Mourlevat - Le combat d'hiver
Здесь есть возможность читать онлайн «Mourlevat - Le combat d'hiver» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Год выпуска: 2012, Жанр: Старинная литература, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:Le combat d'hiver
- Автор:
- Жанр:
- Год:2012
- ISBN:нет данных
- Рейтинг книги:3 / 5. Голосов: 1
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 60
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
Le combat d'hiver: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le combat d'hiver»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
Le combat d'hiver — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le combat d'hiver», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
— Tu fais des séries de dix avec ça ?
— De quinze, corrigea l’homme, impassible, lorsqu’il eut reposé sa charge.
Deux et demi n’avait pas la corpulence de Van Vlyck. Il lui rendait sans doute plus de vingt kilos, mais sa force n’avait pas d’égale. Il ne disait pas plus de dix mots par jour et ne comprenait aucune plaisanterie. Son corps était dur et, plus dure encore que son corps : son âme. Son surnom lui venait de l’habitude qu’il avait prise de ne jamais arriver au « trois » quand il menaçait quelqu’un. « Je compte jusqu’à trois », prévenait-il, mais à peine avait-il prononcé le « deux » que l’autre mourait de la balle, du couteau ou de la main nue. Si on lui demandait pourquoi il faisait ça, pourquoi il ne laissait pas sa chance à la personne qu’il interrogeait, il répondait : « Ch’sais pas. J’manque de patience. »
Van Vlyck s’installa à l’appareil voisin et commença ses exercices. Ils les enchaînèrent pendant une bonne heure, sans se parler. Leurs manières différaient en tout. Van Vlyck grognait, gémissait, ahanait. Il semblait haïr les barres ou les haltères qu’il soulevait. Il les insultait. La sueur dégoulinait sur sa peau blanchâtre, entre les poils roux de sa large poitrine et de ses avant-bras massifs. Il s’interrompait souvent pour boire de l’eau et s’éponger à sa serviette. Deux et demi, au contraire, travaillait avec froideur. Son corps demeurait sec. Il ne buvait pas. On entendait à peine sa respiration, mais les poids énormes montaient régulièrement, comme actionnés par un piston infatigable.
Ils se retrouvèrent au bar désert de la salle de sports.
— Une bière ? proposa Van Vlyck.
Deux et demi accepta d’un mouvement de paupières. Van Vlyck passa derrière le comptoir et décapsula lui-même les deux bouteilles. Ils commencèrent à les boire en silence. Deux et demi regardait le contenu de son verre d’un œil vide, avec la même indifférence que celle qu’il réservait aux gens. À quoi pense-t-il ? se demanda Van Vlyck, mal à l’aise. Est-ce qu’il pense seulement à quelque chose, d’ailleurs ?
— J’aurais un boulot pour toi.
Deux et demi ne broncha pas.
— Un renseignement à obtenir de quelqu’un qui n’aime pas parler… Je te paierai bien.
Deux et demi hocha vaguement la tête pour montrer qu’il acceptait la commande.
Le vent balayait les quais obscurs. Quelques piétons attardés se hâtaient chez eux en évitant les flaques d’eau. En contrebas, la pluie grêlait le fleuve par rafales, comme si on y avait jeté des poignées de gravier. La nuit tombait. Deux et demi suivit la contre-allée avec la nonchalance d’un promeneur. Il savait qu’il allait peut-être tuer un homme, mais cela ne le troublait pas. Sur la toile de son parapluie, les gouttes crépitaient avec acharnement. Il froissa dans la poche droite de sa veste les billets que Van Vlyck lui avait donnés en guise d’avance. La moitié de la somme. Le reste, il l’aurait une fois le renseignement obtenu. Autant dire qu’il l’avait déjà. Il passa quatre ponts sans s’y engager et s’arrêta seulement au cinquième.
Un coup d’œil lui suffit pour comprendre que son client n’était pas là. Pas de motocyclette enchaînée à la rambarde, cela signifiait : pas de Mitaine. La bécane appartenait en commun à tous ceux du pont aux Fagots, mais aucun à part le grand clochard édenté n’était fichu de la piloter. Pas grave, il attendrait.
Pour patienter, il s’avança sur le pont et marcha à petits pas le long du trottoir détrempé, tenant ferme le parapluie qui menaçait de s’envoler. Il n’avait pas fait cinquante mètres que la motocyclette pétaradante et sans éclairage apparut à l’autre bout. Son pilote, coiffé d’un passe-montagne de laine, et la tête rentrée dans les épaules, ressemblait de loin à un gros insecte pataud. Il poussait le moteur à fond, mais le résultat était pitoyable : l’engin se traînait. Deux et demi le regarda s’approcher, ravi. Il ne pouvait rêver meilleures conditions de travail : l’obscurité, l’absence de témoins, le pont…
Il attendit que Mitaine arrive à sa hauteur et lui envoya un méchant coup d’épaule. Le clochard valdingua au sol en poussant un cri. La motocyclette renversée glissa sur la chaussée mouillée, traversa la route et heurta le trottoir opposé. Le pot d’échappement brûlant, séparé du reste, rebondit sur l’asphalte et cracha de la vapeur.
— Ça va pas, non ! hurla Mitaine. J’ai le genou cassé !
Deux et demi ne referma même pas son parapluie. D’une seule main, il empoigna le clochard par le devant de sa veste, le remit sur ses deux jambes et le colla violemment contre lui.
— J’ai le genou cassé ! gémit Mitaine. J’ai mal !
Sous le passe-montagne imbibé de pluie, son visage émacié et hirsute de barbe était tordu par la douleur.
— Lâche-moi ! Qu’est-ce que tu me veux ?
— Un renseignement. Une fille blonde. Milena Bach.
— Connais pas ! Va te faire foutre !
Deux et demi n’était pas du genre à perdre du temps en bavardages inutiles. La plupart des arrivants venaient par le fleuve, et ils s’arrêtaient au pont aux Fagots. Tout le monde le savait. Il souleva Mitaine et l’assit sur le parapet métallique du pont.
— Et moi, tu me connais ?
Leurs visages se touchaient presque. Pour la première fois, Mitaine vit son agresseur dans les yeux, et sa douleur au genou s’envola d’un coup. Il comprit qui le tenait là, dans la tenaille de ses doigts. S’il persistait à se taire, il ne lui restait à vivre que les quelques secondes que durerait sa chute. Il tomberait à la renverse dans l’eau glacée du fleuve. Ses compagnons de misère, sous le pont, entendraient peut-être le plouf dérisoire de son corps trop maigre dans les flots. Cette idée le plongea dans une terreur épouvantable.
— J’sais pas nager… bredouilla-t-il stupidement.
— Tu me connais ? répéta l’autre.
— Oui, pleura Mitaine en s’agrippant aux manches de son adversaire.
— Alors je compte jusqu’à trois. Un…
— Comment tu dis qu’elle s’appelle ?
— Milena Bach. Blonde. Deux…
Il était inutile de mentir. Cela gagnerait un peu de temps peut-être, mais l’issue serait la même au bout du compte, sinon pire.
— Chez Jahn… Elle est chez Jahn…
Son cœur battait à lui rompre les côtes. Il devina que Deux et demi crevait d’envie de le précipiter dans le vide, même après avoir obtenu ce qu’il désirait. Il y eut quelques secondes qui lui parurent l’éternité, puis il sentit que le tueur le reposait sur le trottoir et, l’instant d’après, il le vit s’en aller paisiblement. Il n’avait même pas refermé son parapluie.
Mitaine essaya en vain de relever sa motocyclette. Il ne parvint qu’à augmenter encore la douleur au genou. La pluie redoublait. Il ramassa le pot d’échappement fumant et le cala sous son bras. Ensuite, il claudiqua jusqu’à l’escalier qu’il descendit à grand-peine en se tenant à la rampe.
Deux et demi commit trois erreurs ce soir-là. La première fut de ne pas basculer Mitaine dans le fleuve. C’était extraordinairement tentant de le faire, de voir le clochard gesticuler dans les airs, d’entendre son cri effaré et le claquement de son corps sur l’eau noire. Une petite pression sur la poitrine suffisait. La seule pensée qui le retint fut que le bonhomme pourrait encore servir.
La deuxième erreur que commit Deux et demi fut de ne pas rentrer tout droit chez lui. Il se dit qu’il n’y avait aucune urgence, puisque le prochain rendez-vous avec Van Vlyck était fixé au lendemain après-midi, dans la salle de sports. Et décidément, le doux bombardement des gouttes sur la toile du parapluie lui plaisait. Il eut envie de prolonger le plaisir. Au lieu de marcher sans détour vers la ville haute où il habitait, il suivit le fleuve et descendit même sur la berge par le premier escalier rencontré. Il ne vit pas les trois ombres courbées qui prirent le même chemin, se tenant à distance. Un banc de bois vissé sur le pavé lui présenta son assise à demi moisie. Sans s’inquiéter de tremper son pantalon, il s’y assit et resta là, immobile, à écouter le vacarme de la pluie.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «Le combat d'hiver»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le combat d'hiver» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «Le combat d'hiver» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.
