Mourlevat - Le combat d'hiver

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Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация

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Le lendemain, à son réveil, il se rendit compte que Caïus n’était plus là. Et son lit non plus. Fulgur entra brutalement dans la chambre, comme à son habitude.

— Tu te demandes où est passé ton voisin, c’est ça ?

— Non, répondit Milos, plus que jamais résolu à ne poser aucune question.

— Eh bien tu le sauras quand même : il a demandé qu’on le ramène au dortoir cette nuit. Il a dit qu’il n’aimait pas ta compagnie.

Milos, stupéfait, s’efforça de ne pas trahir le moindre étonnement et attendit la suite sans broncher. Fulgur s’adossa au mur, près de la fenêtre, les mains dans les poches. Les os du front, des pommettes et de la mâchoire tenaient toute la place sur son visage. Les yeux et la bouche semblaient minuscules.

— Tu sais que c’est très ennuyeux d’être un type dont Caïus n’apprécie pas la compagnie ?

Milos se tut.

— Moi, c’est le contraire : tu me plais. Tu jacasses pas comme une fille, tu te plains jamais, et tu as l’air de savoir ce que tu veux. Je me demande ce que Caïus te reproche. Tu le sais, toi, ce qu’il te reproche ?

— …

— Bon. Je suis chargé de t’expliquer la maison et comment ça fonctionne. Tu m’écoutes ?

— …

— Bien. Ce camp, ici, est un des six camps d’entraînement du pays. Il y en a un dans chaque province. Six provinces, six camps. D’accord ? Le nôtre est au milieu de la forêt. Si tu t’évades, tu deviendras un gibier : tu seras pris en chasse par une centaine d’hommes, rattrapé et abattu sans sommation. Oublie cette idée, ça vaut mieux. On t’a enchaîné l’autre jour parce que tu savais pas. Maintenant tu sais, alors t’as plus besoin d’être attaché. Compris ?

— …

— Bon. Tu vas t’entraîner ici avec une trentaine d’autres combattants. Ce sont tous des délinquants qui auraient fini à la potence, mais qu’on a graciés pour les mettre ici. De la racaille, quoi… T’attends pas à des petits anges, tu serais très déçu. Dans chacun des camps, il y a une arène. Elles sont toutes exactement identiques : mêmes dimensions, même forme, même sable. Et il en existe une septième dans la capitale, semblable aux six autres, sauf qu’on a installé des gradins autour pour les spectateurs. Ici, chez nous, il y pas de gradins parce qu’il y a pas de spectateurs. Tu me suis ?

Milos fit de la tête le signe qu’il suivait. En réalité, il n’avait jamais écouté quelqu’un avec autant d’intensité. Chacun des mots de Fulgur se gravait dans sa mémoire à l’instant même où il y entrait.

— Ici, tu feras que t’entraîner. Tu te battras pour de vrai dans l’arène de la capitale. Les combats ont lieu pendant trois jours. Ce sont des duels contre des types venus des autres camps, des types que tu connais pas. Ceux d’ici ne sont que des camarades d’entraînement. Si tu en blesses un gravement, tu seras puni. C’est clair ?

— …

— Ton premier combat aura lieu dans trois mois, au milieu de l’hiver. Tu as tout le temps pour guérir, cicatriser et apprendre les techniques. Si tu es vainqueur et si tu survis, tu disputeras ton deuxième combat au printemps. J’ai bien dit : si tu survis , parce qu’il arrive souvent que le vainqueur succombe à ses blessures. Regarde Caïus ! Il est passé près. Bon. Si tu remportes aussi ton deuxième combat, tu disputeras le troisième au début de l’été. Si tu es toujours vivant après ça, tu seras libre. Tu m’as entendu ?

Milos acquiesça.

— Tu seras même beaucoup plus que libre. Tu seras un homme respecté, honoré. La Phalange te procurera à vie un emploi confortable et bien payé, et elle assurera ta protection absolue. Tu es jeune, tu es resté enfermé dans un internat, alors tu te rends peut-être pas compte de ce que ça représente, mais je t’assure que c’est quelque chose. Il suffira que tu dises ton nom pour qu’on te donne la meilleure table dans les meilleurs restaurants et qu’on t’offre le repas. On te laissera monter à l’œil dans n’importe quel taxi. Et même si tu es laid comme un pou, les plus belles femmes se battront pour t’avoir. Alors toi qui es joli garçon en plus, je te dis pas ! Ça les émoustille de savoir qu’on a risqué trois fois sa vie, et encore plus de savoir qu’on a tué trois fois. Elles sont comme ça, on n’y peut rien.

Milos se sentit rougir et pensa à Helen. Est-ce que l’idée qu’il soit un quadruple criminel la rendrait plus amoureuse ? Il en doutait fortement.

— Dans ce camp, poursuivit Fulgur, tu vas rencontrer des types qui préparent leur premier combat, comme toi, on les appelle les novices ; d’autres qui en ont déjà gagné un, c’est les primus ; et les champions , qui en ont gagné deux, comme Caïus. Tu les distingueras très vite les uns des autres. Un conseil : fais-toi respecter de tous… C’est pas une colonie de vacances. L’entraîneur s’appelle Myricus. Écoute-le, il sait ce qu’il dit. C’est un ancien vainqueur. Des questions ?

— Aucune, répondit Milos, au bord de la nausée.

Il y eut un silence. Fulgur ne bougeait pas.

— Tu me demandes pas si je suis un ancien vainqueur, moi ?

— Non.

Fulgur, qui mourait visiblement d’envie de parler de lui, encaissa la réponse avec un net agacement.

— Comme tu veux. Une dernière chose : tu dois porter un nom de combattant. Moi j’ai choisi Fulgur parce que j’étais rapide comme l’éclair. Il faut trouver un nom qui te ressemble. Je te ferai passer la liste et tu en choisiras un.

— Je n’en veux pas. Je garderai le mien.

— Comme tu veux, répéta Fulgur avec une indifférence forcée. Montre-moi ta jambe.

Milos écarta le drap et découvrit sa cuisse. La plaie s’était bien refermée, la blessure semblait belle et déjà presque sèche.

— Parfait, approuva Fulgur, j’ôterai les fils dans quelques jours.

Puis, sans que Milos ait le temps de se protéger d’aucune façon, il leva haut le bras droit et gifla la cuisse de toutes ses forces, sur la blessure. Milos poussa un cri et faillit s’évanouir.

— Et maintenant, reprit l’homme d’une voix doucereuse, demande-moi s’il te plaît si je suis un ancien vainqueur, tu veux bien me le demander ?

— Est-ce que vous êtes un ancien vainqueur ? gémit le garçon.

Les yeux bleus et minces de Fulgur, plongés dans les siens, étaient froids comme ceux d’un reptile.

— Oui, je suis un ancien vainqueur. J’ai tué mes trois adversaires. Tu vois, je pourrais me la couler douce dans la capitale, mais je préfère rester ici. Demande-moi, s’il te plaît, pourquoi je préfère rester ici.

— Pourquoi préférez-vous rester ici ?

— Eh bien, puisque tu me poses la question, je vais y répondre. Je préfère rester ici parce que j’aime ça. Le dur entraînement quotidien, l’épouvante de ceux qui montent dans les fourgons pour aller disputer leur premier combat, les exploits des vainqueurs, le récit de leurs exploits, la mort des vaincus et le récit de leur mort, le jaune du sable de l’arène, le rouge du sang qui coule dessus, tout ça… Je peux plus m’en passer. C’est comme une drogue. Tu peux pas comprendre. Moi, au début, j’étais comme les autres : je voulais juste sauver ma peau. Tuer mes trois types et m’en aller de ce foutu camp. Mais, après ma deuxième victoire, j’ai commencé à ressentir la grandeur de ce lieu et de ce qui s’y joue. Il s’y joue la vie et la mort. Et ça, tu le trouveras nulle part ailleurs, sauf à la guerre, mais comme il y a pas de guerre en ce moment… Une autre question ?

— Non, répondit faiblement Milos, en priant pour que l’autre ne le frappe pas une seconde fois. La douleur se propageait en ondes lancinantes jusqu’à son ventre.

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