Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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De ses promenades solitaires en ville, elle rentrait tout étourdie. Elle aimait se fondre dans la foule anonyme qui grouillait aux heures de pointe sur les trottoirs et dans les magasins. Si tu voyais ce monde, Milos ! Les gens foncent et te bousculent sans te voir. On a l’impression d’être une fourmi parmi les millions d’autres. Si tu étais avec moi, il faudrait qu’on se tienne par la main pour ne pas se perdre. J’entre dans les boutiques, les drogueries, les quincailleries, chez les marchands de couleurs… Je farfouille dans les articles. Je les repère pour quand j’aurai davantage d’argent. Comme ce serait bien si tu étais là, mon amour…

Mais ce qu’elle préférait encore, c’était s’en aller au hasard, de plus en plus loin, et découvrir avec ravissement un nouveau pont, une jolie place, une petite église. Elle allait à pas rapides, serrée dans son manteau, jusqu’à sentir ses jambes fatiguées. Alors, elle s’asseyait dans un tramway ou dans un bus qui la ramenait vers le centre.

Dora avait raison : les gens n’étaient pas très aimables. Ou plutôt, on aurait dit qu’ils se méfiaient les uns des autres. Peu de rires partagés, peu de joyeuses conversations. Ils semblaient tristes, voilà la vérité. Parfois Helen croisait des regards amicaux, mais ils se détournaient aussitôt. Elle apprit vite à repérer les agents de sécurité de la Phalange ainsi que les vigiles, la nuit : des hommes au visage chafouin souvent dissimulés derrière un journal comme dans les mauvais romans policiers, mais dont on devinait facilement que les oreilles travaillaient davantage que les yeux.

Un après-midi, en descendant du tramway, elle trouva dans son manteau une invitation à se rendre à une réunion, et elle crut comprendre qu’il s’agissait d’opposants à la Phalange. Elle se rappela le jeune homme qui avait voyagé à côté d’elle et sans doute glissé le message dans sa poche. Il avait l’air plutôt avenant et sympathique. « Un piège ! s’écria Dora. N’y va surtout pas ! » Et elle lui recommanda de ne jamais parler librement avec des inconnus, même avenants et sympathiques. « Un nouvel ami, quel qu’il soit, doit être présenté par une personne sûre, sinon il faut s’en défier. »

Quelques jours plus tard, alors qu’elle rentrait à pied au restaurant, des cris éclatèrent : « Attention ! La milice ! » Elle n’eut pas le temps de s’écarter et fut renversée par trois hommes armés de matraques qui poursuivaient un grand type dégingandé. Ils le rattrapèrent, le frappèrent. Il tomba au sol et mit en boule ses longs membres maigres pour se protéger, mais ils le rouèrent de coups, à la tête, dans le dos.

— Arrêtez ! cria Helen, pétrifiée d’horreur, tandis que le malheureux se recroquevillait en vain et que les brutes s’acharnaient sur lui. Arrêtez ! Vous allez le tuer !

Elle remarqua que tout le monde fuyait autour d’elle, sauf un jeune homme qui avait relevé très haut sur son visage le col de son pull-over.

— Salauds ! Vous le paierez ! hurla-t-il à son tour et il déguerpit.

Il comptait sur ses jambes pour échapper aux miliciens et il avait raison. L’un d’entre eux le prit en chasse sur une centaine de mètres et renonça.

— J’ai vu ta tête ! nargua le jeune homme en se retournant une dernière fois. J’ai vu vos trois têtes et je saurai vous reconnaître, faites-moi confiance !

Le milicien lui adressa une bordée d’injures et revint vers ses camarades. Helen n’avait pas bougé.

— Un problème, mademoiselle ? cracha-t-il en passant devant elle. Non ? Alors je vous conseille de dégager.

Le lendemain, et sans doute à cause de cet événement, elle n’eut pas envie d’aller se promener seule, et elle proposa à Milena de l’accompagner.

— Tu peux bien abandonner ton Bartolomeo pour un après-midi…

— Ce n’est pas Bart qui m’occupe l’après-midi.

— Ah, et c’est qui alors ?

Milena hésita un peu.

— Si tu me promets de n’en parler personne…

— Je te promets.

— Alors viens. C’est bien que tu saches, après tout.

Elles s’en allèrent dans les rues qui montaient vers la vieille ville. Le verglas faisait briller les trottoirs et elles s’accrochaient l’une à l’autre pour ne pas glisser. Milena riait toute seule, impatiente de partager son secret. Jamais Helen ne l’avait vue aussi rayonnante et joyeuse. Elle n’en ressentit qu’un peu plus sa propre solitude et sa propre détresse. Une boule de chagrin lui monta à la gorge. Milena perçut le léger raidissement de son amie et comprit aussitôt. Elle s’arrêta et la prit dans ses bras :

— Pardonne-moi.

— Non. Je n’ai rien à te pardonner. Tu as le droit d’être heureuse. Je ne suis pas jalouse.

Une ombre triste passa dans les yeux de Milena.

— Ne crois pas que je sois heureuse, Helen. Je ne pourrai plus jamais l’être, maintenant que je sais ce qu’ils ont fait à ma mère. J’ai bien peur d’être inconsolable. Mais ça ne m’empêche pas d’être contente parfois. Voilà, je suis juste contente aujourd’hui. Contente d’avoir Bart, contente d’être avec toi, contente d’aller là où je vais tout de suite…

Comme Helen se contentait de hocher la tête, Milena se détacha un peu d’elle et lui prit les mains :

— Helen ?

— Oui.

— Milos est certainement vivant. Je n’en peux plus de ne pas te le dire.

Helen tressaillit.

— Comment le sais-tu ?

— Par Bart et par Monsieur Jahn. Ils en sont persuadés.

— Comment le savent-ils ?

— Ils te l’expliqueront. Et puis, d’après Bart, si Milos est vivant et qu’il a une chance sur cinquante de s’en tirer, alors il s’en tirera. Il le connaît bien. Garde confiance.

— Il aurait suffi que je revienne une heure plus tôt avec le docteur Josef ! ragea Helen en secouant la tête. Une heure, et je l’aurais sauvé ! Moi aussi, je crois que je resterai inconsolable…

— Tu as fait l’impossible. Allez viens, on va être en retard.

Elles se remirent en route. Un peu plus haut, comme deux femmes les croisaient, Milena prit soin de rabattre sur son visage la capuche de son manteau.

— Sinon elles vont encore penser que je suis un fantôme !

— Ah oui, c’est vrai. Tu ressembles tant que ça à ta mère ? Tu as vu des photos d’elle ?

— Oui.

— Et alors ?

— Alors, c’est moi avec des vêtements et une coiffure d’il y a vingt-cinq ans ! Dora m’en a même donné une où je suis un bébé dans ses bras. Je te la montrerai. Elle est très belle, tu verras.

Dans le quartier le plus excentré de la vieille ville, l’immeuble à la façade décrépie faisait l’angle de deux rues. Les jeunes filles s’engouffrèrent dans l’entrée vieillotte et montèrent un escalier étroit qui sentait la cire.

— Où est-ce que tu m’entraînes ? demanda Helen quand elles arrivèrent au cinquième et dernier étage.

Sans lui répondre, Milena frappa à la porte où ne figurait aucun nom, et Dora leur ouvrit, souriante.

— Tiens, tu nous as amené du public ?

— Il ne fallait pas ?

— Mais si, bien sûr. Tu as bien fait. Entre, Helen, tu es la bienvenue. Et posez vos manteaux là-bas sur le lit.

On avait l’impression d’être dans une maison de poupée dont on aurait retiré la poupée. L’espace était exigu, le mobilier modeste, et les murs entièrement nus sauf une partition de musique punaisée de travers sur le papier peint du salon.

— C’est un manuscrit de Schubert, dit Dora qui avait surpris le regard d’Helen.

— Une reproduction ?

— Non. Un original, écrit de sa main. Tu peux regarder.

Helen s’approcha, incrédule, et considéra la modeste feuille un peu jaunie, les notes jetées comme à la hâte sur la portée et les belles arabesques de l’écriture du compositeur.

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