre tout ce qu’ils voulaient, et ils ne s’en sont pas privés.
— Mais ils ont tenu parole ? Ils ont libéré les hommes-chevaux ?
— Des mois plus tard. Une fois sûrs qu’il ne restait personne à qui ils pourraient obéir.
— Mais ils ont dû en vouloir à mon père ? C’est lui qui les a entraînés dans ce désastre, non ?
— Ils ne raisonnent pas comme ça. Ils continuent à penser qu’ils ont bien fait. Et puis ton père y a laissé sa vie. On n’en veut pas à un martyr.
— Et Faber ? Ils l’ont relâché, lui ?
— Oui, mais l’humiliation l’a marqué. Il ne parle presque plus, paraît-il. Il s’est retiré dans un village reculé, avec sa famille, enfin ceux qui restent…
— Et c’est là que nous allons ? dit Bartolomeo à voix basse.
— C’est là que nous allons, confirma Jahn.
Ils se turent pendant les kilomètres qui suivirent. Les paysages avaient changé, la voiture serpentait maintenant entre des collines boisées dont les cimes étaient coiffées de brume. Plus loin, ils se faufilèrent entre des rochers gris hérissés de lichen qui ressemblaient à des dos d’animaux inconnus. Bartolomeo entrouvrit sa vitre et respira l’air de la lande, chargé d’humidité. Il avait l’impression qu’ils laissaient derrière eux le monde des hommes et qu’ils entraient dans celui des légendes. Il n’aurait été qu’à moitié surpris de voir surgir un elfe ou un korrigan au détour d’un virage.
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