Mourlevat - Le combat d'hiver

Здесь есть возможность читать онлайн «Mourlevat - Le combat d'hiver» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Год выпуска: 2012, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le combat d'hiver»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Le combat d'hiver — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le combat d'hiver», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— L’encre… On dirait que ça vient d’être écrit… Je n’arrive pas à y croire… C’est un document rare, non ?

— Rarissime, s’amusa Dora.

— Et tu… je veux dire, ça a beaucoup de valeur…

— En vendant cette partition, je pourrais acheter l’immeuble. Et celui d’à côté.

— Ah. Et… tu ne la vends pas ?

— Non. Je suis bête, hein ? Qu’est-ce que tu en penses ?

— Je ne sais pas… répondit Helen, impressionnée.

— Il a toujours été là. Comme le piano d’ailleurs. Un Steinway ! On se demande comment il est arrivé ici. L’escalier est trop étroit et les fenêtres aussi. C’est un mystère. Un mystère qui me plaît. J’aime imaginer qu’on a soulevé le toit pour le déposer.

— Tu as toujours habité ici, Dora ?

— Oh non ! Ici, c’était chez mon professeur de piano, une vieille folle géniale et insupportable qui se faisait des inhalations de clous de girofle, et qui me jetait ses chaussures dans le dos quand je jouais des fausses notes. À sa mort, j’ai pu racheter l’appartement. C’était au temps où je gagnais de l’argent en jouant de la musique. Je trouvais ça tout naturel. Je ne savais pas que c’était le paradis. On découvre le paradis quand on le perd, et le nid quand on en tombe. Allez, je fais un thé et on se met au travail.

Helen se déchaussa, s’assit sur un fauteuil à bras, ramena ses genoux contre sa poitrine et ne bougea plus. Dora s’installa au piano, sur un tabouret. Elle retroussa ses manches et secoua ses boucles brunes. Milena, elle, resta debout, une main posée sur le bord du clavier, concentrée comme si elle allait donner un concert. Ses cheveux blonds hérissés augmentaient par contraste la beauté angélique de son visage.

— On y va, Milena. On reprend le 547.

— D’accord. Je suis prête.

Dora plaça les premiers accords avec délicatesse et, quand Milena ouvrit la bouche, ce fut autour d’elle comme à chaque fois : la nature de l’air et des choses s’en trouva modifiée. Helen frissonna de tout son corps.

Du holde Kunst, in wieviel grauen Stunden,

Wo mich des Lebens wilder Kreis umstrickt

Hast du mein Herz…

— Tu es en avance, interrompit Dora, tu es en avance sur le « Hast du ». Reprends, s’il te plaît…

Pour Helen, Milena n’était ni en avance ni en retard, mais parfaite. La jeune fille reprit tout de même, docilement, depuis le début. Elle franchit l’obstacle et Dora approuva de la tête : « Voilà, c’est comme ça… » Et son sourire signifiait : « Dis donc, il ne faut pas te répéter dix fois les choses, toi ! » Helen ressentit cette fierté particulière qu’on éprouve quand un frère ou une sœur, dont on connaît depuis longtemps le don, le révèle enfin au monde. Elle se rappela la cour de l’internat où Milena chantait pour elle autrefois. Cela lui parut si loin. Elle se rappela aussi la question amusée de Paula, la grosse consoleuse : « Comment va ton amie Milena, tu l’admires toujours autant ? » À cet instant-là, elle l’admirait plus que jamais.

Helen était tout autant fascinée par la main droite mutilée de Dora qui courait sur les touches d’ivoire. Parfois, la pianiste devait prendre une minute pour la reposer un peu et masser son poignet douloureux.

— Au-delà de la quinte, j’ai du mal à ouvrir suffisamment les doigts, et pour les passages de pouce, bonjour !

C’était de l’hébreu pour Helen.

— Moi je ne remarque rien, dit-elle en guise de réconfort. Il me semble au contraire que tu joues formidablement bien.

— Ça confirme que tu n’y connais pas grand-chose ! répondit Dora en éclatant de rire et en brandissant sa main abîmée. Moi, c’est simple, j’ai l’impression de jouer avec un pied !

Helen estima son éclat de rire un peu trop gai.

— Est-ce qu’il existe des enregistrements d’Éva-Maria Bach ? demanda-t-elle soudain.

— Oui. J’en ai un ici, mais Milena ne souhaite pas l’écouter.

— C’est vrai, confirma Milena. Ça me fait peur. Mais puisque Helen est là aujourd’hui, je crois que je vais avoir le courage.

— Vraiment ?

— Vraiment.

Dora disparut dans sa chambre et revint avec un disque en vinylite noire dans sa pochette. Elle le tendit à Milena :

— Voilà, je n’ai rien d’autre que ça, et les quelques photos que je t’ai montrées. Ce sont mes trésors. Je les avais cachés dans une valise que j’ai déposée chez une amie avant de quitter la capitale avec Éva. J’ai bien fait. Ils ont pillé l’appartement et tout emporté. Tout. Sauf le piano qui était trop gros ! Et tu sais ce qu’ils ont laissé, Helen, ces idiots ?

— Le manuscrit de Schubert ?

— Exactement ! Il était exactement là. Où tu le vois aujourd’hui : punaisé au mur, bien en vue. C’est la seule chose qu’ils auraient dû prendre s’ils avaient été un peu moins ignares ! Je crois que j’en rirai toute ma vie !

Milena fit tourner dans ses doigts la pochette du disque sur laquelle figurait seulement le dessin d’un bouquet de fleurs mauves. Elle lut à voix basse :

Enregistrement de haute qualité… Orchestre symphonique… Contralto : M lle Éva-Maria Bach … On l’appelait « mademoiselle » ?

— Oui. Elle n’avait pas vingt-cinq ans à l’époque. Ne l’oublie pas. Et elle n’était pas mariée…

— Mais elle m’avait déjà ?

— Oui. Tu avais deux ans, je crois. Tu avais de bonnes grosses joues et tu…

— Je ne sais pas si je vais avoir le courage, finalement… Les photos, ça va, mais la voix…

C’est Helen qui prit le disque et qui le déposa sur le phonographe dont Dora avait soulevé le lourd couvercle de bois verni. L’enregistrement « de haute qualité » grésillait et crachotait horriblement. Dora régla le volume très bas.

— Mes voisins sont sûrs, mais on ne sait jamais, ils peuvent avoir de la visite…

L’extrait débutait par quelques mesures de violon, et l’attente fut presque insupportable aux deux jeunes filles. C’était comme si Éva-Maria Bach allait soudain pousser la porte de la pièce et entrer. La voix s’éleva enfin, lointaine et paisible :

What is life to me without thee ?

What is left if you art dead ?

Milena, bouleversée, cacha son visage dans ses mains et ne le montra plus jusqu’à la fin de l’aria. Helen écouta, subjuguée par l’ampleur et l’équilibre du timbre grave de la contralto. Il lui apparut combien son amie était encore jeune en comparaison. Dora souriait, les yeux brillants d’émotion.

What is life, life without thee ?

What is life without my love ?

— Ça me suffit pour aujourd’hui, murmura Milena à la dernière note. J’écouterai la suite une autre fois…

Les trois essuyèrent leurs larmes en riant d’avoir sorti leurs mouchoirs en même temps.

— Qu’est-ce que tu en penses ? demanda Dora, après avoir remis le disque dans sa pochette.

— Je pense que je dois encore travailler beaucoup…

— Tu as raison. On s’y remet, alors ?

— On s’y remet.

Quand Helen et Milena quittèrent la vieille ville, on avait déjà allumé les réverbères. Elles coupèrent au plus court par les petites rues en pente et les escaliers de pierre. Comme elles arrivaient sur la place du restaurant Jahn, elles eurent la surprise d’y rencontrer Bartolomeo qui rentrait lui aussi, une immense écharpe noire autour du cou.

— Bart, l’interpella Milena, Helen voudrait que tu lui dises ce que tu sais pour Milos.

— Viens, Helen, dit le jeune homme, on va marcher un peu tous les deux et je t’expliquerai.

Ils laissèrent Milena et s’en allèrent vers le fleuve. Ils suivirent d’abord la berge et s’arrêtèrent sans le savoir juste devant le banc sur lequel Deux et demi s’était assis avant d’être assommé par le pot d’échappement de Mitaine. La tranquille rumeur des flots accompagnait leurs voix.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le combat d'hiver»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le combat d'hiver» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Georges-Jean Arnaud - Les gens de l’hiver
Georges-Jean Arnaud
Mourlevat, Jean-Claude - L'homme qui levait les pierres
Mourlevat, Jean-Claude
libcat.ru: книга без обложки
Jean-Claude Mourlevat
Mourlevat, Jean-Claude - L'homme à l'oreille coupée
Mourlevat, Jean-Claude
Mourlevat, Jean-Claude - L'homme qui ne possédait rien
Mourlevat, Jean-Claude
Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
Jean-Claude Mourlevat
Jean-Claude Mourlevat - Terrienne
Jean-Claude Mourlevat
Bernhard Long - Hiver Cuisine
Bernhard Long
Don Pendleton - Fatal Combat
Don Pendleton
Жорж Санд - Un hiver à Majorque
Жорж Санд
Отзывы о книге «Le combat d'hiver»

Обсуждение, отзывы о книге «Le combat d'hiver» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.